Un rapport de la Banque mondiale appelle à l’émergence d’un environnement des affaires plus équitable dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord

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Communiqué de presse n°:2010/130/MNA

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A Washington : Najat Yamouri

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Au Caire : Eman Fouad Wahby

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Le Caire, 9 Novembre 2009 - La Banque Mondiale vient de publier un rapport intitulé  Des privilèges à la concurrence : renforcer la croissance par le développement du secteur privé dans la région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. Il souligne que le secteur privé ne réussit pas encore à générer suffisamment d’emplois et de croissance forte. Un secteur privé plus dynamique est indispensable pour créer les 40 millions d’emplois nouveaux dont aura besoin la région au cours de la prochaine décennie. A cette fin, les pays de la région MENA sont appelés à réduire les  pratiques arbitraires et discrétionnaires qui affaiblissent l’environnement des affaires, afin d’encourager l’entreprenariat et l’investissement.  Le cadre réglementaire doit être appliqué de manière plus équitable à tous les entrepreneurs.  Cela nécessite d’accroitre la transparence et de renforcer les administrations qui sont au contact des entreprises.

 

Les réformes mises en œuvre au cours des deux dernières décennies ont permis aux entreprises privées de devenir la principale source de création de richesse en dehors des hydrocarbures et des mines. Néanmoins, le secteur privé n’a pas encore réussi à transformer les pays de la région en économies diversifiées, dynamiques, et aux taux de croissance durablement élevés. Avec un taux d’investissement de 15% du PIB en moyenne, la région MENA se situe loin derrière les régions les plus dynamiques. Des progrès récents ont permis une meilleure diversification des exportations. Toutefois, les pays les plus performants de la région exportent environ 1500 types de biens, dont la majorité est à faible contenu technologique, lorsque des pays comme la Pologne, la Malaisie, ou la Turquie en exportent près de 4000.       

 

Bien que les réformes de l’environnement des affaires se soient accélérées dans plusieurs pays, le véritable enjeu ne réside pas seulement dans l’ampleur des réformes, mais dans la qualité de leur mise en œuvre. Le rapport estime que des épisodes de réformes similaires se sont traduits, dans le passé, par une augmentation de l’investissement privé de l’ordre de 2 points de PIB en moyenne, contre 5 à 10 points en Asie, en Europe de l’Est et en Amérique latine. L’impact limité des réformes dans la région MENA s’explique par le manque d’équité et de prévisibilité dans leur mise en œuvre. Ceci réduit leur crédibilité aux yeux de nombreux investisseurs. Près de 60% d’entre eux considèrent que les réglementations sont appliquées de manière incohérente et imprévisible. L’incertitude liée aux politiques publiques, la concurrence déloyale et la corruption sont des sources de préoccupations majeures des chefs d’entreprises interrogés.

 

Dans un environnement des affaires où les règles ne s’appliquent pas de manière égale pour tous,  les nouvelles générations d’entrepreneurs ont du mal à émerger dans la région pour concurrencer les entreprises établies de longue date. Selon ce rapport, le nombre de sociétés immatriculées par millier d’habitants, représente mois du tiers de celui de la région d’Europe de l’Est et d’Asie Centrale.  Moins de création et de fermeture d’entreprises font que l’âge moyen d’une entreprise de la région MENA est de 10 ans supérieur à celui des pays d’Asie de l’Est et d’Europe de l’Est.   

 

D’après le rapport, afin de libérer le potentiel de la région, un environnement des affaires plus équitable doit émerger afin que les pratiques profondément enracinées de distribution de rentes et de privilèges soient éliminées. Selon la Vice présidente de la région MENA, Shamshad Akhtar : «La région dispose d’un capital humain considérable, d’un esprit de créativité remarquable et de nombreuses ressources naturelles. Son potentiel de croissance est immense. Réaliser ce potentiel nécessitera un engagement crédible à réduire les pratiques arbitraires et discrétionnaires des administrations, afin que l’application du cadre réglementaire des affaires y soit plus équitable. Cela encouragera un plus grand nombre d’entrepreneurs à investir et à créer des emplois»       

 

Afin de renforcer la croissance de manière durable, le rapport préconise une nouvelle approche s’articulant autour de trois piliers. Tout d’abord, les gouvernements doivent réduire les barrières formelles et informelles qui limitent la concurrence. Partout où elles existent, les situations de rentes et celles de conflits d’intérêt entre responsables publics et investisseurs privés doivent être réduites. Ensuite, les réformes doivent être accompagnées du renforcement des institutions chargées de les mettre en œuvre, de réguler les marchés et d’interagir avec les entreprises. Ceci en vue de réduire les immixtions et les pratiques discrétionnaires et arbitraires dans l’application des réglementations. Comme le souligne Shamshad Aktar : «Pour  améliorer véritablement l’environnement des affaires au profit de tous, il convient d’inscrire au cœur des réformes l’exigence de transparence, l’obligation de rendre des comptes, et la qualité de service des institutions publiques de la région ». Enfin, un nouveau partenariat entre le secteur privé et les gouvernements est nécessaire, afin que tous les acteurs soient davantage impliqués dans la préparation, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques économiques. Seul un partenariat étroit pourra assoir un consensus autour des réformes et renforcera leur crédibilité et leur efficacité. Un dialogue plus ouvert permettra également de limiter l’influence d’intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général. 

 

Selon Shamshad Akhtar : « Le secteur privé a aussi sa part de responsabilité dans ce nouveau partenariat. Trop souvent, sa voix a été accaparée par les partisans du statuquo pour maintenir leurs privilèges. Aujourd’hui, une nouvelle génération d’entrepreneurs est en train d’émerger dans la région MENA. Leur capacité à faire entendre leur voix pour influencer positivement les réformes à venir sera cruciale». Le rapport met ainsi l’accent sur la nécessité de renforcer le rôle du secteur privé dans la région MENA pour en faire un moteur du changement. Pour cela, les organisations qui le représentent doivent être plus ouvertes, plus représentatives et mieux organisées pour soutenir des réformes qui bénéficieront à toutes les catégories d’entreprises.

 

 

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