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WASHINGTON, 6 avril 2005 â LâĂ©conomie mondiale a progressĂ© au rythme de 3,8 % en 2004 â ce qui est le taux le plus rapide enregistrĂ© depuis quatre ans. La croissance des pays en dĂ©veloppement a Ă©tĂ© plus forte que celle des pays Ă revenu Ă©levĂ©, et les progrĂšs sont gĂ©nĂ©ralisĂ©s  â dans tous les pays en dĂ©veloppement, les taux de croissance en 2004 sont plus Ă©levĂ©s que pendant la derniĂšre dĂ©cennie. Mais, selon le rapport Financement du dĂ©veloppement dans le monde 2005, publication annuelle de la Banque mondiale, la dynamique mondiale est Ă son point culminant et les pays en dĂ©veloppement sont exposĂ©s aux risques que comportent les ajustements liĂ©s aux dĂ©sĂ©quilibres mondiaux qui ne cessent de sâaccuser â câest vrai en particulier pour le dĂ©ficit des transactions courantes des Ătats-Unis, qui atteint 666 milliards de dollars. La solide performance de lâĂ©conomie mondiale a Ă©tĂ© soutenue par la vigueur de la croissance des Ătats-Unis et lâexpansion rapide de la Chine, de lâInde et de la Russie. Le taux de croissance record de 6,6 % des pays en dĂ©veloppement est en partie attribuable aux conditions favorables du contexte mondial et aux efforts quâils ont dĂ©ployĂ©s pendant des annĂ©es pour amĂ©liorer leurs politiques intĂ©rieures. De ce fait, les flux financiers Ă destination des pays en dĂ©veloppement en 2004 ont atteint des niveaux sans prĂ©cĂ©dent depuis le dĂ©but des crises financiĂšres de la fin des annĂ©es 90. Les flux nets de capitaux privĂ©s, et notamment les capitaux dâemprunt et les prises de participation, qui se sont dirigĂ©s vers les pays en dĂ©veloppement ont augmentĂ© de 51 milliards de dollars pour atteindre 301,3 milliards de dollars en 2004. Sur ce montant, les investissements directs Ă lâĂ©tranger (IDE) reprĂ©sentaient 165,5 milliards de dollars, soit une progression de 13,7 milliards de dollars en 2004. Les pays en dĂ©veloppement eux-mĂȘmes ont continuĂ© Ă accroĂźtre leurs exportations en capital tout en consolidant leur solde des transactions courantes, qui a dĂ©gagĂ© un excĂ©dent global de 124 milliards de dollars en 2004. Les investissements directs Ă lâĂ©tranger des pays en dĂ©veloppement ont augmentĂ© pour atteindre un volume estimĂ© Ă 40 milliards de dollars en 2004, contre 16 milliards de dollars en 2002 ; ces investissements sont pour lâessentiel le fait des pays qui sont eux-mĂȘmes bĂ©nĂ©ficiaires de la majeure partie des entrĂ©es de capitaux privĂ©s, Ă savoir le BrĂ©sil, la Chine, le Mexique et la Russie. « Ce retour des flux financiers est une indication bienvenue du regain dâintĂ©rĂȘt des marchĂ©s pour les pays en dĂ©veloppement, et câest Ă©galement un tribut rendu au redressement substantiel des fondamentaux de lâĂ©conomie quâont opĂ©rĂ© de nombreux pays en dĂ©veloppement », souligneFrançois Bourguignon, Premier vice-prĂ©sident de la Banque mondiale, Ăconomie du dĂ©veloppement et Ă©conomiste en chef. « Mais nous devons garder Ă lâesprit que les dĂ©sĂ©quilibres financiers mondiaux que lâon observe actuellement comportent des risques â risques de mouvements dĂ©sordonnĂ©s des taux de change ou de hausse des taux dâintĂ©rĂȘt â, qui pourraient remettre ces progrĂšs en cause. Les pays en dĂ©veloppement doivent se prĂ©parer Ă ces ajustements, dont certains pourraient ĂȘtre inopinĂ©s ». Le rapport Mobilizing Finance and Managing Vulnerability laisse prĂ©sager un scĂ©nario de base dans lequel le durcissement de la politique budgĂ©taire des Ătats-Unis et la hausse des taux dâintĂ©rĂȘt â conjuguĂ©s Ă une croissance vigoureuse des pays en dĂ©veloppement â permettront dâamorcer le redressement des dĂ©sĂ©quilibres mondiaux et de rĂ©duire le dĂ©ficit des transactions courantes des Ătats-Unis. Mais il souligne aussi les risques que comporte une telle Ă©volution et il invite les pays en dĂ©veloppement Ă rĂ©duire leur vulnĂ©rabilitĂ© aux