Par Sylvie Nenonene , Chargée de communication. Le 28 Mars 2007 -- Lancé officiellement le 14 octobre 2005 à Dapaong dans la Région des Savanes, le Programme d’urgence de réduction de la pauvreté (PURP) vise à réduire l’extrême pauvreté, des populations, à travers la réalisation d’initiatives locales de petite taille dans les secteurs des services sociaux prioritaires. Le Programme est financé par un don du Fonds LICUS (initiative de la Banque mondiale visant à soutenir les pays en difficulté qui ne bénéficient pas des crédits de la Banque), d'un montant total de 2.826.677 millions de dollars EU. Le PURP a été conçu pour achever, dans un premier temps, les microprojets démarrés dans le cadre de l'ancien Projet pilote de fonds social (financé par la Banque et mis en œuvre dans les Régions des Savanes et Maritime) dont l'exécution a été arrêtée à cause de la suspension des décaissements des crédits de la Banque en faveur du Togo. La mise en œuvre du PURP dans les deux régions est assurée par les Agences d’appui aux initiatives de développement à la base (Agaib). Les résultats en termes de réalisations Au total, 278 microprojets ont été retenus dans les deux régions sur la base des priorités définies par les communautés elles-mêmes dans les domaines de la construction de puits, de la réhabilitation d’écoles et de centres de santé, et la réalisation d’autres petites infrastructures communautaires. Au 1er mars 2007, au total 68 microprojets ont été réalisés dans la Région des Savanes. Dans le secteur éducation, 20 écoles ont été construites, 8 ont été réhabilitées, et 27 ont été équipées en mobilier et fournitures scolaires dans les préfectures de Tône (15 projets), Oti (15 projets), Tandjoare (3 projets), et Kpendjal (10 projets). Pour le secteur santé, le projet a construit 3 infrastructures sanitaires, réhabilité et étendu une unité de soins périphérique, puis a offert des équipements à 5 unités de soins périphériques dans le Tône, l’Oti et le Tandjoaré. Deux puits à grand diamètre ont également été réalisés dans les villages de Gnongou et Bonou dans le Tône. Enfin, le projet a contribué au renforcement des capacités des accoucheuses traditionnelles (20), la formation des formateurs de proximité (25), la formation des membres des comités de gestion des microprojets (733 personnes), ainsi qu’un appui institutionnel à une organisation non gouvernementale (ONG) dénommée ARAF/DLP, spécialisée dans le suivi des accoucheuses tradtionnelles et dans l'animation rurale. Dans la Région Maritime, la mise en œuvre du PURP n'a effectivement démarré qu'en juillet 2006. Au 1er mars 2007, sur un total de 57 microprojets démarrés par Agaib-Maritime, 27 ont été achevés, 28 sont en cours de finalisation, et 2 en préparation. Sur les microprojets réalisés, on note : 8 infrastructures d'assainissement (latrines publiques, enclos à ordures) dans les préfectures du Golfe, de l'Avé, des Lacs, et du Yoto ; 5 infrastructures sanitaires (dispensaires) dans l'Avé, le Golfe et le Zio ; 1 infrastructure d'hydraulique (construction de citerne) dans le Zio ; 6 infrastructures socio-économiques (hangars de marché) dans le Golfe, le Zio, les Lacs et le Yoto ; 16 infrastructures d'éducation (construction/réhabilitation de bâtiments scolaires) dans le Vo, le Yoto, le Golfe, les Lacs, le Zio, et l'Avé ; une piste de désenclavement à Wli-Wlamé dans le Zio ; et 1 infrastructure de communication (radio rurale) dans l'Avé. Des écoles, dispensaires et autres infrastructures réalisés dans les préfectures citées ont été équippés en tables-bancs (2 écoles), en matériels de manipulation des ordures ménagères (1), en matériels médicaux et médicaments (6), et en équipement de froid et électricité (pour la radio rurale). Pour ce qui est du renforcement des capacités, plusieurs formations ont été