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AllĂšgement de la dette

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Données: Politique économique et dette
Projets relatifs à la gestion de la dette et à la viabilité budgétaire
Documents & rapports sur la dette extérieure

Enbref

  • Le Groupe de la Banque mondiale accorde des allĂ©gements de dette aux pays les plus pauvres par le biais de l’Initiative en faveur des pays pauvres trĂšs endettĂ©s (PPTE) et de l’Initiative d’allĂ©gement de la dette multilatĂ©rale (IADM).

  • En juillet 2011, 32 des 40 pays admissibles Ă  l’Initiative PPTE avaient atteint le « point d’achĂšvement » — l’allĂ©gement de la dette devient alors irrĂ©vocable — et obtenu un allĂ©gement de leur dette au titre des deux initiatives. Quatre autres pays ont atteint le « point de dĂ©cision » — premiĂšre Ă©tape de l’admissibilitĂ© Ă  l’Initiative PPTE — et reçoivent dans ce cadre une aide intĂ©rimaire.

  • Si la totalitĂ© des 40 pays potentiellement admissibles atteignent le point d’achĂšvement, le montant total de l’allĂ©gement de la dette consentie par la Banque et par la totalitĂ© des crĂ©anciers se chiffrera respectivement Ă  34,4 et 107,4 milliards de dollars (en valeur actuelle nette de fin 2010).

  • Les 36 pays ayant franchi le point de dĂ©cision, et bĂ©nĂ©ficiant donc d’un allĂ©gement de leur dette, ont connu une baisse des paiements au titre du service de la dette, lesquels sont passĂ©s en moyenne de 3,1 % du PIB en 2001 Ă  0,8 % du PIB en 2010.

  • Cette rĂ©duction du service de la dette s’est accompagnĂ©e d’une hausse des dĂ©penses consacrĂ©es Ă  la lutte contre la pauvretĂ©, dans des domaines tels que la santĂ©, les infrastructures rurales et l’éducation. Pour les 36 pays qui ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’allĂšgement de leur dette, ces dĂ©penses ont reprĂ©sentĂ© en moyenne 9,7 % du PIB en 2010, contre 6,2 % en 2001.  

Le contexte

À la suite de l’accumulation des crĂ©ances extĂ©rieures d’un grand nombre de pays Ă  faible revenu tout au long des annĂ©es 70 et 80, beaucoup de pays se sont retrouvĂ©s face Ă  des niveaux d’endettement insoutenables. MĂȘme si le Club de Paris et d’autres crĂ©anciers bilatĂ©raux ont rééchelonnĂ© et annulĂ© beaucoup de ces crĂ©ances, il Ă©tait nĂ©cessaire de mettre en place un nouveau mĂ©canisme qui permette d’éviter que le fardeau de la dette n’annule tous les efforts de rĂ©duction de la pauvretĂ©.

C’est ainsi que l’Association internationale de dĂ©veloppement (IDA) — le fonds de la Banque mondiale destinĂ© aux pays les plus pauvres — et le FMI ont lancĂ© en 1996 l’Initiative en faveur des pays pauvres trĂšs endettĂ©s (PPTE). Cette initiative prĂŽne l’octroi volontaire d’un allĂ©gement de dette de la part de tous les crĂ©anciers et vise Ă  permettre aux pays qui ploient sous le fardeau de crĂ©ances extĂ©rieures trop lourdes, au regard de leurs recettes budgĂ©taires ou d’exportation, de prendre un nouveau dĂ©part.

En 2006, Ă  la suite du Sommet du G8 qui s’était tenu l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente Ă  Gleneagles, la Banque mondiale s’est associĂ©e au FMI et Ă  la Banque africaine de dĂ©veloppement (BAD) pour mettre en Ɠuvre l’Initiative d’allĂ©gement de la dette multilatĂ©rale (IADM), consistant Ă  annuler 100 % de l’encours de la dette Ă©ligible accumulĂ©e Ă  l’égard de ces trois institutions par les pays ayant atteint le point d’achĂšvement au titre de l’Initiative PPTE. Au dĂ©but de l’annĂ©e 2007, la Banque interamĂ©ricaine de dĂ©veloppement a procĂ©dĂ© Ă  une initiative similaire Ă  l’égard des cinq pays PPTE situĂ©s dans l’hĂ©misphĂšre occidental.

Comment fonctionne l’allùgement de la dette ?

