Note de présentation régionale

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Contexte

L’annĂ©e 2011 a Ă©tĂ© marquĂ©e par de profonds bouleversements politiques dans la rĂ©gion Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). L’ensemble des 20 pays oĂč est prĂ©sent le Groupe de la Banque mondiale ont Ă©tĂ© touchĂ©s d’une maniĂšre ou d’une autre par la vague de manifestations de masse qui a dĂ©ferlĂ© sur toute la rĂ©gion. Dans certains cas, ce « printemps arabe » a abouti Ă  des rĂ©volutions, comme en Égypte et en Tunisie, oĂč des rĂ©gimes Ă©tablis de longue date ont Ă©tĂ© renversĂ©s ; dans d’autres, comme en Jordanie et au Maroc, il a servi de catalyseur Ă  des rĂ©formes ambitieuses et de grande ampleur. Toutes ces crises ne sont pas entiĂšrement rĂ©solues, et les diverses transitions qui se sont engagĂ©es se situent Ă  diffĂ©rentes phases, tandis que leur dĂ©nouement est loin d’ĂȘtre certain. Cependant, Ă  quelques exceptions notables, la lutte pour une redĂ©finition des rapports entre les citoyens et leurs dirigeants porte Ă  prĂ©sent davantage sur les enjeux liĂ©s aux Ă©lections et Ă  l’élaboration de nouvelles Constitutions.


Les revendications des manifestants en faveur d’une participation accrue Ă  la vie Ă©conomique et politique ont contraint l’ensemble de la rĂ©gion Ă  se pencher sur des questions importantes liĂ©es Ă  la responsabilitĂ© des pouvoirs publics, aux conditions d’une croissance partagĂ©e et aux droits des citoyens ordinaires d’ĂȘtre consultĂ©s sur l’avenir de leur pays. La nature du dialogue autour de ces questions a Ă©tĂ© aussi variĂ©e que l’ont Ă©tĂ© les consĂ©quences du Printemps arabe, mais maintenant qu’il est engagĂ©, la rĂ©gion s’oriente vers des transformations sociales et politiques profondes.
La rĂ©gion MENA a une population de 355 millions d’habitants, dont 85 % vit dans des pays Ă  revenu intermĂ©diaire, 8 % dans des pays Ă  revenu Ă©levĂ© et 7 % dans des pays Ă  faible revenu. Dans les annĂ©es qui ont prĂ©cĂ©dĂ© les soulĂšvements, la rĂ©gion avait enregistrĂ© des progrĂšs notables sur les principaux indicateurs sociaux. L’espĂ©rance de vie moyenne avait augmentĂ© de façon continue pour s’établir Ă  70 ans 
(hommes et femmes confondues), le taux d’achĂšvement au cycle primaire Ă©tait passĂ© Ă  90 % et le taux de mortalitĂ© des enfants de moins de 5 ans Ă©tait tombĂ© Ă  38 pour 1 000.

 

La rĂ©gion MENA a abordĂ© le Printemps arabe avec de nombreux atouts : une population jeune et instruite, une base de ressources solide et une rĂ©silience aux chocs Ă©conomiques qui lui a permis de surmonter la crise financiĂšre internationale de 2008-2009. Les Ă©conomies de la rĂ©gion Ă©taient en train de rebondir, tandis que la Tunisie et l’Égypte, en particulier, disposaient d’un matelas de rĂ©serves de change grĂące aux revenus du tourisme et aux entrĂ©es de capitaux Ă©trangers. La pauvretĂ© absolue Ă©tait peu rĂ©pandue, environ 4 % de la population vivant avec moins de 1,25 dollar par jour.
Du fait des perturbations qu’elles ont provoquĂ©es dans le dĂ©roulement des activitĂ©s commerciales courantes et de l’incertitude quant Ă  leur dĂ©nouement final, les soulĂšvements ont eu des consĂ©quences sur l’économie, mais celles-ci pourront ĂȘtre gĂ©rĂ©es et limitĂ©es dans le temps pour peu que le processus de transition en cours soit menĂ© Ă  son terme.


