Apporter des solutions au problème du manque d´eau dans la région MENA

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  • Dans la moitiĂ© environ des pays du Moyen-Orient et d´Afrique du Nord (rĂ©gion MENA), la consommation d´eau est supĂ©rieure au volume des prĂ©cipitations
  • On estime que la quantitĂ© d´eau disponible pour chaque individu dans la rĂ©gion MENA aura diminuĂ© de moitiĂ© d´ici 2050
  • Dans la rĂ©gion MENA, 85 % de l´eau sert Ă  l´irrigation

15 août 2008 — La région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) est celle où la disponibilité en eau est la plus faible du monde, cette dernière ayant baissé fortement au cours des dernières années. « Les estimations actuelles reposent sur les tendances constantes de la pluviosité. Pourtant, en raison du changement climatique, les prévisions au niveau mondial indiquent une chute des précipitations de 20 à 40 % et une augmentation des températures (ce qui signifie une croissance de l’évaporation) », a indiqué Julia Bucknall, Spécialiste en chef de la gestion des ressources. Elle a ajouté : « Sur la base de ces indicateurs disponibles, on verra une bien plus grande partie de la population de la région MENA essayer de vivre avec une bien plus petite quantité d’eau ».

L’impact de la pénurie d’eau sur la production alimentaire

C’est la production alimentaire qui subit les conséquences les plus graves de l’insuffisance d’eau. Dans la région MENA, 85 % de l’eau est utilisée pour l’irrigation. Face à la croissance de la population et à celle de ses besoins d’eau, il ne sera possible de répondre à cette demande qu’en diminuant la consommation d’eau du secteur agricole. Certes il est possible d’adopter des mesures d’irrigation plus efficientes, mais il n’y aura pas d’autre moyen que de réduire les quantités d’eau utilisées dans l’agriculture dans de nombreux endroits de la région. C’est une mesure très difficile au niveau politique et institutionnel.

Face à la diminution des ressources en eau souterraine disponibles pour le secteur agricole, la région deviendra de plus en plus dépendante de l’importation de produits alimentaires. Ce scénario paraît tolérable, mais lorsqu’une région dépend de plus en plus des importations, ceci entraîne des risques économiques, et les conséquences de la volatilité sur une région comme celle du MENA ne doivent pas être sous-estimées. Cette région importe déjà 50 % de ses céréales et, comme nous l’avons observé dernièrement, l’augmentation du prix de ces dernières a un impact important sur les consommateurs de la région MENA. Ainsi, la volatilité des prix des produits alimentaires sera ressentie dans la région et pourrait entraîner des conséquences politiques.

Les interventions de la Banque mondiale pour répondre à la crise de l’eau dans la région MENA

La Banque dispose d’une série de projets innovants afin d’aider ces pays à gérer leurs difficultés dans le domaine de l’eau. L’objectif principal aujourd’hui est de les encourager à réduire leur consommation afin qu’elle corresponde au niveau de précipitation moyen actuel et futur.

Lancement du Conseil arabe de l’eau comme centre d’excellence

Le département de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord a créé un nouveau partenariat avec la Banque islamique de développement (a), le Conseil arabe de l’eau (ar), l’Agence environnementale d’Abu-Dhabi et l’USAID, pour le lancement de l’Académie arabe de l’eau, un centre d’excellence destiné à faire face à l’une des principales questions prioritaires auxquelles sont confrontées aujourd’hui les sociétés du monde arabe. L’Académie est organisée conjointement par l’Agence environnementale d’Abu-Dhabi (EAD) (a) et le Centre international pour l’agriculture biosaline (ICBA) (a).
Le monde arabe est confronté aujourd’hui aux plus graves difficultés liées à l’eau rencontrées au niveau mondial. « Ces pays disposent également, et sans exagérer, d’ingénieurs parmi les meilleurs du monde, capables de relever les défis techniques qu’impose cette situation », a indiqué Julia Bucknall, Chef du groupe de travail sur cette initiative. « Cependant, nous prenons de plus en plus conscience que les défis ne sont pas simplement techniques. Ils sont également économiques, politiques, sociaux et financiers », a-t-elle précisé.
La Banque mondiale coopérera avec les autres institutions appuyant ce partenariat innovant afin de créer l’expertise et les capacités nécessaires dans un certain nombre de domaines, y compris ceux de l’économie de l’eau, la gestion intégrée des ressources en eau, la sécurité et la gestion durable de l’eau, la gouvernance et la mise en œuvre des politiques.

