Télécharger la Note de Présentation [176k pdf]; Aussi disponible en Anglais et en Arabe Environ 70% des pauvres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) vivent en zones rurales, même si ces zones ne subviennent aux besoins que de 43% de la population totale. La majorité des pauvres continuera à vivre dans les zones rurales pendant au moins une vingtaine d’années, ce qui fait du développement rural un élément clé de la mission de la Banque dans la région. Les zones rurales devront offrir davantage d'opportunités de revenu, permettre d'alléger les pressions de la migration vers les villes, et créer un environnement propice aux activités économiques et commerciales.
Dans de nombreuses parties de la région MENA, l’agriculture demeure le secteur générateur de revenu rural le plus important. Etant donné que les zones arides et semi-arides, sujettes à des sécheresses fréquentes, représentent 85% de la superficie totale des terres et abritent 60% de la population, la région MENA et les pauvres vivant en zones rurales sont particulièrement vulnérables aux variations climatiques; ainsi, les ressources en eau et la gestion du risque constituent des déterminants importants des décisions des ménages agricoles. Etant donné que la pression démographique augmente dans la région, causant des changements au niveau des méthodes culturales, la gestion durable des ressources naturelles constitue une part essentielle pour les moyens d’existence des populations rurales. Il existe dans de nombreuses régions de fortes interactions entre les zones rurales et les (petits) centres urbains, qui requièrent des concepts conjoints de développement régional. Dans ces cas en particulier, il est fondamental de considérer séparément le développement agricole comme un concept sectoriel et le développement rural comme un concept spatial. Toutefois, les zones éloignées continuent à être caractérisées par leur faible accès aux services de qualité et à l’infrastructure, tels que l’eau, l’éducation et les technologies de l’information et de la communication. Malgré que l’espace rural abrite la majorité des pauvres de la Région, la tendance à favoriser le milieu urbain semble avoir prévalu et les politiques du passé ont conduit à une dégradation environnementale très répandue tout en ne faisant pas grand chose pour améliorer les conditions de vie des pauvres du monde rural. Objectifs et stratégiesLa Banque a mis à jour en 2002 sa stratégie de développement rural pour la Région MENA, définissant les trois principaux objectifs suivants :
· Diminuer la pauvreté rurale · Réduire la vulnérabilité des populations rurales · Assurer l’usage durable des ressources naturelles Pour réaliser ces objectifs, cinq directions stratégiques ont été définies. Le tableau suivant résume les plans d’action pour chacune des cinq stratégies :
| Stratégie | Composante du plan d’action | 1) Rationaliser la gestion et les politiques de l’eau | · Promouvoir et assister la mise en place de stratégies nationales de l’eau incluant les besoins ruraux et urbains. · Formuler et exécuter des projets incluant une meilleure gestion de la demande (y compris la tarification l’eau) et des redevances d’eau rationalisées, une meilleure efficacité du système, une plus grande participation des usagers, la réhabilitation de l’infrastructure, et la protection de l’environnement. · Pour les pays et les régions disposant d’eaux de surface et d'eaux souterraines renouvelables, encourager le développement de la petite et moyenne hydraulique. · Intensifier le rôle des associations d’usagers dans l’exécution des projets d’eau. | 2) Améliorer l’accès à l’infrastructure économique et sociale | · Formuler et exécuter des projets d’infrastructure rurale englobant l’éducation, l’électrification rurale, les pistes rurales, la santé, l’alimentation en eau et l’assainissement en milieu rural selon les besoins du pays et de la région. · Assurer la participation des bénéficiaires ruraux à la formulation et à l’exécution des projets. · Accroître l’accès à une meilleure technologie de la communication et de l’information dans les zones rurales. | 3) Faciliter la croissance et la compétitivité agricoles | · Promouvoir la réforme des échanges agricoles, la commercialisation, les politiques des prix et les systèmes de subventions alimentaires tout en améliorant le filet de protection sociale. · Appuyer les initiatives de réforme du régime foncier. · Améliorer l’infrastructure du marché, y compris les systèmes d’information du marché. · Accroître les investissements dans la recherche et la vulgarisation agricoles adaptées à la production locale et aux conditions du marché, et destinées à réduire le risque. | 4) Renforcer les activités économiques rurales non agricoles et du secteur privé | · Accroître l'accent sur l’emploi non agricole et les activités génératrices de revenu. · Utiliser le micro-crédit et d’autres instruments pour stimuler les investissements ruraux hors agriculture. · Accroître la participation du secteur privé dans les filières de commercialisation pour