Contexte Au cœur d’une région traversée par une vague de changement historique, l’Algérie est confrontée en 2011 à deux principaux défis : l’envolée des prix des denrées alimentaires et le taux élevé du chômage. Sur le premier front, le gouvernement algérien a adopté un certain nombre de mesures visant à atténuer la montée des prix à la consommation. Il a notamment plafonné les prix du sucre, du pétrole et du blé, certaines de ces mesures ne restant en vigueur qu’entre le 1er janvier 2011 et le 31 août 2011. Parmi les mesures d’urgence figurent des abattements fiscaux tels que la levée du droit d’importation de 5 % et de la TVA de 17 % sur les produits alimentaires de base. Par ailleurs, le gouvernement a suspendu la taxe de 19 % sur les bénéfices des sociétés pour les activités de production et la taxe de 25 % pour les activités de distribution. Sur le front du chômage, malgré une diminution continue depuis 2000 — de 29 % à 15,3 % en 2005 et 10,2 % à la fin 2009 —, le chômage des femmes et des jeunes reste actuellement élevé à 21 %. Par ailleurs, le décalage entre les débouchés offerts par le marché du travail et l’offre de compétences sont une source de mécontentement grandissant au sein de la jeunesse instruite. Les autorités ont mis en place des mesures pour s’attaquer au problème en créant des emplois dans le secteur agricole et en finançant des travaux publics. Quelque 100 000 nouvelles exploitations de tailles variées ont été créées à moyen terme en vue de créer près de 300 000 emplois. Dans le cadre du plan de développement quinquennal, les activités de construction de logements et d’infrastructures publiques devraient créer jusqu’à 2,5 millions d’emplois nouveaux. En outre, les autorités consacrent actuellement 3 milliards de dollars à la création et au financement de petites et moyennes entreprises, industries et micro-entreprises. En 2010, pour la deuxième fois en dix ans, l’Algérie a enregistré un déficit budgétaire qui s’est élevé à 3,9 % du PIB. Cependant, le pays possède des ressources importantes pour financer son déficit et sa politique budgétaire restera expansionniste en 2010-2014. Les principaux postes de dépenses comprennent l’investissement public (39,2 % du montant total des dépenses et 16,6 % du PIB), la masse salariale (26,8 % du montant total des dépenses et 11,3 % du PIB) et les transferts courants, avec une part non négligeable consacrée aux transferts sociaux et aux subventions (27 % du montant total des dépenses et 11,4 % du PIB). Les perspectives à moyen terme demeurent positives, même si le pays doit encore relever le défi de la réduction des disparités économiques et géographiques et celui de la création d’emplois pour une population active de plus en plus jeune et instruite. L’économie algérienne, qui dépend en outre de la stabilité des cours des hydrocarbures, est liée à l’accès à des services de base de qualité et au développement de l’infrastructure. Ces réformes structurelles aideront à renforcer la croissance dans le secteur hors hydrocarbures et à diversifier l’économie. L’Algérie progresse régulièrement vers la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire. Le pays a réalisé des avancées notables sur la voie de la réduction de la pauvreté et de l’accès à l’éducation pour tous. Des améliorations ont été également enregistrées dans le secteur de la santé et dans la réduction de la propagation du VIH/SIDA. Si des progrès ont également été accomplis vers l’égalité hommes-femmes, l’Algérie est encore à la traîne par rapport à d’autres pays à revenu intermédiaire sur le plan de la participation féminine à la vie économique et politique. L’Algérie continue par ailleurs d’être faiblement classée dans l’indice de développement humain des Nations unies (104e sur 182 pays), qui évalue la capacité d’une personne de développer pleinement son potentiel et de mener une vie productive et créative conforme à ses besoins et ses centres d’intérêt. Stratégie À la suite de la décision du gouvernement algérien de s’abstenir rigoureusement de recourir à tout financement extérieur, les activités de la Banque consistent depuis 2005 dans la réalisation de travaux d’analyse et la fourniture d’une assistance technique remboursable. Le dernier projet financé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) en Algérie a été clôturé en février 2009. La stratégie de la Banque mondiale va porter à l’avenir sur trois domaines d’intervention principaux : - le renforcement de la croissance grâce à la diversification de l'économie : il s’agira d’appuyer la stratégie de développement agricole et rural, d’améliorer le climat de l’investissement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises, et de moderniser les secteurs financier et bancaire ;
- la promotion d’un développement durable et la réduction des disparités géographiques : il s’agira d’une part de fournir une assistance et un appui techniques à la mise en œuvre des initiatives et programmes publics de protection de l’environnement et, d’autre part, d’aider à la création de pôles de compétitivité ou à la mise en place de projets d’écotourisme ;
- le renforcement des institutions chargées de la planification, du contrôle, de l'évaluation et de l'élaboration des politiques économiques : il s’agira de fournir un appui technique destiné à renforcer les capacités en la matière de différents secteurs de l’administration publique.
La Société financière internationale (IFC) dispose d’effectifs importants dans son antenne d’Alger, qu’elle partage avec la Banque mondiale. L’exercice 2010 a été marqué par une baisse de son portefeuille d’engagements en Algérie, à la suite de la clôture de deux projets. Ce portefeuille est actuellement composé de plusieurs prises de participation et d’un prêt dans le secteur financier et la cimenterie. Au cours de l’exercice 2009, l’IFC avait engagé des montants sans précédent en Algérie, avec un investissement de 50 millions de dollars dans la compagnie ASEC-Algérie pour un projet de cimenterie et une garantie de 10 millions de dollars destinée à une société de crédit-bail — l’IFC a joué un rôle déterminant dans la constitution de la première société de crédit-bail dans le pays. Au cours de l’exercice 2008, l'IFC avait pris une participation de 15 millions de dollars dans une nouvelle banque commerciale axée sur le financement immobilier et les services bancaires pour les micros, petites et moyennes entreprises. En outre, l'IFC a investi 20 millions de dollars dans deux fonds de participation privés ciblant les petites et moyennes entreprises (PME) en Algérie et dans la région du Maghreb. Par ailleurs, l’IFC a mis en œuvre un programme de services de conseil dans les domaines suivants : liens agricoles ; simplification des procédures de création d’entreprises ; renforcement des capacités et formation des associations professionnelles ; renforcement des capacités des exportateurs ; mise en place d'un guide pour les PME ; assistance technique directe dans la gestion des risques ; et financement des PME. Un projet conjoint Banque mondiale–IFC fournit également une assistance en matière de gouvernance des entreprises. Partenaires La Banque mondiale consulte régulièrement les organismes publics, le secteur privé, la société civile et les autres partenaires de développement sur leur programme en Algérie. Avril 2011 Tous les montants en dollars sont des équivalences en dollars U.S. Pour toute information, veuillez contacter : À Washington Dale Lautenbach, dlautenbach@worldbank.org |