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Paul Wolfowitz : ConfĂ©rence de presse d’ouverture des RĂ©unions de printemps 2007 de la Banque mondiale et du Fonds monĂ©taire international, le 12 avril 2007 Ă  Washington

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Déclaration de Paul Wolfowitz,
Président de la Banque mondiale
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M. Hanlon :  Mesdames, Messieurs, bonjour. Je vous souhaite la bienvenue, et je vous remercie de vous ĂȘtre joints Ă  nous ce matin. Le prĂ©sident Wolfowitz va commencer par faire une dĂ©claration, aprĂšs quoi nous serons heureux d’entendre vos questions. Je vous demanderai de bien vouloir vous prĂ©senter, ainsi que l’organisation Ă  laquelle vous appartenez. Je vous demanderai Ă©galement de vous limiter Ă  une seule question afin que le plus grand nombre d’entre vous puisse intervenir.

 

Bien entendu, les informations Ă©changĂ©es durant cette rĂ©union peuvent ĂȘtre divulguĂ©es. Je donne maintenant la parole au prĂ©sident Wolfowitz.

 

Président Wolfowitz : Merci, Carl.

 

Permettez-moi de commencer en disant simplement quelques mots sur le sujet qui, je le sais, est dans tous les esprits. Il y a deux ans, lorsque je suis arrivĂ© Ă  la Banque, j’ai soulevĂ© la question d’un conflit d’intĂ©rĂȘt potentiel et demandĂ© Ă  me faire rĂ©cuser du dossier. J’ai portĂ© la question devant le ComitĂ© d’éthique et, suite Ă  des discussions approfondies que j’ai eues avec son PrĂ©sident, le ComitĂ© a Ă©mis l’avis qu’il convenait de promouvoir et de transfĂ©rer Mme Shaha Riza.

 

J’ai entrepris en toute bonne foi d’appliquer cet avis tel que je le concevais, et ce de maniĂšre Ă  prendre en charge le rĂšglement d’un problĂšme qui Ă©tait Ă  mon sens susceptible de faire du tort Ă  l’institution. Avec le recul, j’aimerais m’ĂȘtre fiĂ© Ă  mon instinct initial et m’ĂȘtre tenu Ă  l'Ă©cart des nĂ©gociations. J’ai fait une erreur, et je le regrette.

 

Mais permettez-moi aussi de demander un peu de comprĂ©hension. Non seulement cela constituait un douloureux dilemme personnel, mais j’ai dĂ» y faire face alors que j’arrivais juste dans cette institution et que j’essayais d’avancer en territoire inconnu. La situation Ă©tait exceptionnelle et sans prĂ©cĂ©dent. Il s’agissait d’une rĂ©affectation involontaire, et j’ai estimĂ© qu’un risque juridique se posait si cela n’était pas rĂ©glĂ© par consentement mutuel. J’assume l’entiĂšre responsabilitĂ© des dĂ©tails de ce dossier. Je n’ai pas cherchĂ© Ă  cacher ce que j’ai fait, ni rejetĂ© la responsabilitĂ© sur qui que ce soit.

 

J’ai rencontrĂ© le Conseil ce matin, et je lui ai proposĂ© qu’il Ă©tablisse un mĂ©canisme quelconque pour dĂ©terminer si l’accord conclu constituait une issue raisonnable. J’accepterai toute solution qu’il proposera.

 

Dans l’ordre des choses plus gĂ©nĂ©ral, nous avons des tĂąches bien plus importantes Ă  traiter en prioritĂ©. À ceux qui sont en dĂ©saccord avec les choses qu’ils associent avec moi dans mes prĂ©cĂ©dentes fonctions, je dirai que je ne suis pas dans mes prĂ©cĂ©dentes fonctions. Je ne travaille pas pour le Gouvernement amĂ©ricain ; je travaille pour cette institution et ses 185 actionnaires. Je crois profondĂ©ment Ă  la mission de cette institution, et j’ai pour elle une passion. Je pense que le dĂ©fi posĂ© par la rĂ©duction de la pauvretĂ© est d’une Ă©norme importance, non seulement pour nous, mais aussi pour nos enfants et nos petits-enfants. Je pense que l’occasion qui se prĂ©sente en Afrique est potentiellement historique.

 

Nous avons vraiment rĂ©ussi Ă  attirer l’attention sur les progrĂšs qui peuvent ĂȘtre faits en Afrique, et pas seulement sur le dĂ©sespoir et la misĂšre. Je pense qu’ensemble nous avons fait des avancĂ©es pour permettre Ă  cette institution d’apporter une rĂ©ponse plus efficace et rapide, tant dans les pays les plus pauvres que dans les pays Ă  revenu intermĂ©diaire, afin de poursuivre le combat contre la pauvretĂ©.

 

Je crois aussi, plus fortement encore aujourd’hui que lorsque j’ai pris mes fonctions, que le monde a besoin d'une vĂ©ritable institution multilatĂ©rale comme celle-ci, capable de gĂ©rer de maniĂšre responsable et crĂ©dible les fonds de tous pour atteindre les objectifs qui sont aussi ceux de tous, que ce soit lutter contre la pauvretĂ©, faire face au changement climatique ou rĂ©agir au danger de la grippe aviaire. Je demande Ă  ĂȘtre jugĂ© sur ce que je fais aujourd’hui et sur ce que nous pouvons accomplir ensemble Ă  l’avenir.