La croissance Ă©conomique dans la rĂ©gion MENA devrait rebondir pour s’établir Ă  5 % en 2012, alors qu’elle s’était Ă©levĂ©e Ă  3 % en 2011. Cette accĂ©lĂ©ration de la croissance est due essentiellement Ă  la hausse des cours du pĂ©trole et Ă  la reprise Ă©conomique dans les pays affectĂ©s par les troubles politiques de 2011. La croissance dans les pays exportateurs de pĂ©trole devrait atteindre 5,7 % en 2012, soit une progression de plus de 2 points par rapport Ă  2011.

 

Dans les pays importateurs de pĂ©trole, la croissance devrait aussi marquer une reprise par rapport Ă  2011 et se situer en moyenne Ă  3 % en 2012, mais la situation budgĂ©taire restera tendue. En Tunisie, les prĂ©visions annoncent une aggravation du dĂ©ficit budgĂ©taire du fait de l’accroissement des dĂ©penses envisagĂ© dans le cadre de la loi de finances rectificative qui prĂ©voit une augmentation des dĂ©penses sociales et des investissements publics. En Égypte, il est peu probable que le dĂ©ficit budgĂ©taire en 2012 soit supĂ©rieur Ă  celui enregistrĂ© en 2011, mais il devrait excĂ©der le niveau prĂ©vu en raison d’une augmentation des dĂ©penses publiques — liĂ©e notamment aux salaires et aux prestations sociales — et d’un manque Ă  gagner sur les recettes dĂ» Ă  la faiblesse de l’activitĂ© Ă©conomique.

 

Dans l’ensemble, la vulnĂ©rabilitĂ© budgĂ©taire dans la rĂ©gion s’est aggravĂ©e du fait de la hausse prolongĂ©e du niveau des dĂ©penses publiques Ă  la suite des crises mondiales (alimentaire, financiĂšre et Ă©conomique) de la fin des annĂ©es 2000, et plus rĂ©cemment, des bouleversements politiques. À plus long terme, les pays de la rĂ©gion MENA continueront d’ĂȘtre confrontĂ©s aux problĂšmes structurels qui existaient avant le Printemps arabe et qui, de fait, ont cristallisĂ© une grande partie du mĂ©contentement populaire. La rĂ©gion devra accomplir des progrĂšs en matiĂšre de dĂ©veloppement pour surmonter les effets d’une croissance inĂ©quitable et d’un taux de chĂŽmage supĂ©rieur Ă  25 %, soit le plus Ă©levĂ© au monde. Le sujet qui prĂ©occupe en particulier tous les dĂ©cideurs politiques de la rĂ©gion MENA est le niveau du chĂŽmage des jeunes, qui touche en moyenne plus de 25 % d’entre eux, avec des taux particuliĂšrement Ă©levĂ©s chez les diplĂŽmĂ©s universitaires et les femmes. Certes la pauvretĂ© est peu rĂ©pandue en se basant sur le seuil de 1,25 dollars par jour mais, avec une barre placĂ©e Ă  2,50 dollars, on compte par exemple par millions le nombre d’Égyptiens vulnĂ©rables et incertains face au passage de ce seuil.

 

