Pour une meilleure insertion des diplômés dans le marché du travail en Tunisie

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Dynamique de l'emploi et adéquation des formations (PDF)
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Deuxième projet d’amélioration de la qualité du système éducatif PAQSET II

Deuxième projet d’appui à la reforme de l’enseignement supérieur

Valoriser les possiblités d'emplois dans la région MENA 
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Ministère de l'emploi et de l'insertion professionnelle des jeunes
Mars 2008 - Le chômage en Tunisie affecte de plus en plus les individus ayant un niveau d´éducation supérieur et cela est principalement dû à leur nombre croissant.  Le nombre de diplômés a en effet presque doublé en 10 ans, ils étaient 336.000 au cours de l'année 2006-2007 contre 121.800 en 1996-1997.

Dans ce contexte, le Ministère de l'emploi et de l'insertion professionnelle des jeunes, en collaboration avec la Banque mondiale, a réalisé une enquête fin 2005 auprès des jeunes diplômés pour tenter de comprendre les mécanismes de leur insertion dans le marché du travail.

Ce rapport présentant les résultats de ce travail s’articule autour de deux grands axes :

  • L’analyse de la situation des jeunes au regard de l’emploi et du chômage au moment de l’enquête et à l’adéquation entre qualifications et emploi.
  • Les parcours professionnels de jeunes au cours de la période séparant la date de l’enquête et celle de l’obtention d’un diplôme.

Chômage et adéquation des compétences

Le chômage n’épargne aucune catégorie de diplômés. Il en ressort ainsi que le chômage reste un problème important parmi les nouveaux diplômés universitaires, notamment chez ceux appartenant aux filières du secteur tertiaire, et affecte d’une façon plus particulière les techniciens supérieurs et les maitrisards dont le taux de chômage avoisine les 50%. Les résultats de l’enquête soulignent aussi les problèmes de déclassement et d’adéquation.

  • Les diplômés des filières courtes supposées posséder une plus forte employabilité sont en fait les plus exposés au chômage. Les sortants des Instituts supérieurs d'études technologiques (ISET) se trouvent toutefois légèrement avantagés par rapport aux techniciens supérieurs issus des autres institutions d’enseignement supérieur.
  • Les filières du tertiaire (gestion, finances, droit) : tous niveaux de diplôme confondus, le taux de chômage est plus élevé, atteignant de 68% pour les maîtrisards des spécialités juridiques.
  • Pour les filières techniques, le groupe de spécialités liées à l'agriculture et à l’agroalimentaire se distingue avec des taux de chômage nettement plus élevés (plus de 70% pour les techniciens supérieurs et plus de 31% pour les ingénieurs).

Où travaillent les jeunes diplômés tunisiens ?

Il s’avère que l’emploi salarié représente encore, pour 71% des jeunes, le débouché principal pour les diplômés de l’enseignement  supérieur.

Le secteur public
employeur traditionnel des diplômés du supérieur dans le passé reste encore le principal débouché avec 52% des emplois salariés.

Le rôle du secteur privé reste significatif, générant 48% des emplois :

  • Les petites entreprises de moins de 50 salariés embauchent la moitié des travailleurs, dont plus de la moitié dans les entreprises de moins de 10 emplois.
  • Plus de 23% des jeunes salariés travaillent sans contrat.
  • Plus de la moitié des emplois sont conclus sous contrat à durée déterminée.

Les parcours professionnels

L’analyse des parcours professionnels montre que :

  • L’accès rapide et durable à un emploi ne concerne que le cinquième des diplômés, notamment les enseignants et les ingénieurs.
  • Plus de 38% des jeunes n’ont connu principalement que le chômage au cours de leur période d’entrée dans la vie active et deux tiers d’entre eux n’ont connu que le chômage durant les 18 premiers mois. En effet, les deux tiers des jeunes diplômés n’ont jamais accédé à un emploi ou à un stage durant les vingt premiers mois de leur vie active.
  • La majorité des jeunes diplômés était au chômage à la sortie du système éducatif et n’en est pas sortie pendant plus de 15 mois. Les techniciens sont largement surreprésentés dans cette trajectoire.
  • Près de 19% des diplômés ont suivi des trajectoires qui se caractérisent par un retrait ou par une absence d’entrée sur le marché du travail et viennent par conséquent diminuer le taux de chômage. 
    • Le retrait du marché du travail rassemble 15% des jeunes, et correspond à la poursuite d’études après deux ou trois mois de chômage ou d’inactivité correspondant généralement à une période de vacances scolaires. 
    • L'absence d'entrée sur le marché du travail regroupe 4% des diplômés.  A leur sortie du système éducatif, la majorité de ces jeunes restent inactifs pendant près d’une année.

L'importance du diplôme dans les parcours d’insertion des jeunes diplômés. Les ingénieurs, les techniciens supérieurs et les architectes ont plus de chances d’avoir un parcours plus stable que les maîtrisards. Les techniciens supérieurs ont une probabilité plus élevée que les maîtrisards d’environ 3% de risque de se retrouver dans les situations de chômage.

Deux principales recommandations de l'étude

Mieux aligner l’offre de compétences avec les besoins de l’économie, une des principales recommandations de l'étude. Globalement, les résultats de l’enquête montrent l’existence de déséquilibres importants entre l’offre et la demande de compétences en Tunisie. Le diplôme et la spécialité restent les principaux facteurs qui expliquent les perspectives d’insertion professionnelle.

Identifier des mécanismes pour ajuster des flux d’étudiants qui suivent les différents diplômés/spécialités et mieux aligner l’offre de compétences avec les besoins de l’économie. Dans le court et moyen terme, l’analyse suggère aussi le besoin de renforcer les dispositifs d’aide à l’emploi, néanmoins, il est important de structurer ces dispositifs de manière à maximiser leurs impacts tout en minimisant leurs coûts.

Quelques résultats de l'enquête parmi les 4763 jeunes diplômés (Chiffres 2005)

  • 46% des jeunes actifs n’avaient pas un emploi 18 mois après l’obtention du diplôme.
  • Les maîtrisards et les  techniciens supérieurs représentent 90% des diplômés
  • Près de 50% des techniciens supérieurs et maîtrisards sont au chômage.
  • La proportion des chômeurs chez les ingénieurs est de 10%, soit la proportion la plus faible de tous les diplômes/spécialités. 
  • Le taux de chômage des techniciens des Instituts supérieurs d'études technologiques (ISET) est de 45%, contre 53% pour les techniciens non-ISET.
  • Les jeunes filles représentent 57% de l’ensemble de diplômés, contre 43 % pour les garçons.
  • 51% des hommes sont employés contre 38% des femmes. 
   


 

 

 

 

 

 

 




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