Fiche-pays

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Dernière mise à jour : mars 2008  

Histoire

C’est en 1960 que la République du Togo a obtenu son indépendance de la France. Son premier président, Sylvanus Olympio, a été assassiné en 1963 et remplacé par un gouvernement provisoire dirigé par Nicholas Grunitzky. Ce gouvernement a à son tour été renversé en 1967 lors d’un coup d’État dirigé par le général Gnassingbe Eyadéma, qui est alors devenu Président de la République. Il a présidé aux destinées du pays sans avoir à remettre en jeu son mandat jusqu’au début des années 90, quand la pression populaire l’a obligé à organiser une conférence nationale en 1991 en vue d’introduire des réformes démocratiques. Au lieu du succès attendu, cette conférence a dégénéré en émeutes, troubles civils généralisés, violations des droits de l’homme et extrémisme politique.

Diverses élections organisées entre 1992 et juin 2004 ont été boycottées par l’opposition qui a aussi exprimé de sérieuses réserves quand à l’intégrité de ces scrutins. Plusieurs bailleurs de fonds, en particulier l’Union européenne, ont continué à souligner la nécessité d’introduire des réformes démocratiques en vue de rétablir l’aide qui avait été suspendue du début au milieu des années 90.

Après le décès du général Eyadéma en février 2005, son fils, Faure Gnassingbé, a accédé à la présidence au mois d’avril suivant à l’issue d’un scrutin contesté qui a provoqué plusieurs semaines de troubles civils intenses que l’armée a violemment reprimés, entraînant l’exode de 30.000 réfugiés vers le Ghana et le Bénin voisins.

Faits majeurs

Des éléments de base :

  • Le taux de croissance du PIB réel s’est relevé à 4,1 % en 2006 (par rapport à environ en moyenne 1,8 % par an en 2004-2005). Il est estimé à 2,1 % en 2007, et projeté à 3,0 % en 2008. 
  • Après avoir plafonné en 2005 autour de 6,8 %, le taux d'inflation est retombé à seulement 2,2 % en 2006 et 0,9 % en 2007.
  • Le Togo est classé 152ème sur 177 selon l’Indice de développement humain 2007.
  • La notation du pays en ce qui concerne l’Évaluation des politiques et institutions nationales (EPIN) en 2006 est de 2,5.
  • En 2007, Transparency International (TI) classe le Togo 143ème sur 179 pays étudiés.
  • Le rapport sur la pratique des affaires en 2008  classe le Togo 156ème sur 178 pays.
  • Il est probable que le Togo n’arrive à réaliser aucun des Objectifs du développement pour le Millénaire (ODM) d’ici à 2015. Le projet de Document intérimaire de stratégie de réduction de la pauvreté (DISRP) récemment élaboré par le Gouvernement a confirmé la situation alarmante des indicateurs clés, notamment dans les secteurs éducation, santé, eau et assainissement, et VIH/SIDA ; tous ces indicateurs portent de sévères disparités régionales et par rapport au genre.
  • Le taux de prévalence du VIH/SIDA est de 3,2 % au sein de la population âgée de 15 ans et plus.
  • Environ 62% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté national.

Récente évolution de la situation politique

Le Rassemblement du peuple togolais (RPT), qui a gouverné le pays depuis 1969, a remporté les élections législatives organisées en octobre 2007. Le parti a remporté 50 des 81 sièges à l'Assemblée nationale. Le soutien national pour le RPT et le principal parti d'opposition, l'Union des forces du changement (UFC) était très proche (39% des voix pour le RPT, et 37% pour l'UFC). Malgré quelques protestations sur le code électoral, l'UFC siège au Parlement, ce qui constitue une avancée politique majeure.

Le deuxième parti de l'opposition qui avait obtenu des sièges au Parlement est le Comité d'action pour le renouveau (CAR) de l'ancien Premier ministre Yawovi Agboyibor (4 sièges). Le reste des partis de l'opposition traditionnelle (Convention démocratique des peuples africains-CDPA - de Léopold Gnininvi ; Convention patriotique panafricaine-CPP - de Edem Kodjo ; Parti des démocrates pour le renouveau-PDR de Zarifou Ayéva) n’a remporté aucun siège lors des législatives.

