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Questions et réponses : actions d'urgence et reconstruction en cas de catastrophe

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Questions et réponses sur les désastres et les opérations de redressement

 

Q: Quel est le rôle de la Banque mondiale à la suite d'un désastre?

R: Le rôle de la Banque mondiale est d'appuyer immédiatement et à long terme, le redressement et la reconstruction, tout en réduisant la vulnérabilité des communautés qui ont été affectées. Le tsunami du 26 décembre 2004 - la plus grande catastrophe que le monde ait jamais connue - a surtout touché les populations pauvres des pays concernés. Notre objectif principal est de   s'assurer que la reconstruction ne ramène pas ces populations au niveau de pauvreté d'avant le tsunami. Il faut que la reconstruction leur offre des conditions meilleures que celles d’avant.

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Q: Quelles sont les pertes globales liées au tsunami?

R: Les pertes économiques globales sont estimées à plus de 7 milliards de dollars EU, et les besoins en financement pour le redressement et la reconstruction s’élèvent à 8,4 millions de dollars EU, environ. Ce sont avant tout des biens privés qui ont été perdu, y compris des logements et des biens commerciaux. Les populations pauvres, qui sont toujours les plus vulnérables aux catastrophes naturelles, ont été touchées de manière disproportionnée.

 

 

Q: Quelles actions doivent être immédiatement entreprises?

R: Puisque les personnes touchées disposent maintenant de logements temporaires, ils doivent pouvoir reconstruire leurs maisons et retrouver du travail. Pour les aider, il faudra reconstruire les bateaux de pêche, remettre en marche les petits commerces, construire de nouveaux logements et les infrastructures publiques. Le logement est particulièrement important puisque dans la plupart des pays touchés, une grande partie des habitations a été détruite. Les besoins prioritaires incluent la reconstruction des infrastructures telles que les systèmes d’approvisionnement en eau potable, les systèmes d’assainissement, les routes, les écoles et les établissements sanitaires.

 

Q: Comment la Banque aide-t-elle les gens à reconstruire leur vie ?

R: La majeure partie de notre aide se fait sous forme de subventions qui sont allouées directement à des personnes ou à des communautés. Au Sri Lanka par exemple, plus de 11 500 ménages ont reçu le premier versement d’un don financier pour l'habitat. L’objectif est de relancer le processus de reconstruction et de permettre aux populations d’avoir de l’argent. Dans ce même pays, près de 200 000 familles ont aujourd’hui de l’argent grâce à des dons en espèces qui les aident à faire face à leurs dépenses quotidiennes. Dans l'État d'Andhra Pradesh, les pêcheurs ont reçu des crédits bancaires qui leur permettent de reprendre leurs activités de pêche et de gagner leur vie. Un autre exemple est celui de l’Indonésie où les communautés ont reçu des sommes pour financer des petits projets de reconstruction. Toutes ces aides permettent aux gens de se reconstituer des sources de revenus. Aux Maldives, grâce aux fonds de la Banque mondiale, le gouvernement a apporté une aide financière ponctuelle aux familles qui ont été sévèrement touchées, pour leur permettre de se nourrir et de faire face à leurs autres dépenses quotidiennes. Un programme de suivi distribue mensuellement de modestes sommes pendant 10 mois aux plus pauvres et plus vulnérables des populations touchées. L'aide de la Banque mondiale a également permis aux populations maldiviennes touchées par la catastrophe de reconstruire leur vie grâce à de petites subventions destinées au remplacement des bateaux et autres matériels essentiels de pêche.

 

Q: Selon la Banque mondiale, comment devrait se faire la réinstallation des populations affectées ?

R: Toute réinstallation doit absolument se faire en concertation avec les communautés touchées et avec leur accord. Il faut arriver à un consensus, même si cela n'est pas facile. Les populations ne doivent pas retourner à la situation dans laquelle elles étaient avant le tsunami, c’est-à-dire, se retrouver dans des conditions de pauvreté absolue où elles sont vulnérables aux tsunamis et aux cyclones. Toutefois, il faut aussi comprendre que ces personnes ont leurs racines dans les zones où elles ont vécu avant le tsunami, et donc elles ne doivent pas être déplacées contre leur gré. Il faudra donc discuter et négocier avec ces communautés concernées, et s’assurer que toute réinstallation se fait uniquement avec leur accord.

