Télécharger la Note de Présentation [pdf]; Aussi disponible en Anglais et en Arabe I. Niveaux et tendances Incidence de la pauvreté basée sur des seuils de pauvreté de 1 dollar et 2 dollars. Si l’on utilise comme base de référence un seuil international de pauvreté de 1 dollar par habitant et par jour, l’incidence de la pauvreté dans la région MENA est estimée à 2,8 % de l’ensemble de la population en l’an 2000 (voir Tableau 1). De toutes les régions du monde, le MENA est la région qui enregistre la plus faible incidence de cas d’extrême pauvreté et cette région soutient favorablement la comparaison avec l’Asie de l’est et l’Amérique latine qui comptent également un grand nombre de pays à revenu intermédiaire. La région MENA passe en avant-dernière position si nous utilisons comme base de calcul le seuil de pauvreté de 2 dollars par habitant et par jour. D’après cet indicateur, environ 24,4 % de la population vivrait dans la pauvreté. Même s’ils restent bas, les taux de pauvreté dans la région MENA semblent avoir augmenté au cours des années 90. Cette tendance se vérifie que nous utilisions un seuil de pauvreté de 1 ou de 2 dollars. Dans ce dernier cas, l’on constate une augmentation de la pauvreté d’un peu plus de 3 points en pourcentage, celle-ci passant de 21 à 24,4 % entre 1990 et l’an 2000. Toutefois, cette constatation ne concorde pas entièrement avec d’autres données relatives à l’évolution de la pauvreté, notamment avec celles qui résultent d’un calcul des taux d’incidence basé sur les seuils de pauvreté et sur les indicateurs sociaux des pays. Incidence basée sur les seuils nationaux de pauvreté.Les niveaux de pauvreté et leur évolution peuvent également être calculés sur la base des seuils nationaux de pauvreté. Sur cette base, on observe des améliorations en Égypte, en Jordanie, en Iran et en Tunisie, au cours des années 90, et une dégradation de la situation au Maroc et en Algérie (Tableau 2). Entre 1990 et 2000, les taux de pauvreté en Tunisie ont été réduits pratiquement de moitié. Au cours de la même période, l’incidence de la pauvreté en Égypte est tombée de 25 à 16,7%, en raison essentiellement d’un recul considérable de la pauvreté urbaine. En Jordanie, elle est passée, au cours de la même période de 14,4 à 11,7 %, cette avancée dans la lutte contre la pauvreté se répartissant de façon plus homogène entre les secteurs ruraux et urbains. On constate également une baisse de la pauvreté en Iran dans les années 90, mais les chiffres globaux correspondent à une baisse très prononcée de la pauvreté urbaine qui a plus que compensé l’aggravation de la pauvreté rurale. Au Maroc, la pauvreté a fortement augmenté, tant en milieu urbain que rural, passant de 13 % en 1990/91 à 19 % en 1998/99, une situation imputable en partie à croissance léthargique et à une succession de sécheresses. Depuis lors, il semblerait que la reprise de la croissance ait permis de ramener le taux de la pauvreté à un niveau situé entre 12 et 15 %. En Algérie, la situation s’est également détériorée au début des années 90, l’incidence de la pauvreté passant de 8 % en 1988 à 14 % en 1995, avant de connaître une amélioration et de se fixer à 12 % en l’an 2000, selon des estimations qui n’ont pas encore été rendues publiques par les autorités du pays. Le Yémen enfin détient le taux de pauvreté le plus élevé de la région, celui-ci atteignant 42 %. Principaux corrélats de la pauvreté. L’analyse des caractéristiques des ménages pauvres dans différents pays fait apparaître que, dans la région MENA comme dans les autres régions du monde, les deux principaux corrélats de la pauvreté sont la vie en milieu rural et le manque d’instruction. Dans la région MENA, la