Télécharger la note (PDF) Une tâche inachevée. La région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) a accompli des progrès remarquables au cours des trente dernières années : l'accès aux services de santé de base s'est développé et l'état de santé de la population s'est amélioré. La majorité des pays de la région MENA sont en bonne voie pour atteindre l'objectif de développement pour le Millénaire (ODM) relatif à la mortalité infantile et maternelle. Toutefois, la tâche reste largement inachevée dans cette région qui se trouve également confrontée à de nouveaux défis. Dans de nombreuses parties de la région MENA, la malnutrition infantile demeure un problème important, qui n'a reçu toutefois qu'une attention très limitée de la part des responsables politiques. La malnutrition est une cause majeure de mortalité infantile dans les groupes de population à faible revenu. Elle diminue en outre fortement la capacité d'apprentissage des enfants qui survivent ainsi que leur aptitude à devenir des membres productifs de la population active. L'impact de la transition épidémiologique et démographique : de l’« explosion » de la population juvénile à celle de la population d'âge mûr. Les pays de la région MENA ont une population relativement jeune, ce qui a aidé à limiter les dépenses dans le secteur de la santé. Cependant, on constate chez la jeune génération une prévalence croissante de facteurs de risques sanitaires tels que l'obésité, un mode de vie sédentaire et le tabagisme. Ces conditions les prédisposent à des maladies chroniques dont les symptômes risquent de se manifester autour de la cinquantaine. Par conséquent, cette tendance viendra accroître la demande de soins au sein de ce groupe ainsi que les dépenses de santé. L'augmentation rapide des accidents de la route, cause majeure de décès et d'invalidité, est un autre problème récent qui touche particulièrement la population active. Hausse des coûts et pression budgétaire. Les pays à revenu intermédiaire et élevé de la région devraient être confrontés, à moyen terme, à une hausse rapide des dépenses de santé. Cette hausse est à prévoir en raison du problème croissant que constituent les maladies chroniques et les traumatismes (pour lesquels le coût des soins est en moyenne plus élevé que celui des maladies transmissibles), du rôle de plus en plus important du secteur privé ainsi que des attentes et de la demande accrues de soins de qualité de la part du public. Cette situation aura pour effet d'accroître la pression publique exercée sur les gouvernements afin d'étendre la couverture de santé, alors que la majorité des pays est confrontée à des restrictions budgétaires en raison d'un fort taux de chômage et de niveaux d'imposition relativement élevés. Un espace budgétaire supplémentaire doit être créé par le biais de réformes structurelles internes, notamment afin d'augmenter la productivité et de mieux cibler les aides dans le domaine de la santé. L'accès à une couverture de soins est limité et la répartition des services de santé favorise les zones urbaines et les milieux socio-économiques privilégiés. À l'exception des pays du Conseil de coopération du Golfe (GCC), la plupart des pays de la région MENA continuent à pratiquer largement le paiement non remboursé des frais médicaux. Ces paiements représentent plus de la moitié du total des dépenses de santé. En dépit de la disponibilité (théorique) de services de santé gratuits ou subventionnés, ou d'une couverture d'assurance sociale, la part des ménages confrontés à des frais de santé extrêmement élevés est importante. Dans la majorité des pays de la région MENA, la capacité à payer est en corrélation avec une répartition de l'utilisation des services de soins et des médicaments qui favorise les populations aisées. Ces tendances soulignent les déficiences des mécanismes actuels de partage des risques et de protection financière permettant d'assurer un accès à des services de soins abordables. La gouvernance et la responsabilisation dans le secteur de la santé sont insuffisantes. La majorité des systèmes de santé des pays de la région reste dotée d'une structure administrative centralisée. Cette situation retarde l'émergence d'une structure moderne de gouvernance dans le secteur de la santé : le processus budgétaire continue de se concentrer sur les intrants plutôt que sur les extrants ; les institutions publiques ont un champ d'action limité ou sont peu incités à prendre des mesures indépendantes en vue d'améliorer la qualité ou la productivité ; et le secteur privé reste largement en dehors de la structure officielle de couverture de santé. Il est urgent de développer des normes de productivité et de qualité et de les appliquer pour mesurer la qualité, la sécurité et l'efficacité des services de santé. En outre, des mécanismes indépendants d'évaluation sont nécessaires pour contrôler la performance du système de santé, au niveau public et privé, et pour davantage donner la parole aux utilisateurs des services de soins. La stratégie de la Banque mondiale Soutenir les objectifs de développement pour le Millénaire et répondre aux besoins sanitaires de base des populations les plus vulnérables. La priorité est de répondre aux besoins sanitaires des mères et des enfants dans les pays IDA et parmi les populations à faible revenu des pays BIRD (Égypte et Maroc) ainsi que dans les pays touchés par un conflit où les résultats en matière de santé maternelle et infantile sont particulièrement médiocres (Irak, Cisjordanie et Gaza). Dans le cadre de la Stratégie pour le développement de la petite enfance, la Banque mondiale va accroître le soutien apporté aux programmes de nutrition infantile en Égypte, au Yémen, à Djibouti, en Irak et au Maroc. Alors que la prévalence du VIH/SIDA reste faible dans la région, la maladie touche principalement les groupes à haut risque (travailleurs du sexe, consommateurs de drogues intraveineuses, détenus, jeunes déscolarisés), qui figurent parmi les groupes les plus vulnérables de la région.  