 Perspectives et développements économiques 2008
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Quels sont les derniers résultats de la croissance dans la région ?
Pour la cinquième année consécutive, la région Moyen-Orient-Afrique du Nord (MENA) a enregistré un taux de croissance supérieur à 5 % (5,7 % en 2007), dépassant ainsi les niveaux atteints dans les années 1990 et au début des années 2000. En 2007, la croissance du PIB s’est répartie régulièrement dans les sous-groupes de la région. La croissance a été plus élevée dans les pays riches en ressources et importateurs de main-d’œuvre (5,8 %) que dans les autres groupes. Les économies pauvres en ressources à main-d’œuvre abondante ont enregistré une croissance de 5,4 % en 2007. Hormis le Maroc qui a subi une année supplémentaire de sécheresse, le rythme du PIB s’est accéléré ou maintenu dans ces économies par rapport à 2006. Si les résultats de la région sont bons par rapport à ceux du passé, elle continue à être en retard par rapport aux autres régions. Par exemple, le taux de croissance de 5,7 % de la région MENA en 2007 est loin derrière les 10 % obtenus par l’Asie de l’Est et le Pacifique, celui de 8,4 % obtenu par la région de l’Asie du Sud, voire même inférieur à celui de 6,1 % obtenu par la région de l’Afrique subsaharienne. Quelles étaient les principales sources de croissance en 2007 pour la région MENA ?
Les sources de croissance dans la région MENA ont subi ces dernières années un décalage. Pendant la période 2000-2004, la principale source de croissance était la consommation privée intérieure. Cependant, en 2007, l’importance de cette source a diminué et a été remplacée par les investissements intérieurs bruts. Bien entendu, cela s’explique du fait des nombreuses recettes gouvernementales issues du secteur porteur des hydrocarbures. Les prix du pétrole ont augmenté de 78 % au cours de l’année 2007, de 54 dollars le baril au début de l’année à 94,50 dollars à la fin. Quel est l’impact de l’augmentation du prix des denrées alimentaires dans les pays de la région MENA ?
L’augmentation des prix des denrées alimentaires touche différents pays. Les pays à faible revenu qui sont des importateurs relativement gros de denrées alimentaires (en termes de proportion d’imports et de consommation) sont les plus vulnérables : par exemple, le Djibouti et le Yémen. Dans ce pays, l’inflation du prix des denrées alimentaires a dépassé les 20 % en 2007, soit le pourcentage le plus élevé de la région. D’autres facteurs de risque incluent la part des denrées alimentaires dans les régimes de dépense des groupes aux revenus les plus faibles d’un pays. Des pays comme l’Egypte et le Yémen font partie des pays les plus vulnérables, étant donné que les deux quintiles inférieurs de leurs populations dépensent plus de 50 % de leur budget des ménages pour acheter des denrées alimentaires. De même, certains pays ont observé l’impact de l’augmentation des prix des denrées alimentaires directement dans leurs budgets étant donné qu’ils subventionnent les denrées de base. Des pays comme l’Egypte, l’Iran, la Jordanie et la Syrie ont vu les subventions alimentaires représenter entre 4 % (en Egypte) à 8 % (en Iran) de leurs budgets en 2007. Parmi les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), la principale conséquence de l’augmentation du prix des aliments a été l’inflation.
Comment se porte la région MENA en termes de réformes structurelles ?
La région MENA s’est embarquée récemment dans une vaste série de réformes pour améliorer la globalité de l’environnement en vue de la croissance. Les principaux développements dans les secteurs du commerce, du climat des affaires et de la gouvernance incluent :
Les réformes du commerce. Des progrès sensibles ont été accomplis pour réduire les droits de douane et les délais pour les opérations d’import/export. Les droits de douane ont été réduits d’une moyenne simple de 20 % en 2000 à 13 % en 2007, une réduction inégalée par les autres régions pour cette période. Cependant, les barrières non tarifaires sont encore bien présentes et la performance logistique du commerce qui reflète la qualité des douanes, des agencements portuaires et du transport est encore insuffisante. Les réformes du climat des affaires. Malgré des améliorations visibles dans le climat des affaires de certains pays (notamment l’Egypte et l’Arabie saoudite), la région n’a pas globalement suivi le rythme des réformes du climat des affaires réalisées ailleurs. En termes d’efforts de réforme, la région se classe dans le dernier tiers mondial (29ème percentile). Les réformes de la gouvernance. Les progrès relatifs à la gouvernance sont mitigés D’un côté, la qualité de l’administration publique reste relativement élevée dans la région MENA, supérieure à celle de l’Asie de l’Est, l’Amérique latine, l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne. D’un autre côté, la qualité de la responsabilisation publique reste très basse dans la région MENA, inférieure à celle de toutes les autres régions du monde. Cependant, en termes d’efforts de réforme consacrés à l’amélioration de la responsabilité, la région MENA se classe au 67ème percentile, au-dessus de toutes les autres régions. Ce dernier résultat reflète un ensemble d’améliorations visant à lutter contre la corruption, à traiter les faiblesses du système judiciaire, à améliorer les droits à la propriété et à simplifier la bureaucratie, en particulier dans les pays du CCG. Quelles sont les prévisions pour les années à venir à la lumière du contexte mondial actuel ?
Une croissance moyenne de 5,6 % est prévue pour les trois années à venir. Les prix du pétrole resteront élevés, avec pour conséquence de gros investissements domestiques et étrangers, ainsi que des envois de fonds. Il est également prévu que le prix des denrées alimentaires reste élevé. Etant donné que la plupart des pays de la région subventionnent les denrées alimentaires et l’énergie, des pressions fiscales se feront ressentir dans un grand nombre d’entre eux. Cependant, ces pressions ne devraient pas étouffer la croissance économique qui continuera à être dominée par de gros investissements. La turbulence financière mondiale et un ralentissement possible de la croissance dans les pays de l’OCDE seront vraisemblablement compensés par des dépenses robustes permanentes au sein des pays exportateurs de pétrole et par l’expansion florissante de la Chine et de l’Inde. |