Fiche-pays

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Contexte politique

Le président René a démissionné en avril 2004 après plus de 35 ans passés au pouvoir, et a été remplacé par son vice-président, James Michel. Celui-ci a remporté les élections présidentielles en juillet 2006. Le président a pris l’engagement de mettre à profit son mandat de cinq ans pour contribuer au renforcement de l’économie du pays tout en préservant les acquis sociaux.

Contexte économique

Les déséquilibres macroéconomiques et un seuil d’endettement insoutenable, conjugués à des chocs extérieurs imputables aux prix internationaux des denrées alimentaires se sont traduits par un épuisement rapide des réserves de devises et le non-respect de certaines échéances de remboursement de la dette extérieure au milieu de l’année 2008. Les mesures de réforme progressives et ponctuelles engagées en 2003 et la « Stratégie Seychelles 2017 » n’ont pas réussi à réduire les facteurs de vulnérabilité et de rétablir l’équilibre macroéconomique. La dynamique de la réforme des finances publiques s’est finalement révélée difficile à préserver lors des élections présidentielles et parlementaires en 2006 et 2007. De plus, le ralentissement de l’économie mondiale et l’envolée soudaine des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers intervenus en 2007-2008 n’ont fait qu’aggraver les faiblesses qui ont toujours caractérisé le pays. En conséquence, les pénuries de devises ont perturbé la production dans le secteur manufacturier (qui est tombée à 10 % en 2007), l’inflation s’est accentuée et les déséquilibres des finances publiques et du compte courant se sont accrus. Des déficits de financement importants sont apparus au milieu de l’année 2008 lorsque les montants importants dus au titre de la dette extérieure sont venus à échéance tandis que les arriérés de la dette extérieure bilatérale ont continué de s’accumuler. En août 2008, en raison des faibles niveaux des réserves (deux semaines de couverture des exportations), le gouvernement n’a pu honorer le règlement du billet à ordre extérieur de 54,7 millions d’euros et par la suite, les Seychelles n’ont pas honoré le règlement d’un coupon arrivé à échéance sur l’euro-obligation de 230 millions de dollars. Après quoi, Standard & Poors (S&P) a ramené à la note « SD » (Défaillance sélective) la cote des Seychelles pour les crédits souverains en devises.

Les Seychelles se sont trouvées confrontées à une crise de la balance des paiements et de la dette. Entre 2007 et 2008, la valeur des importations de biens essentiels s’est accrue de près de 50 % et la valeur des importations pétrolières a triplé, tandis que les pénuries de devises ont limité les intrants importés dont les industries manufacturières ont besoin. La roupie s’est dépréciée entre 2006 et octobre 2007 de 43 % par rapport au dollar, et même de façon plus marquée par rapport à l’euro. Le déficit du compte courant extérieur s’est creusé en 2008, atteignant 32 % du PIB, contre 14 % deux ans plus tôt en raison d’un ralentissement de la progression des recettes touristiques, du choc des prix des produits pétroliers et des denrées alimentaires et de l’accroissement des coûts des services de transport. La dette publique extérieure a atteint des niveaux records, atteignant un montant supérieur à 800 millions de dollars, soit environ 134 % du PIB en 2008 (310 millions de dollars sur ce total représentant des arriérés, dont 162 millions de dollars vis-à-vis des créanciers membres du Club de Paris), contre moins de la moitié de ces niveaux en 2001 et seulement 4 millions de dollars en 1978. Les déficits budgétaires persistants enregistrés d’année en année ont aussi exacerbé les déséquilibres de la balance des paiements, faisant courir aux Seychelles un risque de surendettement, surtout dans un contexte de crise économique. Le taux d’inflation a connu une augmentation rapide, en partie suite à la dépréciation de la valeur nominale de la roupie survenue en 2006-2007, en hausse par rapport au taux de 63,3 % (d’une année sur l’autre) enregistré à la fin décembre 2008, contre un niveau quasiment nul en 2005-2006. Les pénuries de devises et la croissance moins soutenue du secteur touristique due à la récession mondiale se sont traduites par une diminution brutale du taux de croissance réelle du PIB en 2008, qui est tombé à près de zéro (0,1 %), alors que le niveau moyen tournait autour de 7,5 % du PIB en 2005-2007. La transition vers une économie de marché et le réalignement du taux de change, conjugués à l’amélioration du climat des affaires pour les investisseurs locaux et étrangers, permettront d’enrayer ce déclin.

