Note de présentation régionale

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Vue d'ensemble
L'aide du Groupe de la Banque mondiale
Réduire les facteurs de blocage dans les infrastructures
Renforcer le développement du secteur privé, la compétitivité et la gouvernance
Éduquer les jeunes
Soutenir le développement durable et la gestion rationnelle des ressources naturelles
Aider les populations des pays touchés par des conflits
Mettre à niveau et intégrer les femmes dans l’économie et la politique
Développer les prestations payantes
Accroître le financement du commerce et les garanties à l’appui de l’investissement direct étranger
Perspectives d’avenir 
 

Vue d'ensemble

Grâce à la flambée des prix du pétrole et à la forte présence des investisseurs internationaux dans la région, le Produit intérieur brut (PIB) de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord a progressé de 5,1 % en moyenne entre 2000 et 2008, bien au delà des niveaux atteints dans les années 1980 et 1990. Un large éventail de réformes économiques et structurelles ont été adoptées dans la région, au moment même du lancement des projets sur l’investissement privé en vue de poursuivre la diversification de l’économie et le développement du capital humain, ainsi que l’investissement dans le pétrole et le gaz, l’infrastructure et les autres secteurs de l’économie. En revanche, la baisse drastique des cours du pétrole durant le deuxième semestre de 2008, la crise alimentaire et la crise financière mondiale sont des sujets d’inquiétude pour les pays de la région. Le PIB devrait progresser de tout juste 2,2 % en 2009.

Les progrès accomplis en matière de croissance dans la région ont eu quelques retombées pour la création des emplois, même si le chômage demeure l’un des plus grands défis que la région Moyen-Orient et Afrique du Nord doit relever. Les pays de la région enregistrent une hausse en terme de population active, dont la croissance se situe en moyenne à 3,4 % par an. En outre, la plupart des nouveaux emplois dans la région proviennent du secteur privé, une évolution significative pour une région dans laquelle la création d’emplois, notamment en ce qui concerne une population de plus en plus instruite, est devenue une épreuve décisive de la performance économique.

Bon nombre de pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord ont réalisé des progrès notables en matière de réformes, ce qui a eu pour conséquence d’améliorer l’environnement global propice à la croissance économique. Presque tous les pays de la région ont pris d’importantes mesures pour réduire les entraves aux échanges. Les tarifs des douanes ont été baissés dans toute la région, passant d’une moyenne simple de 20 % en 2000 à 13 % en 2007, ce qui représente la progression la plus forte de la libéralisation du commerce dans la région.

Nonobstant la croissance continue et la performance des réformes, la flambée des prix des denrées alimentaires présente un risque croissant de vulnérabilité pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord,  particulièrement dans le contexte de faibles systèmes de protection sociale ciblés. En outre, la flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires a mis en lumière les importantes subventions des prix dans le cadre du marché intérieur, ce qui menace les équilibres budgétaires des économies manquant de ressources. Le niveau de vulnérabilité par rapport à la pauvreté est très élevé dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord où un bon nombre de personnes vivent presqu’au seuil de la pauvreté (dans la limite supérieure). De façon générale, même si moins de 2 % des populations de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord vivent avec moins d’un dollar par jour, 20 % environ de la population de la région vivent avec moins de 2 dollars par jour (les chiffres respectifs étant de 3 et 43 % pour l’Égypte et de 10 et 45 % pour le Yémen). Avec un tel regroupement d’importantes populations aux environs du seuil de pauvreté, la hausse des prix des denrées alimentaires dans le monde présente un risque sérieux de pauvreté généralisée dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.
     
