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L’accent mis sur la haute technologie dans la microfinance est une nouvelle tendance du dĂ©veloppement

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29 janvier 2007 — D’ici cinq ans, des millions de personnes dans les pays en dĂ©veloppement pourraient faire leurs opĂ©rations bancaires par tĂ©lĂ©phone mobile ou par d’autres moyens de haute technicitĂ©, mĂȘme Ă  partir des rĂ©gions les plus reculĂ©es.

 

Tel est l’objectif de ce programme de 26 millions de dollars qui s’appuiera sur la technologie pour fournir des services bancaires aux pauvres partout dans le monde.

 

S’il est concluant, le programme aidera les pays en dĂ©veloppement Ă  sauter de nombreuses Ă©tapes dans l’essor du secteur financier et « permettra aux habitants des villages d’avoir accĂšs Ă  toute une sĂ©rie de services financiers, quels que soient le lieu et l’heure » a dĂ©clarĂ© Elizabeth Littlefield, directrice gĂ©nĂ©rale du Groupe consultatif d’aide aux populations les plus pauvres (CGAP), une institution indĂ©pendante de 33 membres ayant son siĂšge Ă  la Banque mondiale.

 

Le CGAP et son partenaire Bill and Melinda Gates Foundation ont lancĂ© les opĂ©rations aujourd’hui, la Fondation Gates annonçant qu’elle apporterait 24 millions de dollars Ă  l’initiative de promotion des technologies et de la microfinance, financĂ©e Ă  hauteur de 2 millions de dollars par le CGAP.

 

Le programme du CGAP financera 20 ou 30 expĂ©riences , chacune de deux Ă  trois ans, dans 15 Ă  20 pays. DĂ©jĂ  sĂ©lectionnĂ©s Ă  partir de 71 propositions Ă©manant de 40 pays , neuf projets permettront d’expĂ©rimenter la banque mobile, les distributeurs automatiques de billets, les lecteurs de cartes et d’autres technologies au Kenya, en Afrique du Sud, aux Philippines, au Pakistan, en Colombie, au Mexique, aux Maldives, et en Mongolie.

 

Il s’agit de tirer parti de la croissance explosive des tĂ©lĂ©phones mobiles dans le monde en dĂ©veloppement pour fournir des prestations bancaires Ă  autant de gens que possible. Le nombre d’abonnĂ©s Ă  des services de tĂ©lĂ©phone mobile a doublĂ© au cours des deux derniĂšres annĂ©es, atteignant 2 milliards. En Afrique seulement, ce chiffre est passĂ© de 7 millions Ă  quelque 80 millions d’abonnĂ©s en cinq ans, a prĂ©cisĂ© Elisabeth Littlefield.

 

La banque mobile est dĂ©jĂ  Ă  l’essai dans plus d’une dizaine de pays et est en train de dĂ©coller aux Philippines, au Kenya et en Afrique du Sud, par exemple,   a-t-elle ajoutĂ©.

 

« Les pauvres sont tout Ă  fait prĂȘts Ă  s’appuyer sur des tĂ©lĂ©phones mobiles pour leurs opĂ©rations bancaires. Dans des pays comme le Congo, le tĂ©lĂ©phone mobile est utilisĂ© pour transfĂ©rer des fonds dans tous le pays, contournant complĂštement le systĂšme bancaire et les virements traditionnels. »

 

Le coĂ»t des « minuscules transactions, parfois en zone rurale », par des mĂ©thodes bancaires classiques, est le principal problĂšme auquel se heurte la fourniture de services de microfinance tels que les comptes d’épargne, les transferts de fonds et les prĂȘts aux pauvres.

 

La tĂ©lĂ©phonie mobile et d’autres technologies peuvent rĂ©duire le coĂ»t de ces transactions et rend Ă©conomiquement possible un large dĂ©veloppement de la microfinance.

 

« En fait, sans la technologie, on ne parviendra pas Ă  assurer des services financiers au dernier maillon de la chaĂźne, car il sera toujours trop coĂ»teux de recourir Ă  des ĂȘtres humains pour le faire » a dit Elisabeth Littlefield.

 

Dans la mouvance actuelle

 

Le partenariat CGAP-Gates s’inscrit dans une dynamique de dĂ©veloppement international qui tend Ă  proposer des technologies et des savoir-faire aux rĂ©gions du monde qui en ont le plus besoin.

 

« Il est certainement Ă  la pointe d’une nouvelle gĂ©nĂ©ration de partenariats entre des organismes Ă  vocation sociale et le secteur privĂ© », a indiquĂ© Elisabeth Littlefield. « Il s’agit pour ces organismes de trouver les moyens de motiver le secteur privĂ© et de subventionner certains des travaux de recherche-dĂ©veloppement. »

 

« Ces ressources — ces subventions — servent Ă  encourager la prise de risques », a ajoutĂ© Gautam Ivatury, spĂ©cialiste des technologies et directeur du programme technologique pour la microfinance au CGAP.

 

Ces financements seront utilisĂ©s pour promouvoir des avancĂ©es technologiques qui montreront aux Ă©tablissements bancaires et Ă  d’autres acteurs commerciaux qu’il est « économiquement justifiĂ© » d’entrer sur ce marchĂ© financier pour rechercher des clients auxquels ils n’auraient peut-ĂȘtre pas eu accĂšs avant des annĂ©es.

