Le 29 octobre 2007—Monsieur Gilbert Koudjo Akodenyon est le patron du Cabinet AGECET (Agence d’étude, de contrôle d’exécution des travaux bâtiments et travaux publics), un cabinet offrant des services dans les domaines des bâtiments et travaux publics au Togo. Après ses études en ex-URSS, il a travaillé dans une société espagnole ayant des contrats de services avec l’administration des travaux publics au Togo. Mais après le départ de ses employeurs en 1994, Monsieur Akodenyon a décidé de créer [en 1996] sa propre entreprise pour, dit-il, se « prendre en charge, étant donné que le recrutement dans la fonction publique ne se faisait plus du tout ». Difficultés administratives et d’accès au crédit Les débuts de l’Agecet, dont les valeurs fondamentales sont la satisfaction du client, l’intégrité professionnelle, et les valeurs humaines, n’ont pas été faciles. Les défis à relever étaient importants : « Sur le plan administratif, nous avons rencontré des problèmes dans la constitution des dossiers à tous les niveaux. Le premier grand défi était celui de trouver des contrats d'une part, et de pouvoir les réaliser à la satisfaction des clients d'autre part. Le second défi a porté sur les ressources financières à mobiliser ; et le troisième défi était la mobilisation des différentes compétences et ressources humaines nécessaires », nous confie Monsieur Akodenyon. Après les difficultés de création d’entreprise et d’accès au crédit, il a fallu beaucoup de détermination pour démarrer et, après dix ans d’activité, Agecet se porte assez bien : « Nous pouvons dire que notre bureau se porte pas trop mal, avec un chiffre d’affaires en croissance soutenue depuis 2004 (environ 5% par an). Nous employons 54 personnes au Togo (dont des ingénieurs, des consultants, des universitaires, et des experts techniciens), et nous venons d’ouvrir une représentation en Côte d’Ivoire où nous employons une dizaine de personnes », nous confie le Directeur. Mais il faut noter que plus de 90% du chiffre d’affaires de ce bureau d’études est réalisé à l’extérieur du Togo. Nécessité d’améliorer l’environnement des affaires au Togo Des efforts sont actuellement en cours, mais beaucoup d’entrepreneurs locaux se plaignent des difficultés qu’ils rencontrent. La tâche n’est pas facile pour les entrepreneurs privés qui sont confrontés entre autres à des lourdeurs administratives lors de la création de leurs entreprises, et à des difficultés d’accès au crédit pour faire marcher leurs affaires pour ne citer que ces deux problèmes. « L’environnement des affaires au Togo doit être amélioré et assaini », nous dit Monsieur Akodenyon, qui ajoute qu’il faut pour le pays « une justice fiable pour protéger les investissements, et une administration de qualité au service du contribuable. L’environnement des affaires actuel ne profite qu’à une petite portion d’hommes d’affaires qui maîtrisent tous les décideurs au niveau des régies financières du pays, pour ne citer que ceux-ci... ». Pour notre interlocuteur, l’action des institutions comme la Banque mondiale et sa filiale SFI (Société financière internationale) qui appuie le développement du secteur privé, doit être beaucoup plus renforcée pour soutenir davantage le secteur privé africain, à travers des crédits conséquents. « Mais pour des pays comme le Togo, et beaucoup d'autres aussi, ces institutions, ensemble avec d’autres partenaires, doivent contribuer à assainir l’environnement des affaires afin qu’il soit favorable et profitable à tous ceux qui désirent investir dans leur pays. Un travail de fond doit être fait pour mettre en place un cadre juridique favorable aux investissements », a-t-il conclu. Des efforts à faire en effet : Selon « Doing Business 2008», le Togo a reculé sur plusieurs points dans la pratique des affaires. La Banque mondiale et sa filiale SFI ont rendu public le 26 septembre 2007 leur cinquième rapport annuel sur la pratique des affaires dans le monde, dénommé « Doing Business 2008». Sur les 178 pays classés selon la facilité d'y faire des affaires, le Togo occupe la 156ème place, ce qui constitue un recul par rapport au classement de « Doing Business 2007 » où le pays occupait la 149ème place [notons toutefois que « Doing Business 2007 » a pris en compte 175 pays]. Selon le nouveau rapport, le Togo a reculé sur 9 des 10 indicateurs de la réglementation des affaires qui ont été pris en compte, à savoir la création d’entreprise, l’octroi des licences, l’embauche des travailleurs, l’obtention des prêts, la protection des investisseurs, le paiement des impôts, le commerce transfrontalier, le transfert de propriété, et la fermeture d’entreprise. Le tableau ci-dessous nous indique le classement du Togo par Doing Business 2008. Indicateur
| Classement du Togo dans « Doing Business 2008 »
| Classement du Togo dans « Doing Business 2007 »
| Variation dans le classement
| Création d’entreprise | 176ème | 174ème | -2 | Octroi de licences | 143ème | 140ème | -3 | Embauche des travailleurs | 146ème | 137ème | -9 | Transfert de propriété | 150ème | 146ème | -4 | Obtention de prêts | 135ème | 132ème | -3 | Protection des investisseurs | 138ème | 120ème | -18 | Paiement des impôts | 138ème | 134ème | -4 | Commerce transfrontalier | 81ème | 60ème | -21 | Exécution des contrats | 153ème | 153ème | 0 | Fermeture d’entreprise | 90ème | 89ème | -1 |
 | Sabine Hertveldt, Spécialiste du développement du secteur privé à la SFI. | Selon Sabine Hertveldt de la Société financière internationale qui a participé à la rédaction de « Doing Business 2008 » : « Des réformes s'imposent dans deux principaux domaines au Togo : (i) les formalités administratives pour la création des entreprises nécessitent d'être simplifiées [le Togo est 176ième sur 178] ; et (ii) l'efficacité des courts et tribunaux en matière commerciale doit être améliorée [le pays est 153ième sur 178 en ce qui concerne l'exécution des contrats]. Au Togo, pour créer une entreprise, il faut 13 procédures différentes, alors que la moyenne est de 10 procédures dans la sous-région. Quant au coût total de création d'entreprise, il est plus que deux fois le revenu par habitant (245% du PNB par habitant), comparé à seulement 148% dans la sous-région. Décider d'un litige en matière commerciale prend presque deux ans à Lomé, comparé à seulement 14 mois dans la sous-région. Par rapport à l'année passée, le Togo a perdu 9 places sur l'indicateur "embauche des travailleurs" à cause de l'introduction de nouvelles restrictions aux contrats à durée déterminée. Le recul de 7 places dans le classement mondial sur la facilité de faire des affaires [de 149ème l'année passée à 156ème cette année] indique qu'un grand nombre de pays avancent dans le classement parce qu'ils mettent en oeuvre des réformes qui améliorent le climat des investissements. Le rapport 2008 montre également que le rendement du capital investi est plus élevé dans les pays qui réforment le plus ». Notons qu'en matière de réformes, « Doing Business 2008 » révèle que les 10 premiers pays réformateurs sont l'Egypte, la Croatie, le Ghana, la Macédoine, la Géorgie, la Colombie, l’Arabie saoudite, le Kenya, la Chine, et la Bulgarie. Ces pays ont facilité la création d’entreprise, renforcé les droits de propriété, amélioré la protection des investisseurs, accru l’accès au crédit, allégé la charge fiscale et accéléré le commerce transfrontalier, tout en réduisant les coûts. Par Sylvie Nenonene, Chargée de communication.
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