Bien qu’une grande partie du paysage économique de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord se soit améliorée, l’évolution de l’environnement mondial appelle à une certaine prudence. Les marchés des capitaux au niveau mondial (et d’autres) sont entrés dans une phase d’incertitude accrue. La région Moyen-Orient et Afrique du Nord, contrairement à d’autres régions en développement, s’est bien comportée face aux effets de la crise sur l’économie réelle en 2008. Dans l’ensemble, le PIB de la région a enregistré une légère augmentation de 6,1 %, contre 5,6% en 2007. Mais du fait de la persistance de la crise et de la morosité de l’environnement économique mondial jusqu’en 2009 et 2010, la région Moyen-Orient et Afrique du Nord se heurte à la perspective d’un sérieux impact de la crise mondiale sur son économie réelle, du fait de l’évolution ou de l’incertitude du commerce international, des cours du pétrole, du tourisme, des remises de fonds et des modalités du financement international.
  
En dépit de la bonne performance des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, il existe des différences entre les pays. Les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord peuvent être classés en quatre groupes, compte tenu de leurs ressources, leur intégration dans l’économie mondiale et leur environnement macroéconomique. Le premier groupe composé membres du Conseil de coopération des États arabes du Golfe, se caractérise par un revenu pétrolier par habitant élevé, des recettes fiscales suffisantes et des capacités institutionnelles solides permettant de mettre en œuvre des politiques macroéconomiques et structurelles. Les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) seront très touchés par la crise ; mais grâce à leurs importantes réserves financières, ils seront en mesure de maintenir leurs orientations budgétaires anticycliques en 2009 et éventuellement en 2010.

Le second groupe se compose d’autres pays exportateurs de pétrole ayant un revenu pétrolier par habitant relativement bas, une population importante, des recettes fiscales limitées et des capacités institutionnelles restreintes pour mettre en œuvre des politiques macroéconomiques et structurelles. Pour ces pays, la crise se manifestera par une baisse du PIB prenant en compte les recettes pétrolières – mais le PIB hors pétrole maintiendra la croissance économique dans les pays excédentaires. Le groupe suivant est constitué de pays non exportateurs de pétrole qui ont d’importants flux financiers avec la zone économique du CCG ou sont tributaires de l’aide extérieure au développement. Les pays appartenant à ce groupe connaissent une stagnation de flux financiers en provenance des pays membres du CCG  et sont confrontés au problème de la mobilisation de l’aide, étant donné que les pays d’où provient cette aide sont eux-mêmes frappés par la crise. Le dernier groupe se compose de pays non exportateurs de pétrole dotés d’une économie diversifiée et entretenant de solides relations commerciales avec la zone Euro. Même si les pays de ce groupe disposent de recettes budgétaires limitées, ils ont de bonnes capacités institutionnelles leur permettant de mettre en œuvre des politiques macroéconomiques et structurelles. Au départ, ces pays ont connu des effets limités de la crise sur leurs systèmes financiers, mais ils constatent actuellement un impact significatif sur leur économie réelle au fur et à mesure que la récession s’intensifie sur leurs principaux marchés d’exportation en Europe.

L’aide du groupe de la Banque mondiale

Toutes les quatre institutions, y compris le Groupe de la Banque mondiale, coordonnent leur appui aux politiques prioritaires de croissance et de développement dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) finance les projets, les produits pour la gestion des risques et d’autres services financiers aux pays à revenue intermédiaire de la région ; l’Association pour le développement international (IDA) accorde des prêts sans intérêt et des dons aux deux pays à faible revenue de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (la République du Yémen et Djibouti) ; la Société financière internationale (SFI) a renfloué son portefeuille dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord en vue de prendre en compte les investissements en actions, les prêts, les garanties et les services-conseils aux entreprises du secteur privé ; et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) qui est un organisme chargé de la couverture du risque politique, finance des projets en cours dans un certain nombre de pays.
 
Au cours de l’exercice 2009 qui s’est terminé le 30 juin, le Groupe de la Banque mondiale a approuvé des financements à hauteur de 1,85 milliard de dollars dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord : 1,5 milliard de dollars de prêts de la BIRD et 172 millions de dollars d’engagements de l’IDA, dont 129 millions de dollars de dons.
L’accroissement des opérations de prêt de l’institution s’explique en partie par les mesures prises en réponse aux crises alimentaire, énergétique et financière. Durant l’exercice 09, le Groupe de la Banque mondiale a apporté une assistance technique et un appui financier pour des réformes et des initiatives d’urgence et de reconstruction dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. La stratégie de la Banque mondiale met en évidence des questions à facettes multiples dont l’impact est pris en compte dans chacune des interventions que la Banque finance au niveau des pays.

