Fiche-pays

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Dernière mise à jour : juillet 2009 

Aperçu général

Le Togo est un pays à faible revenu situé sur le Golfe de Guinée en Afrique de l’Ouest. Il avait une population d’environ 6,6 millions, un revenu par habitant de 360 dollars et un revenu national brut de 2,4 milliards en 2007. Le Togo est membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Lomé, sa capitale, peuplée d’environ 800 000 habitants, s’étale sur la côte près de la frontière avec le Ghana. Lomé possède le seul port en eau profonde en Afrique de l’Ouest, ce qui fait de la ville une importante plaque tournante de transport pour le commerce des pays voisins sans littoral.

Ayant la forme d’une étroite bande de terre s’étendant sur une superficie de 56 785 km2, le pays est divisé en cinq régions et trente préfectures. Les principales activités économiques du Togo sont l’agriculture, l’exploitation du phosphate et le commerce et le transport de marchandises. L’agriculture emploie deux tiers de la population et représente environ 45 % du PIB. Le secteur secondaire (qui comprend notamment les phosphates, la fabrication de ciment, la construction et l’énergie) emploie environ 12 % de la population et représente environ 22 % du PIB. Le secteur des services, dominé par le commerce et le transport, emploie environ 21 % de la population et génère environ 33 % du PIB.

C’est en 1960 que la République du Togo a obtenu son indépendance de la France. Son premier président, Sylvanus Olympio, a été assassiné en 1963 et remplacé par un gouvernement provisoire dirigé par Nicholas Grunitzky. Ce gouvernement a à son tour été renversé en 1967 lors d’un coup d’État dirigé par le général Gnassingbe Eyadéma, qui est alors devenu Président de la République. Il a présidé aux destinées du pays sans avoir à remettre en jeu son mandat jusqu’au début des années 90, quand la pression populaire l’a obligé à organiser une conférence nationale en 1991 en vue d’introduire des réformes démocratiques. Cette conférence a dégénéré en émeutes, troubles civils généralisés, violations des droits de l’homme et extrémisme politique.

Diverses élections organisées entre 1992 et juin 2004 ont été boycottées par l’opposition qui a aussi exprimé de sérieuses réserves quand à l’intégrité de ces scrutins. Le décès du Président Eyadema en février 2005 suivi par l’élection de son fils Faure Gnassingbe à la présidence deux mois plus tard a relancé les troubles civils, qui ont été réprimés par l’armée et ont entraîné l’exode de plus de 30 000 personnes qui ont trouvé refuge au Ghana et au Bénin voisins. Après de longues négociations entre les principales formations politiques, menées également sous la médiation du Président Blaise Compaoré du Burkina Faso, ont abouti à la signature d’un Accord politique global en août 2006. L’accord prévoyait la mise en place d’un nouveau gouvernement de transition désigné gouvernement d’union nationale qui a organisé avec succès les élections législatives en octobre 2007. Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) a remporté la majorité des sièges lors de ces élections, avec 50 sièges sur 81. Le principal parti de l’opposition, l’Union des Forces de Changement (UFC), a obtenu 37 % des voix contre 39 % pour le RPT, suivi par le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de l’ancien premier ministre Yawovi Agboyibor, qui détient 4 sièges au sein du parlement. Les bailleurs de fonds qui avaient suspendu leur aide financière au Togo au début des années 90 ont rétabli leur soutien au pays, les élections ayant été jugées libres et équitables par les observateurs internationaux.