Les Seychelles se sont par la suite lancées dans un programme global de restructuration de l’économie avec le soutien du FMI et de leurs partenaires multilatéraux. Le 30 septembre 2008, les autorités seychelloises ont annoncé publiquement leur intention de solliciter l’appui des créanciers du pays en vue d’une restructuration de sa dette extérieure de 800 millions de dollars dans le but d’apurer les arriérés accumulés et ramener sa dette à des niveaux tolérables dans le cadre d’un programme de réforme économique et financière appuyé par le FMI. Le FMI a répondu rapidement à cette demande et le
14 novembre 2008, le Conseil d’administration du FMI a examiné et approuvé l’Accord de confirmation de deux ans, qui constitue le premier programme conclu entre les Seychelles et le FMI pour une enveloppe de 17,6 millions de DTS, soit 200 % de sa quote-part. Les créanciers publics du Club de Paris ont indiqué leur disponibilité à envisager une restructuration de leurs créances au titre du Consensus d’Evian dès la mise en place de l’accord de confirmation du FMI, et les discussions se poursuivent encore avec le secteur privé. Le gouvernement a sollicité officiellement le soutien du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD) et d’autres institutions financières internationales en vue d’appuyer le programme de stabilisation macroéconomique et aider à la mise en place d’un programme de réforme structurelle à moyen terme qui remettrait les Seychelles sur la voie d’une croissance durable à moyen terme.

La libéralisation profonde des taux de change et la réforme du secteur public sont au cœur du processus de stabilisation de l’environnement macroéconomique. Au début du mois de novembre 2008, le gouvernement a aboli toutes les restrictions des taux de change et adopté un régime de taux de change flottant obéissant aux lois du marché. Suite à l’adoption du régime de change flottant, la roupie s’est dépréciée d’environ
60 % par rapport au dollar américain et s’est depuis stabilisée autour de 16,5 roupies par rapport au dollar. Avant la libéralisation du taux de change, la Banque centrale a instauré un cadre de politique monétaire axé sur les forces du marché, destiné à garantir la stabilité des prix en mettant davantage l’accent sur la gestion de la base monétaire. Dans le cadre du budget 2008, les autorités publiques se sont attaquées aux subventions au secteur des entreprises publiques, aux inefficacités et réduit les dépenses dans des domaines comme les traitements et les salaires, les secteurs de la santé et de l’éducation. En octobre 2008, toutes les subventions indirectes des prix des produits ont été supprimées et remplacées par un programme de protection sociale lié aux ressources, qui sera mis en œuvre dans le cadre de la nouvelle loi sur l’Assistance sociale. Le 1er janvier 2009, le gouvernement a également supprimé un rabais sur le prix de l’électricité au profit des ménages, a relevé le tarif des autobus de transport public à des niveaux permettant de recouvrer les coûts d’exploitation, supprimé les subventions implicites et explicites aux entreprises agro-industrielles, aux écloseries et à la Seychelles Trading Company, de même que la subvention du le gaz de pétrole liquéfié par la compagnie pétrolière d’État.

La performance dans le cadre du programme du FMI est jusqu’ici globalement satisfaisante. Le premier examen de l’accord de confirmation effectué au mois de février 2009 a indiqué que le programme a bien démarré, ce qui témoigne de l’appropriation des réformes par les autorités et de leur engagement à les mettre en œuvre, et indique que les premiers signes de succès ont été encourageants, par exemple :

  • le nouveau mécanisme de taux de change axé sur le marché est tout à fait fonctionnel ;
  • le marché de change parallèle a disparu ;
  • les taux d’intérêts qui étaient contrôlés par le passé ont augmenté pour atteindre les niveaux déterminés par le marché, permettant ainsi de stabiliser la roupie ;
  • le contrôle des finances publiques a été considérablement resserré ; et
  • les emplois dans le secteur public ont été fortement réduits de quelques 3 300 employés (17 % du personnel) dans le souci de contribuer à la rationalisation de la masse salariale du secteur public.

Les critères quantitatifs de performance et les trois repères structurels pour la fin décembre ont été satisfaits, à l’exception de l’objectif d’excédent budgétaire primaire (en raison de la reclassification des comptes des entreprises parapubliques en dessous de la ligne) et l’accumulation temporaire d’arriérés extérieurs (cette question a depuis été réglée). Les trois repères structurels réalisés étaient les suivants :

  • soumission au Parlement d’une Loi sur la dette publique ;
  • soumission au Parlement d’une Loi sur la passation des marchés publics ; et
  • approbation d’un protocole d’accord formalisant les modalités opérationnelles qui régissent l’exercice par la Banque centrale des Seychelles de la fonction d’agent de l’État. Les données préliminaires dont dispose le FMI à ce jour indiquent que les portefeuilles de la banque sont en train de surmonter l’impact de l’accroissement du risque de crédit. Le premier examen a également relevé que la dette publique des Seychelles reste peu viable.