La Banque a également effectué 37 études économiques et sectorielles et 75 activités d'assistance technique hors prêt. Parmi les activités menées par l'institution, citons la publication d'un rapport régional phare sur le développement du secteur privé et d'un rapport régional sur l'émigration, la réalisation d'examens des dépenses publiques pour la Libye et la République du Yémen, et la publication de plusieurs rapports liés à la gouvernance. Plusieurs documents ont également été produits dans le cadre de l'Initiative en faveur du monde arabe, dans des domaines tels que l'infrastructure régionale, l'éducation et le partage des connaissances.
Ces fonds sont utilisés par les bénéficiaires dans plus de 16 projets visant à mettre en place le climat de l’investissement et à renforcer l’autonomie des pauvres tout en atténuant les risques liés aux défis mondiaux. Les engagements de la BIRD et de l’IDA au cours de l’exercice 09 se sont élevés à 1,7 milliard de dollars, les prêts étant ventilés de la manière suivante : 75 millions de dollars dans l’énergie et l’exploitation minière, 390 millions de dollars dans les transports, 200 millions de dollars dans l’industrie et le commerce, 197 millions de dollars dans l’eau, l’assainissement et la protection contre les inondations, 75,7 millions de dollars dans la législation, la justice et l’administration publique, 68 millions de dollars dans l’éducation, 60 millions de dollars dans l’agriculture, la pêche et la foresterie, 50 millions dans les finances publiques et 6,3 millions de dollars dans la santé et les autres services sociaux. La Cisjordanie et Gaza ont reçu neufs dons d’un montant total de 88,5 millions de dollars et l’Iraq s’est vu octroyer trois dons pour un montant total de 38 millions de dollars.
 
À l’appui de la croissance impulsée par le secteur privé, la SFI continue à présenter de nouvelles opportunités d’investissement et à développer les services-conseils en vue d’améliorer l’environnement propice aux affaires. Les investissements de la SFI dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord ont atteint 1,4 milliard de dollars, couvrant 50 projets dans 12 pays au cours de l’exercice 08. Au titre des services-conseils, les dépenses totales de la SFI ont atteint 22 millions de dollars, ce qui représente une hausse considérable par rapport aux 5,7 millions de dollars atteints il y a trois ans. Avec les garanties dont le montant total était de 430,7 millions de dollars, les encours bruts de la MIGA dans la région ont considérablement augmenté pour atteindre 11 % cette année, conformément à la stratégie du Groupe de la Banque mondiale visant une plus grande participation dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Au cours de cette année, un projet à Djibouti a donné l’occasion à la MIGA de procéder à une adaptation de ses outils administratifs traditionnels en vue de fournir une garantie à des projets appuyés par des fonds islamiques.

Les programmes de la Banque traitent des domaines prioritaires suivants :

  • Le dĂ©veloppement des infrastructures ;
  • Le dĂ©veloppement du secteur privĂ©, la compĂ©titivitĂ© et la gouvernance ;
  • L’éducation des jeunes ;
  • Le dĂ©veloppement durable et la gestion rationnelle des ressources naturelles ;
  • L’aide accordĂ©e aux populations des pays touchĂ©s par des conflits ;
  • La paritĂ© hommes-femmes ;
  • Les projets dont les frais sont Ă©tablis selon un pourcentage ; et
  • Le financement des transactions commerciales.

