Contacts à Washington: Christopher Neal, 202-473-4029 cneal1@worldbank.org Ekaterina Svirina, 202-458-1042 esvirina@worldbank.org Washington, 17 juin 2008 – Une nouvelle base de données et un nouvel instrument de classement présentés ce jour par la Banque mondiale montrent qu’en 2007 les pays ont continué à améliorer leurs politiques commerciales, favorisant ainsi une plus grande intégration. Les données des Indicateurs du commerce mondial 2008 – Analyse comparative et performance (Benchmarking Policy and Performance), publication de l’Institut de la Banque mondiale, montrent aussi que, dans la dernière décennie, les pays dont les barrières commerciales étaient les moins importantes ont en général obtenu des résultats plus solides et plus homogènes que les autres dans les domaines du commerce et des exportations. « Cette base de données nous permet de hiérarchiser les progrès accomplis par les pays dans la libéralisation de leur régime tarifaire et d’évaluer dans quelle mesure le contexte global de l’action des pouvoirs publics et les structures institutionnelles soutiennent la croissance des exportations » a indiqué Roumeen Islam, Chef de l’Institut de la Banque mondiale, qui a dirigé l’équipe chargée d’élaborer les indicateurs du commerce mondial. « Le classement hiérarchique montre que les pays qui ont réduit leurs barrières commerciales et qui présentent un bon bilan au plan de la facilitation des échanges et des institutions sont aussi ceux dont les échanges enregistrent une expansion continue. Ces améliorations sont possibles même lorsque les dotations en ressources sont maigres ». C’est dans les pays à revenu élevé que les obstacles au commerce demeurent les plus faibles, mais de nombreux autres pays rattrapent rapidement ce groupe sur ce plan. La Géorgie, Haïti, l’Arménie et Maurice figurent parmi les dix pays où les droits de douane, tels que mesurés par le niveau moyen des droits NPF, sont les plus faibles. Ni l’Union européenne, ni le Japon ne figurent dans ce peloton de tête. Les pays en développement où les restrictions à l’importation ont le plus diminué depuis le début de la décennie incluent notamment l’Égypte, dont le niveau moyen des droits NPF a été ramené de 47 % à 17 % ; les Seychelles, où ces droits sont tombés de 28 % à 8 % ; l’Inde, où ils ont baissé de 32 % à 15 %; et Maurice, où la moyenne des droits a chuté de 18 % à 3,5 % à peine. Telles sont les observations qui se dégagent des Indicateurs du commerce mondial (WTI), base de données et outil de classement uniques qui permettent d’effectuer des référenciations et des études comparatives entre les 210 pays et territoires douaniers sur la base d’un ensemble d’indicateurs concernant les échanges commerciaux. Cet instrument facile à utiliser et basé sur le web vise à aider les responsables gouvernementaux, les négociateurs et les chercheurs à évaluer la performance de chaque pays par rapport aux autres, et au regard de ses résultats antérieurs. Les indicateurs montrent que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Asie du Sud, et l’Afrique subsaharienne, sont les régions en développement dont les droits de douane moyens sont les plus élevés. Parmi les 20 pays dont les droits de douane sont les plus lourds, une dizaine se trouve en Afrique. Mais les données des WTI montrent aussi que les droits de douane maximum des pays à revenu élevé demeurent bien plus élevés que ceux des pays à faible revenu. Les pics tarifaires élevés sont aussi appliqués dans les secteurs les plus intéressants à l’exportation pour les pays en développement. La libéralisation du commerce des services pourrait se révéler extrêmement bénéfique, mais les progrès sont lents dans ce domaine, en particulier dans les pays à faible revenu. Le verrouillage de la libéralisation aux niveaux actuels via l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) serait une première étape importante vers un programme de réformes plus ambitieux, notamment pour les pays à faible revenu. L’amélioration des institutions des pays à faible revenu permettrait de renforcer leur performance commerciale à l’exportation, en particulier pour les produits manufacturiers et les services, et elle contribuerait à soutenir les nouveaux marchés et les nouveaux produits. Étant donné que le coût du commerce extérieur est désormais plus élevé que les droits de douane dans de nombreux pays, les mesures visant à améliorer la logistique commerciale des pays en développement pourraient avoir des effets très positifs sur la performance commerciale Malgré les réductions tarifaires mondiales et les arrangements commerciaux préférentiels, les exportateurs des pays à faible revenu sont encore, en tant que groupe, ceux dont les produits sont les plus pénalisés quant aux conditions d’accès aux marchés puisque les droits de douane moyens (3,7 %) qui frappent leurs exportations sont supérieurs de 32 % aux droits appliqués aux exportateurs des pays à revenu élevé (2,8 %). Les indicateurs soulignent aussi que les pays en développement pâtissent de la médiocrité de leurs structures institutionnelles ; dans les pays qui ont des politiques à l’intérieur des frontières et des institutions porteuses, la part des produits manufacturés dans les exportations est généralement plus importante et la concentration des exportations est aussi plus faible. Une logistique de qualité favorise en outre l’intégration commerciale. « Dans une économie mondiale, les échanges sont au cœur du développement », souligne Danny Leipziger, Vice-Président du Réseau Lutte contre la pauvreté et gestion économique de la Banque. « Il est essentiel que les pays adoptent des politiques qui favorisent les échanges et les aident à tirer profit des échanges. Ce travail de classement et de comparaison a pour but de stimuler les réformes administratives et institutionnelles et d’encourager l’élargissement de l’accès aux marchés des pays qui pourraient être marginalisés ». La base de données WTI rassemble les principaux indicateurs commerciaux du Centre du commerce international (CCI) basé à Genève, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et de la Banque mondiale Elle fournit en outre des fiches d’information sur les pays, et la publication qui l’accompagne présente un résumé du profil général des politiques commerciales, des institutions et des résultats qui se dégagent de l’analyse de la base de données. « Il est indispensable de disposer de données de qualité pour effectuer une évaluation efficace des politiques commerciales et des résultats obtenus » souligne Gianni Zanini, responsable du programme commercial de l’Institut de la Banque mondiale. « En compilant la base de données, nous avons trouvé des lacunes, ce qui montre que les pays et les organismes internationaux doivent améliorer la qualité de la collecte des données relatives aux échanges, car elles sont indispensable pour l’élaboration de politiques rationnelles ». De plus, note Mari Pangestu, Ministre indonésien du commerce extérieur, les WTI fournissent « une masse impressionnante de renseignements que les gouvernants peuvent utiliser comme élément de comparaison pour évaluer les progrès de leur pays, ainsi que leur position par rapport à d’autres pays. Elles devraient fournir une bonne base pour élaborer des politiques rationnelles et permettre en particulier de mener des négociations en toute connaissance de cause, fournissant ainsi des éléments d’information indispensables aux pays en développement, qui disposent de ressources restreintes pour se doter d’une base de données aussi fournie ». Le rapport général, les fiches-pays et les tableaux « Trade-At-A-Glance » (TAAG), la base de données complète et le guide de l’utilisateur des WTI peuvent être consultés sur le site : www.worldbank.org/wti2008 #### |