dispensées à l’endroit des collectivités dans les domaines suivants : organisation et gestion ; capacité institutionnelle et épargne/crédit ; organisation et gestion coopérative ; principes coopératifs et dynamique de groupe ; planification, budgétisation et gestion. Les résultats en termes d'impact sur les bénéficiaires Les infrastructures réalisées ont été retenues selon les priorités exprimées par les populations bénéficiaires. En conséquence, leur impact sur ces derniers est largement positif. Lors du lancement du PURP en octobre 2005, un parent d’élève nous a déclaré à Fanworgou : « Regardez vous-mêmes : nous avons arrangé ce hangar couvert de paille pour permettre à nos enfants d’avoir un lieu où s’asseoir et suivre les cours. Mais lorsqu’il pleut, ils sont obligés de rester à la maison, et ils ne vont pas à l’école durant la saison des pluies, parce que le hangar tombe souvent et il faut à chaque fois le refaire ». Un an après, lors de la revue à mi-parcours et au cours d'une réunion avec les bénéficiaires dans le même village, un parent d'élève a déclaré : « Nous sommes vraiment contents de notre nouvelle école ; nos enfants sont à présent à l'abri des intempéries et peuvent suivre les cours tranquillement tout au long de l'année. L'école est une de nos grandes priorités ; c'est parce que nous, nous n'avons pas été à l'école que nous sommes restés ici dans ce village. C'est donc important pour nous que nos enfants aillent loin ». Une des conséquences heureuses de la réalisation d'infrastructures scolaires dans la Région desSavanes est l'augmentation du nombre des effectifs dans les nouvelles écoles. « Avant la construction de ce nouveau bâtiment, on enregistrait beaucoup d'abandons en période de pluie, et aussi pendant l'harmattan. Cette année que la nouvelle école est construite, nous avons recruté 58 nouveaux élèves et c'est une très bonne chose. Cela n'aurait jamais été possible avec les paillottes qui nous servaient de salles de classe », nous a déclaré le Directeur de l'école d'initiative locale (EDIL) de Fanworgou. Ce genre de propos exprimant joie et satisfaction a été enregistré dans tous les villages et cantons où nous sommes passés pour évaluer l'impact des infrastructures réalisées sur les bénéficiaires (Tchargbengou, Fanworgou, Namoundjoate, Kadjitieri, Napiembougou, Kantindi, Yemboate, et Biagou dans la Région des Savanes ; puis Agoè, Afagnan, Aklakou, et Aného dans la Région Maritime). À Afagnangan (dans la Région Maritime) où nous avons visité des hangars de marché réalisés par le Programme, c'est le même son de cloche. Le Chef traditionnel de Afagnangan, Togbui Adolehoume VI qui nous a fait visiter le marché a déclaré : « C'était la désolation lorsque la construction des hangars pour notre marché a été suspendu. [ndlr : ce projet a été démarré dans le cadre du Projet pilote de fonds social, et a été arrêté en 2002 à cause de la suspension des décaissements de la Banque mondiale en faveur du Togo]. Lors de la reprise des activités par Agaib-Maritime sous le PURP, j'ai eu à suivre personnellement les travaux pour le compte de la communauté et aussi en tant que Chef traditionnel. Notre enthousiasme était tel que lorsqu'on nous a demandé une participation de deux camions de sable, nous en avons fourni quatre ! Nous sommes à présent contents de ces deux hangars et ravis de voir que les femmes sont à l'abri pour mener ces activités qui leur génèrent des revenus ». À Agoè dans la banlieue de Lomé, nous avons visité une latrine publique réalisé par le PURP dans le quartier Atchanvé. Selon Monsieur Saka Klutsé, Président du Comité de développement d'Agoè(CDA), le manque de latrines publiques dans le canton est un très grand problème et la résolution de ce problème était une importante priorité pour le CDA. « À Agoè, beaucoup de