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Grippe A (H1N1) et grippe aviaire (H5N1)

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Données : Santé
Article - Questions - Réponses sur la grippe A (H1N1) 

En bref

L’épidémie de grippe H1N1 en 2009 a constitué la plus grande menace pandémique jamais enregistrée depuis plus de 40 ans, même si, finalement, elle s’est révélée moins grave que ce que l’on craignait. Si l’épidémie avait été plus virulente, elle aurait fait reculer les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), étant donné notamment qu’elle affectait tout particulièrement les femmes enceintes et les enfants.

La Banque mondiale, par le biais de la Banque internationale de reconstruction et de développement (BIRD) et de l’Association internationale de développement (IDA), a alloué un milliard de dollars de crédits bénéficiant de procédures d’approbation accélérées pour aider les pays en développement à lutter contre la grippe H1N1, la grippe aviaire (H5N1) et d’autres maladies d’origine animale (ou « zoonoses »), et à renforcer leurs capacités de préparation et de riposte à des épidémies futures.

La grippe aviaire H5N1

Le virus de la grippe aviaire H5N1, hautement pathogène, touche à ce jour 61 pays dans le monde (figure 1). On évalue à un milliard le nombre de volailles abattues ou mortes de maladie, ce qui a entraîné des pertes considérables pour les populations pauvres et aggravé les problèmes nutritionnels. Le virus persiste en Indonésie et dans d’autres pays. Au cours des seuls trois premiers mois de 2011, de nouveaux foyers d’infection ont été signalés au Bangladesh, au Cambodge, à Hong Kong, en Inde, au Japon, en Corée, au Myanmar et au Viet Nam. Les cas de transmission à l’homme restent extrêmement rares ; leur nombre a décliné en 2007-2008 mais augmenté à nouveau en 2009-2010. À la date du 16 mars 2011, les cas, confirmés en laboratoire, d’infection humaine par le virus de la grippe aviaire s’élevaient à 534 dont 316 décès, soit un ratio de mortalité de 60 %.

H1N1L’impact économique des pandémies de grippe

Les conséquences économiques d’une crise comme celle du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) survenue en 2003, sont de deux types. En premier lieu, on assiste à une baisse de la demande dans un certain nombre de secteurs : tourisme, commerce de détail, loisirs, etc. Et, en deuxième lieu, la pandémie va entraîner des coûts importants liés aux traitements médicaux et aux hospitalisations mais aussi, au niveau de la production, des pertes liées au ralentissement de l’activité économique résultant de la maladie ou du décès des travailleurs. Dans un scénario de pandémie modérée, les pertes économiques peuvent, la première année, coûter 1,3 % du produit intérieur brut (PIB) voire plus. Si l’on ajoute à cela les dépenses de prévention, qui avoisineraient 2 % du PIB, l’ensemble des coûts induits par une pandémie grippale modérée peut dépasser 3 % du PIB. Dans un scénario de pandémie plus aigue, celle-ci est susceptible de coûter à l’économie mondiale jusqu’à 4,8 % environ de son PIB, soit une perte de l’ordre de trois milliards de dollars.

Renforcer les systèmes de santé dans la lutte globale contre les grippes aviaires et pandémiques

La pandémie H1N1 de 2009 a souligné la nécessité de renforcer les systèmes de santé, une priorité déjà au cœur de la stratégie de la Banque pour la santé, la nutrition et la population élaborée en 2007. Les systèmes de santé sont vitaux à toutes les étapes de la lutte contre une pandémie. Même si de nombreux pays en développement ont amélioré leurs capacités de surveillance et de riposte à la maladie, leurs systèmes de santé humaine et animale ne sont pas assez solides pour conjurer de nouvelles épidémies.

Les financements des donateurs pour la surveillance et la lutte contre les maladies infectieuses à la source animale ont considérablement augmenté durant la période 2006-2009, au moment où le combat contre la grippe aviaire était une priorité. Mais ils ont décliné depuis, en relation notamment avec la baisse de l’attention portée par les médias et les décideurs politiques sur la prévention des pandémies.