À la suite des élections, Monsieur Komlan Mally a été nommé Premier ministre. Le nouveau gouvernement (dominé par le RPT) contient quelques membres de partis d'opposition non représentés au parlement, les principaux partis d'opposition (UFC, CAR) ayant décliné l'offre de participer au nouveau gouvernement.

Les observateurs nationaux et internationaux dans leur majorité ayant jugé que les élections législatives étaient suffisamment libres et transparentes, l'Union européenne (UE) a repris ses relations normales avec le Togo à la fin de novembre 2007.

Situation économique

Avec l'amélioration de la situation politique du pays, la priorité est maintenant à la relance économique et, à cet égard, le réengagement des bailleurs de fonds va être important. Une mission conjointe Banque mondiale / Fonds monétaire international (FMI) / Banque africaine de développement (BAD) s’est rendu au Togo en novembre/décembre 2007. La mission a conclu que le Togo a entrepris des mesures pour commencer par faire face aux défis économiques, renforcer la gestion des finances publiques et rendre les institutions publiques plus transparentes. Les autorités ont été en mesure d'accroître les recettes fiscales, de contrôler les dépenses, réduire le déficit budgétaire, ainsi que les arriérés intérieurs. Les autorités ont exécuté avec succès le programme intérimaire conclu avec le FMI. Suite à ces bonnes performances sur les plans politique et économique, les principaux partenaires multilatéraux sont actuellement en train de se réengager.

Le taux de croissance du PIB réel est projeté à 3 % en 2008 (comparé à une estimation de 2,1 % en 2007). Le taux d'inflation en 2007 a été bien contenu à 0,9 %, comparativement à 2,2 % en 2006. En 2007, le solde du compte courant était estimé à 6,4 % du PIB et le déficit budgétaire global (sur la base des ordres de paiement) à 4,5 %. Au cours des dernières années, on a noté certains progrès dans la mise en œuvre des réformes structurelles (libéralisation du secteur des télécommunications ; privatisations achevées, y compris celles d’une importante compagnie d'assurance, plusieurs hôtels, et des services au Port autonome de Lomé).

Le système bancaire nécessite encore des restructurations majeures pour renforcer sa capacité à financer l'activité économique. Il s’agit en particulier de la BTCI (Banque togolaise pour le Commerce et de l'industrie), avec sa grande exposition aux entreprises publiques du coton et des phosphates. Ceci impliquerait l’attraction d’investisseurs privés potentiels dans les grandes banques publiques. Le désengagement des grandes entreprises publiques, y compris la Société des télécommunications, devrait également être considéré.

Des réformes institutionnelles sont nécessaires pour renforcer le cadre réglementaire du port, des télécommunications, de l'eau et de l'électricité, où des opérateurs privés jouent déjà un rôle croissant. Ces réformes serviront à promouvoir davantage la participation du secteur privé dans d'autres secteurs.

Dans le secteur du coton, qui représente plus de 60 % du total des exportations agricoles, des réformes sont en cours pour restructurer la SOTOCO (Société togolaise du coton). Le Gouvernement a procédé à deux audits financiers de la SOTOCO et un audit stratégique est en cours de finalisation. Sur la base de ces audits, le Gouvernement a remboursé la totalité des arriérés dus aux producteurs de coton et est en train de mettre en œuvre le programme de réformes découlant des audits de l'entreprise et du secteur.

Perspectives de développement / Coordination de l’action des bailleurs de fonds

L'UE a repris sa coopération entière avec le Togo en novembre 2007, et a libéré le reliquat de 40 millions d’euros au titre du 9ème FED (Fonds européen de développement), ainsi que 26 millions d'euros pour appuyer les réformes démocratiques et institutionnelles, améliorer la gouvernance, et soutenir le développement urbain et l'assainissement.

En mars 2008, l'UE a approuvé une nouvelle stratégie pour le pays pour un montant total de 123 millions d'euros (environ 80 milliards de francs CFA) devant couvrir la période de 2008-2013. Les secteurs qui seront financés dans le cadre de cette nouvelle stratégie sont : (i) le renforcement de la gouvernance à travers l'appui aux réformes économiques et institutionnelles ; (ii) le redressement économique par le soutien à l'infrastructure ; et (iii) l'appui à la société civile et la protection de l'environnement.

