| Le dĂ©veloppement social a trait : Ă la promotion de l’intĂ©gration des groupes dĂ©munis, vulnĂ©rables et exclus (en particulier les jeunes et les femmes); au renforcement de la cohĂ©sion sociale et de la capacitĂ© d’agir collectivement pour le dĂ©veloppement ; et au renforcement des capacitĂ©s des citoyens et des groupes de la sociĂ©tĂ© civile pour demander des comptes aux institutions qui sont Ă leur service. 1. Contexte La rĂ©gion Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA) a un riche patrimoine historique, culturel et religieux. Elle est dotĂ©e de ressources humaines, naturelles et financières, d’une importante biodiversitĂ© et d’infrastructures très dĂ©veloppĂ©es. Le niveau d’extrĂŞme pauvretĂ© dans la rĂ©gion est très faible et, en gĂ©nĂ©ral, les indicateurs de dĂ©veloppement humain sont assez bons dans l’ensemble du fait des transferts publics importants, qui sont complĂ©tĂ©s par les envois d’argent et les traditions largement observĂ©es de responsabilitĂ© familiale et sociale au sein de la population. Au cours des deux dernières dĂ©cennies, les pays de la rĂ©gion MENA ont accompli des progrès notables en matière de dĂ©veloppement social. Des initiatives ont Ă©tĂ© lancĂ©es pour : i) l’intĂ©gration des jeunes, des femmes et des autres groupes vulnĂ©rables ; ii) la redynamisation et l’autonomisation des collectivitĂ©s locales ; iii) l’amĂ©lioration de l’accès des citoyens et du secteur privĂ© aux informations sur les possibilitĂ©s et les prestations de service offertes par le gouvernement. Toutefois la rĂ©gion demeure confrontĂ©e aux problèmes de dĂ©veloppement social que sont l’intĂ©gration (des jeunes, des femmes et des groupes vulnĂ©rables), la cohĂ©sion sociale (en milieu urbain et en milieu rural) et la promotion de la responsabilitĂ© (au niveau des administrations et des autres prestataires de services aux citoyens). Le manque de cohĂ©sion sociale dans les pays de la rĂ©gion et entre ceux-ci se traduit frĂ©quemment par des conflits (pas toujours violents) qui, s’ils ne sont pas gĂ©rĂ©s de manière convenable, constituent Ă la fois la cause et la consĂ©quence d’un dĂ©ficit de dĂ©veloppement. Si le dĂ©veloppement social ne peut garantir la paix, il peut cependant attĂ©nuer les conflits, tout au moins au niveau local. Les conflits intervenus rĂ©cemment dans la rĂ©gion nous rappellent la nĂ©cessitĂ© pour le dĂ©veloppement de tenir compte des situations de conflit et des contextes politiques, et du rĂ´le important que pourrait jouer la Banque mondiale dans la reconstitution du capital social et infrastructurel. 2.  Principaux problèmes rencontrĂ©s dans le secteur De nombreux groupes, en particulier les jeunes et les femmes, doivent avoir des possibilitĂ©s de partager les retombĂ©es du dĂ©veloppement : Environ deux tiers de la population de la rĂ©gion a moins de 30 ans. Les jeunes ont besoin d’un meilleur accès aux dĂ©bouchĂ©s Ă©conomiques, Ă un enseignement de qualitĂ©, aux loisirs et Ă la vie politique. Ce manque d’accès, associĂ© aux attentes de plus en plus fortes induites par l’éducation et la rĂ©volution de l’information, crĂ©e une frustration chez les jeunes et peut mĂŞme menacer le tissu social. La rĂ©gion a rĂ©alisĂ© des progrès remarquables dans l’amĂ©lioration des indicateurs de dĂ©veloppement humain (notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santĂ©) pour les femmes au cours des deux dernières dĂ©cennies. NĂ©anmoins, les inĂ©galitĂ©s sexospĂ©cifiques persistantes contribuent Ă l’exclusion sociale, Ă©conomique et politique, retardant ainsi le dĂ©veloppement des pays.  Â
Les institutions communautaires urbaines et rurales et les administrations locales ont besoin d’être renforcées en vue d’assurer une plus grande cohésion sociale et réduire le risque de conflits. Les sociétés de la région ont un haut degré d’organisation sociale et de nombreux réseaux de solidarité. Toutefois, nombre d’entre elles ont également subi les coûts sociaux et économiques des conflits violents qui ont entraîné dans leur sillage la destruction, des pertes en vies humaines, la pauvreté, la distorsion des priorités de développement et une cohésion sociale fortement affaiblie. Par ailleurs, l’urbanisation et la modernisation rapides ont affaibli les structures institutionnelles des communautés. Ces institutions ne sont plus à même de désamorcer complètement les tensions sociales, en particulier dans un contexte caractérisé par une croissance démographique rapide, l’urbanisation, le taux de chômage élevé et l’épuisement de la base des ressources naturelles. Pour que les citoyens jouent leur rôle dans le processus de développement et pour réduire les risques de conflit au niveau local, il faut que les institutions communautaires d’auto-administration et d’autorégulation soient renforcées et mieux intégrées à des administrations locales redynamisées. L’interface citoyen-État a besoin d’être améliorée pour renforcer l’obligation de rendre compte : La région MENA connaît