Assistance de la Banque mondiale

La dernière discussion du Conseil d’administration sur une Stratégie d’aide-pays (CAS) pour les Seychelles a eu lieu il y a de cela 17 ans. Les Seychelles ont rejoint la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) en 1980, la Société financière internationale (IFC) en 1981 et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) en 1992. La dernière CAS se rapportait à la période de l’exercice 93 à l’exercice 95 et s’articulait autour des objectifs de développement à moyen terme du gouvernement, qui visent l’amélioration de la qualité de la vie pour tous les Seychellois et la réalisation d’un développement durable du point de vue environnemental. Seulement deux prêts de la BIRD d’un montant total de 10,7 millions de dollars ont été approuvés depuis 1980 :

  • un prêt de 6,2 millions de dollars approuvé pendant l’exercice 86 pour aider à financer le Projet d’aménagement de la côte de Mahe East, principalement pour la modernisation des ports et la réhabilitation du réseau routier sur l’île principale ; et
  • le Projet sur l’environnement et le transport d’un montant de 4,5 millions de dollars approuvé le 22 décembre 1992, de même que la CAS, pour l’amélioration des infrastructures dans l’île de Praslin (la deuxième principale destination touristique aux Seychelles), la protection de l’environnement unique de l’écosystème d’Aldabra (protégeant ainsi les tortues géantes) et la lutte contre la pollution marine dans le Port de Victoria.

Ces deux opérations ont été jugées satisfaisantes pendant la supervision et au moment du retrait. L’accumulation des arriérés de paiement a conduit à mettre les prêts de la BIRD en état de non-comptabilisation des intérêts en août 2002. Les Seychelles ont apuré tous les arriérés de paiement (770 000 dollars) en octobre 2006. Par la suite, les Seychelles ont remboursé par anticipation la totalité de la faible portion restant due au titre de leur dette vis-à-vis de la BIRD et évacué les problèmes non encore résolus liés aux clauses négatives.

Suite à l’apurement des arriérés, la Banque mondiale a fourni un appui aux Seychelles pour faire face aux conséquences du tsunami de décembre 2004. Le 18 octobre 2007, lors des Assemblées annuelles, la Banque mondiale a signé deux accords de don en tant qu’administrateur du Fonds de développement social du Japon. Ces deux dons entraient dans le cadre de la solution globale de la Banque au lendemain du tsunami meurtrier de décembre 2004 et des travaux de reconstruction immédiate. Le Don d’intervention d’urgence face aux conséquences du tsunami pour la réhabilitation du quai de transformation des poissons (TF090482, 1,96 million de dollars) a aidé la direction de la pêche à réhabiliter le quai de transformation de poisson suite au tsunami, qui permet actuellement de restaurer les moyens de subsistance de quelques communautés locales et entreprises de pêche. Le renforcement des capacités de la Direction de la pêche des Seychelles pour la réalisation du Projet d’évaluation de l’impact du tsunami sur les écosystèmes (TF090421-SEY, 368 000 dollars) est en train de renforcer la Direction de la pêche des Seychelles en vue d’identifier les modifications des écosystèmes imputables au tsunami et de déterminer comment ces changements se répercutent sur les prises de poissons effectuées par les flottes artisanales et industrielles.

La Banque mondiale est en train de préparer une Note de stratégie intérimaire (ISN) destiné à esquisser un programme de reprise des activités de deux ans en République seychelloise. Cette stratégie, la première de la Banque mondiale en 17 ans, vise d’une part à susciter un véritable dialogue sur les politiques, reposant sur des travaux d’analyse de base, menés en fonction de la demande, et d’autre part à préparer une stratégie de prêts à l’appui des politiques de développement. La Banque accordera ses prêts en tenant compte de ces travaux d’analyse, tout en faisant preuve de la diligence voulue, et en veillant à une gestion rigoureuse des risques de défaillance future, d’autant que les Seychelles se sont déjà retrouvées par le passé en situation de défaut de remboursement de leur dette vis-à-vis de la Banque mondiale. Le rapport énumère les défis de développement du pays, en particulier ceux liés :