Données de base

  • Le taux de croissance réelle du PIB du pays s'est relevé à 4 % en 2006 (contre une moyenne de 1,8 % par an en 2004-2005). Le taux de croissance réelle du PIB a reculé à environ 2 % et 2007 et devrait s’établir selon les projections à un peu plus de 1,1 % en 2008 et de 1,7 % en 2009.
  • Après avoir plafonné en 2005 à 6,8 %, le taux d'inflation est retombé à 2,2 % en 2006 et 1 % en 2007. Il devrait atteindre un pic de 8,4 % en 2008 avant de retomber entre 2 % et 3 % à moyen terme lorsque que les prix des denrées alimentaires locales baisseront après avoir atteint récemment un pic.
  • Le Togo occupe le 152è rang sur 177 pays dans l’Indice de développement humain (2007).
  • La notation du pays en ce qui concerne l’Évaluation des politiques et institutions nationales ou EPIN (2007) est de 2,5.
  • Transparency International classe le Togo au 143e sur 179 pays étudiés (2007).
  • L’édition 2009 du rapport Doing Business sur la pratique des affaires classe le Togo en 163e position sur 179 pays étudiés.
  • Selon une récente évaluation, malgré quelques progrès, il est improbable que le Togo arrive à réaliser la plupart des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) d’ici à 2015. Il sera en particulier difficile pour le pays d’atteindre les objectifs de réduction de moitié de la pauvreté et de la famine, ainsi que les objectifs relatifs à un meilleur accès à l’eau et à des installations sanitaires et à la diminution des taux de mortalité maternelle et infantile.
  • En 2005, le taux de prévalence du VIH/SIDA était de 3,2 % au sein de la population âgée de 15 ans et plus.
  • Environ 62 % de la population vit en-dessous du seuil national de pauvreté.

Récente évolution de la situation politique

Un nouveau Premier ministre, Gilbert Fossoun Houngbo, ancien Directeur du PNUD pour la région Afrique, a été nommé en septembre 2008 et a constitué une équipe gouvernementale composée aussi bien de membres du RPT que de l’opposition. Comme celui qui l’a précédé, le nouveau cabinet est axé sur la réforme et englobe toutes les tendances politiques, comprenant en son sein des ministres issus de l’opposition et des membres de la société civile.

En février 2009, le président Gnassingbe a publié un décret portant création d’un cadre permanent de dialogue et de concertation, le Comité Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC), qui est composé des trois partis politiques représentés à l’Assemblée nationale et de ceux ayant obtenu au moins 5 % des voix aux élections de 2007. L’objectif du CPDC est d’instaurer un dialogue permanent entre les partis politiques en vue de contribuer à la stabilité politique et à la consolidation des institutions du pays. Les sujets des concertations portent essentiellement sur : la constitution ; la charte des partis politiques ; le code électoral et la fréquence des élections ; les responsabilités assignées aux institutions par la constitution ; l’accès équitable aux medias d’État ; les droits et devoirs de l’opposition ; et le code de bonne conduite pour le renforcement de l’unité nationale et de la citoyenneté.

Les discussions au sein du CPDC se poursuivent, mais la volonté du Gouvernement d’y intégrer les partis politiques non représentés au parlement a aussi suscité le mécontentement dans les rangs de l’UFC et du CAR.

Situation économique

Malgré un environnement socioéconomique difficile et l’impact du pétrole et les perturbations liés aux prix du pétrole et des matières premières, le Togo a respecté un programme de réformes politiques et économiques qui a rétabli la confiance des bailleurs de fonds et a valu au pays la reprise de ses relations avec la communauté internationale. Suite aux succès enregistrés dans la mise en œuvre d’un Programme de référence en 2007, le Conseil d’administration du FMI a approuvé, le 21 avril 2008, un accord triennal au titre de la FRPC d’un montant de 66,06 millions dont l’exécution a débuté le 1er janvier 2008. Le DSRP intérimaire du pays a été adopté en mars 2008 et son DSRP complet, préparé selon une approche participative, devrait être finalisé en 2009. Depuis 2006, les autorités ont engagé des réformes de la gouvernance destinées à améliorer la transparence et la responsabilité dans le secteur public, notamment dans le domaine de la gestion des finances publiques et dans le secteur financier ainsi que dans les secteurs des phosphates, du coton et de l’énergie. Ceci étant, il reste un nombre important de réformes à mettre en œuvre dans tous ces domaines. Pour sa part, la Banque a apporté un appui budgétaire au Togo à travers une opération de prêt à l’appui de politiques de développement approuvée en mai 2008 qui a servi de base pour l’apurement des arriérés du Togo vis-à-vis de l’IDA et à la reprise des relations avec le Groupe de la Banque.