actuellement une transformation du fait d’une révolution de l’information qui donne aux citoyens un accès sans précédent à l’information régionale et mondiale que les gouvernements ne peuvent plus contrôler. Toutefois, l’accès insuffisant à l’information et la divulgation insuffisante des transactions gouvernementales réduisent l’obligation de rendre compte et limitent la capacité du secteur privé et des citoyens à accéder aux opportunités. Cette situation est aggravée par les mécanismes insuffisants pour l’expression des opinions sur la qualité des services publics et par les entraves qui empêchent la société civile de contrôler l’action des pouvoirs publics, d'encadrer les plaintes et de mener un plaidoyer en faveur des pauvres. La région MENA abrite une diversité de groupes sociaux minoritaires qui n’ont pas pleinement accès aux retombées du développement : Les groupes vulnérables sont, en particulier, les personnes handicapées, les enfants à risque, les personnes atteintes du virus de l’immunodéficience humaine/du Syndrome immunodéficitaire acquis (VIH/SIDA) et les réfugiés. S’agissant du VIH/SIDA, les taux de prévalence généralement très faibles (0,2 %) offrent une chance unique d’agir avec détermination et de manière opportune. À l’inverse, le risque de se complaire dans l’autosatisfaction pourrait conduire à l’inaction et accroître la vulnérabilité à l’épidémie, en particulier au sein des groupes vulnérables, dans un contexte caractérisé par la stigmatisation, le manque d’information, la peur et le déni. 3.  Recommandations de la Banque mondiale La stratégie de la Banque pour le développement social (DS) intitulée « Empowering People by Transforming Institutions: A strategy and Implementation Plan for Social Development in Bank Operations », a été publiée en 2005. Cette stratégie est axée sur les efforts visant à autonomiser les femmes et les hommes démunis grâce à un appui renforcé de la Banque à l’intégration sociale, à la promotion de la cohésion sociale et d’institutions responsables. L’élaboration de la stratégie institutionnelle de développement social a été motivée par les données abondantes qui démontrent que « le développement social est important », en particulier l’examen entrepris par le Département d’évaluation des opérations (OED) et le Groupe d’assurance qualité. L’examen intitulé : « Mettre le développement social au service des pauvres : Évaluation des activités de la Banque mondiale effectuée par l’OED » (“Putting Social Development to Work for the Poor: An OED Review of World Bank Activities,” se referme sur la conclusion que le traitement des questions relatives au développement social se traduit par de bons résultats de projets et plus un projet aborde de thèmes sociaux, meilleurs sont ses retombées en termes de résultats, de pérennité et de développement institutionnel. Parallèlement aux efforts consentis au niveau institutionnel, la région MENA a publié une stratégie de développement social intitulée “Securing a Future for All” (Garantir un avenir pour tous). La stratégie de développement social de la région MENA s’attaque aux enjeux essentiels pour le développement social et économique durable de la région, à savoir : a) l’intégration sociale (les jeunes, les disparités entre hommes et femmes et la protection des groupes vulnérables) ; b) le renforcement de la cohésion sociale dans les zones urbaines et rurales ; c) le renforcement des capacités des citoyens et des groupes civiques afin qu’ils puissent demander des comptes aux institutions qui sont à leur service. La mise en œuvre de la stratégie régionale de développement social se focalise sur quatre domaines stratégiques dans la région :
Appuyer un environnement gĂ©nĂ©ralement favorable au dĂ©veloppement social dans le dialogue de politique : cet appui tient compte des problèmes de dĂ©veloppement social consignĂ©s dans les documents stratĂ©giques clĂ©s, tels que la StratĂ©gie d’assistance-pays (CAS) et le Document de stratĂ©gie pour la rĂ©duction de la pauvretĂ© (DSRP) ainsi que dans les politiques qui font la promotion des principes du dĂ©veloppement social que sont l’intĂ©gration, la cohĂ©sion sociale et la responsabilitĂ©. Ceci sera accompagnĂ© par un travail d’analyse plus autonome, Ă travers des outils tels que les analyses sociales par pays et les analyses de la pauvretĂ© et de l’impact social (PSIA).Â
Constituer un portefeuille de projets axé sur les principes fondamentaux de développement social que sont l’intégration, la cohésion sociale et la responsabilité : Ces projets comprendront, en général, des projets multisectoriels pilotes et des opérations entrant dans le cadre de programmes qui ne s’inscrivent pas suffisamment dans une approche sectorielle tels que l’intégration des jeunes, les rapports sexospécifiques,, le VIH/SIDA, la gouvernance de la demande et le développement axé sur la collectivité, le changement climatique, la prévention des conflits et la reconstruction post-conflit.
