Maghreb : Ingénierie, incitations et responsabilité publique pour une meilleure réforme de l'éducation

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Éducation et économie du savoir  (a)
L'éducation au service du développement - 1999

Février 2008 - Selon le 6e rapport sur l'éducation dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) intitulé "Un parcours non encore achevé", des écarts existent et persistent entre ce qui a été réalisé et ce dont la région a besoin si elle veut mener à bien ses objectifs de développement actuels et futurs dans le secteur de l'éducation.

Les plus grandes réalisations des pays de la région Mena en matière d'éducation

Au cours des dernières 40 années, les pays de la région ont consacré en moyenne 5 % de leur PIB et 20 % des dépenses publiques à l’éducation avec d'importantes réalisations dont :

  • L'élimination de l’écart éducatif entre les sexes: la parité entre garçons et filles dans l’enseignement fondamental est pratiquement achevée.
  • L'amélioration des niveaux d’éducation ainsi que de certaines compétences de base.

Des progrès restent à faire en matière de scolarisation secondaire et supérieure

Dans plus de la moitié des pays de la région Mena, environ deux tiers des étudiants se spécialisent dans les sciences sociales et humaines plutôt que dans les sciences et les mathématiques.
Sachant que l’innovation et l’adaptation technologiques jouent un rôle de plus en plus dominant dans le processus de développement, le risque est donc de produire une main d'œuvre inadaptée.

Le faible impact de l’éducation dans la région MENA sur le développement social et économique

L'impact de l'éducation sur la croissance économique est :

  • Une qualité de l’éducation si faible que la scolarisation ne ccontribue pas à la croissance et à la productivité.
  • Un investissement étranger direct orienté vers les pays ayant de meilleurs systèmes éducatifs.
  • De hauts niveaux d’emploi dans le secteur public face au petit nombre de secteurs économiques dynamiques et compétitifs sur le plan international.

La région a besoin de restructurer ses systèmes éducatifs pour faire face aux défis économiques, démographiques et financiers

Le pari de l’éducation pour tous dans l’enseignement de base est pratiquement gagné mais le parcours vers une meilleure éducation doit faire face à trois réalités :

L'économie du savoir : La compétitivité dépend aujourd'hui d'une main-d’oeuvre éduquée, qualifiée sur le plan technique, et capable d’adopter de nouvelles technologies et de vendre des biens et services sophistiqués.
Mais la plupart des pays de la région MENA continuent à utiliser un modèle plus traditionnel de pédagogie (par exemple, en copiant à partir du tableau noir, et avec peu d’interaction entre l’enseignant et l’élève).

La croissance démographique des jeunes : À cause des taux élevés de fécondité au cours des années 60 et 70, la région MENA a vu émerger une des plus grandes populations au monde de jeunes (moins de 24 ans). Cette explosion de la jeunesse affecte de manière considérable la demande pour l’éducation.
Si les taux actuels d’abandon scolaire se maintiennent, la population active sera de plus en plus constituée d’adultes n’ayant pas terminé l’enseignement secondaire ou supérieur.

Des contraintes de financement : Dans la plupart des pays, les changements démographiques et l’appel aux réformes des systèmes éducatifs vont exiger des ressources supplémentaires. Les gouvernements des pays de la région MENA dépensent déjà des ressources considérables dans ce secteur, et la croissance de ces dépenses a devancé la croissance économique.
Les systèmes éducatifs dans les pays de la région MENA devront effectuer des changements afin de s’adapter aux nouvelles demandes présentes sur le marché du travail et au nombre croissant de jeunes dans le système éducatif.

Un nouveau cadre pour la réforme de l'éducation

Les réformes futures devront être orientées vers une nouvelle approche basée sur 3 axes principaux :
L’ingénierie efficace : Elle consiste en la mise en place de mesures destinées à améliorer la qualité de l'éducation ainsi que celle des intrants dans les systèmes éducatifs tels que les écoles, les enseignants et l’équipement nécessaires afin de parvenir à un meilleur niveau de scolarisation.

Des incitations alignées sur les résultats : Elles concernent la motivation des acteurs participant au processus d’éducation. L'idée est de créer des mécanismes permettant de lier les résultats éducatifs aux récompenses (ou pénalités) adressées aux enseignants et directeurs d’école.

La responsabilité publique : Elle met l’accent sur la capacité des parents, élèves et autres intervenants à influencer les objectifs, politiques et l’allocation des ressources consacrées à l’éducation au niveau national et/ou local.
Par exemple, si la majorité des bénéficiaires arrivent à persuader les décideurs d’améliorer les politiques éducatives, les résultats s’amélioreront. Par contre, si le système éducatif est conçu pour servir les intérêts de quelques groupes, le bénéfice tiré de l’investissement dans l’éducation sera distribué de manière très limitée.

Ces 3 axes de réformes sont très importants selon le rapport, car si les décideurs focalisent juste sur l'un de ces axes et négligent les autres, les réformes de l'éducation ne produiront ni le niveau, ni la qualité ou les résultats attendus.

Chiffres sur l'Algérie (2005)
  • 95% de filles et 98% de garçons sont inscrits dans le primaire
  • 21% de jeunes adultes sont inscrits dans l'enseignement supérieur
  • 96% d'enfants terminent un cycle entier de l'enseignement primaire
  • 16.7% du budget gouvernemental est alloué à l'éducation  
  • Les petites filles représentent 47% des élèves inscrits
  • Il y a un professeur pour 25 élèves dans le secondaire

Chiffres sur la Tunisie (2005)

  • 98% de filles et 97% de garçons sont inscrits dans le primaire
  • 30% de jeunes adultes sont inscrits dans l'enseignement supérieur
  • 99% d'enfants terminent un cycle entier de l'enseignement primaire
  • 20.8% du budget gouvernemental est alloué à l'éducation  
  • Les petites filles représentent 47.7% des élèves inscrits
  • Il y a un professeur pour 20 élèves dans le secondaire

 Chiffres pour le Maroc (2005)

  • 85% de filles et 90% de garçons sont inscrits dans le primaire
  • 11% de jeunes adultes sont inscrits dans l'enseignement supérieur
  • 80% d'enfants terminent un cycle entier de l'enseignement primaire
  • 27,2% du budget gouvernemental est alloué à l'éducation  
  • Les petites filles représentent 46.4% des élèves inscrits
  • Il y a un professeur pour 27.1 élèves dans le secondaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus de données - pdf (a)




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