Mise en place du Plan palestinien de réforme et de développement

Rapport économique au comité de liaison ad hoc
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29 avril 2008 - À l’occasion de la réunion du comité ad hoc de liaison (AHLC) qui s’est tenue à New York le 23 septembre 2007, la Banque mondiale a résumé le changement de cap de l’économie palestinienne depuis 2000 qui, si elle était précédemment tirée par les investissements et la productivité du secteur privé, est passée à une économie soutenue par les dépenses gouvernementales et l’aide de donateurs. Après de bonnes performances à la fin des années 90, la fragile économie palestinienne s’est progressivement dégradée en entrant dans un cycle de crises et un état de dépendance, dans un contexte de confusion créée par les évènements politiques et l’insécurité en Cisjordanie et à Gaza (WB&G), l’augmentation continue de la population, les restrictions imposées par les Israéliens sur les déplacements et l’accès depuis la deuxième intifada et enfin la chute en 2006 de l’aide des donateurs. Incapable de trouver des opportunités dans un secteur privé en perte de vitesse, une main-d’œuvre jeune et en expansion rapide s’est tournée vers le secteur public avec des attentes de création d’emplois et d’augmentation des dépenses pour soulager la pauvreté, aux dépens d’investissements supplémentaires dans le potentiel productif de l’économie. Cette tendance, débutée en 2000, a été particulièrement prononcée au cours de la période suivant les élections en 2006.

L’analyse qui a été présentée à l’AHLC 2007 a montré que renverser cette tendance à la baisse exigeait des interventions parallèles de la part de l’Autorité palestinienne (AP), d’Israël et des donateurs. De plus, ces interventions parallèles n’étaient considérées comme pouvant avoir des résultats que dans la mesure où elles concerneraient la totalité de la population palestinienne. La réforme et le développement de l’économie palestinienne – y compris Gaza, qui représente environ 40 % de la population – et de ses institutions devaient se remettre en marche par la mise en place du Plan palestinien de réforme et de développement (PRDP) de l’AP. Pour réussir, le PRDP devait être pris en charge par des donateurs et soutenu par des efforts israéliens visant à relâcher les restrictions imposées sur le mouvement des marchandises et des personnes à l’intérieur et à l’extérieur de la WB&G (West Bank et Gaza). L’argument a été avancé que l’impact de l’aide de donateurs se fait le plus ressentir lorsque cette aide est accompagnée d’interventions concrètes et parallèles de la part de l’AP et d’Israël, mais que le flux régulier de l’aide ne devrait pas se baser sur celles-ci – l’aide reste critique pour assurer la survie des institutions palestiniennes qui soutiennent le processus de paix.

Les attentes définies lors de la réunion de l’AHLC à New York étaient que plusieurs évènements pouvaient provoquer un changement de cap dans l’économie palestinienne : notamment lors de la Conférence d’Annapolis du 27 novembre 2007, au cours de laquelle le Premier ministre Olmert et le Président Abbas ont convenu de reprendre les négociations de paix et de résoudre les questions fondamentales avant la fin 2008 ; les progrès enregistrés au cours des discussions bilatérales portant sur les enjeux majeurs et la formation de sept groupes de travail israélo-palestiniens ; et la Conférence des donateurs de Paris tenue le 17 décembre 2007, au cours de laquelle des représentants de 87 états et organisations ont annoncé la contribution de 7,7 milliards de dollars US de soutien financier au PRDP pour 2008-2010. Pour soutenir ces efforts, plusieurs mesures phares ont été engagées par les parties, notamment celles du représentant du Quartet, Tony Blair, pour rétablir la confiance et relancer la dynamique en vue d’un redressement économique.

Ce rapport démontre qu’en dépit de ces efforts et d’autres depuis l’AHLC 2007, le cycle vertueux de croissance économique provenant d’actions entreprises en parallèle par l’AP, Israël et les donateurs n’a pas été complètement rétabli. La formation du gouvernement transitoire mi-2007 et la reprise de l’aide n’ont annulé que partiellement l’impact du boycottage de l’aide en 2006 et 2007. Le PIB réel a été négatif dans les six premiers mois de 2007 mais il a commencé à se redresser en Cisjordanie au cours des six mois suivants. Du fait de la situation à Gaza, la croissance du PIB réel en 2007 a été estimée à environ 0 %, ce qui, étant donné l’augmentation rapide de la population, indique une chute du revenu par habitant. On ne saurait surestimer l’importance des effets contributifs des fermetures et des restrictions imposées aux déplacements.

De plus, les indicateurs économiques n’ont pas considérablement évolué, en dépit de la reprise de l’aide. Le chômage sur la WB&G s’élevait à près de 23 % en 2007, en forte progression comparativement à seulement 10 % avant le début de l’intifada en 2000. C’est à Gaza, où il affecte près de 33 % de la population active, que le chômage est le plus élevé. Il est probable que ce taux atteigne un chiffre bien plus élevé au fur et à mesure que les licenciements opérés dans le secteur industriel prendront un caractère permanent.

En tant que plan d’action tripartite, la mise en place du PRDP a bien commencé, mais le progrès n’a été que fragmentaire. L’AP a mis en place une série de mesures axées sur le contrôle des dépenses et les réformes à moyen terme pour restaurer sa stabilité financière et elle a fait d’importants progrès dans ce domaine. Le PRDP a été soutenu par des donateurs qui, à la date du présent rapport, avaient déjà fait parvenir la moitié de la contribution à la couverture des dépenses récurrentes à laquelle ils s’étaient engagés à Paris, soit par virement direct sur le Compte de la trésorerie générale de l’AP, soit dans le cadre du nouveau projet de financement de la CE, PEGASE, soit encore par l’entremise du nouveau Fonds d’affectation spéciale de plusieurs pays donateurs lié au PRDP de la Banque mondiale. Les efforts du représentant du Quartet ont également abouti à la présentation d’un ensemble de projets concrets qui, s’ils sont validés par les parties, sont susceptibles de provoquer le sursaut fort attendu du secteur privé. La renaissance du secteur privé indispensable à un cycle vertueux de croissance ne s’est cependant pas produite du fait du maintien des restrictions de déplacements et d’accès. En conséquence, les scénarios économiques présentés à la Conférence de Paris, proposant que la mise en œuvre des engagements palestiniens constitue en elle-même une condition nécessaire mais non suffisante de l’expansion économique, ont été confirmés par la croissance zéro du PIB dans la WB&G en 2007. Quant à 2008, l’analyse du FMI et le rapport de l’AHLC font état d’une croissance projetée du PIB de 3,0 % qui, si l’on tient compte de l’augmentation de la population, se traduira par un revenu par habitant inchangé, voire inférieur à l’année précédente.

Quel que soit le scénario, des réformes de l’AP et un volume approprié d’aide de la part des donateurs, qui permettrait de couvrir à la fois les dépenses récurrentes et les coûts de développement, restent des conditions nécessaires mais insuffisantes du redressement économique de la WB&G. Un scénario dans lequel les réformes du PRDP se poursuivent, dans lequel elles sont entièrement financées par les donateurs et dans lequel il y a reprise de la croissance et des activités du secteur privé grâce à un assouplissement des restrictions de déplacements et d’accès, se traduira par des taux de croissance accélérée, à deux chiffres. Une reprise à Gaza a été intégrée à ce scénario en conséquence directe de la sortie de l’impasse actuelle qui lui ferait immédiatement bénéficier des réformes, de l’aide de donateurs et de la levée des restrictions sur les mouvements.

 




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