 

Dans cet esprit, permettez-moi de dire quelques mots sur l’ordre du jour du ComitĂ© du dĂ©veloppement. Nous allons principalement nous intĂ©resser au Rapport de suivi mondial, au document sur l’architecture de l’aide et au Plan d’action pour l’Afrique.

 

Nous allons Ă©galement avoir une discussion informelle, comme c’est gĂ©nĂ©ralement le cas au cours du dĂ©jeuner du ComitĂ© du dĂ©veloppement. Par ailleurs, nous participerons Ă  trois activitĂ©s parallĂšles importantes : la premiĂšre pour traiter de la question du Bassin du Congo, la deuxiĂšme pour Ă©tudier le problĂšme de l’approvisionnement en eau des pauvres, et la troisiĂšme pour Ă©voquer les difficultĂ©s que pose la rĂ©cupĂ©ration des biens volĂ©s.

 

Comme vous le savez, la principale stratĂ©gie de la Banque en faveur de l’Afrique est le Plan d’action pour l’Afrique. J’ai dĂ©jĂ  dit Ă  l’instant que je pense que des perspectives historiques s’ouvrent aujourd’hui pour l’Afrique. De nombreuses parties du sous-continent enregistrent une croissance remarquable. Un tiers environ des pays, qui ne sont pas producteurs de pĂ©trole et qui compte Ă  peu prĂšs le tiers de la population, ont affichĂ© une croissance de 4 % ou plus ces dix derniĂšres annĂ©es. Ce sont lĂ  des rĂ©sultats plutĂŽt satisfaisants, et ils ont pour corollaires des progrĂšs en matiĂšre d’éducation, de santĂ© et de rĂ©sorption des disparitĂ©s entre les sexes. On constate un surcroĂźt d’efforts pour la rĂ©forme du monde des affaires, efforts encouragĂ©s dans une large mesure par le rapport Doing Business de la Banque. Et la Banque aide l’Afrique Ă  disposer des moyens nĂ©cessaires pour relever les dĂ©fis auxquels elle est confrontĂ©e. Nos prĂȘts atteignent aujourd’hui des niveaux sans prĂ©cĂ©dent en termes de volume et de qualitĂ© et, surtout, d’innovation.

 

Pour l’essentiel, nous fournissons notre aide en faveur de l’Afrique par l’intermĂ©diaire de l’ IDA, l’Association internationale de dĂ©veloppement. L’IDA est en bonne voie pour ce qui est d’honorer ses engagements Ă  l’égard du continent, avec un niveau de prĂȘts qui devrait atteindre un nouveau plateau cette annĂ©e : aprĂšs le chiffre record de 4,7 milliards de dollars de l’an dernier, on s’attend Ă  un chiffre de 5 milliards de dollars, ou plus.

 

Nous nous acquittons de nos responsabilitĂ©s, mais il est clair que la communautĂ© internationale doit faire davantage pour aider l’Afrique. Il n’est plus du tout certain aujourd’hui que les promesses faites lors du Sommet de Gleneagles de doubler l’aide en faveur de l’Afrique d’ici 2010 seront tenues. D’aprĂšs un rĂ©cent rapport du ComitĂ© d’aide au dĂ©veloppement de l’OCDE, en 2006, l’aide publique au dĂ©veloppement a diminuĂ© de quelque 5 % pour atteindre 104 milliards de dollars.

 

Ce serait commettre une erreur tragique que de ne pas respecter les promesses d’augmenter l’aide. Permettez-moi de citer quelques-uns des dĂ©fis dĂ©crits dans le Rapport de suivi mondial que le ComitĂ© du dĂ©veloppement va examiner. D’aprĂšs ce rapport, jusqu’à prĂ©sent, aucun pays n’a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une augmentation de l’aide suffisante pour contribuer Ă  atteindre les ODM, les objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire, d’ici 2015. Ce dont ces pays ont besoin, ce sont des financements prĂ©visibles Ă  long terme. Cela, l’IDA peut l’assurer.

 

Je ferai une autre remarque. PrĂšs de deux ans aprĂšs le Sommet de Gleneagles, aprĂšs les annonces de contributions qui y ont Ă©tĂ© faites et aprĂšs les rĂ©unions Ă©largies qui ont suivi en 2005 en vue d’accroĂźtre sensiblement les nouveaux apports d’aide au dĂ©veloppement pour l’Afrique, on n’a pas encore observĂ© de nouveaux flux d’aide importants qui se soient traduits par de vĂ©ritables ressources pour les programmes de dĂ©veloppement sur le terrain.

 

C’est donc un dĂ©fi bien rĂ©el que nous avons Ă  relever et, ne l’oublions pas, comme les discussions pour IDA 15, la QuinziĂšme reconstitution des ressources de l’IDA, ont dĂ©jĂ  commencĂ©, les bailleurs de fonds doivent tenir les promesses qu’ils ont faites Ă  Gleneagles, puis aux AssemblĂ©es annuelles de la Banque mondiale et du FMI, ici mĂȘme Ă  l’automne 2005, de compenser intĂ©gralement les fonds que ne reçoit plus l’IDA au titre du remboursement de la dette par suite de l’Initiative PPTE, en faveur des pays pauvres trĂšs endettĂ©s, et de l’Initiative d’allĂšgement de la dette multilatĂ©rale, et de maintenir la capacitĂ© de l’IDA pour le financement de programmes et projets dans les pays les plus pauvres.

