| Le Avril 24, 2008 — l’agence aérospatiale japonaise (JAXA) et la Banque mondiale ont signé un accord portant sur Daichi, un satellite japonais mis au point et opéré par la JAXA faisant appel aux technologies de pointe dans le domaine de l’observation de la Terre (ALOS). Dans le cadre de cette entente, ce satellite fournira à la Banque des images en haute résolution de l’Amérique latine et des Caraïbes, une région où le changement climatique devrait avoir des conséquences graves. Ces images en haute résolution prises depuis l’espace permettront une meilleure formulation des mesures nécessaires pour que la région s’adapte aux menaces du changement climatique. QU’EST-CE QUE ALOS ? ALOS est un imposant satellite pesant environ 4 tonnes surnommé « Daichi », ce qui signifie « Terre mère » en japonais. Le satellite Daichi est conçu pour recueillir à l’échelle mondiale des données qui sont utiles pour la topographie, l’utilisation des terres et la production de cartes à l’échelle 1:25 000. Depuis son lancement le 24 janvier 2006, ALOS a été utilisé pour le suivi des catastrophes, la cartographie, l’observation régionale et l’évaluation des ressources. En Amérique latine, ALOS contribue en particulier à suivre la déforestation opérationnelle, et les informations recueillies sont utilisées pour lutter contre l’exploitation forestière illégale. Le satellite en question dispose de trois instruments de télédétection : 1) L’instrument panchromatique PRISM (Panchromatic Remote-sensing Instrument for Stereo Mapping), qui comporte trois systèmes optiques, permet d’obtenir sur la surface du sol des données tridimensionnelles avec une résolution spatiale de 2,5 mètres. 2) Le radiomètre visible et proche infrarouge AVNIR-2 (Advanced Visible and Near Infrared Radiometer type 2) permet d’obtenir des données sur l’utilisation des terres et la végétation avec une résolution spatiale de 10 mètres. 3) Le capteur radar synthétique amélioré PALSAR (Phased Array type L-band Synthetic Aperture Radar) est idéalement conçu pour détecter les changements de topographie et de géologie à partir de signaux reflétés sur la surface de la Terre. Grâce à ces instruments, la capacité d’ALOS à obtenir des images en haute résolution et à assurer le suivi de la couverture terrestre et des ressources naturelles est inégalée en termes de couverture et de précision par d’autres moyens alternatifs. « Cette entente permettra aux pays de la région de suivre l’évolution de la couverture terrestre et de la forme du relief, y compris la surface des glaciers tropicaux, l’évolution des marécages des régions montagneuses et côtières et même le statut des récifs coralliens. Ces informations seront utiles pour prendre des décisions dans le domaine de l’adaptation », explique Walter Vergara, un ingénieur chimiste de la Banque mondiale et le gestionnaire du portefeuille de projets d’adaptation de la Banque en Amérique latine. Les images des glaciers tropicaux des Andes prises par ALOS sont déjà utilisées pour évaluer la dynamique des glaciers dans le cadre d’un projet d’adaptation dans la région. Suite à cette récente entente entre la Banque mondiale et la JAXA, ALOS recueillera des données et prendra des photographies sept fois par an dans diverses régions de la Colombie, du Mexique, des Andes du Pérou, de la Bolivie, de l’Équateur et des Antilles. Les images et données obtenues par ALOS seront utilisées par la Banque dans le cadre de ses projets d’adaptation au changement climatique. Adaptation au changement climatique La région de l’Amérique latine est très vulnérable aux impacts du changement climatique et les effets de ce dernier s’y font déjà sentir. « Les impacts du changement climatique auront de lourdes conséquences sur les économies de la région et en particulier sur les pauvres », prévient Laura Tuck, directrice régionale du développement durable pour la Banque mondiale. « L’adaptation au changement climatique est essentielle étant donné ses conséquences importantes et irréversibles sur la région. » Alors que diverses mesures d’adaptation sont en cours d’élaboration, les images d’ALOS seront utilisées comme outil efficace pour détecter des changements au sein d’écosystèmes vulnérables dans l’ensemble de la région, ce qui permettra de contribuer au développement de programmes d’adaptation de la Banque mondiale dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, dont : o le Regional Andes Project, un projet d’adaptation régionale à la fonte rapide des glaciers dans les Andes tropicales en Bolivie, en Équateur et au Pérou qui est cofinancé par le Fonds pour l’environnement mondial et qui s’intéresse en particulier aux zones montagneuses et glaciaires ; o le Integrated National Adaptation Program (INAP), un programme d’adaptation nationale en Colombie qui est cofinancé par le Fonds pour l’environnement mondial et qui s’intéresse en particulier à la densité de la biomasse et à la couverture terrestre dans les hautes montagnes (Páramos et glaciers) ainsi que dans les écosystèmes côtiers (marécages et mangroves) ; o le Adaptation to Climate Impacts Project, un projet d’adaptation au changement climatique dans le golfe du Mexique, qui est cofinancé par le Fonds pour l’environnement mondial et qui s’intéresse en particulier aux écosystèmes forestiers et marécageux des côtes ; et o le Support to the Caribbean: Implementation of Adaptation Measures in Coastal Zones Project ou SPACC, un projet de soutien aux Caraïbes pour la mise en œuvre de mesures d’adaptation dans les zones côtières de la Dominique, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines qui est cofinancé par le Fonds pour l’environnement mondial et qui s’intéresse en particulier aux écosystèmes côtiers et aux mangroves. En date du 15 avril 2008, le total des investissements dans des projets d’adaptation en Amérique latine s’élevait à 90 millions de dollars en tenant compte du soutien de la Banque mondiale. « Avoir accès à ces précieuses données aidera la Banque mondiale dans ses efforts pour aider les pays d’Amérique latine à mieux s’adapter au changement climatique », affirme Walter Vergara, un ingénieur chimiste de la Banque mondiale et le gestionnaire du portefeuille de projets d’adaptation de la Banque en Amérique latine. |