Région : Asie du Sud

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Vue d’ensemble

Pendant près de dix ans, l’Asie du Sud a connu une solide croissance économique (6 % par an en moyenne). Cette forte croissance s’est traduite par une baisse de la pauvreté et des progrès impressionnants en terme de développement humain. Cependant, la détérioration de l’économie mondiale affecte aujpurd’hui les perspectives de croissance dans la région. Le taux de croissance est passé de 8,4 % en 2007 à 6,4 % en 2008, et selon les estimations de la Banque mondiale, il devrait tomber à 3,7 % cette année.

Lorsque la crise financière mondiale a touché l’Asie du Sud, celle-ci ne s’était pas encore remise de la flambée mondiale des prix des aliments et des carburants. Ces hausses de prix ont affaibli la balance des paiements courants et l’équilibre budgétaire et ont provoqué une hausse record de l’inflation.

Le programme de la Banque reflète aussi ce fait nouveau : il n’est plus possible désormais de considérer uniformément l’Asie du Sud comme une région à faible revenu. La croissance fait accéder le Bhoutan, les Maldives, certaines régions du Sri Lanka et plusieurs États de l’Inde au statut de pays à revenu intermédiaire (PRI). Cependant, le revenu par habitant et les indicateurs de développement humain au Bangladesh, au Népal, dans la majeure partie du Pakistan et dans les régions les moins développées de l’Inde et du Sri Lanka correspondent à ceux des pays à faible revenu. En outre, quelque 71 millions habitants de la région vivent dans des pays touchés par un conflit : la violence s’intensifie en Afghanistan, au nord du Sri Lanka et dans certaines régions de l’Inde et du Pakistan. Pour répondre aux besoins divers de ces pays, la Banque ajuste son intervention. Dans le domaine de l’éducation par l’exemple, elle travaille en collaboration avec ses partenaires à améliorer la qualité de l’enseignement dans les pays et États en voie d’accéder au statut de PRI, tandis que dans les pays et États à faible revenu, son action porte à la fois sur la fréquentation et la qualité des écoles primaires.

L’assistance de la Banque mondiale

La Banque a approuvé près de 4,3 milliards de dollars d’aide à l’Asie du Sud durant l’exercice 2008 (1,5 milliard en prêts de la BIRD et 2,8 milliards en crédits et subventions de l’IDA).

Les activités d’analyse et de conseil de la Banque constituent une autre composante importante de sa stratégie. Un rapport récent portant sur les rapports hommes-femmes au Bangladesh témoigne de progrès significatifs en ce qui concerne l’égalité des sexes ainsi que le statut des femmes, mais souligne la nécessité d’une plus grande participation des femmes au marché du travail et aux prises de décision dans le pays. Une étude portant sur l’éducation dans la région pakistanaise du Punjab montre qu’étant donné l’augmentation spectaculaire du nombre d’écoles privées, il est nécessaire que les responsables politiques procèdent à un réexamen des politiques éducatives. La Banque a également publié un rapport proposant des mesures incitatives et des initiatives de développement en vue de réduire la production d’opium en Afghanistan. Elle a d’autre part réalisé une étude sur la question de la main-d’œuvre en Inde et une évaluation environnementale au Pakistan.

Soutenir les régions et les secteurs les moins développés

Au cours des dernières années, la Banque a infléchi son intervention de manière à ce que la croissance profite également aux régions accusant un retard de développement telles que le Bihar en Inde et la province du Baluchistan au Pakistan, ainsi qu’à des secteurs comme l’agriculture et à des groupes comme les femmes et les minorités défavorisées. L’amélioration du quotidien des 400 millions de pauvres que compte la région pose inévitablement la question du partage de la croissance. Au cours de l’exercice 2008, la Banque a accordé à l’État du Bihar un financement de 225 millions de dollars (en prêts et crédits) afin de soutenir l’adoption de réformes structurelles essentielles visant un développement durable et partagé, tout en améliorant la prestation de services fondamentaux.

Environ 1 milliard d’habitants d’Asie du Sud vivent en zone rurale. Plus que toute autre région du monde, son économie dépend par conséquent de l’agriculture (et donc de l’irrigation). La Banque mondiale aide les gouvernements de l’Asie du Sud à assumer les divers aspects de la gestion des ressources aquatiques, y compris la gestion des bassins hydrologiques, des eaux souterraines, des eaux internationales (Traité des eaux de l’Indus) et des bassins fluviaux. Durant l’exercice 2008, la Banque a accordé un crédit de 150 millions de dollars pour améliorer la distribution de l’eau dans la Province du Sindh au Pakistan. Dans la région voisine du Baluchistan, elle a apporté une contribution de 25 millions de dollars pour renforcer la production agricole et utiliser plus efficacement l’eau destinée à l’irrigation. Au Bangladesh, elle a soutenu un projet d’un montant de 62,6 millions de dollars visant à améliorer la productivité et les revenus agricoles en modernisant les technologies utilisées.

Assurer la prestation de services de base dans les pays touchés par un conflit armé

Pour étoffer son soutien au développement de l’économie rurale en Afghanistan et améliorer les conditions de vie des populations rurales, la Banque a approuvé une subvention de 250 millions de dollars pour rendre plus accessibles les services de base, permettre que davantage de personnes bénéficient d’un enseignement élémentaire de qualité, développer les services dans le secteur de la microfinance et aider à endiguer la propagation du VIH/SIDA. Elle a également apporté son aide un projet consistant à déléguer la prestation de services de santé à des organisations non gouvernementales, permettant ainsi à quelque 6 millions de personnes supplémentaires d’avoir accès à ces services.