Le début de relance économique amorcé par le Togo depuis 2006 a été remis en cause en 2007 et en 2008 par des chocs exogènes (liés aux prix des matières premières et à de graves inondations) qui ont entraîné une croissance moins forte que prévu en 2007 et en 2008. Le PIB réel a progressé d’environ 4 % en 2006. La baisse spectaculaire (de plus de 50 %) des exportations de fibre de coton a été compensée par l’activité florissante du secteur des services qui bénéficie d’échanges régionaux en plein essor et d’une augmentation modérée de la valeur des exportations de phosphate (grâce à une montée en flèche des prix des phosphates sur le marché international). La relance s’est maintenue dans un premier temps en 2007, grâce à l’amélioration du climat politique et à une légère reprise de la production cotonnière, mais les inondations survenues dans le Nord du pays durant l’automne 2007 ont porté un sérieux coup à l’agriculture locale et les pénuries d’électricité ont mis à mal l’ensemble de l’activité économique, entraînant un ralentissement de la croissance du PIB à environ 2 % en 2007. La croissance des exportations a été peu soutenue en 2007 en partie en raison de la crise de l’énergie, tandis que les importations ont augmenté suite à l’envolée des prix du pétrole. Cette situation s’est traduite par un déficit du compte courant extérieur (y compris les dons) de 3,9 % du PIB en 2007, contre 6,6 % en 2006. En 2008, en raison des hausses continues des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers, conjuguées à de graves perturbations causées par les fortes inondations du début du mois d’août 2008, la croissance réelle du PIB est estimée à seulement 1,1 %, tandis que déficit du compte courant devrait s’aggraver, selon les estimations, à 6,6 % du PIB. Pour aider le pays à faire face aux écarts de financement causé par la flambée des prix et les inondations, le FMI a approuvé le 22 septembre 2008 une augmentation de l’accès du pays à des financements de l’ordre de 18,35 millions de DTS (soit 25 % du quota).

L’impact de la crise mondiale sur le Togo devrait être modéré en 2009 et en 2010, compte tenu de la faible participation du Togo aux marchés de capitaux internationaux et de la situation déjà défavorable de ses exportations.

Tableau du développement/coordination des bailleurs de fonds

Après plus d’une décennie d’aide extérieure limitée, le Togo a récemment normalisé ses relations avec les principaux partenaires de développement. Le 29 mai 2008, le Conseil des Administrateurs de la Banque mondiale a approuvé une allocation extraordinaire de l’IDA de 146 millions de dollars pour aider le Togo à apurer ses arriérés, ainsi que 17,6 millions de dollars sous forme d’appuis budgétaires. L’Union européenne, le plus important bailleur de fonds du Togo, a annoncé à la fin de 2007 la reprise de son aide financière après 15 années de suspension. Le 22 juillet 2008, le Conseil exécutif de la Banque africaine de développement a approuvé un don destiné à aider le Togo à apurer ses arriérés dans le cadre de sa nouvelle facilité pour les États fragiles. Le 12 juin 2008, le Club de Paris a accepté d’effacer tous les arriérés du Togo en annulant et en rééchelonnant ses dettes, et en rééchelonnant tous les services de la dette dus au cours des prochaines années. D’autres partenaires bilatéraux et multilatéraux se réengagent au Togo. Le Togo a atteint le point de décision de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) en novembre 2008. Lorsqu’il aura atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE, le Togo bénéficiera de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale.

La Banque a participé à la table ronde des bailleurs de fonds organisée par le gouvernement du Togo, le PNUD et l’UE à Bruxelles les 18 et 19 septembre. Cette rencontre sera suivie au printemps 2010 par un groupe consultatif qui offrira un cadre aux principaux bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux pour harmoniser leur réengagement au Togo, en tenant compte des besoins prioritaires et du programme de réformes du pays.

