Télécharger la  Note de Présentation [176k pdf]; Aussi disponible en Anglais et en Arabe  L’amélioration de la performance du secteur public et de la gouvernance constitue pour la Banque mondiale un pilier essentiel de sa stratégie d’engagement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). Depuis un certain temps, les liens entre gouvernance et développement sont bien compris. Une mauvaise gouvernance affaiblit l’environnement des affaires dans l’optique d’investissements productifs en créant une incertitude sur les politiques et en imposant des coûts bureaucratiques. Une mauvaise gouvernance affaiblit également la couverture d’un service public équitable parce qu’elle ne parvient pas à impliquer, dans la formulation et la gestion des services, ceux mêmes qui ont recours à ces services. En outre, l’importance d’une bonne formulation et d’une bonne gestion des services augmente à mesure que la couverture des services devient plus complexe. A une époque où montent les aspirations des populations jeunes en pleine croissance ayant de plus en plus accès à l’information mondiale, les capacités des gouvernements demeurent limitées par les faiblesses de la croissance économique. En raison du déséquilibre croissant entre les aspirations et les capacités, l’action sur la gouvernance devient une question urgente.
 Dans la région MENA en général, la gouvernance publique est faible, comme le montrent les indicateurs de qualité de l’administration et de la responsabilisation publique. Elle est plus faible que dans des pays similaires et concurrents des autres régions, et même plus faible que dans tous les autres pays en développement. D’aucuns pourraient faire valoir que ces institutions et processus faibles de gouvernance pourraient être associés à une performance économique décevante. Au cours des années 1980 et 1990, la région a connu des taux de croissance décevants du PIB, et les analyses récentes ont estimé que le taux de croissance annuel de la région aurait pu être de non moins d’un point de pourcentage plus élevé, si la qualité de l’administration avait été comparable à celle des économies performantes. Tout aussi important, de faibles structures de gouvernance ont signifié que la couverture de certains, et non de tous, services publics complexes allant de l’éducation à l’accès à l’Internet a été moins bonne qu’on aurait pu le penser en raison des capacités de la région. Cette faiblesse menace même les gains que les pays ont déjà réalisés dans les services sociaux. Dans l’ensemble, la gouvernance faible a handicapé le développement humain.  Les perceptions d’une gouvernance généralement inadéquate dans la région démentent une réalité plus complexe. Bien que les caractéristiques du secteur public de la région MENA soient très variées, la qualité de l’administration est généralement de peu inférieure à celle des pays à revenu similaire – selon des indicateurs tels que les méthodes de l’administration dans la lutte contre la corruption, le respect du régime du droit, la protection des droits de propriété, la gestion des ressources et l’application de la réglementation. Néanmoins, selon des indicateurs tels que l’accès qu’ont les citoyens à l’information, leur manière de conduire les débats publics et de responsabiliser leurs agences publiques et leurs fonctionnaires, et plus généralement de maintenir leur liberté civile, la responsabilité publique laisse encore énormément à désirer. En ce qui concerne les libertés civiles, tous les pays MENA sont à la traîne de la moyenne mondiale, et l’écart est le plus large dans les pays les plus nantis. Les efforts visant à exposer et débattre de la qualité de la gouvernance dans la région sont donc contrariés par la tendance historique à limiter la divulgation de aussi bien l’information que les débats publics et la responsabilisation publique.  Les problèmes de mauvaise gouvernance sont amplifiés par la part comparativement importante qu’occupe le secteur public. Les dépenses publiques, de l’ordre de 30 pour cent du PIB dans la majorité des pays MENA, sont induites en partie par un « impératif d’emploi » qui provient de la poussée démographique et de la performance relativement modeste de l’économie, débouchant sur des taux élevés de chômage (de plus de 15 pour cent en moyenne).  Initiative régionale pour une meilleure gouvernance au Moyen-Orient et en Afrique du Nord  La stratégie de la Banque pour la région MENA s'oriente clairement sur l’efficacité et la gouvernance du secteur public. Pour traduire en vision et en action cette orientation stratégique pour les années à venir, la Banque mondiale a travaillé avec un groupe d’intellectuels de premier plan et de faiseurs d’opinions de la région rassemblés dans un réseau défendant une meilleure gouvernance, et dont les idées, les écrits et les consultations ont contribué pour beaucoup à façonner l’expression initiale de cette stratégie. Il en est résulté un rapport décisif sur les problèmes de gouvernance de MENA, publié en septembre 2003 et intitulé Vers une meilleure gouvernance au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : Améliorer l’inclusion et la responsabilisation.  Ce rapport régional n’a pas pour ambition d’apporter des réponses aux enjeux complexes de l’amélioration de la gouvernance. Il revient aux originaires de la région de décider de ces questions. Le rapport cherche plus modestement à intensifier le dialogue sur la gouvernance dans la région MENA. A cette fin, il propose un cadre analytique pour discuter et mesurer la gouvernance. Il rassemble également des preuves indiquant que la bonne gouvernance est importante pour le développement—mondialement et dans la région MENA. Il offre une base solide permettant à la Banque de travailler plus étroitement avec les nombreux fonctionnaires et représentants de la société civile qui se passionnent pour l’amélioration de la gouvernance.  Le rapport utilise une série de techniques pour montrer la forte corrélation dans la région entre une faible gouvernance et une croissance plus lente, des services publics moins qu’efficaces, et des occasions manquées en raison de la part infime qu’ont les citoyens dans la préparation de leur avenir. Il permet également de connaître plusieurs expériences encourageantes et tendances positives dans la région, même s’il est très difficile de mesurer la gouvernance eu égard à la tradition de divulgation limitée et de débats publics restreints.  Le rapport met au défi les pays de la région de formuler des programmes nationaux et d’agir sur ces programmes qui renforceraient la gouvernance en renforçant l’inclusion et la responsabilisation, qui sont présentées comme les deux valeurs universelles sur lesquelles repose une bonne gouvernance. Il définit cinq options permettant de guider la formulation de ces programmes.  Tous les montants sont en équivalents de dollars US Août 2003  Pour plus d’informations, veuillez contacter : à Washington: Chirine H. Alameddine, téléphone: 1 (202) 473-7199; Fax: 1 (202) 522-0003 Email: calameddine1@worldbank.org |