Réduire les facteurs de blocage dans les infrastructures

Tout en prenant en compte les besoins immédiats liés à la récession économique mondiale, le programme de la Banque pour l'exercice 09 témoigne de l'intérêt persistant que l'institution porte à la croissance à long terme. De grands projets d’infrastructure ont en effet été approuvés pour l’Égypte, la Jordanie, le Liban et le Maroc. Le Conseil a approuvé deux opérations importantes en faveur de l'Égypte, à savoir un prêt de 600 millions de dollars à l'appui du projet électrique d'Ain Sokhna et un prêt de 270 millions de dollars pour restructurer le réseau ferroviaire du pays. L’Égypte s’est également vu octroyer un prêt de 300 millions de dollars pour la construction de logements à prix abordable. Le Projet de développement du transport urbain au Liban (70 millions de dollars) et le Projet de couloir de développement d'Amman en Jordanie (33 millions de dollars) visent à éliminer les goulets d'étranglement dans le secteur du transport et à ouvrir la voie à une croissance soutenue.

Renforcer le développement du secteur privé, la compétitivité et la gouvernance

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord doit relever un double défi : faire face aux problèmes sociaux engendrés par la mondialisation et améliorer la compétitivité. La Banque a accordé un prêt de 250 millions de dollars à la Tunisie pour l'aider à mieux s'intégrer dans l'économie mondiale. Un prêt additionnel d’un montant de 10 millions de dollars destiné au développement du secteur privé finance l’attention que l’Iraq porte à la croissance du secteur privé. Au Maroc, la Banque apporte un appui aux activités qui favorisent un environnement propice à la stabilité et à une croissance durable. 

Le cadre dans lequel les entreprises opèrent s'améliore dans la région. À la fin de l'exercice 08, les deux-tiers des économies de la région avaient à leur actif un nombre impressionnant de réformes, 27 au total. Pour la troisième fois en quatre ans, l’Égypte, qui l’année dernière avait mené le plus de réformes dans la région, s’est classée parmi les 10 premiers pays réformateurs au niveau mondial. Les autres pays à avoir engagé des réformes dans la région sont l'Arabie saoudite, Djibouti, la Cisjordanie et Gaza, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Liban, le Maroc, Oman, la Syrie, la Tunisie et la République du Yémen.

Le rapport régional phare portant sur le développement du secteur privé présente les résultats de recherche et les éléments probants tirés de l’expérience acquise dans la fourniture de conseils aux gouvernements et au secteur privé en matière de développement de la compétitivité et du secteur privé. Le rapport en question porte essentiellement sur les liens qui existent entre la gouvernance, l’obligation de rendre compte et le développement du secteur privé. Les objectifs et les effets envisagés de ce rapport sont de trois types : informer les décideurs et d’autres parties prenantes, proposer une nouvelle orientation des politiques en faveur du secteur privé et provoquer un débat.
 
La Banque dispose également d’un programme détaillé de services-conseils et d’assistance technique dans toute la région (des pays du Maghreb à ceux du Golfe) visant à renforcer la performance dans les domaines juridique, réglementaire et administratif. En outre, elle soutient et encourage le partenariat public-privé en vue du développement des infrastructures. Les Groupe de la Banque mondiale travaille en partenariat avec d’autres bailleurs de fonds bilatéraux et donateurs internationaux (le Fonds monétaire international, l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’Union européenne, la Banque européenne d’investissement, l’Agence des États-Unis pour le développement international et le Département du Royaume-Uni pour le développement international) dans la cadre de plusieurs de ces activités.
   
Éduquer les jeunes

L’éducation est un élément clé de l’avenir de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Différentes parties prenantes de la région considèrent l’éducation comme leur problème de développement le plus important, la réforme de l’éducation étant la priorité dans les programmes de réformes de plusieurs gouvernements de la région. La réforme du secteur de l’éducation doit viser la capacité de la région de dispenser une éducation de qualité aux jeunes pour qu’ils soient prêts à affronter la concurrence dans une économie mondialisée.
  