familles ne disposent pas de latrines dans leurs maisons, ce qui fait que les gens vont se soulager dehors, et les lieux les plus fréquentés à cet effet sont les cimetières », nous déclare Monsieur Saka. « L'accroissement de la population dans notre canton au fil des ans a accentué ce phénomène, surtout dans le quartier Atchanvé qui est très peuplé, avec environ 16,000 habitants, qui ne disposait que d'une seule latrine publique qui est hors d'usage depuis de très nombreuses années déjà. Avec cette nouvelle latrine publique [ndlr : la latrine comporte dix cabines] que nous a construit Agaib-Maritime, le quartier a connu un soulagement, et nous en sommes très contents », a-t-il ajouté. Dans le domaine de la santé, en dehors de la réalisation d'infrastructures sanitaires, le PURP (à travers Agaib-Savanes) a eu un impact positif sur la performance des accoucheuses traditionnelles, en ce qui concerne la baisse de la mortalité néo-natale. Madame Dorothée Tabiou-Ibrahima, journaliste à la Télévision nationale togolaise (TVT), anime une émission télévisée dénommée "Questions de Femmes" qui porte sur le travail des accoucheuses traditionnelles. Une émission a été réalisée sur le terrain à Dapaong avec les bénéficiaires du PURP en octore 2006. Lors de l'émission, Madame Lene Lemiade, une bénéficiaire des services d'une accoucheuse traditionnelle, a déclaré ceci : « Dans notre village, lorsqu'on accouchait un enfant et qu'il ne respirait pas bien, ne criait pas, ou qu'on ne sentait pas son cœur battre, on se disait qu'il était mort et on partait l'enterrer. Maintenant, avec la formation que nos accoucheuses ont reçue auprès de l'ONG 3ASC [ndlr : une ONG bénéficiaire du PURP qui forme les accoucheuses traditionnelles], on leur a montré comment réanimer un enfant qui ne réagit pas à la naissance. Donc, lorsque l'enfant nait et ne crie pas, il suffit que l'accoucheuse lui fasse un massage avec de l'alcool jusqu'à ce qu'il réagisse. Alors que dans le temps, nous avions enterré beaucoup d'enfants comme ça, croyant qu'ils étaient morts ». Des efforts communautaires pour le maintien des infrastructures Une chose est de réaliser des infrastructures, une autre est de les entretenir. Les communautés bénéficiaires des microprojets réalisés par le PURP sont conscientes qu'elles doivent bien maintenir ce qu'elles ont acquis dans le cadre du Programme, et elles ont reçu des formations à cet effet. En dépit de leurs difficultés financières, elles ont institué (dans les villages visités) des cotisations en vue de la pérennisation des ouvrages réalisés ; des comités de gestion ont été mis en place ; beaucoup de sensibilisation a eu lieu. Les communautés elles-mêmes sont fortement mobilisées et des initiatives se prennent pour mobiliser des fonds en vue du développement communautaire. « Nous avons besoin d'argent pour l'entretien du marché. Pour cela, je suis allé voir le Préfet pour qu'on donne un certainpourcentage sur l'argent collecté par la vente des tickets de marché, et il a accepté de mettre 10% de ces fonds à la disposition de notre Comité de développement villageois. Nous allons nous assurer que cet argent soit dépensé pour entretenir les hangars construits et éventuellement refaire les anciens hangars qui sont décoiffés», a dit Togbui Adolehoume VI du village d'Afagnangan. De la nécessité de renforcer les infrastructures réalisées. Il paraît donc, au vu de tout ce qui précède, que le PURP a un impact positif sur les populations bénéficiaires dans les deux régions où il est mis en œuvre. Mais les résultats déjà atteints sont à renforcer et à compléter. A titre d'exemple : certaines écoles construites ou réhabilitées n'ont pas un bureau du directeur, de magasin, de point d'eau ou de latrines ; certains centres de santé manquent de puits ou de latrines. «C'est à cela