La migration au sein et en dehors de la région n’est pas un phénomène nouveau :
·Années 60 : Les pays de l’Europe de l’Ouest et du Nord recrutaient activement des travailleurs maghrébins pour leurs économies en expansion. Cette migration a ensuite pris une autre forme (réunification familiale, migration clandestine).
·Années 70 : L’essor des économies pétrolières du Golfe a absorbé un grand nombre de travailleurs qualifiés et non qualifiés. Les travailleurs du Moyen-Orient ont dû faire face à une concurrence accrue des travailleurs nationaux et asiatiques.
Les migrants de la région MENA ont été la source d’importants bénéfices pour les pays d’origine et d’accueil :
·Les transferts de fonds officiels représentent entre 5 et 2% du PIB dans certains des grands pays d’émigration de la région MENA.
·L’emploi à l’étranger (dans les pays de l’OCDE et du Golfe) équivaut à 6-7% de l’emploi total du pays d’origine.
·L’impact sur les flux technologiques, l’innovation, l’éducation et l’investissement d’une diaspora active et des migrants de retour est potentiellement significatif.
·Les migrants contribuent fortement à la croissance économique des «nouveaux» pays d’accueil, tels que l’Espagne.
Mais les résultats demeurent décevants par rapport au potentiel de la région :
·La migration clandestine de la région MENA est élevée, voire à la hausse (mauvaises conditions de vie et de travail, sérieux risques de santé et de revenus, et une marginalisation sociale pour les migrants).
·La seconde génération d’immigrants en Europe s’en sort généralement moins bien sur les marchés du travail que leurs pairs nationaux (moins de chance d’être employés dans des occupations qui correspondent à leur niveau d’éducation).
·La tension sociale et politique autour des questions d’immigration et d’intégration monte dans un certain nombre de pays.
·Une large proportion des travailleurs éduqués quitte la région pour se rendre à l’étranger, faisant courir les pays concernés le risque d’un exode des cerveaux.
La migration n'est pas la solution :
La région doit créer près de cinq millions d’emplois par an jusqu’en 2020 pour faire face à la croissance de la population active et absorber le grand nombre des sans emploi.
Des mesures de politiques et réformes institutionnellesnécessaires pour stimuler la mobilité des personnes et des emplois (meilleure éducation, climat général de l’investissement, système financier, secteur public) sont alignées sur celles requises pour stimuler la création d’emplois.
Et si les conditions nécessaires sont mises en place, la région pourrait attirer une forte création d’emplois de l’étranger, notamment dans le secteur des services :
·Les points forts de la région sont notamment sa situation géographique, ses liens culturels et linguistiques avec l’Europe, son climat d’investissement stable, en dépit de faiblesses dans l’environnement entrepreneurial.
·Mais les taux élevés d’analphabétisme, des systèmes éducatifs non réformés favorisant les sciences sociales plutôt que les sciences physiques, les compétences techniques/d’ingénierie ou les services, font que la région MENA n’est pas globalement compétitive.