 

La prĂ©sente rĂ©union est Ă  mes yeux importante. Elle nous permettra de nous concentrer sur les progrĂšs actuellement rĂ©alisĂ©s, progrĂšs qui, selon moi, tiennent en grande partie aux meilleurs rĂ©sultats affichĂ©s par les pays en dĂ©veloppement, et de nous concentrer aussi sur le respect des promesses qui ont Ă©tĂ© faites d’aider ces pays Ă  se dĂ©velopper.

 

M. Hanlon : Merci beaucoup, Monsieur le Président.

 

Des exemplaires de la dĂ©claration du PrĂ©sident seront Ă  votre disposition Ă  la fin de la confĂ©rence de presse au fond de la salle. Et maintenant, nous sommes prĂȘts Ă  recevoir vos questions. Encore une fois, pour faciliter les choses, veuillez vous prĂ©senter et indiquer le nom de votre organisation.

 

Oui, Fernando ?

 

Question : Bonjour. Fernando Supra Pinto de TVGlobo, Brésil.

 

Si le Conseil décide de vous décharger de vos fonctions, comment évaluerez-vous cet épisode de votre mandat à la Banque mondiale ?

 

Président Wolfowitz : Les membres du Conseil délibÚrent actuellement sur cette question, et je ne vais pas anticiper sur les délibérations en spéculant sur leurs conclusions.

 

Je vous ai donnĂ© mon avis sur la question, et je vous ai dit ce que je leur avais proposĂ©, et nous allons devoir attendre de voir ce qu’ils ont Ă  dire.

 

Question : Alicia Salgado du journal El Financiero, Mexique.

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur les stratĂ©gies pour les pays Ă  revenu intermĂ©diaire qui seront prĂ©sentĂ©es cette semaine au ComitĂ© de dĂ©veloppement, car le Mexique est un des pays qui sont trĂšs bas en matiĂšre de prĂȘts d’appoint, s’agissant des lignes de financement de la Banque mondiale, et il y a certaines demandes tendant Ă  un changement de catĂ©gorie pour ces pays, surtout le Mexique, le BrĂ©sil, le Chili, etc. Pouvez-vous rĂ©pondre Ă  ce sujet ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Cela recouvre toute une sĂ©rie de changements sur notre façon d’opĂ©rer ; tout d’abord, le concept Ă  appliquer pour rĂ©duire les coĂ»ts de transaction liĂ©s aux opĂ©rations menĂ©es avec la Banque mondiale, pour ce qui est d’emprunter auprĂšs d’elle, est quelque chose qui pourrait se faire plus rapidement, de maniĂšre plus compĂ©titive par rapport aux autres sources de financement dans des pays comme le Mexique qui ont accĂšs aux marchĂ©s commerciaux.

 

DeuxiĂšmement, il s’agit de reconnaĂźtre que pour des pays avancĂ©s comme le Mexique, qui ont largement accĂšs aux marchĂ©s commerciaux et Ă  d’autres sources de fonds, l’intĂ©rĂȘt qu’il y a Ă  emprunter Ă  la Banque trouve peut ĂȘtre plus son fondement dans le type de connaissances et de compĂ©tences qui accompagnent ces prĂȘts, et c’est Ă  nous de dĂ©terminer quelle valeur adĂ©quate attacher Ă  ces deux aspects diffĂ©rents de ce que nous faisons. Mais nous devons aussi progresser pour suivre l’accroissement de plus en plus rapide du degrĂ© de sophistication de clients comme le Mexique. On ne peut pas
 le type d’information qui Ă©tait peut-ĂȘtre utile au Mexique, ou Ă  la Chine, ou au BrĂ©sil, il y a 20 ans ne leur est pas trĂšs utile aujourd’hui.

 

Je pense que lĂ  oĂč nous apportons le plus de valeur ajoutĂ©e, c’est surtout au niveau des programmes ciblĂ©s sur la pauvretĂ©. Mais j’ai Ă©galement vu, lors de ma visite au Mexique, des endroits oĂč nous travaillions sur des choses comme le financement du logement dans le secteur privĂ©, par le biais de la SFI, oĂč nous mettions en Ɠuvre d’importantes approches novatrices en matiĂšre de gouvernance, notamment pour les rĂ©formes de la passation des marchĂ©s, et pour ce qui est d’apporter une aide en ce qui concerne les remarquables procĂ©dures mises en place par le Mexique en matiĂšre de libertĂ© de l’information.

 

Et enfin, je pense qu’au Mexique, comme dans de nombreux autres endroits, la Banque apporte Ă©normĂ©ment de compĂ©tences dans le domaine gĂ©nĂ©ral du dĂ©veloppement durable, ce qui recouvre surtout — bien entendu, cela recouvre de multiples aspects —, mais surtout, d’aprĂšs ce que j’ai vu lĂ , des compĂ©tences pour ce qui est de gĂ©rer l’environnement dans le contexte du dĂ©veloppement.

