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Journée des Capacités 2007 : Les leaders parlent du leadership

Disponible en: English, Spanish, Ű§Ù„ŰčŰ±ŰšÙŠŰ©

Le 24 avril 2007— Quel dosage d’aptitude, de compĂ©tence et de savoir est-il nĂ©cessaire pour faire un bon leader ? Comment la communautĂ© internationale peut le mieux appuyer les dirigeants et les institutions de leadership dans les pays en dĂ©veloppement ou en transition ? Comment un leader national peut-il prĂ©parer le terrain du changement ? Comment le savoir mondial sur les mĂ©thodes de leadership peut-il ĂȘtre adaptĂ© aux contextes locaux ?

  Journée des Capacités 2007
M. Thomas Timms, Vice-président exécutif, Chambre de Commerce Allemande ; M. Guven Sak, Directeur général de TEPAV, Turquie ; M. Richard Shapiro Vice-président exécutif, CEMEX et M. John Adair, membre du Leadership Trust de Windsor écoutent M. Henry Mintzberg relié à la salle par vidéoconférence
Telles sont certaines des questions stimulantes qui ont rassemblĂ© un groupe d’éminents leaders de diffĂ©rents domaines, le jeudi 19 avril Ă  l’Institut de la Banque mondiale Ă  l’occasion de sa JournĂ©e des CapacitĂ©s 2007.

Intervenants

Une brochette de confĂ©renciers visionnaires ont animĂ© le dialogue par les idĂ©es et concepts tirĂ©s de leur propre expĂ©rience : Mme Ellen Johnson-Sirleaf, PrĂ©sidente du LibĂ©ria ; M. Xue lan, Doyen associĂ© exĂ©cutif de l’École de politique et d’administration publique de l’UniversitĂ© de Tsinghua en Chine et M. Haja Nirina Razafinjatovo, ministre de l’Éducation et de la recherche scientifique de Madagascar.

Au nombre des intervenants et commentateurs de la sociĂ©tĂ© civile, du secteur privĂ©, du monde universitaire, des groupes de rĂ©flexion et des organismes de bailleurs de fonds figuraient : M. Peter Senge, MaĂźtre de confĂ©rences, Massachussets Institute of Technology ; Mme Emelia Arthur, partenaire du dĂ©veloppement du British Council auprĂšs d’InterAction au Ghana ; M. Henry Mintzberg, chaire Cleghorn d’études de gestion Ă  l’UniversitĂ© McGill et professeur invitĂ©, INSEAD ; le GĂ©nĂ©ral Lamine CissĂ©, ReprĂ©sentant spĂ©cial du SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral des Nations Unies en RĂ©publique centrafricaine ; Mme Jennifer L. Dorn, PrĂ©sidente et PDG de l’AcadĂ©mie nationale d’administration publique ; Mme Annie McKee, co-fondatrice de l’institut de Leadership Teleos et M. Graham Teskey, responsable de la gouvernance et du dĂ©veloppement social au ministĂšre britannique du dĂ©veloppement international.

 MM. Cissé, Nangia et Daboub
Le GĂ©nĂ©ral Lamine CissĂ©, ReprĂ©sentant SpĂ©cial de l’ONU en RĂ©publique centrafricaine ; M. Rakesh Nangia, Vice-prĂ©sident intĂ©rimaire de l’Institut de la Banque mondiale et M. Juan Jose Daboub, Directeur gĂ©nĂ©ral, Banque mondiale
DirigĂ©e par l’ancien animateur de la BBC Martyn Lewis, la journĂ©e a Ă©tĂ© rĂ©partie en quatre sĂ©ances d’échange : les nouvelles Ă©quipes de leadership dans les États fragiles, l’institutionnalisation de la promotion du leadership dans les pays Ă  revenu intermĂ©diaire, la promotion du leadership sous le double angle de l’obligation de rendre des comptes et des rĂ©sultats, et la formulation d’un programme permettant de promouvoir plus efficacement le leadership.

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Le Directeur gĂ©nĂ©ral de la Banque mondiale, M. Juan Jose Daboub, a procĂ©dĂ© au lancement des travaux de la journĂ©e en prononçant une allocution certes brĂšve mais percutante : « À elles seules, les ressources ne suffisent pas ; et les capacitĂ©s, en soi, sont une denrĂ©e dont la raretĂ© est un frein pour beaucoup de pays. »

« Les dĂ©fis auxquels sont confrontĂ©s les pays dans leur lutte contre la pauvretĂ© exigent des leaders qui s’engagent Ă  promouvoir le bien commun et qui arrivent Ă  Ă©tablir un consensus sur des visions stratĂ©giques, dĂ©terminent des prioritĂ©s et inspirent les autres pour aboutir Ă  des rĂ©sultats durables, » a ajoutĂ© M. Daboub.

