APERÇU: - Le commerce international joue un rôle important dans la lutte contre la pauvreté car il peut accélérer la croissance économique et créer des emplois. Mais beaucoup de pays en développement restent pénalisés par certains obstacles du côté de l’offre, notamment le manque d’infrastructures, qui freinent leur intégration à l’économie mondiale.
- Les crises alimentaire, énergétique et financière ont mis à rude épreuve le système commercial mondial, et en 2009, on prévoit une baisse considérable du volume des échanges commerciaux.
- Il est essentiel en temps de crise de maintenir un système commercial multilatéral fort et réglementé, afin d’exercer un contrôle sur les mesures de politique commerciale et de s’assurer que les marchés demeurent ouverts.
- La stratégie de la Banque en matière de commerce vise à 1) promouvoir un système commercial international qui serve davantage le développement ; 2) mettre le commerce et la compétitivité au centre des stratégies nationales de développement ; et 3) appuyer les réformes dans ces domaines dans le cadre de l’aide à la facilitation des échanges.
- Le volume des prêts de la Banque dans le secteur du commerce a été multiplié par quatre ces dernières années. Cette augmentation est allée principalement à des projets d’infrastructures favorisant l’intégration régionale, le développement des exportations et la compétitivité, ainsi qu’à des projets de facilitation des échanges.
- Afin d’aider à atténuer les conséquences de la crise sur le commerce, le Groupe de la Banque mondiale a augmenté la portée de ses activités en ouvrant ses prêts aux sociétés du secteur commercial. Une ouverture rendue possible par le biais de la Société financière internationale (IFC), chargée de soutenir le secteur privé.
- En diffusant largement ses études, ses données et ses outils, la Banque joue un rôle majeur de relais d’information dans le dialogue mondial sur le commerce et le développement.
Importance du commerce D’une manière générale, les pays qui se sont davantage ouverts au commerce international sont devenus plus compétitifs et ont connu une croissance plus rapide que les autres. Toutefois, bon nombre de pays en développement ne peuvent toujours pas profiter pleinement du développement des échanges car ils ne disposent pas des capacités nécessaires au niveau de l’offre (par exemple des infrastructures) et leurs politiques publiques sont inadaptées. En outre, malgré tous les efforts entrepris par beaucoup de pays en développement pour surmonter ces handicaps, ils n’ont souvent pas accès aux grands marchés des pays développés qui continuent d’imposer des droits de douane élevés sur les exportations des pays à faible revenu, en particulier dans les secteurs où ceux-ci ont un avantage comparatif (comme le coton, le sucre, les textiles et l’habillement). Les pays pauvres continuent également d’être soumis à des restrictions à l’entrée de certains marchés émergents, ce qui les empêche de tirer les bénéfices potentiels du commerce Sud-Sud et de l’intégration régionale. En se fondant sur ses travaux d’analyse et son expérience sur le terrain, la Banque mondiale a identifié un certain nombre de domaines de réformes indispensables dans le secteur du commerce: - Ce sont les réformes commerciales dans l’agriculture qui pourraient le plus améliorer les conditions de vie des populations du monde. Les échanges sont beaucoup plus inégaux dans l’agriculture que dans les autres secteurs et, dans les pays en développement, environ 70 % des pauvres vivent en milieu rural. Les aides accordées aux producteurs agricoles dans les pays développés (subventions faussant les échanges, barrières empêchant l’accès aux marchés) se chiffrent autour de 260 milliards de dollars par an (pour les années 2006 et 2007, selon les estimations de l’OCDE, 2008), soit à peu près trois fois le niveau du total mondial de l’aide étrangère au développement en 2007
- .Le commerce des services offre le plus grand potentiel de gains pour le développement. Les services représentent déjà le principal moteur de la croissance économique mondiale et les pays en développement ont beaucoup à y gagner, tant par l’accroissement de leurs exportations que par l’amélioration de la qualité et de la disponibilité des services essentiels.