 

Et une derniĂšre chose pour finir, et cela vaut particuliĂšrement dans le cas du Mexique, mais cela s’inscrit dans la stratĂ©gie gĂ©nĂ©rale pour les pays Ă  revenu intermĂ©diaire : il s’agit de dĂ©terminer comment nous pouvons aider les pays Ă  mettre en place leurs propres systĂšmes d’audit et de contrĂŽle, pour qu’ils n’aient pas Ă  faire appel Ă  nos systĂšmes, qui sont parfois jugĂ©s trop lourds Ă  manier ; mais cela ne veut pas dire substituer des dispositifs de sauvegarde moins adĂ©quats aux dispositifs de sauvegarde de la Banque mondiale. Cela signifie aider les pays Ă  dĂ©velopper leurs propres dispositifs de sauvegarde pour les porter Ă  un niveau tel que nos propres procĂ©dures pourraient ĂȘtre sensiblement simplifiĂ©es. Cela suscite Ă©normĂ©ment d’intĂ©rĂȘt, et non seulement cela simplifierait la collaboration avec la Banque mondiale, mais je crois qu’il y a des exemples concrets, au Mexique, de situations oĂč des amĂ©liorations ont Ă©tĂ© apportĂ©es au processus de passation des marchĂ©s financĂ©s non seulement sur les fonds de la Banque mondiale mais aussi sur ceux du Gouvernement mexicain.

 

Question : Corbit Daily, de Thompson Financial News.

Monsieur le prĂ©sident Wolfowitz, dans votre dĂ©claration prĂ©liminaire, vous avez dit que vous demandiez Ă  ĂȘtre jugĂ© sur ce que vous faites maintenant. Je me demandais ce que vous aimeriez rĂ©pondre Ă  vos critiques selon lesquels vous ĂȘtes en train de faire de la Banque mondiale un outil du Gouvernement amĂ©ricain, et vous faites preuve de favoritisme en matiĂšre d’aide au dĂ©veloppement.

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Je n’ai encore vu aucune preuve de cela, franchement. Ce que je veux dire, c’est que nous agissons en matiĂšre d’aide au dĂ©veloppement comme cela se faisait avant que je n’arrive ici. Les fonds de l’IDA sont attribuĂ©s sur la base de son systĂšme d’allocation fondĂ© sur les performances, dont certains diront peut-ĂȘtre qu’il est trop rigide, mais qui est un systĂšme trĂšs objectif. Nous ne faisons pas de favoritisme Ă  l’égard de qui que ce soit. Nous essayons d’affecter des ressources lĂ  oĂč elles font le plus de bien pour la rĂ©duction de la pauvretĂ©, et nous essayons de les acheminer plus rapidement et en les assortissant de meilleurs dispositifs de sauvegarde.

 

Je pense qu’il s’agit de renforcer l’accent qui a commencĂ©, Ă  vrai dire, Ă  ĂȘtre mis du temps de mon prĂ©dĂ©cesseur sur le concept selon lequel la gouvernance et la corruption font partie intrinsĂšque du processus. Et, franchement, je pense que les États-Unis et les autres pays dĂ©veloppĂ©s sont tenus de faire plus, et pas seulement de montrer du doigt les pays pauvres et de dire que la corruption est leur problĂšme. Si ceux qui volent des avoirs Ă  ces pays les placent dans des banques amĂ©ricaines, ou des banques europĂ©ennes, ou ailleurs dans les pays dĂ©veloppĂ©s, il appartient aux pays dĂ©veloppĂ©s d’aider ces pays Ă  recouvrer leurs avoirs.

 

Enfin, et je pense avoir Ă©tĂ© trĂšs clair sur ce point, toute l’aide au dĂ©veloppement que nous pouvons fournir et tout ce que font les pays eux-mĂȘmes pour accroĂźtre la production auront des retombĂ©es bĂ©nĂ©fiques bien moindres sur les pauvres s’ils n’ont pas d’endroits oĂč vendre leurs produits. Et je pense que les subventions agricoles, en particulier aux États-Unis de mĂȘme qu’en Europe et au Japon, sont un scandale — je l’ai dit. Je pense qu’elles profitent aux riches au dĂ©triment des pauvres, et cela n’est pas un point de vue amĂ©ricain : c’est mon point de vue Ă  moi, en tant que responsable d’une institution dont la responsabilitĂ© majeure est Ă  l’égard des pauvres.

 

Question : En tant que personne originaire de l’ex-Union soviĂ©tique, je m’intĂ©resse tout particuliĂšrement Ă  cette rĂ©gion. En ce qui me concerne, quelque chose qui vient Ă  l’appui de la question que vous a posĂ©e le journaliste prĂ©cĂ©dent est le cas de l’OuzbĂ©kistan. Il y a eu un passage d’une situation d’appui total quand l’OuzbĂ©kistan Ă©tait considĂ©rĂ© comme un alliĂ© majeur des États-Unis dans la rĂ©gion, Ă  un retrait de l’appui aprĂšs qu’il a cessĂ© d’ĂȘtre un alliĂ© majeur dans la rĂ©gion. Des gens ont affirmĂ© que cela avait Ă©tĂ© fait sur instructions directes de votre part. Que rĂ©pondez-vous Ă  cela ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Le problĂšme n’avait rien Ă  voir avec les relations entre l’OuzbĂ©kistan et les États-unis. Et, dans mon emploi prĂ©cĂ©dent, je dois dire que l’OuzbĂ©kistan Ă©tait perçu, et je suis sĂ»r qu’il l’est toujours, comme Ă©tant d’une Ă©norme importance stratĂ©gique.