Renforcer les infrastructures

La Banque cherche des solutions pour combler le manque considérable d’infrastructures urbaines et rurales dont souffre la région, une insuffisance souvent citée comme le principal frein à l’investissement étranger. La moitié de la population de la région n’a toujours pas accès à l’électricité. Pour contribuer à résoudre ce problème, la Banque a approuvé un prêt de 400 millions de dollars destiné à financer le projet de production d’énergie hydraulique du Rampur, dans l’État de l’Himachal Pradesh. Il fournira de l’énergie renouvelable à faibles émissions carboniques au réseau de distribution électrique du Nord de l’Inde, qui était au maximum de sa capacité. La Banque a également octroyé un prêt de 600 millions de dollars à la Power Grid Corporation de l’Inde, sur lequel le gouvernement indien a émis une garantie. Ce prêt a pour but de renforcer le système de transmission électrique du pays de manière à faciliter les échanges fiables d’électricité entre les régions et les États.

Faire en sorte que le développement soit équitable

La Banque a actualisé et renforcé ses programmes visant à améliorer les moyens de subsistance et les perspectives des populations rurales. Ces programmes offrent à des millions de pauvres, notamment des femmes et des groupes marginalisés, des services de microfinance, un accès aux marchés et des possibilités de travail indépendant. Durant l’exercice 2008, la Banque a accordé au Népal sa plus importante somme de financement jamais octroyée, soit 253 millions de dollars en subventions de l’IDA, dont 100 millions de dollars ont servi à financer la deuxième phase du Fonds de réduction de la pauvreté. Cette aide a profité à plus de 900 000 Népalais habitant dans 25 districts situés en zone rurale.. Grâce à ce programme, plus de 15 600 foyers disposent pour la première fois de routes pavées, et plus de 32 000 nouveaux foyers ont désormais accès à des ressources hydrauliques, des ponts et des services d’assainissement.

Dans le cadre du Fonds de réduction de la pauvreté au Pakistan, quelque 10 000 projets communautaires d’infrastructures ont été mis en œuvre, changeant la vie de plus de 2,5 millions de personnes dans quelque 5 000 villages. Plus de la moitié de ces projets ont fourni de l’eau potable ou des services d’assainissement aux habitants. Au cours de l’exercice 2008, le Fonds a reçu 75 millions de dollars supplémentaires de la Banque, afin de faire participer cinq millions de personnes, dans 25 des districts les plus pauvres du pays, à des organisations communautaires et à des organisations de soutien local.

Dans l’État d’Andhra Pradesh, en Inde, les projets financés par la Banque ont aidé quelque 8 millions de femmes à avoir des revenus, à améliorer leurs conditions de vie et même à exercer une influence politique en se regroupant au sein de près de 630 000 groupes d’entraide. Au cours de l’exercice 2008, la Banque a accordé à ce programme 65 millions de dollars supplémentaires pour procéder à des investissements cruciaux dans le renforcement de capacités et d’institutions qui devraient permettre aux institutions communautaires regroupant des femmes pauvres d’acquérir une indépendance financière.

Faire face au changement climatique

Il existe peu de régions dans le monde qui soient plus exposées que l’Asie du Sud aux effets du changement climatique. Les inondations survenues en 2007 au Bangladesh, en Inde et au Népal, qui ont fait plusieurs milliers de morts, ont montré que le changement climatique commence déjà à avoir des répercussions. La Banque a réagi en renforçant considérablement ses efforts pour s’adapter à ce changement et en atténuer les effets. Elle encourage et soutient les programmes nationaux consacrés au développement urbain, aux zones rurales, aux zones côtières et à la gestion des écosystèmes. Elle a également entrepris un projet à long terme visant à renforcer la coopération en matière de gestion des eaux entre le Bangladesh, l’Inde et le Népal, pour lutter contre les inondations et développer la production d’énergie hydraulique. Ce projet pourrait bénéficier à 400 millions de personnes.

Le Bangladesh est l’une des régions du monde les plus exposées à des phénomènes climatiques extrêmes. La Banque travaille avec différents partenaires à l’élaboration d’un programme de préparation aux catastrophes naturelles dans ce pays. Au cours de l’exercice 2008, la Banque a aidé le Bangladesh à se remettre du double choc causé par les inondations en août et le cyclone en novembre en accordant une aide de 245 millions de dollars, dont 175 millions en décaissements rapides. Le montant total de l’aide versée par la Banque dans ce cadre devrait être supérieur à 400 millions de dollars.

Améliorer la gouvernance

Les questions de gouvernance occupent une place essentielle dans les activités de la Banque en Asie du Sud. Durant les cinq dernières années, elle a travaillé avec ses pays clients au niveau économique et sectoriel et à l’échelle des projets à améliorer la gouvernance, renforcer l’obligation de rendre compte des résultats et réduire la corruption. On peut citer à titre d’exemples la Stratégie d’aide-pays axée sur la gouvernance mise en œuvre au Bangladesh ainsi que les réformes de gouvernance adoptées dans le domaine de l’irrigation et dans les secteurs financier et éducatifs au Pakistan.

Un examen d’exécution détaillée mené en Inde en janvier 2008 a signalé de graves tentatives de fraude et d’actes de corruption dans le cadre de cinq projets, axés sur la santé, financés par la Banque. La Banque a pris en compte les résultats de cet examen dans sa stratégie en matière de gouvernance, à l’échelle des systèmes nationaux comme des projets qu’elle finance. Sa réponse consiste à travailler sur deux fronts : renforcer les systèmes nationaux et consolider son propre dispositif de supervision.

Mise à jour : mars 2009

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