  • au rétablissement de la confiance dans la roupie après la libéralisation des taux de change ;
  • à la mise en œuvre d’une politique budgétaire et monétaire rigoureuse, et au respect des principes de bonne gouvernance ;
  • au soutien à une restructuration de la dette qui ramènera la dette publique du pays à un niveau soutenable ;
  • à l’amélioration de l’efficacité du secteur public afin de pérenniser les résultats dans le domaine social ;
  • au remplacement des subventions généralisées par un filet de sécurité social ciblé bien défini et transparent ;
  • à la levée des obstacles au développement du secteur privé et au soutien à l’investissement privé ; et
  • à la gestion des facteurs de vulnérabilité face au changement climatique.

La Banque se concentrera sur un sous-ensemble des problèmes évoqués ci-dessus à travers l’élaboration d’une stratégie d’aide de moyen à long terme souple alignée sur le programme de réforme évolutif et sur la « Stratégie Seychelles 2017 », la vision de développement à long terme du gouvernement. L’appréciation du succès de la stratégie dépendra de :

  • la réalisation dans les délais impartis des travaux d’analyse et de la qualité initiale des prêts (le cas échéant) ;
  • la pertinence de l’appui de la Banque et la fourniture de conseils au gouvernement pour trouver des solutions aux problèmes de développement et pour l’élaboration des politiques ;
  • la performance du portefeuille de dons de la Banque ; et
  • l’intérêt porté par le gouvernement à un partenariat durable.

La stratégie sera axée sur des travaux d’analyse essentiels relatifs à la stabilisation de la situation macroéconomique et aux réformes structurelles à moyen terme, ainsi qu’à l’exécution des dons. Le dialogue sur les politiques et les travaux d’analyse porteront essentiellement sur les actions suivantes :

  • le développement de la base de connaissances de la Banque sur les Seychelles dans les domaines de réforme indispensables pour la stabilité macroéconomique et les aspects fondamentaux pour la gestion à moyen terme de l’économie ;
  • les mesures destinées à permettre au gouvernement de réorienter et renforcer la gouvernance budgétaire (budgétisation et passation des marchés) et les services publics (filet de sécurité, tarification des services publics) ;
  • l’analyse des options de réforme de l’environnement pour le développement du secteur privé ; et
  • les moyens permettant de mettre au point un nouveau filet de sécurité et de créer des outils de suivi de la pauvreté pour comprendre et amortir l’impact social de la transformation économique.

L’exécution des dons fournira des moyens pour renforcer les connaissances du gouvernement concernant les processus et les procédures de la Banque mondiale pendant que se définit le cadre de politique générale et que le pays établit de bons antécédents de crédit. La mobilisation d’appuis financiers dépendra de l’évaluation par la Banque mondiale des performances antérieures du pays dans le cadre du programme de stabilisation à court terme et du programme de réforme à moyen terme, notamment les progrès vers la viabilité de la dette.

Société financière internationale (IFC)

L’IFC poursuit actuellement l’élaboration de son modèle économique aux Seychelles. Les Seychelles ont peu bénéficié de l’appui de l’IFC au cours des dernières années. En 2004, le service-conseil pour l’investissement étranger (FIAS) de l’IFC a procédé à un examen du cadre des politiques et de la réglementation ainsi que des structures de l’administration applicables à l’investissement aux Seychelles et a publié un rapport à cet effet. En avril 2006, l’IFC a approuvé un prêt de 10 millions de dollars en faveur de Nouvobanq, la principale banque du pays, mais l’IFC est en passe d’annuler la ligne de crédit, car Nouvobanq n’a pas satisfait aux conditions de décaissement.

Points de contacts

Directeur des opérations
Hill Park Building, Upper Hill, Nairobi, Kenya
Téléphone : (254-20) 3226-441
Fac-similé : (254-20) 3226 382

Mme Tracey Lane
Économiste principale
 
Bureau de la Banque mondiale à Nairobi
Upper Hill Road, P.O. Box 30577-00100
Nairobi, Kenya
Téléphone : 254-20 3226 418 fax: 3226 382

Mme Marie-Hélène Bricknell
Coordonnateur de programme pays
1818 H Street NW, Washington DC 20433
Téléphone : (202) 473-5622
Facsimilé : (202) 473-5453

M. Harold Bedoya
Responsable-pays
1818 H Street NW, Washington DC 20433
Téléphone : (202) 473-8733
Fac-similé : (202) 473-5453




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