En 2008, la région Moyen-Orient et Afrique du Nord a initié un rapport sur l’éducation dans la région intitulé « The Road Not Traveled ». Ledit rapport vise à aider les décideurs de la région à mettre au point des stratégies plus efficaces pour l’éducation, qui sont basées sur des expériences acquises au niveau mondial et régional dans le secteur. Le rapport repose sur un nouveau paradigme qui est sensé accroître l’efficacité des initiatives portant sur des réformes, en mettant l’accent sur le grand rôle que jouent les incitations et l’obligation de rendre compte au public dans la réalisation des objectifs du secteur.
      
Le rapport révèle que bien que les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord investissent une partie de plus en plus grande de leur PIB dans l’éducation en comparaison à d’autres régions du monde, ils continuent à se heurter aux défis liés à la mise au point de systèmes éducatifs de bonne qualité à tous les niveaux et à la promotion de l’éducation et la formation continue, toutes choses qui répondent aux besoins du marché du travail.

Après avoir réussi à faire en sorte que les systèmes éducatifs en expansion prennent en charge la plupart des enfants en âge scolaire – tant les garçons que les filles – la région Moyen-Orient et Afrique du Nord est à présent prête à s’engager dans une nouvelle voie. Bien que la configuration exacte de cette nouvelle orientation soit différente d’un pays à l’autre, tous les pays, indépendamment de leurs situations initiales, devront substituer « les données techniques » aux « données techniques axées sur les résultats », et prendre parallèlement un train de mesures liées à l’incitation et l’obligation de rendre compte au public, ainsi que des mesures destinées à améliorer l’évolution du marché du travail.
  
Dans le rapport, il est instamment demandé aux gouvernements de mettre en œuvre les réformes du marché du travail, parallèlement à celles du système éducatif. Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, la pertinence du marché du travail va bien au-delà des confins de chacun des pays ou même de la région, en raison des tendances des flux migratoires et des opportunités d’emploi à l’étranger.
 
L’amélioration des systèmes éducatifs est par conséquent un volet important de la stratégie de la Banque mondiale visant à favoriser le développement économique fondé sur le savoir, et à faciliter la transition économique dans les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. La Banque collabore notamment avec les pays de la région afin d’assurer un accès équitable à l’école et la persévérance scolaire ; améliorer la qualité et la pertinence de tous les niveaux d’instruction et de formation ; renforcer les capacités en matière de gouvernance aussi bien dans le secteur public que dans les collectivités locales ; améliorer l’efficacité avec laquelle les services de l’éducation sont fournis ; et améliorer l’appui à la viabilité financière des investissements publics dans le secteur de l’éducation. Au demeurant, la Banque s’emploie à porter une attention de plus en plus grande aux enfants et aux jeunes défavorisés (les enfants ayant abandonné l’école, les enfants qui travaillent, les handicapés), en encourageant les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord à mettre au point des réponses intersectorielles visant à s’assurer que cette population a, elle aussi, accès à une éducation de qualité.
        
La Banque a réagi aux divers besoins évolutifs par le biais du transfert de connaissances et des prêts.  Le premier projet de réforme de l'enseignement supérieur pour la promotion de l'économie du savoir en Jordanie (25 millions de dollars) traite des questions de qualité de l'éducation et de gouvernance, et le deuxième (60 millions de dollars), qui constitue le prolongement du précédent, souligne la nécessité de renforcer la formation des étudiants des cycles pré-universitaires en rehaussant leur niveau de qualification pour qu'ils puissent participer à l'économie du savoir.

Soutenir le développement durable et la gestion rationnelle des ressources naturelles

Les changements climatiques, le stress hydrique et la gestion des ressources naturelles constituent de grands défis pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Pour aider à les relever, la Banque a accordé à la République du Yémen 90 millions de dollars destinés à financer un programme dans le secteur de l'eau et 25 millions de dollars à l'appui d'un projet axé sur l'énergie solaire en milieu rural. La Banque a octroyé un prêt de 133 millions de dollars au Maroc et de 25 millions de dollars à la Jordanie pour aider ces pays à améliorer la gestion des déchets solides. À la suite des inondations survenues en République du Yémen en octobre 2008, la Banque a aidé à réaliser une évaluation des besoins, et elle a renforcé ses programmes de suivi et son dialogue avec les pouvoirs publics sur les mesures à prendre pour mieux préparer le pays aux crises futures. En mars 2009, elle a approuvé un financement complémentaire de 35 millions de dollars au titre de la protection contre les inondations et de la réhabilitation des zones sinistrées. En début d'exercice, le Conseil a approuvé un financement complémentaire de 15 millions de dollars destiné à promouvoir la conservation des eaux souterraines et des sols en République du Yémen.