Maintenant que les réformes politiques convenues dans le cadre de l'Accord politique global semblent être pleinement réalisées, les autorités mettent l'accent sur les réformes économiques et encourageant les bailleurs à s'engager à nouveau avec le pays. Cela constitue un élément crucial pour relancer le développement du pays, et améliorer le niveau de vie de la population. La mission conjointe Banque mondiale/FMI/BAD de novembre/décembre 2007 a lancé les bases pour la Facilité pour la croissance et la réduction de la pauvreté du FMI, et pour des programmes de réengagement de la Banque mondiale et de la BAD. Ces programmes seront axés sur le maintien de la stabilité macroéconomique, l'amélioration de la gouvernance budgétaire, et la mise en œuvre des réformes structurelles dans des secteurs tels que le coton, le phosphate et le système bancaire.

Rôle du Groupe de la Banque mondiale

L'Association internationale de développement   (IDA -- l’organe du Groupe de la Banque mondiale qui accorde des crédits aux pays pauvres) a suspendu ses décaissements pour le Togo depuis janvier 2002, et classé comme improductifs les emprunts du pays en mai 2002. Le dernier projet figurant dans son portefeuille a été clos en mars 2003. Au 15 mars 2008, les arriérés dus à la Banque mondiale s'élèvent à 144 millions de dollars. Actuellement, la Banque travaille sur un programme de réengagement, en collaboration avec le FMI et la BAD.

En attendant de se réengager totalement, la Banque mondiale continue à soutenir le pays, à travers des études analytiques, des services conseils, et divers dons aidant à financer le Programme d’urgence pour la réduction de la pauvreté (PURP). Ce programme, financé par l'Initiative en faveur des pays à faible revenu en difficulté (LICUS), appuie les priorités de développement communautaire définies par les communautés pauvres dans les régions des Savanes et Maritime. La deuxième phase du PURP a été approuvée en mai 2007 ; et sa phase d'extension aux trois autres régions du pays a été approuvée en novembre 2007 et sera lancée dans les prochains mois. Le PURP a reçu un montant total de 4.226.677 dollars.

D'autres subventions ont également été approuvées récemment pour aider le pays à : (i) préparer le redressement économique et le réengagement international (1.573.630 dollars) ; (ii) appuyer un programme de lutte contre la grippe aviaire (559.900 dollars) ; et (iii) financer des infrastructures urbaines prioritaires dans les quartiers les plus pauvres de Lomé (1.575.000 dollars).

Société financière internationale (connue sous son sigle en anglais IFC) — Le Gouvernement a montré sa détermination à voir le secteur privé se développer, et l’IFC est disposée à soutenir les efforts dans ce sens. Suite au réengagement de la Banque mondiale et du FMI, la stratégie actuelle de l’IFC pour le Togo est de développer et de soutenir de façon proactive des projets dans les domaines de la production, des services, des infrastructures (port), des mines et des marchés financiers. L’IFC envisage également des possibilités dans d'autres secteurs, tels que les télécommunications et l'électricité, où il espère appuyer les efforts de privatisation du secteur. L’IFC va continuer à collaborer avec la Banque mondiale, le FMI et les partenaires au développement du pays pour améliorer le climat d'investissement au Togo. Le portefeuille actuel de l’IFCau Togo comporte un investissement de 1,6 million de dollars, en faveur d’une société de fabrication du savon (Transam). Les activités de l’IFC au Togo sont couvertes par son bureau régional basé à Accra, au Ghana.

Agence multilatérale de garantie aux investissements (MIGA) — La MIGA n’a aucune opération en cours actuellement au Togo.

Institut de la Banque mondiale (WBI) — La participation du Togo aux programmes du WBI est très limitée.

Contacts

Bureau de la Banque mondiale à Washington :

 

Mme Antonella Bassani
Directeur des opérations, p.i.
abassani@worldbank.org

Mme Evelyn Anna Kennedy
Analyste des opérations
Tél.: (202) 473 3154
Fax : (202) 473 1752
ekennedy@worldbank.org

Adresse postale
World Bank
1818 H Street, NW
Washington, DC 20433
États-Unis 

 

 

Bureau de la Banque mondiale au Togo :

 

M. Joseph Baah-Dwomoh
Représentant résident
jbaahdwomoh@worldbank.org

Mme Yvette Dan-Houngbo
Économiste
ydanhoungbo@worlbankd.org

Adresse postale
169 Boulevard du 13 Janvier
Immeuble BTCI, 8ème étage
Lomé, Togo
Télécopie : (228) 221-78-56

 

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