Octobre 2008 - Au cours des dix dernières années, la Tunisie a connu un taux de croissance moyen de 5.1% et une capacité à résister aux chocs économiques externes grâce à la mise en œuvre de réformes structurelles et une gestion macroéconomique prudente. Pourtant, cette bonne performance se révèle insuffisante pour réduire le chômage, qui se situe à 14.2%. Un taux de croissance encore plus élevé est nécessaire pour atteindre les objectifs du gouvernement en matière d’emploi. La Tunisie entrant dans une nouvelle phase de son processus d’intégration dans l’économie globale, de nouveaux défis restent à relever. Le 11ème plan de développement (2007-2011) considère l’intégration à l’économie mondiale comme un des instruments clefs pour renforcer la croissance : Le 11ème plan de développement cible un taux de croissance de 6.1%. Ce niveau de croissance nécessiterait une augmentation significative de l’investissement et des exportations. Plus précisément, l’investissement privé (y compris les investissements directs étrangers - IDE) doit augmenter de 23 à 25.3% du PIB avant 2011. Dans le même temps, le commerce extérieur devrait jouer un rôle plus important que par le passé, avec une croissance annuelle des exportations et importations de 7 et 6% respectivement. Depuis le début des années 70, la politique commerciale de la Tunisie s’est appuyée sur trois piliers :
· Le premier consiste à promouvoir les exportations, à travers des incitations généreuses destinées à attirer les IDE dans le secteur "offshore" et les accords commerciaux.
· Le deuxième protège les industries nationales et réglemente strictement les marchés. Depuis le milieu des années 1990s, les industries nationales sont progressivement déprotégées.
· Le troisième pilier est plus récent et concerne la facilitation des échanges. L’approche préférentielle de l’ouverture commerciale de la Tunisie donne lieu à une ouverture vis-à-vis des partenaires préférentiels et maintient d’une protection élevée vis-à-vis des partenaires non préférentiels. Le pays fait maintenant face à dilemne : maintenir l’écart important actuel entre tarifs préférentiels et tarifs des "nations les plus favorisées" (ce qui peut alimenter la fraude et le marché parallèle) ou réduire cet écart (ce qui peut nuire à la production et aux emplois). L'étude "Intégration mondiale de la Tunisie, une nouvelle génération de réformes pour renforcer la croissance et l’emploi" : · L'étude tire tout d’abord le bilan des politiques d’intégration passées en décrivant les politiques mises en œuvre et en évaluant leur impact sur les investissements directs étrangers (IDE), les exportations et l’emploi. · Elle examine les défis actuels de l’intégration de la Tunisie, qui se veut mondiale et multisectorielle à la suite de la création effective d’une zone de libre échange avec l’Europe pour les produits industriels en janvier 2008. · Elle propose des réformes spécifiques nécessaires à la réalisation du large potentiel du secteur des services
Données sur la Tunisie · Le secteur offshore emploie 245 000 travailleurs, soit 54 % de l’emploi manufacturier total et 8 % des emplois totaux dans le pays.
· Les tarifs douaniers imposés aux produits industriels (hormis les produits agro-alimentaires) en provenance de l’Union européenne se situent à 0%, ceux concernant les partenaires non préférentiels se situent à 24.7 %
· Le secteur des services en Tunisie enregistre un taux annuel de croissance de 5.6 % durant les dix dernières années.
· 80 % des revenus des services d’exportation en Tunisie émanent des secteurs du tourisme, des voyages et du transport.
· En Tunisie, la création d’une firme offshore requiert que 67 % du capital soit apporté en devise.
|