pauvreté est principalement un phénomène rural. Le ratio de la pauvreté rurale à la pauvreté urbaine varie de 1,8 en Jordanie à 3,8 en Tunisie. En outre, la pauvreté est largement associée au manque d’instruction. Elle touche essentiellement les individus peu instruits ou sans instruction, et diminue considérablement à mesure que l’on atteint des niveaux d’instruction plus élevés. II. Évolution des principaux indicateurs sociaux Les indicateurs du développement social et humain dans la région MENA se sont nettement améliorés au cours des années 90, poursuivant ainsi une tendance amorcée au cours des décennies précédentes. Le Tableau 3 illustre l’évolution de certains indicateurs choisis entre 1990 et l’an 2000. Il en ressort deux faits saillants. Tout d’abord, on constate une amélioration de presque tous les indicateurs retenus dans la quasi-totalité des pays de la région MENA, à l’exception de l’Iraq qui s’est trouvé placé dans des circonstances inhabituelles et uniques au cours de la période en question. Ainsi, force est de reconnaître que par rapport à la décennie écoulée, la population de la région MENA vit plus longtemps, les taux de mortalité infantile ont diminué et que les taux de scolarisation et d’alphabétisation se sont améliorés. D’autre part, dans certains cas, les indicateurs sociaux de la région MENA sont supérieurs à la moyenne enregistrée dans les pays en développement. Il en va ainsi par exemple de l’espérance de vie et de la mortalité infantile. Ce n’est pas le cas cependant de certains indicateurs ayant trait à l’éducation et notamment de ceux qui reflètent le niveau de l’analphabétisme chez les adultes et le taux net de scolarisation primaire, ce qui traduit très vraisemblablement les lacunes de la région en matière d’éducation et d’alphabétisation des femmes. Il convient cependant de noter que, d’après les indicateurs sociaux de la région MENA, l’écart hommes-femmes s’est réduit au cours des années 90 – le nombre de femmes sachant lire, écrire et compter ayant augmenté par rapport à celui des hommes présentant les mêmes qualifications et cela, dans tous les pays de la région. La moyenne régionale se situe actuellement à un niveau beaucoup plus proche qu’elle ne l’était en 1990 de celui des autres pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. III. La stratégie opérationnelle de la Banque mondiale La stratégie opérationnelle de la Banque mondiale pour la région est favorable dans l’ensemble à des politiques, investissements et institutions qui visent à créer des emplois en privilégiant une croissance induite par le secteur privé ; qui permettent à tous les citoyens d’avoir accès aux soins de santé de base et à l’enseignement primaire et secondaire ; qui aident les autorités publiques à mettre en place des régimes d’assurance sociale favorables aux pauvres et qui offrent à ces derniers de plus grands moyens pour formuler leurs objectifs économiques et les mettre en oeuvre. À cette fin, la Banque mondiale fournit des services d’analyse et de conseil et octroie des prêts d’investissement. Les activités d’analyse et de conseil ont plus particulièrement pour objet de produire et d’analyser des données de plus en plus pointues sur le niveaux de vie des ménages. Dans cette optique, des évaluations de la pauvreté sont effectuées régulièrement pour le compte des pays emprunteurs qui disposent de données pertinentes et une assistance technique est offerte aux pays emprunteurs qui en font la demande et qui voudraient renforcer leurs capacités en matière de collecte et d’analyse de données ayant trait à la pauvreté. Ainsi, des évaluations de la pauvreté ou des mises à jour ont été menées ces dernières années dans certains