Les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement se sont considérablement développés dans la région, même si les services publics rencontrent des problèmes de dégradation des infrastructures, de mauvaise qualité du service et, dans bien des cas, d’insuffisance de l’offre. Les services sont subventionnés dans tous les pays à l’exception de deux d’entre eux, ce qui grève davantage les budgets publics. L’irrigation consomme plus de 80 % des eaux de la région et est souvent utilisée pour cultiver des produits de faible valeur.
   
Les moteurs de la réforme de l’approvisionnement en eau se situent en dehors des sous- secteurs traditionnels de l’eau, qui connaissent une évolution de manière à fournir des occasions de réformes qui ont été jusqu’alors problématiques, sous réserve que les mécanismes de bonne gouvernance soient mis en place. La mise au point un tel système de gestion souple implique la prise en compte de considérations techniques, la mise sur pied d’institutions compatibles et de structures de responsabilisation transparentes et intégrées.
    
Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, la Banque concentre ses efforts sur l’extension et l’amélioration des services d’approvisionnement en eau et de gestion de l’eau, en initiant des activités, en passant à une plus grande échelle (par exemple au Maroc, en Égypte, en Cisjordanie et à Gaza, en Iraq, en République du Yémen et à Djibouti) et en tirant parti du dialogue avec les pouvoirs publics sur les mesures à prendre dans les pays où la Banque a noué des partenariats de longue date (par exemple, le Maroc, la Cisjordanie et Gaza, ainsi que la République du Yémen). La Banque a financé de nouveaux projets d’aménagement hydraulique pour un montant total de 229,5 millions de dollars durant l’exercice 08, et 123 millions au cours de l’exercice 09.

Aider les populations des pays touchés par des conflits

La Banque a réagi rapidement au conflit à Gaza durant l'exercice 09, y dépêchant une équipe d'évaluation moins d'une semaine après la cessation des hostilités. L’une des principales recommandations formulées par cette équipe était qu’il convenait de rattacher l’effort de relèvement et de reconstruction aux activités de développement en cours à Gaza. Concrètement, il s'agissait de continuer à financer et de transposer à plus grande échelle toute une série de projets concluants financés par les bailleurs de fonds dans plusieurs domaines essentiels, tels que l'eau et l'assainissement, l'électricité, la protection sociale, le développement municipal, et l'appui fourni par les organisations non gouvernementales. En avril 2009, une délégation du Groupe de la Banque mondiale s'est rendue en Iraq pour examiner les possibilités d'investissement dans ce pays et aider à instaurer un climat propice à l'activité commerciale.

Mettre à niveau et intégrer les femmes dans l’économie et la politique
 
Les pays arabes de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord ont accomplis de grands progrès en réduisant le fossé des inégalités de traitement entre hommes et femmes dans les secteurs sociaux. L’accès des femmes aux soins de santé et à l’éducation s’est sensiblement amélioré. Néanmoins, il subsiste de profondes inégalités dans la participation à la vie économique et politique.
  