Comme cela est aujourd’hui proclamĂ© haut et fort, le principal dĂ©fi pour la rĂ©gion consiste Ă  instaurer une croissance durable, susceptible de gĂ©nĂ©rer les emplois nĂ©cessaires en nombre et en qualitĂ©. L’existence d’un secteur privĂ© inclusif et compĂ©titif apparaĂźt comme l’une des solutions les plus efficaces et durables pour lutter contre le chĂŽmage et sera un facteur incontournable pour faire face Ă  l’ampleur de ce problĂšme dans la rĂ©gion MENA. À cet effet, il est nĂ©cessaire de crĂ©er un environnement plus propice pour les acteurs du secteur privĂ©, grands et petits. La clĂ© rĂ©side Ă©galement dans l’instauration d’une concurrence Ă©quitable et dans la rĂ©duction des rĂ©gimes de privilĂšge qui ont jusqu’à prĂ©sent caractĂ©risĂ© l’environnement des affaires et dont les Ă©lites ont seules bĂ©nĂ©ficiĂ©. Les pays doivent Ă©galement s’attaquer aux problĂšmes de longue date que constituent l’insuffisance et l’appauvrissement des ressources en eau (hormis ses vastes ressources solaires actuellement en exploitation, la rĂ©gion possĂšde les ressources renouvelables les plus faibles au monde) et la question de l’insĂ©curitĂ© alimentaire, Ă  laquelle s’ajoute le niveau Ă©levĂ© des subventions sociales.
 
Stratégie
 
Face Ă  l’évolution constante du climat politique dans la rĂ©gion, la Banque mondiale a Ă©laborĂ© un nouveau cadre d’intervention. Tout en Ă©tant Ă  l’écoute des nouveaux gouvernements afin de concevoir des programmes d’appui correspondant Ă  leurs objectifs de dĂ©veloppement spĂ©cifiques, la Banque a Ă©galement Ă©largi ses consultations Ă  une large palette de parties prenantes. Ces consultations s’inscrivent dans le cadre d’un processus d’approfondissement de
ses relations avec toutes les couches reprĂ©sentatives de la sociĂ©tĂ© afin d’en faire des partenaires Ă  part entiĂšre pour ses activitĂ©s dans la rĂ©gion.

 

Toutes les stratĂ©gies en cours de la Banque comportent une certaine flexibilitĂ© afin de les adapter Ă  l’évolution des circonstances. Se fondant sur les demandes exprimĂ©es lors du Printemps arabe et sur les initiatives de rĂ©forme en cours, le nouveau cadre s’articule autour de quatre axes principaux :

  • le renforcement de la gouvernance par l’adoption de mesures visant Ă  promouvoir la transparence et la responsabilitĂ© en vue d’aider Ă  Ă©difier des États rĂ©actifs et tenus de rendre compte de leurs actions ;

  • l’accroissement des possibilitĂ©s d’insertion socio-Ă©conomique des groupes dĂ©favorisĂ©s (les femmes et les groupes minoritaires notamment) Ă  travers des mesures Ă©conomiques et en renforçant leur droit de parole et de participation ;

  • la crĂ©ation d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, en crĂ©ant un environnement porteur de dĂ©bouchĂ©s et propice Ă  la concurrence, Ă  l’innovation et Ă  l’entrepreneuriat ;

  • l’accĂ©lĂ©ration de la croissance durable par des mesures Ă  court et Ă  long terme destinĂ©es Ă  induire une croissance sans effet nuisible sur le climat compte tenu des pressions qui s’exercent sur les ressources naturelles de la rĂ©gion.

Ces diffĂ©rents axes seront complĂ©tĂ©s par des thĂšmes transversaux : la paritĂ© hommes-femmes, l’intĂ©gration rĂ©gionale et la promotion d’un secteur privĂ© compĂ©titif.

 

Le Groupe de la Banque mondiale avait renforcĂ© ses programmes dans la rĂ©gion pour faire face Ă  la crise financiĂšre mondiale. Le volume des prĂȘts de la BIRD et de l’IDA est ainsi passĂ© de 1,8 Ă  3,8 milliards de dollars entre les exercices 2009 et 2010, avant de revenir ensuite Ă  2 milliards en 20 11, et Ă  1,79 milliard de dollars en 20 12. Au cours de l’exercice 2011, l’Association internationale de dĂ©veloppement (IDA), le fonds de la Banque au service des pays les plus pauvres, a fourni Ă  Djibouti une aide de 5,8 millions de dollars, soit un montant trĂšs proche de celui allouĂ© lors de l’exercice prĂ©cĂ©dent. Au YĂ©men, son appui atteignait 117 millions de dollars en 2011 ; aprĂšs huit mois de suspension de toutes ses activitĂ©s en raison de la dĂ©tĂ©rioration de la situation sĂ©curitaire, la Banque mondiale y a renouvelĂ© sa prĂ©sence en janvier 2012, en s’engageant Ă  fournir au pays toute l’assistance nĂ©cessaire alors qu’il traverse une pĂ©riode difficile.