La premiĂšre Ă©tape du processus d’admissibilitĂ© Ă  l’Initiative PPTE est le point de dĂ©cision: le pays doit prĂ©senter des rĂ©sultats satisfaisants dans le cadre d’un programme soutenu par le FMI ou l’IDA, avoir en place une stratĂ©gie de rĂ©duction de la pauvretĂ© (SRP) et afficher des indicateurs de la charge de la dette qui soient supĂ©rieurs aux seuils de l’Initiative PPTE, sur la base des donnĂ©es les plus rĂ©centes pour l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant le point de dĂ©cision. Au point de dĂ©cision, beaucoup de crĂ©anciers (par exemple, la Banque elle-mĂȘme, le FMI, les banques multilatĂ©rales de dĂ©veloppement ou encore les crĂ©anciers bilatĂ©raux du Club de Paris) commencent Ă  consentir un allĂ©gement de dette, mĂȘme s’ils se rĂ©servent dans bien des cas le droit de revenir dessus en cas de dĂ©rapage des politiques mises en Ɠuvre par le pays.

L’octroi d’un allĂ©gement est en effet subordonnĂ© Ă  la mise en place de politiques qui veillent Ă  ce que l’argent ainsi conservĂ© soit effectivement dirigĂ© vers des efforts de rĂ©duction de la pauvretĂ©. Le pourcentage de la dette que les crĂ©anciers peuvent choisir d’annuler (le facteur de rĂ©duction commun) est calculĂ© de façon Ă  ramener le ratio d’endettement du pays Ă  un niveau soutenable (150 % des exportations ou, dans certains cas, 250 % des recettes fiscales).

L’allĂ©gement accordĂ© par les crĂ©anciers participants devient irrĂ©vocable au point d’achĂšvement. Le pays concernĂ©, lorsqu’il est au point de dĂ©cision, convient d’une sĂ©rie limitĂ©e de conditions de passage au point d’achĂšvement, et c’est une fois ces conditions remplies qu’il est pleinement admis Ă  bĂ©nĂ©ficier de l’Initiative PPTE. Au titre de ces conditions, il doit notamment avoir continuĂ© d’obtenir des rĂ©sultats satisfaisants dans le cadre d’un programme soutenu par le FMI, et avoir mis en Ɠuvre une SRP pendant au moins un an. Certaines conditions peuvent avoir trait Ă  des progrĂšs dans des domaines sociaux comme la santĂ© et l’éducation, et d’autres Ă  l’amĂ©lioration de la gouvernance ou Ă  la lutte contre la corruption, l’objectif Ă©tant de faire en sorte que l’appui dĂ©coulant des allĂ©gements sera bien mis Ă  profit.

  • 32 pays ont atteint le point d’achĂšvement : Afghanistan, BĂ©nin, Bolivie, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, RĂ©publique centrafricaine, RĂ©publique du Congo, Éthiopie, Gambie, Ghana, GuinĂ©e-Bissau, Guyane, HaĂŻti, Honduras, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Ouganda, RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, Rwanda, Sao-TomĂ©-Et-Principe, SĂ©nĂ©gal, Sierra Leone, Tanzanie, Togo et Zambie.

  • 4 pays ont atteint le point de dĂ©cision : Comores, CĂŽte d’Ivoire, GuinĂ©e et Tchad.

  • 4 pays restent potentiellement admissibles Ă  un allĂ©gement de leur dette en vertu de l’Initiative PPTE : ÉrythrĂ©e, RĂ©publique kirghize, Somalie et Soudan.

Fonds de désendettement et gestion de la dette

La Banque aide Ă©galement les pays Ă  faible revenu Ă  rĂ©duire le fardeau de leur dette commerciale par le biais d’un Fonds de dĂ©sendettement gĂ©rĂ© par l’IDA. Il s’agit d’octroyer des dons aux pays PPTE pour les aider Ă  racheter Ă  un prix fortement rĂ©duit la dette commerciale extĂ©rieure contractĂ©e ou garantie par l’État, et Ă  Ă©teindre ainsi leurs crĂ©ances commerciales.

En outre, la Banque aide ces pays Ă  atteindre leurs objectifs de dĂ©veloppement tout en Ă©vitant des problĂšmes ultĂ©rieurs d’endettement. Il s’agit d’aider les pays qui ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un allĂ©gement de leur dette au titre de l’Initiative PPTE ou de l’IADM Ă  maintenir leur endettement dans des limites supportables. Pour cela, la Banque mondiale a mis en place pour les pays Ă  faible revenu un Cadre de viabilitĂ© de la dette et un MĂ©canisme de gestion de la dette.

Le premier, mis au point avec le FMI, permet aux créanciers de définir leurs modalités de financement en tenant compte des risques futurs, et aide les clients à équilibrer leurs besoins de fonds avec leur capacité de remboursement. Le second a pour objectif de renforcer la capacité et les institutions de gestion de la dette dans les pays à faible revenu afin de réduire leur vulnérabilité aux chocs externes et de préserver leur solvabilité.

Contact :
Alejandra Viveros, (202) 473-4306, aviveros@worldbank.org

DerniĂšre mise Ă  jour : juillet 2011




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