les facteurs de production et le rendement agricoles. · Encourager le rôle dynamique du secteur privé dans l’expansion des technologies de l’information dans les zones rurales. | 5) Améliorer la gestion des ressources naturelles et de l’environnement | · Compiler et disséminer, au niveau international et dans la région, les méthodes réussies de gestion et de suivi de bassins versants. · Formuler et exécuter des projets d’eau sous forme de projets de système de bassins versants destinés à une utilisation durable de l’eau tout en améliorant la gestion de l’environnement. · Assurer que les politiques économiques tiennent compte de la réalité climatique et des ressources naturelles dans le pays, pour éviter tout impact d'impact négatif de ces politiques sur l’environnement et les ressources naturelles. · Réduire l’érosion des sols. · Dresser un inventaire régional des ressources naturelles et l’utiliser comme base pour la formulation de politiques régionales et nationales visant une gestion durable des ressources naturelles. · Promouvoir des réglementations et des normes de l’environnement raisonnables et transparentes . |
Prêts de la Banque à l’agriculture et au développement rural dans la Région MENA Conformément à la tendance générale de la Banque, les volumes de prêt plus élevés escomptés après la première Stratégie de développement rural (1997) ne se sont pas concrétisés dans la Région MENA. Au contraire, les montants engagés dans les secteurs ruraux ont accusé une chute régulière entre les exercices budgétaires 1999 et 2002. Plusieurs explications ont été données, telles que la tendance des gouvernements à favoriser le milieu urbain, la perception du risque dans les secteurs de la gestion de l’agriculture et des ressources naturelles, l’applicabilité de nombreuses mesures de sauvegarde, la complexité des opérations, la crainte de répéter les erreurs passées des programmes de développement rural intégré, et la réticence de la majorité des décideurs à contracter des engagements à long terme. Dans la Région MENA toutefois, où de nombreux clients sont des pays à revenu intermédiaire qui empruntent aux conditions de la BIRD, la Banque est ressentie comme une source de fonds comparativement onéreuse. Les questions de gouvernance donnent lieu en outre à des processus de prise de décision interminables. La Banque a répondu à ces observations et a établi des alliances rurales régionales pour encourager la collaboration intersectorielle dans l’espace rural au niveau des opérations de prêt et du travail analytique. Pour appuyer et orienter les opérations futures d’investissement et le travail analytique dans l’espace rural, la Banque a initié ou est déjà intervenue dans un nombre d’activités critiques analytiques et consultatives, telles que la Stratégie de développement rural/local au Yémen et la réforme de la commercialisation des céréales et de la gestion de l’irrigation au Maroc. De plus, la Banque apporte une assistance accrue aux services d’appui agricoles et à la promotion des exportations au moyen d’investissements et de dialogue dans plusieurs pays (e.g., Egypte, Tunisie et Jordanie). Il faut toutefois incorporer davantage les problèmes de l’espace rural dans les programmes de développement, par exemple en : · Favorisant les approches intersectorielles dans les opérations de prêt pour faciliter une perspective de développement rural intégré. · Promouvant le développement participatif dans les zones rurales, avec l’intervention résolue de la société civile, en particulier les communautés locales et le secteur privé. · Mettant en relief les problèmes de l’espace rural dans les stratégies d’assistance aux pays et les stratégies sectorielles. · Encourageant la collecte de données de qualité, spécifiques au milieu rural, en particulier en ce qui concerne les indicateurs des ODM. Réalisations de projets Les pays de la Région MENA font des efforts impressionnants en matière de développement agricole et rural. Voici quelques exemples d’activités appuyées par la Banque : · Algérie : Deuxième Projet d’emploi rural · Cisjordanie et Gaza : Projet de développement communautaire intégré · Egypte : Deuxième Projet de gestion des ressources de Matrouh · Iran : Note de politique agricole · Jordanie : Projet de promotion des exportations horticoles et de transfert de technologie · Liban : Projet de développement de l’infrastructure agricole · Maroc : Projet de développement rural intégré de mise en valeur des zones bour · Syrie : Projet de conservation de la biodiversité (FEM) · Tunisie : Projet de développement des zones montagneuses et forestières du Nord-Ouest · Yémen : Stratégie de développement rural/local Pour de plus amples détails, veuillez vous reporter à la base de données des projets de la Banque mondiale sur le Web : http://www.worldbank.org/projects Tous les montants sont en équivalents de dollars US Août 2005 Pour plus d’informations, veuillez contacter : Á Washington: Chirine H. Alameddine, téléphone: 1 (202) 473-7199; Fax: 1 (202) 522-0003 Email: calameddine1@worldbank.org |