Les services intellectuels de haute valeur fournis Ă  la rĂ©gion MENA ont enregistrĂ© une progression remarquable en passant de 8 millions de dollars en 2010 Ă  prĂšs de 11 millions de dollars en 2011. Le nombre de produits d’analyse-conseil Ă©conomique hors prĂȘts a Ă©galement augmentĂ© pour passer d’environ 120 en 2010 Ă  plus de 140 en 2011. La Banque mondiale a Ă©laborĂ© des rapports sur le commerce rĂ©gional et le dĂ©veloppement du secteur privĂ©, l’accĂšs au financement, la diversification des exportations, l’économie informelle et le rĂŽle du dĂ©veloppement dans la rĂ©duction des conflits, la paritĂ© hommes-femmes, le changement climatique et la sĂ©curitĂ© alimentaire.


Les différents stratégies et programmes mis au point par la Banque mondiale pour la région ont été conçus pour répondre aux besoins spécifiques de chacun de ses pays clients :

  • Dans les pays importateurs de pĂ©trole

La Banque mondiale a effectuĂ© en 2011 un nombre important de travaux d’analyse sur l’Égypte, le Maroc et la Tunisie, en particulier sur les questions relatives Ă  la gouvernance Ă©conomique, Ă  la protection sociale et Ă  la responsabilitĂ© sociale.

 

La Banque mondiale maintient son assistance technique et son soutien financier Ă  l’Égypte pendant la pĂ©riode de transition ; les projets au titre de l’exercice 2012 comprennent l’octroi d’un financement additionnel de 240 millions de dollars pour le projet de centrale Ă©lectrique de Gizeh Nord et un financement programmĂ© de 240 millions de dollars en faveur du projet d’urgence de travaux Ă  forte intensitĂ© de main-d’Ɠuvre.

 

Cet exercice a par ailleurs vu l’octroi du premier prĂȘt programmatique Ă  l’appui de politiques de dĂ©veloppement Ă  la Jordanie, pour un montant de 250 millions de dollars ; la Banque finance Ă©galement des activitĂ©s d’assistance technique visant Ă  renforcer les services d’aide juridique et les initiatives Ă  base communautaire.

 

En Tunisie, un projet en faveur des micros, petites et moyennes entreprises de 50 millions de dollars a Ă©tĂ© approuvĂ© pendant l’exercice 2012, de mĂȘme qu’un projet de prestation de services participatif destinĂ© Ă  la rĂ©insertion des Tunisiens de retour de Libye (5 millions de dollars) ; de petits projets de santĂ© (5,5 millions de dollars) et de travaux publics communautaires (3 millions de dollars) devraient ĂȘtre rĂ©alisĂ©s avant la fin de l’exercice.

 

Au Liban, un projet sur le patrimoine culturel d’un montant de 27 millions de dollars est prĂ©vu pour l’exercice 2012 et un projet d’assistance technique pour le renforcement des capacitĂ©s statistiques a dĂ©marrĂ© durant cet exercice.

 

Les activitĂ©s de prĂȘt de la Banque au Maroc comprennent les opĂ©rations suivantes : prĂȘt Ă  l’appui de politiques de dĂ©veloppement (DPL) de 160 millions de dollars destinĂ© Ă  amĂ©liorer la compĂ©titivitĂ© Ă©conomique, premier DPL pour le dĂ©veloppement des compĂ©tences et la crĂ©ation d’emplois (100 millions de dollars), projet d’énergie solaire concentrĂ©e de Ouarzazate (200 millions de dollars), DPL en faveur de l’Initiative nationale pour le dĂ©veloppement humain (300 millions de dollars), projet sur les micros, petites et moyennes entreprises (50 millions de dollars) et projet de renforcement de la performance du secteur judiciaire (16 millions de dollars).