 

La question pour la Banque mondiale est que, compte tenu des violations substantielles des droits de l’homme qui Ă©taient commises avant cette dĂ©cision, nous nous prĂ©occupions rĂ©ellement de la question de savoir si nous pourrions dĂ©terminer en toute transparence oĂč nos fonds aboutissaient, car la notion de transparence suppose que les gens soient raisonnablement libres de dire ce qui se passe. Et notre objectif n’est pas de nous dĂ©sengager de l’OuzbĂ©kistan. Notre objectif est de trouver les moyens de nous engager, et de nous engager d’une maniĂšre plus effective.

 

Et je suis prĂȘt Ă  vous assurer que cela n’avait rien du tout Ă  voir avec l’état des relations entre l’OuzbĂ©kistan et les États-Unis.

 

Question : Jose Esquivel du magazine Proceso, Mexique.

Ma question a trait Ă  la corruption. En tant que personne aux avant-postes du combat contre la corruption et le favoritisme, la question que je veux vous poser est la suivante : Quel va ĂȘtre votre conseil Ă  l’intention du ministre mexicain des Finances, que vous connaissez trĂšs bien, et qui n’a pas dit prĂ©cisĂ©ment aux Mexicains et aux mĂ©dias mexicains s’il va mener une enquĂȘte sur ses prĂ©dĂ©cesseurs, ou qui a Ă©tĂ© impliquĂ© dans ce scandale durant son mandat, comme quoi il a favorisĂ© beaucoup de personnes et beaucoup de gens proches de lui, surtout des parents proches de gens qui travaillaient Ă  ses cĂŽtĂ©s. Quel sera votre conseil Ă  l’intention des Mexicains — et beaucoup de gens dans les pays pauvres estiment que les dirigeants ne disent jamais rien quand le ministre des Finances est impliquĂ© dans une enquĂȘte,et ce n’est pas juste. Que dites-vous au peuple mexicain ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Je ne suis pas au courant de l’affaire que vous dĂ©crivez, et je ne peux donc pas faire de commentaire sur ses aspects dĂ©taillĂ©s. Ce que je pense, c’est qu’il y a un solide principe gĂ©nĂ©ral : s’il y a un problĂšme, traitez-le de maniĂšre transparente, rĂ©vĂ©lez tout ce que vous savez, et dĂ©terminez quels sont les remĂšdes appropriĂ©s. Je crois qu’on peut vraiment dire avec certitude que la transparence est l’élĂ©ment primordial, la prioritĂ© absolue, en l’occurrence, pour assurer une bonne gouvernance et lutter contre la corruption.

 

Question : J’ai deux questions : envisagez-vous d’une maniĂšre ou d’une autre de dĂ©missionner de votre poste ?

 

Et, deuxiĂšmement, au sujet du Conseil qui dĂ©libĂšre aujourd’hui : ses dĂ©libĂ©rations sont-elles axĂ©es sur votre renvoi, ou considĂšre-t-il toute une sĂ©rie de solutions, et quelles sont ces solutions, s’il vous plaĂźt ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Comme je l’ai dit en rĂ©ponse Ă  la question prĂ©cĂ©dente, je ne vais pas spĂ©culer sur ce que va dĂ©cider le Conseil. Je leur ai fait clairement savoir, et je vous ai fait clairement savoir, que j’ai essayĂ© de dĂ©terminer ce qui Ă©tait raisonnable dans des circonstances sans prĂ©cĂ©dent et difficiles. Et s’ils arrivent Ă  une quelconque conclusion Ă©tablissant si oui ou non c’est raisonnable, je me rangerai aux solutions, quelles qu’elles soient, qui sont disponibles en l’occurrence.

 

Cela n’a constituĂ© en aucune façon une tentative pour protĂ©ger un intĂ©rĂȘt personnel. Ce que j’ai cherchĂ© Ă  faire, c’était de rĂ©soudre un problĂšme qui, Ă  mon avis, prĂ©sentait un risque rĂ©el pour l’institution, et ce que je regrette vraiment, c’est de ne pas avoir entrepris plus dĂ©libĂ©rĂ©ment de me tenir Ă  l’écart.

 

Je tiens Ă  le dire clairement : je n’ai jamais cherchĂ© de mon plein grĂ© Ă  ĂȘtre mĂȘlĂ© Ă  cela.

 

Question : Simon Cox, du magazine The Economist.

Avez-vous craint que Mme Riza n’intente un procĂšs contre l’institution si elle n’était pas satisfaite de l’arrangement qu’elle obtiendrait ?

 

Président Wolfowitz : Pardon ?

