Moyen-Orient et Afrique du Nord : Des possibilités existent d’établir une nouvelle donne sur le plan économique

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No du communiqué de presse:2011/501/MNA

 

Des perspectives de croissance solidaire s’offrent aux pays de la région

 

Washington, le 24 mai 2011 - Pour l’ensemble des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), les possibilités qui s’offrent aujourd’hui de parvenir à un plus grand degré d’ouverture et de participation des citoyens sont sans précédent et, s’ils font en sorte de bien gérer cette donne dans les phases de transition à venir, cela pourrait donner un sérieux coup de pouce à leurs économies en termes de croissance et de niveaux de vie à moyen terme.

 

Telle est l’analyse présentée aujourd’hui par la Banque mondiale dans la dernière édition de ses Perspectives économiques régionales, sous-titrées « Enjeux et opportunités pour la Région MENA ».

Dans ce rapport, la Banque fait observer que les perturbations économiques actuellement subies par beaucoup de ces pays se traduisent par un fléchissement de la croissance à court terme (ce qui l’a amenée à revoir à la baisse ses prévisions pour 2011, de 5 % à 3,6 %), mais que les opportunités qui se présentent à moyen terme laissent espérer de nouveau un type de développement solidaire et durable encore jamais vu dans cette région.

 

« L’expérience réussie des pays qui ont subi des changements politiques implique que les perturbations à court terme du développement économique et des tensions sociales sont inévitables » a déclaré Shamshad Akhtar, vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région MENA. « Cependant, la transition permet aux pays de se séparer du passé et prendre une nouvelle direction. Une première commande de priorité est de restaurer la confiance des investisseurs publics et privés qui exige, dans la région MENA, le respect et la dignité des citoyens grâce à des politiques sociales inclusives, à un changement fondamental dans les cadres de la gouvernance et au rétablissement rapide de la stabilité macroéconomique. »

 

Selon le rapport, les économies de la région avaient en grande partie surmonté les effets de la crise financière mondiale à la fin de 2010, et l’on s’attendait à ce qu’elles retrouvent en 2011 leurs taux de croissance d’avant la crise. Mais les événements de ce début d’année, qui ont abouti à des changements rapides de régimes en Tunisie et en Égypte et continuent de poser des problèmes au Bahreïn, en Libye, en Syrie et au Yémen, ont affecté les perspectives macroéconomiques à court terme, ainsi que l’état et le rythme des réformes économiques en cours dans la région.

 

« Les effets des réformes ont tendance à suivre une courbe en forme de J, c’est-à-dire qu’il y a aggravation avant que les choses s’améliorent. Si l’on prend le cas d’autres pays qui ont réussi cette transition, on observe une baisse initiale de 3 à 4% durant la première année, mais une reprise rapide ensuite » selon Caroline Freund, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région MENA.

 

« Ce qui est aussi encourageant, c’est que les pays en question ont vu des progrès sensibles et rapides en matière de voix et de responsabilité, certains des éléments mêmes qui sous-tendent les soulèvements dans les pays MENA. Nous devons tirer les leçons des phases de transition réussies qu’offre l’histoire et gérer soigneusement le fléchissement à moyen terme, et c’est sur cela que nous concentrons au mieux nos efforts à l’heure actuelle. Les problèmes ne manquent certes pas, mais les opportunités l’emportent. »

 

Selon Freund, un meilleur état de droit encouragera la concurrence et une situation politique stable attirera les investissements, favorisant une croissance plus rapide et de nature durable. De la même façon, le fait pour la société civile d’avoir davantage voix au chapitre empêchera les inégalités dans la façon dont les réglementations sont appliquées, et pourra entraîner une croissance plus solidaire. Les exemples fournis par d’autres pays du monde qui ont fait cette transition vers la démocratie confirment que les avantages à en attendre sur le plan économique peuvent être appréciables. En règle générale, les transitions réussies s’accompagnent d’une plus grande progression du niveau de revenu dans les dix années qui suivent ce changement qu’au cours des dix années précédentes. Mais c’est le court terme qui présente des difficultés : le plus souvent, les investisseurs attendent que la situation d’incertitude soit réglée, et l’investissement s’en trouvera inévitablement retardé. Cela dit, les signes de stabilité et de réforme ne tarderont pas à être récompensés ; les éléments d’appréciation recueillis dans d’autres pays montrent que le fléchissement de l’activité économique dure normalement un an, et que la croissance prend rapidement de l’élan si la transition est gérée comme il faut.

