La hausse des prix alimentaires a fait sombrer 44 millions de personnes de plus dans la pauvreté

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Communiqué de presse n°:2011/333/PREM

WASHINGTON, le 15 février 2011  Selon les dernières estimations, 44 millions de personnes vivant dans les pays en développement sont tombés depuis le mois de juin dernier dans la pauvreté sous l’effet de la hausse des prix alimentaires, qui continuent une ascension vers leurs niveaux de 2008. C’est ce qui ressort des nouveaux chiffres publiés par le Groupe de la Banque mondiale à l’approche de la réunion que vont tenir à Paris les ministres des finances et gouverneurs des banques centrales du G-20.

 

« Les prix alimentaires mondiaux sont en train d’atteindre des niveaux dangereux, et constituent une menace pour des dizaines de millions de pauvres à travers le monde », a déclaré à ce sujet le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick. « Cette hausse des prix est déjà en train de faire basculer des millions de personnes dans la pauvreté et d’exercer des pressions sur les plus vulnérables, qui consacrent déjà plus de la moitié de leurs revenus à l’alimentation », a-t-il souligné.

 

Selon la dernière édition de Food Price Watch, l’indice des prix alimentaires de la Banque mondiale a progressé de 15 % entre octobre 2010 et janvier 2011. Il se situe aujourd’hui à un niveau supérieur de 29 % à celui d’il y a un an, et n’est plus qu’à 3 % de son plafond de 2008. 

 

Parmi les céréales, c’est le blé qui a le plus augmenté. Le prix du blé a en effet doublé entre juin 2010 et janvier 2011. Le maïs a quant à lui progressé de 73 %, mais le prix du riz a en revanche augmenté plus lentement que celui des autres céréales — un élément capital pour un grand nombre de pauvres. Les prix du sucre et des huiles comestibles ont eux aussi fortement grimpé, et d’autres denrées essentielles à une alimentation diététiquement variée ont suivi le mouvement : c’est par exemple le cas des légumes en Inde et en Chine, ou des haricots dans certains pays d’Afrique.

 

Selon Food Price Watch, l’essor du nombre d’individus que cette flambée des prix a fait basculer dans l’extrême pauvreté (définie comme vivant avec moins de 1,25 dollar par jour) est associé à un surcroît de malnutrition, car les pauvres se nourrissent moins et sont contraints de se procurer des aliments qui sont moins coûteux mais aussi moins nutritifs.

 

Cela dit, comparativement à la flambée de 2008, deux facteurs ont empêché cette fois-ci un nombre encore plus grand d’individus de sombrer dans la pauvreté. Le premier a trait aux bonnes récoltes dont ont bénéficié beaucoup de pays africains, ce qui a contribué à la stabilité des prix, en particulier pour le maïs qui est une denrée essentielle. Le second tient au fait que les cours mondiaux du riz ont augmenté de façon modérée, et que les perspectives pour ce marché semblent stables.

 

La réponse à ce dernier épisode de hausse des prix consiste notamment à accroître les programmes de protection sociale et de sécurité alimentaire dans les pays où la hausse est la plus marquée ; à éviter les restrictions sur les exportations de produits alimentaires ; et à améliorer l’effort d’information sur les stocks alimentaires. Un surcroît d’investissements dans le secteur agricole s’impose également, de même que le développement de biocarburants faisant moins appel à des produits vivriers, et la prise de mesures en matière d’adaptation au changement climatique.

 

L’action de la Banque mondiale

 

Quelque 40 millions de personnes démunies bénéficient du Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP) mis en place par la Banque mondiale. Avec un fonds de 1,5 milliard de dollars, le GFRP apporte (ou apportera) son assistance à une quarantaine de pays à faible revenu sous la forme d’aides agricoles (nouvelles semences améliorées, systèmes d’irrigation) et d’aides alimentaires destinées aux populations les plus vulnérables. Au Bénin, par exemple, les engrais distribués grâce au GFRP ont permis la production de 100 000 tonnes de céréales supplémentaires. 

 

Sur le plus long terme, le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à augmenter ses dépenses dans le domaine de l’agriculture, avec une moyenne annuelle de 6 à 8 milliards de dollars, contre 4,1 milliards en 2008.

 

En outre, l’appui fourni par la Banque s’articule autour des axes suivants :

·         Mise en œuvre du nouveau Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP), établi par la Banque en avril 2010 à la demande du G-20, avec pour objectif de soutenir les programmes menés par les pays en matière agricole et de sécurité alimentaire et de favoriser les investissements en faveur des petits agriculteurs. À ce jour, les engagements des bailleurs de fonds (six pays, ainsi que la Fondation Bill et Melinda Gates) sur les trois prochaines années s’élèvent à environ 925 millions de dollars, dont 350 millions ont déjà été débloqués. Les dons approuvés et décaissés par le GAFSP depuis son lancement se chiffrent à 321 millions de dollars et ont été destinés à huit pays : Bangladesh, Éthiopie, Haïti, Mongolie, Niger, Rwanda, Sierra Leone et Togo. 

·         Effort de plaidoyer pour l’investissement en recherche agricole et l’efficacité de la recherche, par le biais notamment du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale. 

·         Suivi des tendances du commerce agricole et identification des risques de pénurie alimentaire.

·         Coordination avec les agences des Nations Unies, dans le cadre du Groupe de travail de haut niveau sur la sécurité alimentaire, et avec les organisations non gouvernementales.

·         Les investissements consentis par la Société financière internationale (IFC) dans l’agriculture ont connu une hausse significative. Pour l’exercice fiscal 2010, l’IFC a engagé 2 milliards de dollars le long de la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire afin d’accroître la productivité du secteur, augmenter la liquidité, améliorer les chaines de distribution et la logistique, et accroître l'accès au crédit pour les petits exploitants agricoles.

 

Le Groupe de la Banque mondiale appuie également des mesures plus larges pour améliorer la nutrition au sein des groupes vulnérables. Grâce aux programmes de filets de protection sociale mis en œuvre par la Banque — sous la forme de transferts en espèces notamment —, quelque 2,3 millions de repas scolaires sont distribués quotidiennement aux enfants dans les pays à faible revenu. La Banque travaille aussi avec le Programme alimentaire mondial pour aider à nourrir 22 millions d’enfants dans 70 pays. Au cours des dix dernières années, 98 millions d’enfants ont également bénéficié des actions menées par la Banque dans la distribution de doses de vitamine A et de traitements vermifuges, ainsi que dans l’information sur les bonnes pratiques nutritionnelles.


Contact médias:

A Washington: Alejandra Viveros, (202) 473-4306, aviveros@worldbank.org 

 

 Pour accéder à Food Price Watch, cliquez sur le lien suivant: 

 http://www.worldbank.org/foodcrisis/food_price_watch_report_feb2011.html 

 

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