Les pays à revenu intermédiaire (Maroc, Tunisie, Algérie, Libye, Égypte, Jordanie, Liban, Syrie et Iran). Ce groupe de pays est confronté à une augmentation rapide de la prévalence des maladies non transmissibles ou liées à un traumatisme. Ces pathologies entraînent une hausse des coûts et une plus grande complexité des soins. Par conséquent, d'importants investissements devront être effectués pour l'instauration de processus modernes, de systèmes de gestion de l'information et de nouvelles structures réglementaires de façon à garantir la qualité, la sécurité, l'équité et l'efficacité des services. Afin de répondre à ces nouvelles exigences, le soutien de la Banque mondiale en matière d'investissement et d'élaboration des politiques s'étend aux domaines de la gouvernance et de la gestion : processus administratifs et systèmes de gestion de l'information relatifs à l'assurance maladie, y compris de nouveaux mécanismes de ciblage social pour la santé (Égypte et Liban) ; systèmes d’agrément et d'amélioration de la qualité (Tunisie) ; réglementation pharmaceutique et gestion de la chaîne d'approvisionnement (Jordanie et Maroc). Divers pays considèrent le secteur de la santé comme un facteur de croissance économique, doté d’une capacité potentielle de créer des emplois hautement qualifiés et d’étendre le rôle du secteur privé. Les pays touchés par un conflit (Cisjordanie, Gaza et Iraq). En raison des difficultés liées aux situations de conflit, les résultats en matière de santé se sont détériorés pour les habitants de ces pays. Le soutien de la Banque mondiale est axé sur des opérations d'urgence visant à assurer la prestation de services de soins de base, qui s’inscrivent au sein de programmes d’assistance sociale d’urgence (en Cisjordanie et à Gaza) ou constituent des projets indépendants permettant de fournir des services médicaux d'urgence et des services de rééducation aux personnes handicapées ainsi que des soins primaires destinés en particulier aux enfants et aux mères (en Iraq).   Les pays du Conseil de coopération du Golfe (GCC). Bien que ces pays bénéficient d'un système de santé dont la performance globale est proche de celle des pays développés, ils sont également confrontés à une très forte prévalence des maladies non transmissibles au sein de leur population. Par ailleurs, la demande de soins de meilleure qualité et plus adaptés est forte et ne cesse d'augmenter. Ces pays comptent également de nombreux actifs expatriés dont la couverture de santé fait l'objet d’un examen approfondi et de discussions. La Banque mondiale soutient l’élaboration de plans stratégiques pour la mise en œuvre de réformes nationales dans le secteur de la santé. Elle joue également un rôle consultatif sur des questions techniques ainsi que sur les politiques d'intervention dans les domaines suivants : la réglementation de l'assurance maladie ; la réglementation alimentaire, pharmaceutique et des matériels médicaux ; les systèmes d’agrément et d’amélioration de la qualité. Les activités au sein de la région MENA. La Banque mondiale a soutenu la mise en place du Forum sur la politique de santé de la région MENA, un réseau indépendant de chercheurs régionaux qui travaillent sur la politique de santé et partagent une mission commune : défendre et renforcer les capacités favorisant l’élaboration de politiques basées sur les résultats. En collaboration avec le Forum, la Banque mondiale prépare un rapport régional intitulé Meeting the Challenges of Health Transition in the Middle East and North Africa –Building Partnerships for Better Health (« Relever les défis de la transition du secteur de la santé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord – Instaurer des partenariats pour de meilleurs systèmes de santé »). Ce rapport identifie les principaux vecteurs de changement au sein du secteur de la santé, évalue l'état de préparation du secteur afin de relever ces nouveaux défis et propose des mesures d'intervention. En collaboration avec l'ONUSIDA, la Banque mondiale a publié un rapport régional intitulé Characterizing the HIV/AIDS Epidemic in the Middle East and North Africa: A Time for Strategic Action (« Caractériser l'épidémie de VIH/SIDA au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : la nécessité d’une action stratégique »). Ce rapport constitue l’une des premières évaluations épidémiologiques du VIH/SIDA approfondies dans la région. Bien que la prévalence du VIH/SIDA reste faible dans la région, le rapport souligne que cette maladie menace gravement les groupes à haut risque (travailleurs du sexe, consommateurs de drogues intraveineuses, jeunes déscolarisés), et préconise l’instauration d’une protection sociale appropriée pour ces groupes vulnérables. Septembre 2010  Pour plus d'informations, veuillez contacter : A Washington: Najat Yamouri nyamouri@worldbank.org   |