pays et notamment en Égypte, en Jordanie, en Iran, au Maroc, en Tunisie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ainsi qu’au Yémen. La plupart de ces évaluations sont effectuées en collaboration avec les services nationaux de la statistique et cela permet aux homologues de la Banque mondiale dans ces pays de bénéficier d’un important transfert de connaissances. L’Assistance de la Banque mondiale peut également revêtir d’autres formes comme ce fut le cas en Algérie avec la mise en oeuvre projets d’assistance techniques hors programme. Dans certains cas, le travail d’analyse dépasse le simple calcul des niveaux et de l’évolution de la pauvreté et porte sur la mise au point d’outils permettant de mieux cibler les programmes d’assistance afin qu’ils profitent aux plus démunis, et d’évaluer l’impact des réformes sur les ménages. C’est ce qui a été fait dernièrement au Maroc, par le biais de la constitution d’une base de données multi-sectorielle des dépenses publiques et des indicateurs sociaux, ainsi que par la mise au point d’un modèle informatisé d’équilibre général rattaché aux données concernant les ménages. En Égypte, le travail de diagnostic réalisé il y a deux ans sert en ce moment à élaborer une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, en collaboration avec le ministère du Plan. Les activités de prêt portent sur un large éventail d’interventions en matière de lutte contre la pauvreté : fonds sociaux et projets de développement communautaires (par exemple, au Yémen, au Maroc et en Égypte), formation professionnelle (en Algérie, en Jordanie, au Liban et en Tunisie), programmes ciblés en matière de santé et d’éducation (en Égypte, en Iran, en Jordanie, au Liban, au Maroc et au Yémen), et programmes de développement rural et de gestion des ressources naturelles (en Algérie, en Égypte et au Maroc). Tous les chiffres en dollars sont exprimés en dollars des États-Unis. Août 2004 Pour de plus amples informations veuillez contacter : A Washington: Sereen Juma, Tél: 1 (202) 473-7199; Fax: 1 (202) 522-0003; Email: Sjuma@worldbank.org Tableau 1 : Incidence de la pauvreté par rapport aux seuils de pauvreté de 1 et 2 dollars par jour (1990 et 2001) | Indice de pauvreté (pourcentage) | | Nombre de pauvres (millions) | | 1 dollar par jour | | 2 dollars par jour | | 1 dollar par jour | | 2 dollars par jour | | 1990 | 2001 | | 1990 | 2001 | | 1990 | 2001 | | 1990 | 2001 | EAP | 29,6 | 14,9 | | 69,9 | 47,4 | | 472 | 271 | | 1 116 | 864 | ECA | 0,5 | 3,6 | | 4,9 | 19,7 | | 2 | 17 | | 23 | 93 | LAC | 11,3 | 9,5 | | 28,4 | 24,5 | | 49 | 50 | | 125 | 128 | MENA | 2,3 | 2,4 | | 21,4 | 23,2 | | 6 | 7 | | 51 | 70 | SA | 41,3 | 31,3 | | 85,5 | 77,2 | | 462 | 431 | | 958 | 1 064 | SSA | 44,6 | 46,4 | | 75,0 | 76,6 | | 227 | 313 | | 382 | 516 | | | | | | | | | | | | | Monde | 27,9 | 21,1 | | 60,8 | 52,9 | | 1 218 | 1 089 | | 2 654 | 2 735 | | | | | | | | | | | | | |
Note : EAP : Asie de l’Est et Pacifique ; ECA : Europe et Asie centrale ; LAC : Amérique latine et Caraïbes ; MENA : Moyen-Orient et Afrique du Nord ; SA = Asie du Sud ; SSA : Afrique subsaharienne. Source : Perspectives économiques mondiales 2005 (Tableau 1.5). Tableau 2 : Incidence de la pauvreté dans les principaux pays de la région MENA, 1988-2000 | Population urbaine | | Population rurale | | Total | | Indice de pauvreté (%)1 | Indice d’écart de pauvreté (%)2 | | Indice de pauvreté (%) | Indice d’écart de pauvreté (%) | | Indice de pauvreté (%) | Indice d’écart de pauvreté (%) | Algérie | | | | | | | | | 1988 | 7,3 | ND | | 16,6 | ND | | 12,2 | ND | 1995 | 14,7 | ND | | 30,3 | ND | | 22,6 | ND | Égypte | | | | | | | | |
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