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Marché à la criée de Nairobi : apprendre en gagnant sa vie

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Site officiel du Development Marketplace

Chaque jour, sur le marché à la criée du Kenya, plus de 60 jeunes filles font les poubelles à la recherche de nourriture.

Wamuyu Mahinda, du Hawkers Market Girls Center (Maison de la jeune fille du marché à la criée), explique que ces jeunes filles, qui vivent dans un des plus grands bidonvilles de Nairobi, situé à côté du marché, sont souvent les seuls gagne-pain pour leurs familles.

« Elles proviennent de milieux très désavantagés. Soit leurs parents sont morts du VIH/SIDA, ou elles n'ont pas été capables de trouver du travail, » explique Mahinda.

Au cours des dix dernières années, cette Maison de la jeune fille a aidé de nombreuses jeunes filles à trouver une alternative à leur triage des immondices du marché pour trouver de quoi survivre.

« Ces jeunes filles n'ont aucune qualification. Le marché est pour elles un moyen d'apprendre et de gagner un peu d'argent. Elles y développent leurs aptitudes à la vie quotidienne et des compétences professionnelles, et avec ce bagage, elles pourront un jour gagner leur vie pour elle-même et pour leurs familles, » dit Mahinda.

La Maison de la jeune fille du marché à la criée, en partenariat avec le Kenya Girl Guides Association, l'association kenyane du scoutisme féminin, vient de recevoir un don de près de 85.000 dollars EU du Development Marketplace de la Banque mondiale pour augmenter l'échelle de leur programme actuel, afin de donner à plus de jeunes filles une opportunité de quitter leurs bidonvilles.

Mahinda explique que jusqu'ici, son organisation n'a pu former que 18 jeunes filles par an.

« Mais les besoins sont immenses. Par conséquent, nous recherchons des fonds pour accroître notre projet, de telle façon à pouvoir prendre 48 jeunes filles la première année, et jusqu'à 96 jeunes filles à partir de la troisième année, » dit-elle.

Ce projet a un élément stratégique qui le distingue des autres : il utilise l'éducation des jeunes filles comme un moyen de conservation des ressources naturelles.

Development Marketplace 2005 - Marché à la criée de Nairobi

Le marché à la criée regorge d'immondices, et il n'y a pas aujourd'hui un plan de gestion des déchets pour l'en débarrasser. La plupart de ces déchets contiennent des matières plastiques et du polyéthylène et ne sont pas biodégradables.

Le programme permettra aux jeunes filles d'apprendre à faire du recyclage des matériaux en polyéthylène une activité de production d'articles commercialisables. Il va plus loin que cela : elles pourront aussi apprendre à faire la cuisine en utilisant d'autres sources d'énergie, à conserver l'eau de pluie, préparer du compost et à coudre des vêtements, bref des compétences professionnelles qui pourront ouvrir à ces jeunes filles de nouveaux horizons.

« Prenons le compost. Il est aujourd'hui fort demandé. Cependant, nous n'avons pas encore trouvé d'emballage adéquat pour attirer plus d'acheteurs, et par conséquent permettre à ces jeunes filles gagner de l'argent » dit-elle. Une partie des fonds du don sera utilisée pour rechercher comment emballer le compost pour mieux le vendre.

Pour Mahinda, ce programme qui permet à ces jeunes filles d'apprendre et de gagner un peu d'argent sur le marché donne de bons résultats.

« Nous trouvons que ce programme autonomise ces jeunes filles et améliore l'opinion qu'elles ont d'elles-mêmes. Nous les voyons aujourd'hui marcher la tête droite, décidées à se distinguer des autres jeunes filles des bidonvilles. »

Cependant, elle admet que toutes les jeunes filles qui sont passées par le centre n'ont pas fait preuve du même enthousiasme pour s'inscrire dans le programme.

« Au début, lorsqu'elles arrivent, elles ne sont pas vraiment à l'aise. Mais lorsqu'elles prennent connaissance les droits qu'ont aujourd'hui les jeunes filles, et qu'elles réalisent qu'elles peuvent se réaliser comme toutes autres jeunes filles, qui viennent d'une famille normale, elles désirent apprendre. »

Mahinda explique qu'avec les guides du mouvement scout féminin comme partenaires dans le projet, les jeunes filles des bidonvilles ont la possibilité de rencontrer des jeunes filles provenant d'autres écoles et de contextes différents.

« Elles réalisent que ces enfants sont exactement comme elles. La seule différence tient à leur vécu.

« Ce programme permet à ces jeunes filles de devenir la personne qu'elles veulent véritablement devenir. Leur sort ne doit pas être nécessairement celui de leurs sœurs, dont beaucoup se retrouvent dans les rues de Nairobi, à faire toutes sortes de choses, comme de la prostitution et du trafic de drogue, » dit-elle.




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