revirements des sentiments du marchĂ© induits par une hausse plus forte que prĂ©vue des taux dâintĂ©rĂȘt ou une dĂ©prĂ©ciation plus forte que prĂ©vue de la monnaie des Ătats-Unis. « Lâhistoire a montrĂ© Ă plusieurs reprises que les crises financiĂšres prennent souvent les marchĂ©s et les gouvernants par surprise », explique Uri Dadush, Directeur du Groupe Perspectives de dĂ©veloppement, qui a produit le rapport Financement du dĂ©veloppement dans le monde 2005. « Les marchĂ©s financiers et les gouvernants ont tendance Ă ignorer les signaux dâalerte et Ă surrĂ©agir, ce qui rend lâajustement nĂ©cessaire plus important lorsquâil se produit. Pour les pays en dĂ©veloppement, la question fondamentale est de savoir si lâaugmentation des flux observĂ©e au cours des deux derniĂšres annĂ©es peut subsister dans un environnement mondial moins favorable et moins stable ». Le durcissement des conditions mondiales mettra Ă lâĂ©preuve la capacitĂ© dâadaptation des pays en dĂ©veloppement Les caractĂ©ristiques de la reprise mondiale actuelle expliquent en partie les risques auxquels vont se trouver confrontĂ©s les pays en dĂ©veloppement. Le gonflement spectaculaire du dĂ©ficit des transactions courantes des Ătats-Unis â qui reprĂ©sente actuellement 5,6 % de leur PIB â signifie que les pays en dĂ©veloppement considĂ©rĂ©s dans leur ensemble engrangent des excĂ©dents de plus en plus importants de leur compte des transactions courantes, excĂ©dents qui reprĂ©sentaient 2 % de leur PIB en 2004. La plupart des pays en dĂ©veloppement ont choisi dâen profiter pour augmenter leurs rĂ©serves de change en 2004. Les rĂ©serves quâils dĂ©tiennent ont augmentĂ© de 378 milliards de dollars en 2004, pour atteindre un record inĂ©galĂ© de 1,6 trillion de dollars selon les estimations Ă©tablies. La part de la Chine sâĂ©tablissait Ă 610 milliards de dollars, celle de lâInde Ă 125 milliards de dollars, et celle de la FĂ©dĂ©ration de Russie Ă 114 milliards de dollars. Dans la plupart des pays, lâaccumulation des rĂ©serves de change sâinscrit dans le cadre dâune stratĂ©gie rationnelle visant Ă rĂ©duire la vulnĂ©rabilitĂ© externe et Ă amĂ©liorer la solvabilitĂ©. Les quelques pays qui ont accumulĂ© des rĂ©serves excĂ©dentaires sâexposent aussi Ă des risques, liĂ©s Ă lâimpact possible des mouvements des taux de change, et Ă des coĂ»ts financiers, qui rĂ©sultent de la nĂ©cessitĂ© de contracter des emprunts en monnaie nationale pour compenser lâaugmentation des rĂ©serves. Il est donc possible que les pays dont le volume des rĂ©serves est Ă©levĂ© doivent réévaluer lâattrait et la viabilitĂ© dâune accumulation continue des rĂ©serves. Le durcissement des conditions mondiales met aussi en lumiĂšre les risques quâimplique lâalourdissement de la dette, qui Ă©tait au cĆur des crises financiĂšres de la derniĂšre dĂ©cennie. Le rapport sur le Financement du dĂ©veloppement dans le monde est porteur dâune bonne nouvelle en ce sens que les indicateurs globaux de la dette extĂ©rieure ont baissĂ©, ce qui a permis Ă de nombreux pays en dĂ©veloppement de gĂ©rer plus aisĂ©ment leur dette et de prendre des mesures Ă©nergiques pour remĂ©dier aux faiblesses qui ont contribuĂ© au dĂ©clenchement des crises prĂ©cĂ©dentes. Mais la charge de la dette extĂ©rieure sâest alourdie dans plus de la moitiĂ© des Ă©conomies de marchĂ© Ă©mergentes et, dans un bon nombre dâentre elles, les emprunts intĂ©rieurs ont eux aussi augmentĂ© de façon spectaculaire. Si le remplacement des emprunts extĂ©rieurs par des emprunts intĂ©rieurs permet de rĂ©duire la sensibilitĂ© aux chocs exogĂšnes, il est aussi porteur de risques lorsque le volume des emprunts est excessif ou que la supervision laisse Ă dĂ©sirer. « Il ne faut certes pas exagĂ©rer ces risques, mais les dirigeants des pays en dĂ©veloppement ne doivent pas les perdre de vue » a remarquĂ©Jeffrey Lewis, Responsable de lâĂ©quipe de la Banque chargĂ©e