 

La révision à la baisse du taux de croissance pour 2011 dont fait état le rapport — 3,6 %, au lieu du chiffre de 5 % projeté il y a quelques mois — tient en grande partie au fort ralentissement de l’activité économique en Égypte et en Tunisie, mais aussi à un fléchissement de la croissance dans les pays en développement exportateurs de pétrole de la région. Les pays du Conseil de coopération du Golfe maintiendront quant à eux des taux de croissance soutenus, qui sont censés dépasser 5 %. Les profondes disparités que présentent les perspectives de croissance d’un pays à l’autre sont en grande partie liées à la question de savoir si le pays considéré est exportateur ou importateur de pétrole, et dans quelle mesure son activité économique a été perturbée par les troubles et les changements politiques actuels.

 

Le rapport laisse par ailleurs envisager une hausse des dépenses publiques en 2011, les pays s’employant à renforcer leurs politiques de soutien et leurs programmes de transferts sociaux pour réduire le fardeau du chômage et contrer la hausse des prix des produits de base. C’est en partie pour cette raison, mais aussi du fait des hausses de prix des produits alimentaires et des carburants, qu’une augmentation des taux d’inflation est prévue en 2011 dans beaucoup de pays de la région.

 

« L’expansion des mesures sociales en période d’incertitude est compréhensible, dans l’optique de protéger les plus vulnérables et d’aider à maintenir l’appui en faveur des réformes », a estimé à cet égard Elena Ianchovichina, économiste principale à la Banque et auteur du rapport. «Cependant, il est important que ces mesures servent à venir compléter les réformes nécessaires et soient ciblées de manière efficace sur les plus pauvres et les plus nécessiteux. »

 

Le rapport considère une situation d’instabilité prolongée, sous l’effet d’attentes politiques et sociales insatisfaites et d’un manque de clarté en ce qui concerne les processus de transition politique en cours, comme étant le risque le plus sérieux pesant sur les perspectives de croissance à court terme de la région.

 

Un autre aspect sur lequel se penche le rapport est l’effet que la hausse des prix des produits de base a sur les pays de la région MENA. Les incidences varient dans chaque cas et sont déterminés par le degré de dépendance du pays considéré vis-à-vis des importations de produits alimentaires et de pétrole, ainsi que par le degré de répercussion de la hausse des prix internationaux sur les prix intérieurs. La région compte certes de grands pays exportateurs de pétrole auxquels la flambée des prix pétroliers profite, mais elle comprend aussi un certain nombre de pays qui sont tributaires des importations de pétrole. Surtout, dans la mesure où la plupart de ses pays sont très tributaires des produits alimentaires importés (céréales, huiles et sucre, en particulier), les risques qui se posent à eux en cas de hausses de prix supplémentaires sont un surcroît de malnutrition, une augmentation de leur facture d’importation et de leur inflation et, pour ceux qui subventionnent les produits alimentaires, une aggravation de leur solde budgétaire. Le rapport présente par ailleurs de nouvelles estimations quant à la répercussion des hausses des prix internationaux des produits alimentaires sur les prix intérieurs pour les différents pays de la région.

 

« La sécurité alimentaire est, et continuera d’être, un important problème pour les pays arabes », a souligné Julian Lampietti, spécialiste principal de ce dossier pour la Région MENA. « Ce n’est pas maintenant qu’il faut relâcher son attention à cet égard, alors que les stocks mondiaux de blé sont bas et que le monde arabe importe un tiers du volume de blé échangé dans le monde. »

 

Selon lui, on a largement la possibilité de tempérer l’instabilité des prix alimentaires dans la région, moyennant des investissements au niveau de l’infrastructure et sur le plan logistique. Il a cité à cet égard des travaux d’analyse en cours qui montrent, exemples à l’appui, qu’il existe des moyens de gérer la vulnérabilité aux flambées des prix et d’assurer dans le même temps l’approvisionnement voulu en aliments essentiels. 

 

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