 

À Djibouti, les opĂ©rations prĂ©vues au titre de l’exercice 2012 sont les suivantes : projet de renforcement institutionnel (6 millions de dollars), projet de crĂ©ation de filets de protection sociale pour faire face Ă  la crise (5 millions de dollars), projet d’amĂ©lioration de l’accĂšs Ă  l’électricitĂ© et de diversification des sources d’énergie (5,2 millions de dollars) et projet d’approvisionnement en eau et de dĂ©veloppement rural communautaire (3 millions de dollars).

  • En Cisjordanie et Ă  Gaza

L’économie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une bonne gestion et d’un appui important de la part des donateurs, a continuĂ© de croĂźtre bien que la pĂ©rennitĂ© d’une croissance tributaire de l’aide extĂ©rieure continue de susciter de grandes inquiĂ©tudes. Les restrictions en matiĂšre de sĂ©curitĂ© qui limitent les dĂ©placements et la libre circulation des biens et services doivent ĂȘtre assouplies pour que le secteur privĂ© ait une chance de se dĂ©velopper. La prioritĂ© restera au soutien humanitaire et Ă  la fourniture des services sociaux et d’infrastructure de base. Le programme d’appui au plan de reconstruction et de dĂ©veloppement de la Palestine d’un montant de 40 millions de dollars a Ă©tĂ© approuvĂ© pendant l’exercice 2012. Le programme d’assistance technique pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement Ă  Wadi Fukin (3,7 millions de dollars) et le projet d’électrification de Gaza d’un montant (8 millions de dollars) ont Ă©tĂ© Ă©galement approuvĂ©s durant cet exercice. Les autres projets prĂ©vus au titre de l’exercice 2012 comprennent un projet sur l’éducation en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, financĂ© Ă  hauteur de 6,5 millions de dollars, et un deuxiĂšme projet sur l’administration fonciĂšre d’un montant de 43 millions de dollars.

  • Dans les pays exportateurs de pĂ©trole hors Conseil de coopĂ©ration du Golfe (CCG) :

En AlgĂ©rie, les secteurs non pĂ©troliers et gaziers et les revenus qui leur sont associĂ©s ont continuĂ© de croĂźtre en 2012. La Banque mondiale fournit Ă  ce pays des services d’assistance technique (gĂ©nĂ©ralement payants), axĂ©s sur la diversification de l’économie, l’évaluation des dĂ©penses publiques et les politiques Ă©conomiques et sociales. D’autres travaux en cours portent sur l’accĂ©lĂ©ration du dĂ©veloppement dans les rĂ©gions dĂ©favorisĂ©es. En Iraq, la Banque mondiale a fourni des travaux d’analyse importants tandis que son assistance technique en Syrie est actuellement suspendue. La RĂ©publique du YĂ©men a bĂ©nĂ©ficiĂ© de financements de l’IDA d’un montant de 171 millions de dollars. Toutefois, les opĂ©rations n’ont repris que trĂšs rĂ©cemment et un projet de travaux Ă  haute intensitĂ© de main-d’Ɠuvre d’un montant de 61 millions de dollars est prĂ©vu pour cet exercice.