des finances et principal rĂ©dacteur du rapport. « Tant que les conditions demeureront favorables, il faudra poursuivre lâaction engagĂ©e pour consolider la situation budgĂ©taire et profiter du bas niveau des taux dâintĂ©rĂȘt pour restructurer la dette. Et les leçons des crises financiĂšres passĂ©es restent limpides â les emprunts excessifs, quâils soient extĂ©rieurs ou intĂ©rieurs, ne sont pas sans risque, et les problĂšmes qui surgissent dans un domaine peuvent rapidement en gagner un autre ». Le rapport note que la performance Ă©conomique encourageante des pays en dĂ©veloppement en 2004 coĂŻncide avec lâadoption de politiques rationnelles dans ces pays, Ă savoir lâouverture aux Ă©changes et Ă lâinvestissement, une politique budgĂ©taire prudente et des taux de change flexibles, autant dâĂ©lĂ©ments qui amĂ©liorent la cote de crĂ©dit des pays concernĂ©s. Ces politiques, poursuit-il, servent les intĂ©rĂȘts des pays en dĂ©veloppement, et elles doivent ĂȘtre maintenues. | Tendances rĂ©gionales et mondiales de la croissance, et prĂ©visions |
| 2003 | 2004e | 2005f | 2006f | 2007f | | Monde | 2,5 | 3,8 | 3,1 | 3,1 | 3,2 | | Pays Ă revenu Ă©levĂ© | 1,9 | 3,2 | 2,4 | 2,6 | 2,6 | | Pays OCDE | 1,8 | 3,1 | 2,3 | 2,5 | 2,6 | | Zone euro | 0,5 | 1,8 | 1,2 | 2,2 | 2,6 | | Japon | 1,4 | 2,6 | 0,8 | 1,9 | 1,9 | | Ătats-Unis | 3,0 | 4,4 | 3,9 | 3,0 | 2,6 | | Pays en dĂ©veloppement | 5,3 | 6,6 | 5,7 | 5,2 | 5,4 | | Asie de l'Est et Pacifique | 8,0 | 8,3 | 7,4 | 6,9 | 7,2 | | Europe et Asie centrale | 5,9 | 6,8 | 5,5 | 4,9 | 5,0 | | AmĂ©rique latine et CaraĂŻbes | 1,7 | 5,7 | 4,3 | 3,7 | 3,7 | | Moyen-Orient et Afrique du Nord | 5,8 | 5,1 | 4,9 | 4,3 | 4,3 | | Asie du Sud | 7,8 | 6,6 | 6,2 | 6,4 | 6,7 | | Afrique subsaharienne | 3,4 | 3,8 | 4,1 | 4,0 | 4,1 | | Pays en dĂ©veloppement | | sans les pays en transition | 5,2 | 6,7 | 5,7 | 5,3 | 5,5 | | sans la Chine et l'Inde | 3,9 | 5,8 | 4,8 | 4,4 | 4,4 |
Pour les pays les plus pauvres, les risques les plus importants sont liĂ©s aux pressions sur les flux dâaide Pour les pays Ă faible revenu, les risques que comporte lâenvironnement mondial actuel ne tiennent pas tant Ă lâĂ©volution des taux dâintĂ©rĂȘt et des taux de change (puisque leur accĂšs aux marchĂ©s est de toute façon limitĂ©) quâĂ lâimpact possible sur les flux dâaide (des bailleurs de fonds bilatĂ©raux et multilatĂ©raux) et dâautres sources de financement. Si le dĂ©blocage dâune APD suffisante pour aider ces pays Ă atteindre les ODM reprĂ©sente toujours une gageure importante, il y a des signes de progrĂšs encourageants puisque plusieurs bailleurs de fonds ont augmentĂ© le niveau de leurs engagements et que les flux dâAPD ont repris une tendance ascendante. Mais ce qui reste prĂ©occupant, câest lâaugmentation des flux  « nets » et la question de savoir si des flux suffisants sâorientent vers des rĂ©gions cruciales telles que lâAfrique. Les niveaux dâAPD restent bien infĂ©rieurs Ă ceux atteints au dĂ©but des annĂ©es 90. Le rapport sur le Financement du dĂ©veloppement dans le monde souligne aussi quâil apparaĂźt de plus en plus que les flux financiers autres que lâaide deviennent une source de financement plus importante pour les pays pauvres â quâil sâagisse des IDE, dont lâexpansion rapide a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e plus haut, ou des dons accordĂ©s par des ONG, qui ont augmentĂ© de 5 milliards de dollars entre 1990 et 2003, passant ainsi de 10 Ă 17 % de lâaide publique au dĂ©veloppement. Les envois de fonds des travailleurs expatriĂ©s ont augmentĂ© aussi, pour passer de 116 milliards de dollars en 2003 Ă 125,8 milliards de dollars en 2004. De façon plus gĂ©nĂ©rale, les liens sud-sud apparaissent comme un Ă©lĂ©ment clĂ© dans les pays pauvres â quâils prennent la forme dâIDE, dâenvois de fonds, ou mĂȘme dâassistance au dĂ©veloppement. Ces flux ne peuvent et ne sauraient se substituer Ă une aide