- Les produits manufacturés à forte intensité de main-d’œuvre sont devenus le segment de marché le plus dynamique dans toutes les grandes régions, Afrique comprise. Malheureusement, les exportations de nombreux pays en développement sont confrontées à des obstacles considérables sur les marchés étrangers, notamment des droits de douane élevés et des structures tarifaires défavorables au développement (les droits augmentant avec le niveau de transformation), ce qui décourage la création de valeur ajoutée dans les pays les moins avancés (PMA).
- La facilitation des échanges est un élément central du développement du commerce. La modernisation des douanes, les infrastructures liées au commerce, le transport intérieur, les services logistiques, les systèmes d’information et les installations portuaires jouent un rôle majeur dans le développement car ils améliorent la compétitivité et facilitent les échanges de biens et de services en réduisant les délais d’acheminement et les coûts de transaction.
- Normes et réglementations techniques. La connaissance et le respect des normes revêtent une importance croissante pour les producteurs des pays en développement qui veulent soutenir la concurrence sur les marchés mondiaux d’exportation.
Stratégie de la Banque mondiale en matière de commerce Les objectifs de la Banque en matière de commerce sont avant tout de rendre le système de commerce international plus propice au développement, mais aussi d'aider les pays à tirer profit de la mondialisation. En particulier, la Banque s’emploie à 1) permettre au Cycle de Doha d’aboutir ; 2) placer le commerce et la compétitivité au centre des stratégies nationales de développement ; et 3) appuyer les réformes liées au commerce dans le cadre de l’aide à la facilitation des échanges. L’accord de Doha sur les modalités de négociations, qui n’a pu être signé fin 2008, aurait permis d’ouvrir davantage le marché aux populations pauvres, de renforcer le système commercial multilatéral, de stimuler la croissance économique et aurait redonné confiance dans une économie mondiale en perte de vitesse. Bien que les négociations aient achoppé en juillet sur quelques points précis, elles ont abouti à un large consensus sur plusieurs aspects essentiels de la politique commerciale multilatérale, qui nous l’espérons, amènera les différents pays à adopter une nouvelle résolution collective pour redonner de l’impulsion à cet effort international. Il est particulièrement important de conclure l’accord de Doha, d’autant plus que le système commercial international a été très mis à l’épreuve par les crises alimentaire, énergétique et financière. Selon les prévisions, en 2009, le volume du commerce international devrait connaître une baisse importante, avec une amélioration progressive qui,selon toute probabilité, n’aura pas lieu avant 2010. Le système de réglementation du commerce multilatéral incarné par l’OMC demeure un moteur essentiel de l’expansion du commerce international et de la prospérité de l’économie mondiale. L’OMC a montré par le passé sa capacité à entériner des accords et à surmonter les différends en veillant à mettre sur un pied d’égalité les petits pays à faible revenu et les pays riches et puissants. La discipline qu’impose l‘OMC s’avère particulièrement importante en temps de crise, en formant un bouclier contre le protectionnisme. La Banque s’attache également à intégrer les questions de commerce et compétitivité dans les stratégies nationales de développement. Les pays peuvent renforcer leur compétitivité en améliorant le dispositif d’incitation à l’investissement privé dans les secteurs potentiellement exportateurs (par exemple en réformant les droits de douane et les politiques fiscales), en diminuant le coût des transactions commerciales (en améliorant par exemple les services essentiels aux producteurs et en facilitant les échanges), et par des mesures ciblées qui stimulent la compétitivité (par exemple, le renforcement des capacités et de l’information sur les normes, et la promotion des exportations). L’aide à la facilitation des échanges est une autre priorité de la Banque mondiale, qui doit aider les pays en développement à intégrer l’économie mondiale. Bien qu’elle ne fasse pas officiellement partie des thèmes de négociation de Doha, cette aide demeure un complément indispensable à