Rôle du Groupe de la Banque mondiale

L’IDA a suspendu ses décaissements en faveur du Togo en janvier 2002 en raison de l’accumulation d’arriérés. Le programme de la Banque s’est ainsi limité à de modestes concours financiers apportés à travers des fonds fiduciaires et des travaux d’analyse jusqu’à mai 2008. Durant cette période, la Banque a maintenu un bureau restreint à Lomé. La Banque a renoué avec le Togo suite à l’apurement de ses arriérés vis-à-vis de l’IDA qui a été rendu possible par l’approbation par le Conseil d’une enveloppe de 167 millions de dollars sous forme d’appui budgétaire (le don pour la Relance économique et la gouvernance) et d’une Stratégie intérimaire de …. ans le 29 mai 2008. Ces projets ont été suivis par un Projet de développement communautaire financé par l’IDA à hauteur de 17,2 millions de dollars qui a été approuvé en juin 2008 et par un financement additionnel de 7 millions de dollars octroyé par l’IDA en octobre 2008 dans le cadre de la Riposte face à la crise alimentaire mondiale. Un Projet sur le secteur financier et la gouvernance d’un montant de 12 millions de dollars a été approuvé en mars 2009. Une deuxième Opération de prêt à l’appui de politiques de développement (ERGG-2) d’un montant de 20 millions de dollars et un Projet d’urgence pour la réhabilitation des infrastructures et des équipements énergétiques de 25 millions de dollars ont été présentés au Conseil en avril et mai 2009.

Durant la période de suspension du programme de l’IDA, les programmes les plus importants étaient financés par le Fonds fiduciaire en faveur des pays à faible revenu (LICUS). Le fonds fiduciaire LICUS a financé un programme à base communautaire, le Programme d’urgence pour la réduction de la pauvreté (PURP), qui était le programme pilote devant conduire au projet de développement à base communautaire plus vaste financé par l’IDA. Le Togo a bénéficié en juin 2008 d’un don dans le cadre du fonds fiduciaire LICUS d’un montant de 1,5 million de dollars pour l’Entretien des infrastructures urbaines. L’échelle de ces activités est en train d’être élargie dans le cadre du Projet d’urgence pour la réhabilitation des infrastructures et des équipements énergétiques. Le fonds fiduciaire pour la reprise économique et le réengagement international de la LICUS (1,6 million de dollars, signé en février 2008) complètera le PURP en soutenant des évaluations de la gouvernance, des approvisionnements et des stratégies dans les secteurs du café, du cacao, du phosphate et de l'énergie ainsi que dans le secteur financier. Le Togo a obtenu en avril 2008 un don (0,6 million de dollars) dans le cadre du Projet de contrôle, de préparation et de réponse à la grippe aviaire et humaine.

IFC: Le portefeuille actuel de l’IFC au Togo comporte un investissement de 1,9 million de dollars en faveur de Transam, une société de fabrication de savon, une facilité de financement des importations de 5 millions de dollars en faveur d’Ecobank Togo et une facilité régionale de crédit de 100 millions de dollars en faveur de Ecobank Transnational Incorporated (ETI), dont le siège social se trouve au Togo. L’IFC examine un projet d’investissement en partenariat avec un promoteur qui envisage de lancer un IPP grâce à l’exploitation du gaz qui sera fourni par le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest. L’IFC a dépêché une mission exploratoire destinée à fournir au Togo des informations sur les moyens d’améliorer l’environnement des affaires. Elle étudie les possibilités d’offrir des Services de conseils en matière d’infrastructure, éventuellement dans le secteur des télécommunications.

MIGA: À l’heure actuelle, la MIGA n’a pas d’engagement résultant d’opérations d’investissement au Togo et n’a aucun projet en réserve pour l’exercice 09.

WBI : La participation du Togo à des programmes du WBI est très limitée.

Contacts

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