officielle soutenue et ciblĂ©e, mais ils mettent en Ă©vidence que lâĂ©ventail des options et opportunitĂ©s qui sâoffrent aux pays Ă faible revenu sâĂ©largit. Si ces nouvelles sources de financement sont importantes, le rapport sur le Financement du dĂ©veloppement dans le monde souligne que « les gouvernements des pays industrialisĂ©s continuent Ă jouer un rĂŽle de premier plan en matiĂšre de mobilisation des ressources ». « Pour que le manque de ressources nâentrave pas les progrĂšs dans la direction des ODM, les bailleurs de fonds doivent accroĂźtre lâAPD de façon substantielle » a soulignĂ© François Bourguignon en citant les observations du rapport. « Mais il faut aussi quâils prennent des mesures pour que ces flux dâaide soient plus stables et plus prĂ©visibles, quâils poursuivent les initiatives prises en vue dâamĂ©liorer la coordination des donneurs et dâinstaurer une culture des rĂ©sultats, et quâils fassent davantage dâefforts pour augmenter lâengagement du secteur privĂ© dans lâaction engagĂ©e ». Des progrĂšs partout sauf en Asie du Sud et au Moyen-Orient, oĂč un ralentissement modĂ©rĂ© est observĂ© Le rapport sur le Financement du dĂ©veloppement dans le monde 2005 prĂ©voit que la croissance mondiale va se tasser Ă 3,1 % en 2005 sous les effets conjuguĂ©s de la hausse des taux dâintĂ©rĂȘt des Ătats-Unis, du durcissement de la politique budgĂ©taire et de lâapprĂ©ciation de 25 % du taux de change effectif rĂ©el de lâeuro. La baisse de la demande des produits exportĂ©s par les pays en dĂ©veloppement devrait ramener la croissance de ce groupe de pays Ă 5,7 % en 2005, taux qui reste cependant supĂ©rieur Ă lâĂ©volution tendancielle rĂ©cente de la croissance. Cette croissance relativement ferme des pays en dĂ©veloppement est soutenue par lâAsie de lâEst, lâAsie du Sud,et lâEurope de lâEst et lâAsie centrale, dont les taux de croissance rĂ©gionaux du PIB se sont Ă©tablis respectivement Ă 8,3 %, 6,6 % et 6,8 % en 2004. En Asie de lâEst, les projections font apparaĂźtre un ralentissement de la croissance en 2005 et 2006, mais elle restera nĂ©anmoins fort dynamique avec des taux respectifs de 7,4 et 6,9. Le niveau Ă©levĂ© des cours du pĂ©trole a favorisĂ© la croissance en Russie et dopĂ© les Ă©conomies de lâEurope de lâEst et de lâAsie centrale ; globalement, le taux de croissance de ces rĂ©gions devrait se situer Ă 5,5 % en 2005 et 4,9 % en 2006. La RĂ©gion AmĂ©rique latine et CaraĂŻbes a aussi bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune forte reprise, puisque son taux de croissance est passĂ© de 1,7 % en 2003 Ă 5,7 % en 2004 sous lâimpulsion des gains de production du Mexique, du Chili et du BrĂ©sil, et du rebond de lâArgentine consĂ©cutif Ă la dĂ©prĂ©ciation de 39 % de son taux de change rĂ©el effectif. LĂ aussi, la croissance devrait se tasser en 2005 et 2006, mais de façon modĂ©rĂ©e seulement, pour sâĂ©tablir Ă 4,3 % en 2005 et 3,7 % en 2006. LâAsie du Sud et la rĂ©gion Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) sont les seules rĂ©gions oĂč la croissance sâest ralentie en 2004. MĂȘme si lâAsie du Sud a Ă©tĂ© dâun dynamisme impressionnant avec un taux de croissance de 6,6 %, cette performance nâen marquait pas moins un recul par rapport aux 7,5 % de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente. Dans la rĂ©gion MENA, la croissance a Ă©tĂ© ramenĂ©e Ă 5,1 % en 2004, contre 5,5 % lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente. LâactivitĂ© Ă©conomique en Afrique subsaharienne a progressĂ© de 3,8 % en 2004, et pratiquement tous les pays ont connu une croissance positive, certains dâentre eux atteignant un score de 5 %. La croissance du continent devrait sâaccĂ©lĂ©rer pour atteindre 4,1 % en 2005 et 4,0 % en 2006, mais ces chiffres restent infĂ©rieurs Ă la performance de la plupart des autres rĂ©gions en dĂ©veloppement.
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