 

Question : Vous avez mentionnĂ© le risque juridique posĂ© Ă  l’institution. Avez-vous craint que Mme Riza n’intente un procĂšs contre la Banque mondiale si elle n’obtenait pas l’arrangement qui lui convenait ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Je pense que ce serait pour moi spĂ©culer et prĂ©juger de ce qu’il appartient au Conseil de dĂ©terminer, ou d’établir un mĂ©canisme pour dĂ©terminer. Mais quand on se trouve en territoire inconnu et qu’on impose une solution involontaire Ă  des membres du personnel, il y a des risques. Cela ne fait absolument pas de doute : il y a des risques.

 

Question : Jean Paul, de l’agence de presse Reuters.

Si je comprends bien, la question Ă©nergĂ©tique a Ă©tĂ© retirĂ©e de l’ordre du jour officiel et pourrait faire l’objet de discussions au cours du dĂźner. Je me demandais pourquoi il en est ainsi et si cela avait quoi que ce soit Ă  voir avec une impossibilitĂ© de parvenir Ă  un consensus sur la façon de traiter cette question ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Non, cette question n’a pas Ă©tĂ© retirĂ©e de l’ordre du jour. Un des problĂšmes est qu’il n’y a pas assez de temps pour discuter de toutes les questions importantes qui sont prĂ©sentĂ©es Ă  ces rĂ©unions. Je crois que nous avons quelque chose de l’ordre de sept documents de rĂ©fĂ©rence, dont certains sont lĂ  pour ĂȘtre lus parce qu’il n’y a pas le temps d’en discuter.

 

Et donc, nous avons un dĂ©bat assez intense sur qui pourrait figurer Ă  l’ordre du jour officiel du ComitĂ© du dĂ©veloppement. Il n’y a que deux points Ă  l’ordre du jour, mais nous avons rĂ©ussi Ă  en caser un troisiĂšme, qui est le document sur l’architecture de l’aide. C’est un document trĂšs important, qui Ă©mane du ComitĂ© des DĂ©lĂ©guĂ©s Ă  l’IDA, et permettez-moi de vous en dire deux mots parce que c’est une question vraiment cruciale. Il met en avant l’argument selon lequel l’apparition de beaucoup de nouveaux donateurs, y compris ce qu’on appelle les « fonds verticaux » qui se concentrent sur des maladies ou des programmes prĂ©cis, de grosses fondations, des donateurs d’un nouveau type, tout cela est une bonne chose, mais ça met Ă  contribution l’ensemble du dispositif de dĂ©veloppement, et en particulier les pays les plus faibles, pour ce qui est de maintenir les systĂšmes de base au sein du pays, tels que ceux qui assurent la formation des enseignants. Il est trĂšs important, comme on essaie actuellement de le faire, d’accroĂźtre le nombre d’enfants inscrits Ă  l’école primaire, mais si on le fait sans renforcer la formation des enseignants, alors ça pose problĂšme. Et le document sur l’architecture de l’aide identifie ce type de problĂšmes.

 

Et le Plan d’action pour l’Afrique, bien entendu, est l’autre point.

 

Et puis on en arrive aux discussions informelles : vous avez parlĂ© de dĂźner ; c’est un dĂ©jeuner. Il s’agit d’une rĂ©union des ministres du dĂ©veloppement qui se dĂ©roule de façon trĂšs informelle, sans le personnel. Il y a deux principaux sujets Ă  cet ordre du jour, et l’un d’entre eux est le cadre pour les Ă©nergies propres. On avait les Ă©nergies propres Ă  l’ordre du jour officiel Ă  l’automne dernier, et la question pourrait bien ĂȘtre traitĂ©e Ă  nouveau cet automne. C’est un point de concentration majeur de l’action de la Banque, et ça pourrait bien ĂȘtre le principal centre d’intĂ©rĂȘt de la Banque dans 10 ou 15 annĂ©es. On se trouve face Ă  une situation oĂč, d’un cĂŽtĂ©, les pays les plus pauvres qui sont nos principaux clients sont, franchement, souvent ceux qui sont le plus touchĂ©s par le changement climatique, en partie du fait que beaucoup d’entre eux sont situĂ©s en zones tropicales, mais aussi du simple fait que si vous vivez dĂ©jĂ  dans une situation prĂ©caire, une lĂ©gĂšre perturbation vous pousse Ă  la renverse.

 

Et donc, le simple fait de dĂ©finir comment s’y prendre pour les aider Ă  s’adapter est crucial, mais aussi, lorsqu’il s’agit de ce qu’on appelle « l’attĂ©nuation », Ă  savoir comment rĂ©duire les Ă©missions de carbone, manifestement, l’un des moyens, un moyen essentiel et peut-ĂȘtre le moyen essentiel, pour y parvenir est de faire en sorte que des investissements soit fournis Ă  partir des pays dĂ©veloppĂ©s, des pays riches, pour aider les pays pauvres Ă  rĂ©duire leurs Ă©missions de carbone, soit en rĂ©duisant le dĂ©boisement, soit en rĂ©duisant leur dĂ©pendance Ă  l’égard des combustibles fossiles, soit en accroissant le rendement de leur utilisation de combustibles fossiles. C’est une grande question. Il n’y a pas manque d’intĂ©rĂȘt. Il n’y a pas manque de consensus, quoique de difficiles questions se posent en l’occurrence. Tout le monde s’accorde Ă  dire que c’est une question importante et que le traitement de ce dossier va avancer.