Et d’ajouter un commentaire empreint de sagesse sur les obstacles apparemment insurmontables du dĂ©veloppement auxquels font face les leaders : « Ceux qui disent qu’on ne peut pas le faire devraient laisser travailler ceux qui le font ».

La premiĂšre sĂ©ance de la rencontre a abordĂ© la question du leadership Ă  travers l’intervention qu’a faite Mme Johnson-Sirleaf sur sa dĂ©termination Ă  amener le LibĂ©ria, État fragile ou la Banque s’est beaucoup investie, du dĂ©sespoir causĂ© par les conflits Ă  l’espoir : « Une opportunitĂ© s’offre au leadership, au renouveau et Ă  la rĂ©forme. Le changement et la transformation reprĂ©sentent une vĂ©ritable rupture avec le passĂ©, une occasion de façonner une vision fondĂ©e sur des structures et des concepts nouveaux. »

« Pour cela, il faut des dirigeants courageux, qui ne craignent ni les risques ni les critiques ou Ă©tiquettes, qui ne craignent pas de relever leurs dĂ©fis propres ni ceux des membres de leur Ă©quipe ; des dirigeants qui soient Ă  la fois crĂ©atifs et novateurs, et qui aient les yeux tournĂ©s vers l’avenir, dans un environnement nouveau », affirme Mme Johnson-Sirleaf en insistant sur l’importance de disposer d’un systĂšme participatif dans lequel le leadership fort et visionnaire ne perd jamais de vue l’intĂ©rĂȘt du peuple.

Mme Johnson–Sirleaf a conclu par un appel dans lequel elle affirme qu’il est absolument indispensable que la communautĂ© internationale aide les dirigeants des pays sortant de conflits Ă  crĂ©er des emplois pour les jeunes afin de leur Ă©viter d’ĂȘtre de nouveau recrutĂ©s pour des conflits, ce qui viendrait saper tous les progrĂšs accomplis.

  M. Xue Lan
M. Xue Lan, Doyen associĂ© exĂ©cutif, École de politique et d’administration publique, UniversitĂ© Tsinghua
Ancrer le Leadership dans les Pays à Revenu Intermédiaire

La deuxiĂšme sĂ©ance a permis de retracer l’historique du leadership dans les pays Ă  revenu intermĂ©diaire, notamment du point de vue des universitaires. À cet Ă©gard, M. Xue Lan a traitĂ© de la question du renouveau du leadership dans cette vĂ©ritable locomotive qu’est la Chine, dĂ©crivant l’émergence d’une forte capacitĂ© de formation au leadership alors que le pays passe rapidement de la situation de pays Ă  Ă©conomie planifiĂ©e Ă  celle de pays Ă  Ă©conomie libĂ©rale.

Des programmes de leadership sont Ă©laborĂ©s dans tout le pays ; et M. Xue d’expliquer que la Chine peut partager beaucoup d’idĂ©es nouvelles et attire un nombre croissant d’étrangers dans ses programmes. « La Chine s’est ouverte au monde trĂšs rapidement », affirme M. Xue qui poursuit : « Les partenariats internationaux apportent de l’expĂ©rience Ă  la Chine et facilitent le processus des rĂ©formes. Nous espĂ©rons apprendre les uns des autres grĂące aux programmes internationaux. »

MenĂ©e par des universitaires et des reprĂ©sentants du secteur privĂ©, le dĂ©bat a ensuite abordĂ© la question de savoir comment former les dirigeants. Pour M. Henry Mintzberg, ce n’est pas dans les salles de classe qu’on forme les dirigeants ou les responsables, on ne peut qu’y amĂ©liorer leurs aptitudes. La meilleure façon d’y arriver est de rassembler ces leaders pour qu’ils apprennent les uns des autres.

M. Thomas Timms, Vice-prĂ©sident et PDG de la Chambre Germano-BrĂ©silienne de Commerce et d’Industrie de SĂŁo Paulo, d’ajouter qu’à son avis, les pratiques modĂšles sont un des concepts clĂ©s qu’il faut enseigner Ă  nos jeunes leaders. « Il faut crĂ©er un espace pour permettre aux jeunes leaders de rĂ©flĂ©chir », renchĂ©rit Peter Senge.

 Mme Annie McKee
Mme Annie McKee, Directrice générale, Teleos Leadership Institute
Du Savoir Mondial au Savoir Local

Madagascar est dirigĂ© par le PrĂ©sident Marc Ravalomanana depuis les cinq derniĂšres annĂ©es au cours desquelles le pays a fait de grands pas en avant dans son dĂ©veloppement. Cela, selon M. Haja Nirina Razafinjatovo, l’orateur principal, est Ă  mettre au compte des qualitĂ©s de grand dirigeant de M. Ravalomanana, qui lui ont permis de trouver des solutions Ă  des problĂšmes faisant appel Ă  l’adaptation : « Je comparerais le vrai leadership Ă  un art », affirme M. Razafinjatovo.