Ce qu’en pensent nos partenaires...
« Nous travaillerons avec nos partenaires afin d’assurer que ce centre d’excellence diffuse des connaissances et expertises de niveau international et réponde aux questions et défis auxquels de nombreux dirigeants font face dans le secteur de l’eau. La réunion des pays arabes dans ce forum montre le besoin et l’engagement requis pour assurer le succès de notre mission », a indiqué HE Majid Al Mansouri, Secrétaire général de l’Agence environnementale d’Abu-Dhabi.
« Pour les pays arabes du Nord ou du Sud, ce centre d’excellence représente un nouvel élan nécessaire pour faire progresser nos économies et développer nos connaissances. Le défi posé par l’eau auquel font face les sociétés arabes est une menace pour le présent et pour l’avenir. C’est le moment de prendre les mesures nécessaires », a précisé Fawzi Al Sultan, Président du Centre international pour l’agriculture biosaline.
« Cette Académie n’est pas une école, elle n’enseignera pas aux participants la gestion de l’eau. C’est un centre d’excellence offrant une formation continue destinée aux professionnels du secteur de l’eau afin qu’ils obtiennent une vision pluridisciplinaire. L’idée est également que les experts d’autres disciplines acquièrent davantage de connaissances dans le domaine de l’eau. Cette plate-forme contribuera au façonnement des institutions et des mentalités nécessaires à la gestion de l’eau dans notre région », a précisé Mahmoud Abu Zeid, président du Conseil arabe de l’eau
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La banque aide actuellement les gouvernements de plusieurs pays de la région à investir pour moderniser leurs systèmes d’irrigation, pour améliorer leur approvisionnement en eau et pour renforcer la qualité de cette dernière par la récupération et le traitement des eaux usées. Elle les aide également à mieux gérer leurs nappes phréatiques et apporte son soutien aux politiques et institutions liées aux questions de l’eau. La Banque associe de plus en plus les investissements physiques aux améliorations de la gestion de l’eau. Pour ce faire, elle favorise les systèmes qui aident les pays à « comptabiliser leur eau » de la même manière qu’ils procéderaient à une comptabilité financière. Les pays doivent disposer d’un moyen de prévoir si leurs ressources seront disponibles. Afin d’atteindre cet objectif, la Banque favorise l’utilisation de technologies de télédétection pour déterminer l’utilisation des ressources en eau au cours de différentes périodes de temps. En liant ces données à des modèles existants et à des données existant déjà dans des systèmes de surveillance du sol, on pourra prévoir de manière plus précise quelle mesure adopter au niveau local pour faire face à de futurs chocs climatiques, pour estimer les niveaux des ruissellements potentiels, et pour déterminer les rendements des eaux souterraines.

En plus de travailler au niveau des pays et des bassins hydrographiques individuels, la Banque aide les pays à collaborer et à partager leurs informations, connaissances et expériences. Le Conseil arabe de l’eau (ar) constitue un des mécanismes employés pour ce faire et il est donc soutenu par la Banque. Les ministres en charge des questions relatives à l’eau de toute la région sont membres de ce Conseil. Ils peuvent y partager leurs expériences, connaissances et données, et coordonner des actions au niveau régional. Le Conseil travaille actuellement au développement d’un ensemble de données communes pour les tous les pays du Monde arabe qui permettra de suivre, sur une base régulièrement mise à jour, la quantité d’eau disponible, l’emplacement des ressources en eau et comment celle-ci est utilisée.

La Banque a récemment financé la création de l’Académie arabe de l’eau (a), lancée au cours de l’été 2008 à Doubaï. Au sein de cette institution, les hauts responsables des pays arabes travaillant dans le secteur de l’eau mais également issus d’autres secteurs, apprendront les meilleures pratiques internationales dans ce domaine. L’Académie sera un forum permettant d’analyser la manière de favoriser le changement au sein de chacun des pays. Son programme destiné aux professionnels en milieu de carrière est un moyen d’encourager les progrès du secteur de l’eau de la région.

Planifier l’avenir

L’histoire enseigne que les populations s’adaptent à la pénurie d’eau, et celles de la région MENA trouveront le moyen de vivre dans ce nouveau contexte. Reste à savoir si cette adaptation va se réaliser de manière planifiée, en limitant l’impact sur les populations pauvres, ou si elle se fera suite à des chocs successifs. On peut espérer que les pays de la région prendront des mesures proactives, mais il leur reste encore beaucoup à accomplir.




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