 

Je pense que la discussion lors du déjeuner devrait finalement aider à faire avancer ce dossier en donnant une bonne idée de ce que les ministres considÚrent comme les aspects primordiaux.

 

Question : Barry Wood, Voice of America.

Monsieur Wolfowitz, est-ce que la Banque n’a pas cĂ©dĂ© en Afrique l’initiative en matiĂšre de lutte contre le VIH/SIDA Ă  la Fondation Gates ? Et comment voyez-vous l’impact de l’approche qui est celle de la Fondation Gates sur les opĂ©rations de la Banque ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Vous savez, l’idĂ©e que nous avons cĂ©dĂ© l’initiative Ă  quelqu’un d’autre laisse penser en quelque sorte que nous sommes en concurrence avec Microsoft. Ce n’est pas le cas. Nous sommes engagĂ©s dans le mĂȘme domaine d’activitĂ©, et le fait pour la Fondation Gates d’ĂȘtre en premiĂšre ligne de la lutte contre le VIH/SIDA est quelque chose de merveilleux, et l’une des choses que cela tend Ă  vouloir dire, c’est que les pays veulent voir la Banque rĂ©pondre Ă  certains des besoins auxquels ne rĂ©pond pas la Fondation Gates. En fait, on a aussi sous les yeux des exemples de coopĂ©ration Ă  mon sens trĂšs fructueux, par exemple pour la lutte contre le paludisme. Nous menons certains efforts conjoints avec la Fondation Gates en Zambie.

 

Et cela renvoie au point concernant l’architecture de l’aide et au fait que ces nouveaux donateurs comblent actuellement des vides trĂšs importants, ce dont il y a lieu de se fĂ©liciter. Je pense qu’un des aspects trĂšs importants sur lesquels cette institution doit se concentrer lorsqu’il s’agit de santĂ©, c’est celui consistant Ă  soutenir les systĂšmes de santĂ© globaux des pays. Vous savez, si on se concentre trop sur une seule maladie, on peut fournir Ă©normĂ©ment de mĂ©dicaments contre le sida mais on n’aura peut-ĂȘtre pas le courant pour faire marcher les rĂ©frigĂ©rateurs permettant de conserver ces mĂ©dicaments, ou on n’aura peut-ĂȘtre pas les autres mĂ©dicaments pour d’autres maladies, ceux qui maintiennent les gens en meilleure santĂ© et, de ce fait, moins sujets aux maladies qui sont gĂ©nĂ©ralement la cause voisine de dĂ©cĂšs des suites du sida.

 

Donc, pour en revenir Ă  votre question : non, je ne considĂšre pas cela du tout comme un problĂšme. Je le considĂšre dans le contexte de ce problĂšme d’architecture de l’aide, Ă  savoir oĂč devons-nous faire jouer notre avantage comparatif, et oĂč devons-nous engager nos fonds.

 

Question : Scheherazade Daneshkhu, le Financial Times.

Monsieur Wolfowitz, vous avez fait de la bonne gouvernance le thĂšme phare de votre prĂ©sidence Ă  la Banque mondiale et, au vu de votre dĂ©claration de ce matin, qu’avez-vous Ă  dire Ă  ceux qui disent que
 qui ne vont pas voir lĂ  des fautes d’ordre personnel mais une sĂ©rieuse erreur de gouvernance d’entreprise ?

 

Et, Ă  cet Ă©gard, n’avez-vous pas le sentiment que, indĂ©pendamment de ce que dĂ©cidera le Conseil, votre crĂ©dibilitĂ© et votre aptitude Ă  vous acquitter de vos fonctions sont compromises ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Voyons ce que le Conseil dĂ©cide avant que je ne me prononce sur ce que le Conseil aura dĂ©cidĂ©, mais je peux vous dire quelque chose Ă  propos de ce que j’ai fait moi-mĂȘme. Je n’ai pas cherchĂ© de mon plein grĂ© Ă  ĂȘtre mĂȘlĂ© Ă  cela. Je n’y ai pas Ă©tĂ© mĂȘlĂ© pour de quelconques raisons personnelles, mais plutĂŽt pour rĂ©gler quelque chose qui prĂ©sentait Ă  mes yeux un risque d’ordre institutionnel. Je n’ai rien cachĂ© de ce que j’ai fait et, comme je l’ai dit, je suis prĂȘt Ă  accepter toute solution que le Conseil entend proposer.

 

Question : Monsieur Wolfowitz, pourriez-vous dire quelque chose au sujet des plaintes Ă©manant de membres du personnel de la Banque mondiale, de niveau cadre, qui disent que vous vous ĂȘtes trop abritĂ© derriĂšre un petit groupe de conseillers — le nom Robin Cleveland semble ĂȘtre Ă©normĂ©ment citĂ©, et Suzanne Folsom parfois aussi —, et que vous n’avez pas consultĂ© ou Ă©coutĂ© l’avis des cadres chevronnĂ©s ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Permettez-moi de dire, tout d’abord, qu’il y a un point que je peux accepter comme ayant une certaine validitĂ©, Ă  savoir que je suis arrivĂ© ici comme le ferait n’importe quel autre PDG, ayant besoin de gens que je connaissais dĂ©jĂ . J’en ai fait venir deux — parfois, c’est prĂ©sentĂ© comme si c’était une armĂ©e de transfuges de l’administration Bush —, Ă  savoir Robin Cleveland et Kevin Kellems. Suzanne Folsom Ă©tait dĂ©jĂ  ici du temps de Monsieur Wolfensohn, et elle s’occupe d’une partie de cette institution de son cĂŽtĂ©. Elle ne fait en aucun cas partie de mes propres services.