La Banque a entrepris et mené à bien toute une série d’études et de programmes sur la parité hommes-femmes dans la région au cours de l’exercice 09.  En Égypte, l’institution a réalisé une évaluation de l’accès des femmes au marché du travail et des contraintes auxquelles elles se heurtent. En Jordanie, elle met au point un programme pour promouvoir l’accès des jeunes diplômées des instituts universitaires au marché du travail. En Arabie saoudite, la Banque apporte un appui aux « observatoires urbains » de Jeddah et Medinah, qui étudient les ménages dirigés par des femmes. En République du Yémen, elle prépare une analyse sexospécifique des dépenses publiques dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Grâce à un don du Fonds de développement institutionnel, la Banque soutient également un programme qui permet de mesurer l’impact des politiques et des stratégies nationales sur l’égalité entre les hommes et les femmes.

La Banque a par ailleurs réalisé une évaluation de la parité hommes-femmes au Liban et organisé un atelier pour renforcer les capacités de prise en compte des femmes dans l'établissement du budget au Maroc. Elle a aussi publié un rapport (Status and Progress of Women in the Middle East and North Africa) qui paraît tous les deux ans sur les progrès accomplis dans les domaines de la participation des femmes à l'économie, de leur accès à l'éducation et aux soins de santé, de leur participation et de leur représentation dans la vie publique, et des droits qui leur sont reconnus par la loi.

Développer les prestations payantes

Le nombre de pays de la région ayant sollicité des prestations payantes de la Banque est passé à 11 durant l’exercice 09. Ces prestations ont généré au total près de 11 millions de dollars, et la demande concernant ces services devrait rester stable pendant l'exercice 10. Le Programme de coopération stratégique avec les pays du Golfe comprend des programmes et des services à l’intention de l’Arabie saoudite, de Bahreïn, des Émirats arabes unis, du Koweït, d’Oman, du Qatar et du Secrétariat du Conseil de coopération du Golfe. Les programmes, dont la dimension stratégique se développe et qui s’étalent désormais sur plusieurs années, ont représenté un montant total de près de 6 millions de dollars au titre de l’exercice 09 et devraient se maintenir à un niveau comparable pour le prochain exercice.

Accroître le financement du commerce et les garanties à l’appui de l’investissement direct étranger

Au cours de l’exercice 09, la SFI a élargi la portée de son programme de financement du commerce et de ses services d’assistance technique et de conseil aux investisseurs privés. La MIGA envisage pour sa part d’utiliser ses mécanismes de garantie pour permettre de garantir l’investissement direct étranger dans les pays clients de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

La Banque a également renforcé son partenariat avec les institutions arabes et islamiques de développement au cours de l’exercice 09. La Banque échange des données d’expérience sur la façon de concevoir et de mettre en œuvre des approches sectorielles dans les secteurs de l’eau et du développement humain. Elle a organisé des ateliers techniques conjoints et un dialogue sur l’identification, l’analyse préalable, la supervision, ainsi que le suivi et évaluation des projets. Elle a également conduit des missions conjointes destinées à identifier, évaluer et superviser des projets.

Perspectives d’avenir

Les défis à long terme que doit relever la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, combinés aux différentes crises qui touchent la région, sont autant de raisons qui militent en faveur d’un accroissement de l’appui financier de la Banque en faveur d’une région qui a besoin de proactivité et d’un dialogue permanent avec toutes les parties prenantes. Dans le cadre des six thèmes stratégiques de la Banque, la région Moyen-Orient et Afrique du Nord intensifiera ses efforts pour définir les priorités et les domaines dans lesquels l’appui de la Banque offre un avantage comparatif.
   
Au début de l’année 2008, dans le cadre de l’Initiative en faveur du monde arabe, des consultations ont été initiées avec les organisations arabes, notamment la Ligue arabe, les banque régionales de développement et d’autres acteurs clés, afin de recenser les opportunités d’une avancée du développement humain et de réduire ainsi la pauvreté. En progressant, l’Initiative en faveur du monde arable permettra de financer l’intégration économique dans la région, et d’améliorer l’interface entre les programmes nationaux et les projets régionaux. La Banque cherche également les voies et moyens de renforcer ses engagements avec les organisations de la société civile et le secteur privé qui sont des acteurs clés du processus.

Septembre 2009

Contact médias :
Najat Yamouri
nyamouri@worldbank.org




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