« Vous rĂ©flĂ©chissez Ă  un problĂšme aujourd’hui et vous y trouvez peut-ĂȘtre une solution, mais il vous faudra revoir cette solution demain. Il faut l’examiner sous tous les angles. Si vous en ĂȘtes capable, vous ĂȘtes un grand leader ; et c’est ce type de leadership que j’observe chez notre prĂ©sident », ajoute M. Razafinjatovo.

Le ministre a expliquĂ© que M. Ravalomanana s’est entourĂ© d’une Ă©quipe de leadership au niveau national, qui collabore avec les responsables de plus de 10 000 villages pour comprendre les besoins en matiĂšre de dĂ©veloppement de chacun d’eux.

M. Dean Williams de l’UniversitĂ© d’Harvard, conseiller principal du prĂ©sident de Madagascar, a ensuite expliquĂ© qu’à l’origine des progrĂšs accomplis se trouvent la collaboration entre le niveau national et le niveau local, et l’espace créé par le leadership national pour favoriser la croissance du leadership local.

Espace de Croissance

StimulĂ©s par les idĂ©es entendues dans les trois premiĂšres sĂ©ances, les participants ont fait de la quatriĂšme et derniĂšre sĂ©ance celle qui Ă©tait la plus interactive. Un grand nombre de questions et de commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s par le public, la suggestion la plus controversĂ©e ayant trait Ă  la mise au point d’un « indice du leadership ». 
 
En conclusion, M. Rakesh Nangia, Vice-prĂ©sident intĂ©rimaire de l’Institut de la Banque mondiale, a fait remarquer que les leçons de cette rencontre nous permettraient de formuler une stratĂ©gie pour l’avenir.

M. Samuel Otoo, responsable des programmes mondiaux de l’Institut, dont fait partie le prĂ©sent programme sur le leadership, a tirĂ© les conclusions des Ă©changes de la journĂ©e : « Je crois que la discussion montre que nos trois thĂšmes sur le leadership sont trĂšs appropriĂ©s : vision, efficacitĂ© et responsabilité ».

 M. Abdou Diouf

 M. Abdou Diouf, ancient Président du Sénégal

Vision, Efficacité, et Responsabilité

Au titre de la vision, le dĂ©bat a portĂ© sur l’importance d’établir des liens entre les personnes ainsi qu’entre elles et la rĂ©alité ; sur le pouvoir d’inspirer, de mobiliser, de motiver, et sur l’importance de pouvoir donner de l’espoir et de l’autonomie.

Au titre de l’efficacitĂ©, nous avons parlĂ© de la possibilitĂ© de diagnostiquer, d’établir des prioritĂ©s, de dĂ©tecter les liens, d’exĂ©cuter et de se concentrer sur les rĂ©sultats. Nous avons parlĂ© d’équipes et de rĂ©seaux, de gestion, de systĂšmes, d’incitations et de rĂ©compenses.

Sous la rubrique responsabilitĂ©, on a Ă©voquĂ© les valeurs, et des discussions ont Ă©tĂ© engagĂ©es sur le bien commun, l’importance de la confiance, de l’approche « gagnant-gagnant » par rapport Ă  l’approche qui veut que le gagnant prenne tout, et du rĂŽle du secteur privĂ© et de la sociĂ©tĂ© civile comme instruments qui appliquent la responsabilitĂ© tout en Ă©tant eux-mĂȘmes comptables de leurs actions.

L’Avenir

M. Otoo a procĂ©dĂ© Ă  la clĂŽture de cette Ă©dition de la JournĂ©e des CapacitĂ©s en indiquant que deux types de programmes devraient ĂȘtre envisagĂ©s pour l’avenir : l’amĂ©lioration de la communication entre les clients qui demandent des services de leadership, les fournisseurs de ces services et les intermĂ©diaires tels que la Banque mondiale, dans le cadre de leçons de l’expĂ©rience ; et un inventaire ou programme de recherche entrepris dans le but de dĂ©terminer quelles initiatives nouvelles sont nĂ©cessaires pour accroĂźtre la concentration sur le leadership en tant que moyen de renforcer les responsabilitĂ©s et les rĂ©sultats dans les pays partenaires. 

« Il ne fait pas de doute que nous avons soulevĂ© plus de questions que nous n’avons apportĂ© de rĂ©ponses », dĂ©clare Mme Moira Hart-Poliquin, responsable de l’équipe de l’Institut qui a conçu et organisĂ© la rencontre. Et de conclure : « Mais c’était lĂ  le but visĂ© – faire ressortir les dĂ©fis nouveaux, les idĂ©es nouvelles, et les opportunitĂ©s nouvelles. Nous avons beaucoup Ă  apprendre de cette discipline, et les uns des autres ». 

Pour plus d’information, veuillez visiter le site Web de la JournĂ©e des CapacitĂ© :  www.worldbank.org/capacity/leadership.(a)

Avec la contribution d’Alexandra Brunais, EXTCC et de Moira Hart-Poliquin, Institut de la Banque mondiale




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