 

Mais j’ai entendu les prĂ©occupations exprimĂ©es par des membres du Conseil, des membres du personnel, selon lesquelles cela va bien au dĂ©but, mais le rĂŽle de mes deux conseillers a besoin d’ĂȘtre plus structurĂ©. Et je suis de fait d’accord lĂ -dessus, et je vais trouver un moyen de mieux les insĂ©rer dans la structure en place.

 

Cela Ă©tant dit, permettez-moi de dire aussi que je trouve cette critique un peu usĂ©e. Ce que je veux dire, c’est que j’ai fait venir un NĂ©o-zĂ©landais et un Salvadorien comme directeurs gĂ©nĂ©raux, et que je ne connaissais ni l’un ni l’autre avant de venir ici. J’ai recrutĂ© Ă  l’extĂ©rieur un directeur financier italien, un vice-prĂ©sident exĂ©cutif suĂ©dois pour la SFI, un premier vice-prĂ©sident jordanien pour les relations extĂ©rieures, que je ne connaissais pas avant, et une ancienne ministre des affaires Ă©trangĂšres espagnole comme conseiller juridique.

 

Et encore, plus rĂ©cemment, deux autres nominations dont je me fĂ©licite particuliĂšrement : deux Africaines, l’ex-ministre de la SantĂ© du Botswana et directrice gĂ©nĂ©rale adjointe de l’OMS, Joy Phumaphi, qui est notre nouveau vice-prĂ©sident pour le dĂ©veloppement humain — une femme exceptionnelle —, et prochainement comme nouveau vice-prĂ©sident pour l’Afrique, la ministre de l’Éducation nigĂ©riane, Obiageli Ezekwesili.

 

Et presque toutes ces personnes sont non seulement, bien Ă©videmment, des gens qui ne viennent pas de l’administration Bush, mais en majoritĂ© des gens que je ne connaissais pas avant. Mais ce qui compte surtout pour moi, c’est que j’ai fait la connaissance d’énormĂ©ment de membres formidables du personnel. J’ai recrutĂ© comme chef de mes services Leticia Obeng, qui est une cadre de la Banque originaire du Ghana ; son adjoint, Auguste Kwane, un autre employĂ© fantastique de la Banque, est de la CĂŽte d’Ivoire. Et je pourrais continuer encore longtemps. Ça commence Ă  devenir un peu ennuyeux, mais ce que je trouve quelque peu surprenant, c’est que je puisse encore ĂȘtre entourĂ© de ces deux personnes qui tiennent tous les autres gens Ă  l’écart de moi : c’est tout simplement inexact.

 

Mais j’accepte, comme je l’ai dit au dĂ©but, l’observation comme quoi le moment est venu de mettre au clair la structure et les liens.

 

M. Hanlon : Une derniÚre question, au fond de la salle.

 

Question : Kathy Shockwood, National Public Radio.

Y aura-t-il des changements, ou y a-t-il eu des changements, au niveau des politiques de la Banque en matiùre d’hygiùne de la reproduction et de planning familial ?

 

PrĂ©sident Wolfowitz : Absolument pas. J’ai lu des rumeurs Ă  ce sujet, et je tiens Ă  ĂȘtre trĂšs clair. Notre politique n’a pas changĂ©. Nous avons une nouvelle stratĂ©gie en matiĂšre de santĂ© que nous allons prĂ©senter au Conseil et qui, je le crois, est trĂšs claire Ă  ce sujet, et je tiens, personnellement, Ă  ce que ce soit clair : je pense que l’hygiĂšne de la reproduction est absolument cruciale pour ce qui, je n’ai eu de cesse de le rĂ©pĂ©ter, est un Ă©lĂ©ment essentiel de l’ordre du jour du dĂ©veloppement, Ă  savoir faire en sorte que les femmes puissent avoir une contribution Ă©gale Ă  celle des hommes ; et que des femmes en bonne santĂ©, des femmes qui se sont mariĂ©es Ă  un Ăąge raisonnable ou qui ont eu un nombre d’enfants raisonnable, des enfants qu’elles ont pu maintenir en bonne santĂ©, non seulement prennent mieux soin de leurs filles mais prennent mieux soin de leurs garçons et apportent une meilleure contribution Ă  la sociĂ©tĂ© dans son ensemble. C’est une question de dĂ©veloppement. La politique de cette institution, je le pense, Ă©tait trĂšs claire avant que je n’arrive ici, et elle restera trĂšs claire.

 

M. Hanlon : Merci beaucoup, Mesdames et messieurs. Encore une fois, vous trouverez en partant une déclaration au fond de la salle. Merci.

 




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