 

Beaucoup se demandent si des solutions innovantes de ce type peuvent aider Ă  rĂ©soudre des problĂšmes de dĂ©veloppement apparemment insolubles comme le sida, la faim et l’éducation pour tous. Le prĂ©sident de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, le prĂ©sident de Microsoft, Bill Gates, le professeur de la New York University et ancien Ă©conomiste de la Banque, William Easterly, et la prĂ©sidente de la RĂ©publique du LibĂ©ria, Ellen Johnson Sirleaf, ont abordĂ© ce thĂšme lors d’une sĂ©ance de travail vendredi dernier au Forum de Davos, en Suisse.

 

Bill Gates, dont la fondation a engagĂ© des milliards de dollars Ă  l’appui de programmes de vaccination, de recherches sur les vaccins et d’autres initiatives, a comparĂ© l’aide aux investissements de capital-risque, dont 70 % Ă©chouent mais une petite partie permet aussi d’obtenir des rĂ©sultats spectaculaires.

 

« Il faut toujours s’attacher aux aspects positifs. Globalement, l’aide a permis de sauver au moins 100 millions de vies. »

 

La Banque mondiale espĂšre atteindre un taux de rĂ©ussite supĂ©rieur Ă  10 % et cherche tout particuliĂšrement le moyen d’investir dans l’éducation avec des chances de succĂšs « raisonnablement Ă©levĂ©es », a dĂ©clarĂ© Paul Wolfowitz.

 

« Nous avons beaucoup appris au cours des 40 ou 50 derniÚres années, et la façon dont nous accordons notre aide a changé », a ajouté Paul Wolfowitz.

 

La Banque attache plus d’importance Ă  la gouvernance et cherche Ă  prĂȘter son concours lĂ  oĂč les chances de succĂšs sont les plus grandes.

 

« De nombreuses innovations ont fait Ă©voluer la façon dont nous concevons l’aide. Nous privilĂ©gions davantage la dĂ©centralisation, le dĂ©veloppement de proximitĂ©, et ceux qui peuvent rĂ©ellement attester qu’ils sont les bĂ©nĂ©ficiaires de l’aide reçue. »

 

En outre, la Banque ne cesse de « faire naĂźtre de nouvelles idĂ©es et d’innover dans ses projets », a dĂ©clarĂ© l’économiste principal de la Banque Mark Sundberg, coauteur, avec le premier vice-prĂ©sident (Ă©conomie du dĂ©veloppement) et chef Ă©conomiste de la Banque, Francois Bourguignon, d’un rĂ©cent document intitulĂ© Aid Effectiveness: Opening the Black Box (a).  « Toutefois, il est toujours possible de faire encore mieux et de rĂ©flĂ©chir aux moyens de rendre la Banque plus efficace. »

 

« De nombreux Ă©lĂ©ments montrent que les enseignements tirĂ©s des actions menĂ©es, l’effort d’innovation dans la maniĂšre d’accorder notre aide, les nouvelles formes de coopĂ©ration avec nos partenaires et l’application Ă  plus grande Ă©chelle de procĂ©dĂ©s nouveaux efficaces se traduisent par des rĂ©sultats positifs et nous faut aborder les projets de façon diffĂ©rente » a ajoutĂ© Mark Sundberg.  « Mais il faut davantage investir pour Ă©valuer l’impact des projets financĂ©s par la Banque et pouvoir ainsi mieux expliquer les rĂ©ussites et les Ă©checs partout dans le monde. »

 

Certaines des nouvelles formules adoptées font appel à des partenariats avec le secteur privé, les ONG et les organismes de proximité pour exploiter les savoir-faire locaux lorsque la capacité des pouvoirs publics à résoudre les problÚmes de développement est faible.

 

Au nombre des actions de la Banque qui innovent par leur conception et leurs modes d’intervention, on peut citer les efforts accrus d’irrigation qui profitent Ă  des milliers d’agriculteurs au Niger, les services de santĂ© dans les zones rurales en Afghanistan, l’accĂšs beaucoup plus large aux tĂ©lĂ©communications au Nicaragua et les investissements pour amĂ©liorer l’alimentation en eau au Mozambique.

Au plan technologique, les innovations comprennent l’imagerie satellitaire pour les services de cartographie terrestre et du cadastre, et leur informatisation, en RĂ©publique kirghize et en ArmĂ©nie, les projets d’administration Ă©lectronique qui donnent aux Sri-Lankais un meilleur accĂšs Ă  l’information et aux services publics, et la rĂ©cupĂ©ration du gaz des dĂ©charges dans le cadre de projets sur l’énergie en AmĂ©rique latine, a ajoutĂ© Mark Sundberg.

 

Mark Sundberg met Ă©galement en exergue le « petit mais trĂšs prometteur » Development Marketplace, un « bon laboratoire d’idĂ©es ». Cette compĂ©tition annuelle invite les entreprises privĂ©es et les ONG Ă  concourir pour des financements Ă  l’appui de petits projets visant Ă  remĂ©dier Ă  des problĂšmes de dĂ©veloppement. Certaines de ces innovations sont « trĂšs concluantes » et seront reprises sur une plus grande Ă©chelle grĂące Ă  des financements du Groupe de la Banque mondiale. « Il nous faut rĂ©flĂ©chir aux moyens d’encourager davantage ces efforts » a conclu Mark Sundberg.

 

 

 

 





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