la réussite du Cycle de Doha. L’aide à la facilitation des échanges peut permettre aux pays en développement de surmonter les obstacles au niveau de l’offre et de gérer les coûts d’ajustement transitoire associés aux réformes du commerce. Par ailleurs, la Banque travaille, avec un groupe de donateurs, de PMA (pays les moins avancés) et d’agences multilatérales, au Cadre intégré renforcé, qui vise à améliorer la participation des PMA à l’économie mondiale en intégrant les questions commerciales aux stratégies de réduction de la pauvreté. En avril 2009, la Banque mondiale a donné le coup d’envoi au Mécanisme pour la facilitation du commerce afin d’appuyer ses activités d’aide au commerce. Il s’agit d’un fonds d'affectation spéciale multidonateurs dont le but est d’aider les pays en développement à renforcer leur compétitivité en améliorant, par des mesures concrètes, leur système de facilitation des échanges et en réduisant les coûts associés aux transactions commerciales. Le mécanisme doit répondre rapidement aux gouvernements qui demandent de l’aide pour améliorer les infrastructures, les institutions, les services, les politiques, les procédures ainsi que les systèmes de régulations axés sur le marché, qui permettront aux entreprises d’effectuer des transactions internationales sans perte de temps et à moindre coût. Cet instrument devrait permettre aux pays en développement de mettre en œuvre les mesures de facilitation du commerce prévues dans les accords de commerce internationaux, y compris l’accord de facilitation du commerce de l’OMC. Il doit également soutenir les institutions commerciales dans les différentes régions du monde. Ce nouveau programme contribue de manière importante à aider les pays en développement dans cette période de crise économique. Les activités de la Banque mondiale dans le secteur du commerce La Banque mondiale a renforcé son appui aux réformes liées au commerce par des services d’analyse et de conseil, un dialogue suivi sur les politiques publiques, une assistance technique, des aides financières et des activités de renforcement des capacités. Les prêts de la Banque (concessionnels et non concessionnels) dans le domaine du commerce sont passés d’environ 560 millions de dollars au cours de l’exercice 03 à quelque 1,4 milliard de dollars sur l’exercice 08. Cette augmentation est allée principalement à des projets d’infrastructures liées au commerce et favorisant l’intégration régionale, le développement des exportations et la compétitivité, ainsi qu’à des projets de facilitation des échanges. Pour l’exercice 08, les prêts ont concerné 35 pays, avec également dix prêts multi-pays, en majorité dans les régions Europe et Asie centrale, et Afrique subsaharienne. La Banque mondiale travaille en collaboration avec ses partenaires afin de trouver des solutions créatives pour dynamiser le financement du commerce et aider à mettre un coup d’arrêt au déclin du commerce mondial. La Banque a déjà renforcé son soutien par le biais de la Société financière internationale (IFC), la branche chargée du secteur privé, notamment en doublant les fonds alloués au, Programme de financement du commerce mondial qui s’élève désormais à 3 milliards de dollars. Les facilités de garantie élargies vont bénéficier aux banques partenaires qui sont basées dans 66 pays, dont certains comptent parmi les 78 pays les plus pauvres du monde. De plus, l’IFC va bientôt lancer un Programme de liquidités pour le commerce mondial, d’un montant de plusieurs milliards de dollars, afin d’assurer une plus grande disponibilité des finances destinées au commerce. Sélection des recherches, études et indicateurs les plus récents de la Banque mondiale : -- Breaking into New Markets, publié par R. Newfarmer, W. Shaw et P. Walkenhorst, 2009. -- Trade Preference Erosion: Measurement and Policy Response, par B. Hoekman, W. Martin, C. A. Braga, 2009. -- Trade Protection: Incipient but Worrisome Trends, par E. Gamberoni et R. Newfarmer, 2009. -- Improving Trade and Transport for Landlocked Developing Countries, 2008. -- Distortions to Agricultural Incentives in Latin America, publié par A. Valdes et K. Anderson, 2008 --Global Food Price Crisis: Trade Policy Origins and Options. J. Chauffour, 2008. Mis à jour en mars 2009 Contact presse: Alejandra Viveros [+1] 202 473 4306 aviveros@worldbank.org |