que va s'atteler le PURP dans sa phase de consolidation qui pourrait démarrer au cours du deuxième semestre de l'année 2007, si tout se passe bien», nous a confié Giuseppe Zampaglione, chef du projet à la Banque mondiale. Quant à Monsieur Ningbale Kanpbiabe, Coordonnateur de Agaib-Savanes, il a dit : « Les résultats sont là ; vous avez sillonné la région et vous avez vu la satisfaction des bénéficiaires par rapport aux microprojets réalisés. Et comme vous l'avez entendu, d'autres besoins en vue de la lutte contre l'extrême pauvreté ont été exprimés et demeurent énormes et il y a encore beaucoup de choses à faire dans la région. Il s'agit de toutes petites actions qui représentent beaucoup pour les populations et qui font la différence. Nous espérons vivement que la phase de consolidation va démarrer bientôt pour nous permettre de renforcer ce que nous avons déjà entrepris ». En effet, la phase de consolidation du Programme prévoit : (i) la réalisation de microprojets complémentaires pour appuyer ce qui a déjà fait ; (ii) l'exécution de nouveaux projets prioritaires pour les communautés ; et aussi (iii) l'appui aux organisations à base communautaire pour la réalisation d'activités génératrices de revenus pouvant leur permettre de mieux subvenir à leurs besoins.
Leçons apprises Le fait de réaliser des microprojets à la demande des communautés bénéficiaires, et le fait de les avoir associées à leur exécution constituent le premier facteur de succès du PURP. Ensuite, les infrastructures réalisées ont entraîné d'autres besoins qui deviennent prioritaires : (i) le nouveau bâtiment a provoqué l'augmentation des effectifs, et du coup l'école a besoin de table-bancs supplémentaires, et la classe doit être dédoublée, ce qui signifie qu'il faut des enseignants de plus ; ou encore (ii) la nouvelle latrine est là, mais il est important de clôturer le cimetière pour s'assurer que certaines personnes ne refusent de payer le montant exigé pour son entretien, et continuent d'aller faire leurs besoins dans les cimetières. La pauvreté est donc très complexe. Monsieur Laré, un peintre demeurant à Bogou dans la préfecture de Tandjoaré (Région des Savanes), nous l'a définie comme « le manque de quelque chose qu'on n'a pas ». Si tel est le cas, la lutte contre la pauvreté, et surtout l'extrême pauvreté, se révèle être un combat de longue haleine, et interpelle beaucoup d'acteurs. La Banque mondiale l'a compris, et c'est pourquoi le PURP a été conçu conjointement avec le Gouvernement togolais, et le Programme des nations-unies pour le développement (PNUD) qui, de son côté, entreprend des actions dans d'autres régions du pays. D'autres partenaires au développement du pays, qui font également beaucoup d'actions sur le terrain en vue du développement communautaire, sont régulièrement consultés pour une meilleure orientation du Programme. Une telle collaboration entre partenaires est très importante pour une meilleure harmonisation de toutes les actions en vue de la réduction de la pauvreté. ######################################## Pour plus d'informations sur le PURP, vous pouvez visiter la fiche-projet, ou contacter les personnes suivantes : | Monsieur Ningbale Kankpiabe Coordonnateur, Agaib-Savanes B.P. 102, Dapaong, Togo Téléphone : (228) 770 86 97 Email : agaib.savanes@ids.tg ou kningbale@yahoo.fr | Mme Yawavi Bouty Agboka, née Abalo Coordonnatrice du Bureau national de liaison B.P. 911, Lomé, Togo Téléphone : (228) 221 69 36 Email : purp.bnl.tg@undp.org | | Monsieur Bayomna Lintega Coordonnateur, Agaib-Maritime B.P. 31, Tsévié, Togo Téléphone : (228) 335 20 11 Email : agaibrm@yahoo.fr | Monsieur Giuseppe Zampaglione, Chef du Projet, Banque mondiale Téléphone : (001) (202) 473-0955 Email : gzampaglione@worldbank.org |
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