  • Dans les pays du CCG :

Le programme de la Banque mondiale dans les pays du CCG a surtout consistĂ© Ă  mettre Ă  la disposition des gouvernements son savoir et son expertise, et vise Ă  rĂ©pondre favorablement Ă  de nouvelles demandes. Le programme d’assistance technique remboursable de la Banque mondiale s’est Ă©largi en 2011 avec la consolidation des programmes entrepris au KoweĂŻt et en Arabie saoudite et l’émergence de nouveaux programmes. En 2010, la Banque mondiale a signĂ© un accord-cadre sur les filets de protection sociale avec le BahreĂŻn. Aux Émirats arabes unis, elle mĂšne des Ă©tudes sur les capacitĂ©s en matiĂšre de gestion macroĂ©conomique et budgĂ©taire et sur les marchĂ©s de l’emploi. Le programme de la Banque mondiale Ă  Oman traduit l’importance grandissante accordĂ©e Ă  l’éducation. Au Qatar, elle gĂšre un portefeuille comprenant le renforcement des capacitĂ©s en matiĂšre de gestion macroĂ©conomique et budgĂ©taire et un important programme sur la facilitation des affaires et du commerce.

 

Résultats

  • Un nouveau contrat social: La Banque a usĂ© de son pouvoir de convocation pour organiser, en partenariat avec CARE International, une rencontre rĂ©unissant Ă  Rabat du 12 au 15 mars 2012 des groupes de la sociĂ©tĂ© civile en vue du lancement d’un RĂ©seau affiliĂ© pour la responsabilitĂ© sociale (ANSA) dans le monde arabe. Le rĂ©seau ANSA dans le monde arabe est un rĂ©seau rĂ©gional qui Ɠuvre Ă  favoriser la participation active des citoyens Ă  l’élaboration et Ă  la mise en Ɠuvre des politiques ainsi qu’au suivi du processus d’exĂ©cution des dĂ©penses publiques.

  • Échange d’idĂ©es et recherche des solutions: À la suite d’un dialogue lancĂ© en mars 2011 Ă  la faveur de la confĂ©rence consacrĂ©e par la Banque aux « Visions et voix arabes », le dĂ©bat s’est Ă©largi Ă  travers la crĂ©ation d’un blog et d’une plateforme de webchat permettant de dialoguer avec les publics rĂ©gionaux, ainsi que par la prĂ©sence de la RĂ©gion MENA sur Facebook.

  • Renforcement des partenariats: La Banque islamique de dĂ©veloppement est un partenaire important du MĂ©canisme de financement des infrastructures pour le monde arabe mis en place par la Banque mondiale, tandis que la Banque africaine de dĂ©veloppement a soutenu une initiative rĂ©gionale en faveur du dĂ©veloppement de l’énergie solaire concentrĂ©e. La Banque mondiale a Ă©galement collaborĂ© avec le Fonds monĂ©taire arabe Ă  la prĂ©paration du rapport-phare rĂ©gional sur le secteur financier. Les pays europĂ©ens mĂšnent actuellement des consultations sur tout un ensemble de questions liĂ©es Ă  la crĂ©ation de dĂ©bouchĂ©s Ă©conomiques dans la rĂ©gion. Les partenaires japonais axent leurs efforts sur les problĂšmes de la jeunesse dans des pays tels que l’Égypte et la Tunisie et dans d’autres pays.

La Banque mondiale possĂšde dans la rĂ©gion un portefeuille de prĂȘts diversifiĂ© et un Ă©ventail de projets qui ont donnĂ© les rĂ©sultats suivants :

  • Financement des micros et petites entreprises: 4 000 micros et petites entreprises en Égypte ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un accĂšs Ă©largi au crĂ©dit et 1 000 femmes en milieu rural ont aujourd’hui accĂšs Ă  un financement pour dĂ©velopper leur entreprise.

  • Eau et assainissement: 52 500 Marocains bĂ©nĂ©ficient des services d’eau et d’assainissement Ă  un coĂ»t subventionnĂ©.

  • Énergie solaire concentrĂ©e: un des plus vastes projets d’énergie solaire concentrĂ©e a Ă©tĂ© lancĂ© au Maroc grĂące Ă  un financement de dĂ©marrage octroyĂ© par la Banque mondiale. Il vise Ă  produire 2 000 MW d’ici Ă  2020.

