L' Afrique fait des progrès en matière d'amélioration de la gouvernance et de lutte contre la corruption

Disponible en: English

Contacts :
A Washington :

Sunetra Puri, (1-202)473-7660
Spuri1@worldbank.org
ARabat :
Najat Yamouri, (212-37) 63 60 50
nyamouri@worldbank.org

Rabat, 12 juillet 2007 - Le rapport Governance Matters, 2007: Worldwide Governance Indicators 1996-2006 (Les problèmes de gouvernance, 2007: Indicateurs de gouvernance dans Ie monde pour la période 1996-2006) publié le 10 Juillet 2007 par l'Institut de la Banque mondiale et la Vice-présidence de la Banque mondiale en charge de l'économie du développement, montre qu'un certain nombre de pays - y compris en Afrique - font des progrès en matière d'amélioration de la gouvernance et de lutte contre la corruption. Ce constat est encourageant car la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption sont essentielles pour une croissance durable et la réduction de la pauvreté.

Selon Daniel Kaufmann, co-auteur du rapport et Directeur du programme Gouvernance à l'Institut de la Banque mondiale, « on note avec intérêt qu'un nombre important de pays, y compris en Afrique, montre qu'il est possible de faire des progrès significatifs en matière de gouvernance en un laps de temps relativement court. Cette amélioration de la gouvernance est essentielle pour assurer l'efficacité de l'aide et une croissance àlong terme. [...] La corruption à l'échelle internationale est estimée a environ mille milliards de dollars EU, et le fardeau de la corruption pèse énormément sur le milliard de personnes au bas de l'échelle qui vivent dans une extrême pauvreté

Ce rapport, qui a pour auteurs Daniel Kaufmann, Aart Kraay et Massimo Mastruzzi de la Banque mondiale, se base sur des recherches menées au cours de la dernière décennie sur l'importance de la gouvernance et son impact sur le développement.

La bonne gouvernance est également importante pour d'autres aspects du développement humain tels que la mortalité infantile, l'analphabétisme et les inégalités. On a aussi constaté qu'elle accroit considérablement l'efficacité de l'aide au développement en général, et des projets financés par la Banque mondiale en particulier.

II est donc important pour le programme de gouvernance de mesurer les performances des pays en la matière, et leur amélioration au fil du temps. Or, cela représente aussi un défi complexe, étant donné que la gouvernance comporte plusieurs dimensions, dont chacune présente des difficultés d'évaluation. Le projet d'indicateurs de gouvernance dans le monde montre qu'il est possible de relever ce défi.

Le rapport de cette année est l'aboutissement d'une longue décennie de travail des chercheurs pour élaborer et mettre à jour le jeu le plus complet d'indicateurs de gouvernance pour tous les pays actuellement à la disposition du public. Cet ensemble d'indicateurs, ainsi que leurs sources de données, sont disponibles sur un site web récemment restructuré, www.govindicators.org. Ces indicateurs couvrent 212 pays et territoires et sont basés sur 33 sources de données différentes pour saisir les points de vue de dizaines de milliers de personnes interrogées dans le monde entier au cours de l'enquête, et de milliers d'experts des secteurs privé, public et des ONG.

Le rapport montre que certains pays africains font des progrès considérables sur la voie de la bonne gouvernance. Entre 1998 et 2006, le Kenya, le Niger et la Sierra Leone ont montré des améliorations notables sur la dimension Voix citoyenne et responsabilité, alors que l'Algérie et le Liberia renfonçaient leur Etat de droit. Des pays tels que l'Algérie, l'Angola, la Libye, le Rwanda et la Sierra Leone ont enregistré des avancées en matière de stabilité politique, et la Tanzanie a amélioré ses performances dans le domaine de la lutte contre la corruption.

Toutefois, le rapport démontre aussi que d'autres pays africains continuent de faire face à d'énormes problèmes de gouvernance et de développement. Des économies émergentes soutiennent la concurrence avec les pays riches sur des aspects de gouvernance. Plus d'une dizaine de pays en développement dont la Slovénie, le Chili, le Botswana, l'Estonie, l'Uruguay, la République tchèque, la Lettonie, la Lituanie et le Costa Rica, ont enregistré des notes plus élevées dans des aspects des de la gouvernance que des pays industrialisés tels que la Grèce ou l'Italie.