AmĂ©liorer l’efficacitĂ© des projets et des Ă©tudes financĂ©es par la Banque en intĂ©grant le dĂ©veloppement social dans les secteurs clĂ©s : une plus grande participation des parties prenantes concernĂ©es Ă la conception, Ă la mise en Ĺ“uvre et au suivi des projets ne favorise pas seulement l’appropriation, mais renforce Ă©galement les institutions et permet d’obtenir des rĂ©sultats plus durables en terme de dĂ©veloppement. Ceci implique que l’on continue de porter une attention soutenue aux opĂ©rations de prĂŞts pour l’investissement par des mesures de sauvegarde sociale et des activitĂ©s de dĂ©veloppement social, et Ă©galement par l’intensification des efforts d’analyse sous-tendant les opĂ©rations de prĂŞts Ă l’appui de politiques de dĂ©veloppement, par exemple, Ă travers des analyses de la pauvretĂ© et de l’impact social. Â
Encourager, par le biais du renforcement des capacitĂ©s et de partenariats, la capacitĂ© de la Banque et des clients Ă conduire les initiatives de dĂ©veloppement social : Cela favorisera la crĂ©ation de « communautĂ©s de pratiques » pour les activitĂ©s de dĂ©veloppement social, renforcera les connaissances sur les bonnes pratiques en matière de dĂ©veloppement social au sein des Ă©quipes-pays et des Ă©quipes de projet et lĂ©gitimera l’exploitation des connaissances sur le dĂ©veloppement social pour mieux mesurer les rĂ©sultats. Les partenariats avec les institutions locales et rĂ©gionales doivent ĂŞtre encouragĂ©s pour promouvoir le partage bidirectionnel des connaissances. Â
4.  Opérations de prêt de la Banque/Activités d’analyse et de conseil Opérations dans le secteur du développement social : Projet de développement des villages et quartiers – Cisjordanie et Gaza Projet intégré de développement communautaire – Cisjordanie et Gaza Projet III pour les organisations non gouvernementales palestiniennes (ONG) – Cisjordanie et Gaza Projet d’appui à l’initiative nationale pour le développement humain (INDH) – Maroc Projet pilote de développement axé sur la collectivité à KRG (Kurdistan), Irak Projet de création d’un fonds fiduciaire multidonateurs (MDTF) pour la reconstruction du camp de réfugiés palestinien de Narh el-Bared
Études Ă©conomiques et sectorielles : Analyses de la pauvretĂ© et de l’impact social (mesurent les impacts sociaux sur diffĂ©rents groupes sociaux et indiquent les mesures d’attĂ©nuation destinĂ©es Ă surmonter les impacts nĂ©gatifs : a) PSIA sur l’énergie Ă Djibouti ; b) PSIA sur l’eau au Maroc ; c) PSIA sur la gestion des dĂ©chets solides au Maroc ; d) PSIA sur la fourniture et l’utilisation de l’énergie au YĂ©men ; e) PSIA sur l’eau au YĂ©men ;Â
Étude d’inventaire sur le développement axé sur la collectivité (couvrant les exercices 2000 à 2007)
Évaluation des réalisations, des opportunités et des contraintes des associations féminines en milieu rural au Maroc
Travaux d’analyse sur l’intégration des jeunes : a) Moyens d’expression des jeunes – Égypte, Yémen, Maroc, Cisjordanie et Gaza b) Lever les obstacles à l’intégration des jeunes au Maroc c) Note de politique sur la jeunesse dans la région MENA (en collaboration avec la cellule chargée du développement humain) d) Égypte – Cartographie des voies d’insertion des jeunes selon le sexe
Initiative locale de prestation de services dans la région MENA (axée sur la demande en matière de gouvernance à travers la certification des mécanismes de responsabilité au Yémen, en Égypte et au Maroc).
Septembre 2008
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