 

Q: Quels principes clés gouvernent l'appui que la Banque mondiale apporte au processus de reconstruction après le tsunami?

 

R: Tout d'abord, les pays eux-mêmes doivent contrôler le processus de reconstruction. C'est essentiel. Nous savons tous qu’en matière de développement, lorsque les populations et les autorités des pays qui reçoivent l'aide ne sont pas d'accord avec les projets, il est difficile d’obtenir des résultats. Donc le premier principe en ce qui concerne la reconstruction après le tsunami est que le pays récipiendaire soit le maître des opérations. Le second principe est la nécessité de coordonner toutes les aides que ces pays reçoivent. La réponse de la communauté internationale à cette catastrophe a été exceptionnelle. Cette catastrophe a vraiment suscité la compassion du monde entier. Les pays récipiendaires se retrouvent donc avec une énorme aide en espèces et en nature, qui doit être coordonnée et administrée. Cela n'est pas une tâche facile. Dans ces conditions, tout mécanisme qui permettra aux bailleurs de fonds de regrouper leurs ressources pour réduire les coûts des transactions sera important, car il y a un véritable risque que la lourdeur administrative créée par cette aide retarde les progrès sur le terrain.

 

Q: Il est vrai que le défi qui se pose est de s’assurer que la reconstruction ne recrée la pauvreté --  c'est-à-dire qu'elle ne recrée pas les mêmes conditions qui existaient avant le désastre. Comment collaborez-vous avec les gouvernements pour essayer d'éviter cela?

 

A: Rappelez-vous le lien entre pauvreté et désastre. Les populations pauvres ont toujours été les plus touchées par les désastres, ce pour plusieurs raisons: elles vivent en général dans des zones exposées aux catastrophes naturelles, dans des habitations peu fiables, et elles ont peu ou pas de ressources pour se protéger. Nous avons donc une situation où la mission de la Banque mondiale de réduire la pauvreté et l'objectif de réduire la vulnérabilité sont intimement liés. En outre, l'aide apportée aux gouvernements pour la reconstruction après la catastrophe a pour objectif d’assurer que les nouvelles constructions seront plus résistantes en cas de nouvelle catastrophe.

 

Q: La Banque mondiale continuera-t-elle à appuyer la reconstruction dans les pays qui ont été touchés?

R: Absolument. Il s'agit d'une partie importante des activités de la Banque. En fait la Banque est le plus grand bailleur de fonds des activités de reconstruction et de redressement après les catastrophes. Depuis 1980, la banque a prêté plus de 40 milliards de dollars EU pour financer plus de 550 projets relatifs aux désastres. De ce montant, 14 milliards de dollars EU ont financé des projets d'aide d'urgence pour le redressement, et des projets ayant des composantes visant à prévenir et à mitiger les désastres.

 

Q: Quelles sont les leçons tirées des désastres passés que la Banque a pris en compte pour apporter son aide aux pays touchés par le tsunami?

 

R: L'Unité de la gestion des risques de la Banque mondiale a joué un rôle central dans la diffusion à toutes les parties intéressées des leçons tirées des désastres passés. Cette unité, en collaboration avec le consortium mondial Consortium ProVention, a étudié cinq cas de reconstruction dans des pays touchés par les catastrophes naturelles. Les conclusions de cette étude ont guidé l'appui que le personnel de l’unité a apporté aux équipes de la Banque mondiale chargées de travailler dans les pays touchés par le tsunami. Ces conclusions ont souligné la nécessité de mettre l’accent sur la reconstruction des vies des populations touchées. Une autre leçon clé – que la Banque mondiale a déjà mise en pratique – est la nécessité d'obtenir une forte participation de la communauté. Les programmes de redressement qui ne prennent pas suffisamment en compte les préoccupations des populations touchées ont un taux d'échec élevé. Finalement, on s'est aperçu qu'il était important que la reconstruction soit bien faite, même si cela doit prendre du temps.

 

 

Q: Y-a-t il des exemples qui montrent comment la Banque mondiale a mis en œuvre ses stratégies de réduction de risque?

R: Nous pouvons citer un projet en Inde qui incorpore la réduction des risques dans le matériau pédagogique des écoles fondamentales. Le Projet d'éducation fondamentale donne des directives pour le choix des sites des écoles pour s’assurer que les constructions obéissent à un code de prévention des désastres et que certaines écoles seront conçues pour pouvoir également servir d'abris en cas de besoin.

 






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