Améliorer la gouvernance aide à combattre la pauvreté et à améliorer les conditions de vie : Dix années de recherche ont montré que l'amélioration des conditions de vie résulte en grande partie d'une meilleure gouvernance, et non l'inverse. L’amélioration de la gouvernance par un écart type entraine une baisse de deux tiers de la mortalité infantile et une augmentation à long terme du revenu d'environ 300%. Une telle amélioration est possible puisqu'il s'agit juste d'une petite différence entre les meilleurs et les plus mauvais élèves. Par exemple, concernant l'Etat de droit, un écart type est tout ce qui sépare la très mauvaise note de la Somalie de celle de la Cote d'Ivoire, ou cette dernière de celle d'El Salvador, ou El Salvador de l'Italie ou du Botswana, et le Botswana du Royaume uni.

Là où des réformes sont engagées, la gouvernance peut être améliorée assez rapidement. Bien que cela ne soit pas la norme, depuis 2002, un certain nombre de pays ont fait des progrès considérables en un très bref laps de temps de cinq ans, à l'instar de l'Ukraine, du Kenya et du Liberia dans la composante Voix citoyenne et responsabilité; et de l'Angola et l'Algérie en matière de stabilité politique.

En moyenne, la qualité de la gouvernance dans le monde entier ne s'est pas véritablement améliorée au cours de la dernière décennie, en dépit des avancées observées au niveau des pays. Si certains pays ont enregistre de bons résultats, d'autres, en nombre égal, ont vu leurs performances se dégrader sur plusieurs aspects, a l'instar du Zimbabwe, de la Cote d'Ivoire, du Belarus et du Venezuela. D'autres, plus nombreux encore, n'ont montre aucun changement significatif de la qualité de leur gouvernance.

Ce rapport contient la sixième mise à jour des Indicateurs de gouvernance dans le monde et est l'aboutissement du travail effectué au cours de la dernière décennie pour élaborer des mesures fondées sur des données probantes en vue d'aider les acteurs du développement a contrôler la qualité des institutions, soutenir le renforcement des capacités, améliorer la gouvernance et combattre la corruption.

Les indicateurs de gouvernance dans le monde mesurent les six composantes suivantes de la bonne gouvernance :

1. Voix citoyenne et responsabilité - mesure la manière dont les citoyens d'un pays participent à la sélection de leurs gouvernants, ainsi que la liberté d'expression, d'association et de presse.

2. Stabilité polit que et absence de violence - mesure la perception de la probabilité d'une déstabilisation ou d'un renversement de gouvernement par des moyens inconstitutionnels ou violents, y compris le terrorisme

3. Efficacité des pouvoirs publics - mesure la qualité des services publics, les performances de la fonction publique et son niveau d'indépendance vis-à-vis des pressions politiques, la qualité de l'élaboration et de l'application des politiques, et la crédibilité de l'engagement des pouvoirs publics à l'égard de ces politiques

4. Qualité de la réglementation - mesure la capacité des pouvoirs publics a élaborer et appliquer de bonnes politiques et réglementations favorables au développement du secteur prive

5. Etat de droit - mesure le degré de confiance qu'ont les citoyens dans les règles conçues par la société et la manière dont ils s'y conforment et, en particulier, le respect des contrats, les compétences de la police et des tribunaux, ainsi que la perception de la criminalité et de la violence

6. Maitrise de la corruption - mesure l'utilisation des pouvoirs publics a des fins d'enrichissement personnel, y compris la grande et la petite corruption, ainsi que « la prise en otage » de l'Etat par les élites et les intérêts privés.

D'après Aart Kraay, économiste principal du Groupe de recherche pour le développement de la Banque mondiale et co-auteur du rapport, « mesurer lagouvernance présente des défis singuliers. La gouvernance est complexe et comporte de nombreux aspects distincts, et un seul indicateur ne peut permettre d'apprécier pleinement les performances d'un pays en la matière. [...] D'ou la nécessité d'utiliser toute la  variété de sources de données disponibles actuellement sur la gouvernance. Les Indicateurs de gouvernance dans le monde sont une manière de  synthétiser cette mine d'informations, sur la base des expériences et des contributions d'acteurs du monde entier. »

###

Pour plus d'information, lisez l'article principal consacré au sujet

La version intégrale du rapport, la synthèse des principaux résultats et l'ensemble des données sur les nouveaux indicateurs sont publiés à l'adresse :
www.govindicators.org

Visitez aussi le site général sur la gouvernance :
www.worldbank.org/wbi/governance

 

Les indicateurs de gouvernance dans le monde ne reflètent pas la position officielle de la Banque mondiale, son Conseil d’administration, ou les pays qu'ils représentent. Ces indicateurs ne sont pas utilisés par le Groupe de la Banque mondiale pour l'allocation des fonds ou pour toute autre raison officielle.


 




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/CJY7V369X0