  • Routes rurales: 11 500 kilomĂštres de routes rurales ont Ă©tĂ© construits ou remis en Ă©tat au Maroc, oĂč le manque d’accĂšs Ă  des routes praticables en toutes saisons a tenus les habitants pauvres de ces rĂ©gions Ă  l’écart Ă  la fois des dĂ©bouchĂ©s Ă©conomiques et des services sociaux essentiels tels que la santĂ© et l’éducation.

  • Gouvernance: En Tunisie, un prĂȘt Ă  l’appui de politiques de dĂ©veloppement d’un montant de 500 millions de dollars a fourni un soutien budgĂ©taire au nouveau gouvernement immĂ©diatement aprĂšs le dĂ©clenchement de la rĂ©volution et contribuĂ© Ă  l’adoption de rĂ©formes visant Ă  lever les restrictions sur l’accĂšs Ă  l’information et Ă  encourager une transparence et une responsabilitĂ© accrues. Cent trente mille diplĂŽmĂ©s sans emploi bĂ©nĂ©ficient Ă  prĂ©sent d’une aide financiĂšre mensuelle, le nombre de sites web enregistrĂ©s dans le pays a augmentĂ© de 33 % et le gouvernement a publiĂ© des donnĂ©es autrefois inaccessibles sur les finances publiques et les statistiques Ă©conomiques et sociales.

  • Jeunesse: Un programme menĂ© en Jordanie en faveur des jeunes Ă  risque a aidĂ© 100 000 jeunes ayant abandonnĂ© l’école Ă  terminer un cursus alternatif et Ă  obtenir un certificat Ă©quivalent au niveau de fin d’études du premier cycle du second degrĂ©, tandis qu’un programme de mentorat a permis de fournir un encadrement Ă  plus de 12 000 jeunes Ă  risque et de former 2 500 bĂ©nĂ©voles et 100 agents dans 20 organisations gouvernementales et non gouvernementales et quatre universitĂ©s.

  • Transport urbain: le Grand Beyrouth a dĂ©veloppĂ© un systĂšme efficace de contrĂŽle du trafic, rĂ©duit l’engorgement sur les principaux axes routiers et mis en place un systĂšme de gestion du stationnement sur la voie publique, rĂ©duisant ainsi les consĂ©quences de la forte saturation des voies de circulation (perte de productivitĂ© et dĂ©gradation de la qualitĂ© de l’air) pour les 1,3 million de rĂ©sidents de la ville.

Partenaires


Le Groupe de la Banque mondiale a renforcĂ© sa collaboration avec les bailleurs de fonds bilatĂ©raux et multilatĂ©raux, les banques rĂ©gionales de dĂ©veloppement, les institutions financiĂšres islamiques et les pays donateurs Ă©mergents. Les partenaires ont ƓuvrĂ© ensemble pour soutenir les pays de la rĂ©gion et mettre Ă©galement en place un certain nombre d’initiatives Ă  l’échelon rĂ©gional telles que le Programme d’énergie solaire concentrĂ©e regroupant 5 pays pour un montant de 5,5 milliards de dollars (dont 750 millions de dollars provenant du Fonds pour les technologies propres) et dĂ©veloppĂ© dans le cadre de l’Initiative de la Banque pour le monde arabe. La Banque a en outre aidĂ© les gouvernements et les organisations rĂ©gionales par le biais de confĂ©rences et d’ateliers.


L’un des enseignements les plus nets du rĂ©veil politique auquel l’on vient d’assister est la nĂ©cessitĂ© urgente d’aller plus systĂ©matiquement au devant de la sociĂ©tĂ© civile, et notamment des milieux universitaires, des ONG et du secteur privĂ©. Le dĂ©veloppement des pays de la rĂ©gion MENA ne peut se rĂ©aliser sans la bonne gouvernance et la participation des citoyens ; un dĂ©veloppement dans lequel la voix de chacun peut s’exprimer et dont chacun se sent partie prenante.

 

 Avril 2012


Tous les montants en dollars sont des équivalences en dollars U.S. 

Pour toute information, veuillez contacter :
À Washington
Lara Saade: Lsaade@worldbank.org 

 




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