Défi
Beyrouth se situe au cœur de l’économie libanaise — laquelle repose sur les services — et abrite un tiers de la population du pays. La ville et la grande région métropolitaine souffrent d’un sérieux encombrement des voies de circulation, dont les conséquences sont des pertes de productivité et une détérioration de la qualité de l’air. Ce problème est accentué par le fait que les citadins ont fortement recours aux véhicules particuliers : 83 % des 2 millions de déplacements motorisés effectués chaque jour se font en voiture et les 17 % restants seulement utilisent les transports publics. Le Grand Beyrouth pâtit aussi de l’absence d’une police chargée du contrôle de l’application des règles de circulation et de stationnement, ainsi que de la fragmentation et de l’inorganisation du système de transport public.
Démarche
L’objectif principal du projet de développement du transport urbain est de fournir à la ville de Beyrouth et à la région du Grand Beyrouth un cadre institutionnel de base et les ressources d’investissements essentiels dont elle a besoin pour assurer une efficacité maximale de l’infrastructure de transport urbain existante. L’élément central du cadre institutionnel est la création de l’Organisation de gestion du trafic (TMO), qui est complétée par la construction d’un Centre de gestion du trafic (TMC). Les investissements essentiels comprennent la mise en place de 19 croisements dénivelés à des intersections extrêmement encombrées le long de sept axes principaux du Grand Beyrouth.
La stratégie adoptée en 2003 au moment du lancement du projet consistait, sur le court et moyen terme, à remédier aux besoins essentiels et à préparer la mise en place d’un système de transport efficient pour le Grand Beyrouth, et, sur le long terme, à concevoir un système de transport public intégré et à achever l’infrastructure du réseau de transport (soit principalement le périphérique).
Résultats
Le projet a produit les résultats suivants:
- Mise en place d’un système efficace de contrôle et de gestion du trafic sur l’ensemble du Grand Beyrouth : le Centre de gestion du trafic (TMC) a été achevé, pourvu en personnel, fourni en équipements et est désormais opérationnel. Des caméras de télévision à circuit fermé (CCTV) ont été installées et 200 intersections ont été équipées de feux de signalisation, tous connectés au TMC.
- Construction d’équipements d’infrastructure essentiels sur les axes principaux : 10 croisements dénivelés ont été réalisés et ouverts à la circulation, 3 carrefours sont en cours de construction et 2 autres font l’objet d’adjudication au 30 octobre 2011.
- Gestion efficace des places de stationnement sur la voie publique : les recettes moyennes journalières générées par chaque parcmètre installé dans le cadre du projet ont atteint 50 000 livres libanaises en 2011 (contre 0 en 2007) tandis que 735 horodateurs ont été installés et mis en exploitation par un opérateur privé.
- Réduction de 30 % des violations des règles de stationnement dans des zones critiques en termes de fluidité de la circulation entre 2008 et 2011.
- Fourniture d’une assistance technique à la planification des transports et au développement du transport public : réalisation d’une étude pour la revitalisation des transports, d’une note stratégique sur le système de transport public urbain dans le Grand Beyrouth et d’une étude consacrée à des modes de transport alternatifs sur l’un des axes principaux de l’agglomération.
Bénéficiaires
Les bénéficiaires du projet sont les 1,3 million d’habitants du Grand Beyrouth. Ces derniers vont en effet bénéficier de la réduction de la durée des déplacements et de la pollution de l’air et des nuisances sonores grâce à la réduction des encombrements, ainsi que de conditions de stationnement plus sûres et plus aisées avec l’amélioration de la gestion du trafic.
Contribution de la Banque mondiale
En 2002, le coût estimatif du projet s’élevait à 115,17 millions de dollars, dont un montant de 65 millions de dollars a été financé par la Banque mondiale. Le plan de financement du projet comportait un déficit qui devait être comblé par les partenaires de développement. L’aide attendue ayant fait défaut, et compte tenu des dépassements de coûts, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a dû fournir un financement additionnel de 69,7 millions de dollars en 2009. La Banque fournit par conséquent une contribution de 134,7 millions de dollars au coût total du projet qui s’élève à 231,1 millions de dollars.
Partenaires
L’organisme d’exécution est le Conseil pour le développement et la reconstruction. Le projet est appuyé par la Banque mondiale et par d’autres organismes de financement, parmi lesquels figurent la Banque européenne d’investissement, le Fonds arabe de développement économique et social, le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe et la Banque islamique de développement. Le coût total du projet s’élève à 231,1 millions de dollars, dont une part de 134,7 millions de dollars (comprenant le prêt initial et le financement additionnel) est financée par la Banque, 26,9 millions de dollars par le gouvernement et 69,5 millions de dollars par les autres organismes de financement.
Perspectives
Les étapes à venir sont les suivantes : lancement du contrat d’exploitation et d’entretien prévu sur trois ans pour assurer le fonctionnement efficace du système de gestion du trafic ; mise en œuvre du plan d’action relatif à la police de la circulation (réorganisation, dotation en effectifs suffisants et formation) pour le contrôle effectif de l’application des règles de circulation et de stationnement ; réalisation des études préparatoires pour la mise en place d’un système de transport public intégré. Après l’élaboration d’un plan d’action pour la mise en place d’un système de transport public intégré à Beyrouth — le TransBeyrouth — il s’agit à présent de préparer un projet sur le transport public urbain pour le Grand Beyrouth, d’arrêter son plan de financement et de démarrer sa mise en œuvre.