Bien qu’elle ne puisse pas accorder de financements sous forme de dons, ce qui serait l’option la plus efficace pour encourager les mesures de prévention, la Banque s’est dotée d’une approche multisectorielle de santé (à la fois animale et humaine) destinée à aider les pays à conjurer les maladies infectieuses. En janvier 2006, le Conseil des Administrateurs de la Banque a approuvé, au moyen de procédures accélérées, un programme d’un milliard de dollars provenant des fonds de la BIRD et de l’IDA. À ce jour, 1,3 milliard de dollars a été alloué, via la BIRD/IDA et des fonds fiduciaires, à des projets dans 60 pays (tableau 1). Le Mécanisme multi-donateurs de lutte contre les grippes aviaire et humaine (AHIF), que gère la Banque, a reçu des engagements totalisant 127 millions de dollars en provenance de 10 bailleurs, au premier rang desquels figure la Commission européenne. Ce mécanisme appuie des programmes intégrés qui, sur la base de l’approche de santé unique, renforcent les services vétérinaires (dont le rôle est crucial pour la prévention), la surveillance épidémiologique des maladies animales et humaines (pour permettre des diagnostics en temps utile) et les systèmes de santé humaine. Il appuie également les efforts de préparation et de riposte aux pandémies, en commençant par les pays les plus affectés par le virus H1N1 comme l’Argentine, le Brésil, le Costa-Rica et le Mexique.

Tableau 1. Pays bénéficiant d’un soutien au titre du Programme mondial de
lutte contre la grippe aviaire et de préparation et riposte aux pandémies
humaines

Afrique

Asie de l’Est et Pacifique

Europe et Asie centrale

Moyen-Orient et Afrique du Nord

Amérique latine et Caraïbes

Asie du Sud

Cameroun
Congo (Rép.)
Liberia
Malawi
Mauritanie
Mozambique
Niger
Nigeria
Sierra Leone
Togo
Ouganda
Zambie

Cambodge
Chine
Indonésie
RDP Lao Mongolie
Myanmar
Viet Nam

Albanie
Arménie
Azerbaïdjan
Bosnie-Herzégovine
Géorgie
Kosovo
République kirghize
Moldavie
Roumanie
Tadjikistan
Turquie
Turkménistan
Ouzbékistan

Djibouti
Égypte
Iran
Syrie
Tunisie
Cisjordanie et Gaza
Yémen

Argentine
Bolivie
Brésil
Chili
Costa Rica
République dominicaine
Haïti
Honduras
Mexique
Paraguay
Uruguay

Afghanistan
Bangladesh
Bhoutan
Inde
Népal
Sri Lanka

 

Partenariats et appui aux conférences ministérielles pour améliorer la coordination

La Banque mondiale travaille en étroite collaboration avec les pays en développement, les donateurs, le Système de coordination des Nations unies pour les grippes aviaire et humaine, l’OMS, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), entre autres partenaires. Elle a également apporté son appui à une série de conférences ministérielles sur les grippes aviaire et humaine initiée en 2009, en fournissant des données analytiques sur les besoins et les déficits de financement, la biosécurité dans le secteur de la volaille et les mécanismes de compensation. La Banque et les Nations unies ont préparé conjointement cinq rapports d’activité mondiaux. La dernière réunion, à Hanoï en avril 2010, a mis en évidence l’importance de l’approche de santé unique (« One Health »), la plus efficace pour lutter contre les maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Le Mexique a proposé d’accueillir un sommet ministériel à l’automne 2011 destiné à promouvoir encore davantage la coopération internationale dans la lutte contre les menaces épidémiques mondiales. Compte tenu de la baisse des fonds alloués à la prévention et à la lutte contre les maladies au niveau animal, la conférence sera aussi l’occasion d’insister sur la nécessité de fournir, dans l’intérêt du monde entier, plus de ressources aux systèmes de santé (animale et humaine) dans les pays en développement.

Contacts : Phil Hay, (202) 473-1796, phay@worldbank.org 
Melanie Mayhew, (202) 458-7891, mmayhew1@worldbank.org

Dernière mise à jour : mars 2011




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