Au Yémen, les ministères de la Santé et de l’Éducation travaillent en collaboration en vue d’éradiquer la schistosomiase

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Le Yémen est l’un des pays les plus pauvres de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), comme le montrent les indicateurs de santé et d’éducation. Ces  dernières années, les stratégies adoptées par le gouvernement dans le cadre des efforts de lutte contre la pauvreté et la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire ont été orientées vers l’amélioration de la santé et de l’éducation.
 
La schistosomiase est une infection parasitaire qui, au Yémen, est associée aux sources d’eau dans les zones montagneuses les plus densément peuplées. Jusqu’à une date récente, les efforts visant à éradiquer cette maladie ont connu des résultats plutôt mitigés. Toutefois, des signes de progrès commencent à apparaître suite à  la mise en œuvre des approches novatrices que le Gouvernement Yéménite a lancées avec l’appui de plusieurs bailleurs de fonds.
 
Ce changement de vision a été déclenché par la reconnaissance du fait que les objectifs d’éducation et de santé sont étroitement liés. « Le ministre de l’Éducation a reconnu qu’assurer l’éducation des enfants signifie s’assurer que ces derniers sont suffisamment bien portant  pour aller à l’école, » a déclaré Mme  Ayesha Vawda, spécialiste sénior de l’éducation, MNSHD.  « Dans de nombreuses parties du Yémen, les établissements scolaires sont construits en zones  montagneuses. Aller à l’école dans ces conditions constitue souvent une randonnée pour les enfants yéménites. Et s’il est vrai que dans tout pays les enfants bien portant sont plus susceptibles de fréquenter l’école, cela est davantage vrai dans le cas du Yémen », a-t-elle ajouté.
 
Travaillant en collaboration, les ministères de la Santé et de l’Éducation ont adopté, pour la première fois au Yémen, un programme conjoint de santé axé sur les établissements scolaires. Un comité technique conjoint  santé /éducation a été institué en vue de la collecte des données et des informations nécessaires à l’élaboration d’un programme efficace, et ce programme intersectoriel a été entériné par un décret conjoint portant création d’un vaste programme visant à améliorer la santé et l’éducation des enfants.
 
Ce comité  a identifié un certain nombre de problèmes de santé concernant les enfants,  et la priorité a été portée sur la lutte contre la schistosomiase.  « Dans une perspective sanitaire plus générale, la mise en œuvre d’une campagne de lutte contre la schistosomiase axée sur les enfants était une option pertinente dans la mesure où le niveau d’infection est le plus élevé chez les enfants d’âge scolaire. Ainsi, en soignant les enfants en milieu scolaire, l’on peut effectivement réduire la transmission de la schistosomiase dans l’ensemble de la communauté », a déclaré Donald Bundy, spécialiste principal de l’éducation, HDNED.
 
Quand les partenariats de développement font la différence
 
Durant de nombreuses années, le ministère de la Santé avait bénéficié de l’assistance technique  de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la manière de faire face à la schistosomiase. L’OMS avait notamment recommandé, entre autres, l’utilisation des établissements scolaires comme canaux de distribution de médicaments contre la schistosomiase dans le cadre d’un programme d’éducation en matière de santé et d’hygiène.  D’après Donald Bundy, «  le niveau de coopération désormais atteint entre ces deux institutions a créé un environnement beaucoup plus propice à la mise en œuvre d’un tel programme ».
 
À la demande du Yémen et en coordination avec l’OMS, la Banque mondiale a convenu de mettre à disposition des ressources pour permettre d’intensifier la mise en œuvre de ce programme et s’assurer que la lutte contre la schistosomiase demeure une priorité dans le dialogue sur les politiques de développement.  Ce partenariat a créé un environnement propice à la poursuite de la collaboration interministérielle et le succès qu’il a remporté devrait en fin de compte permettre d’en étendre l’application à la lutte contre le paludisme, par exemple.
 
Collaboration et coopération
 
Actuellement, l’OMS  et la Banque mondiale progressent dans la préparation de ce programme en collaboration avec les ministères yéménites de la Santé et de l’Éducation.  En février 2008, ces deux  départements et l’OMS ont signé un accord conjoint en vue de fournir des médicaments contre la schistosomiase au moyen des ressources du projet santé de la Banque mondiale, notamment pour les besoins de la campagne de lutte contre la schistosomiase en 2008. En outre,  les ressources issues du don octroyé au titre de l’Initiative pour la mise en œuvre accélérée du programme « Éducation pour tous » (EFA-FTI), dont la gestion est assurée par la Banque mondiale, sont utilisées pour appuyer le développement du programme de santé scolaire qui sous-tend l’action conjointe des ministères de la Santé et de l’Éducation contre la schistosomiase.
 
La campagne de cette année comporte une innovation. « L’une des principales contributions au programme a été l’élaboration d’un Atlas sur la santé et la nutrition en milieu scolaire.  En utilisant la technologie du Système d’information géographique (SIG), cet atlas dresse une cartographie des écoles, types de milieux environnants, centres de santé et villages dans lesquels la maladie est la plus répandue ― améliorant ainsi la capacité des professionnels de la santé et de l’éducation à travailler ensemble pour aider les personnes qui ont le plus besoin de services ou de traitement », a déclaré Donald Bundy.
 
Le dialogue stratégique visant à faire de la lutte contre la schistosomiase une priorité sanitaire au plan sanitaire et éducatif au Yémen a marqué des pas. En mars 2008, le Directeur général de l’OMS a participé au lancement du Programme national de lutte contre la schistosomiase, fruit du partenariat avec les ministères de la santé et de l’éducation et la Banque mondiale. L’équipe de la Banque mondiale prépare actuellement un nouveau projet en vue de mobiliser les ressources  en appui de ce programme qui bénéficiera également de l’assistance technique de l’OMS.
 
Le lancement de ce programme constitue un grand pas dans la poursuite des efforts visant à vaincre la schistomiase.  D’après Donald Bundy,  « nous n’aurions pas pu  accomplir ces résultats sans l’adhésion nationale, la collaboration entre les ministères de la Santé et de l’Éducation et l’engagement des  services de ces organismes.   Les ressources techniques et financières, ainsi que l’expérience que l’OMS et l’équipe de la Banque mondiale ont contribuées montrent comment les partenariats de développement peuvent faire la différence ».



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