Retraite gouvernementale pour le leadership: Un processus continu plutĂŽt quâun Ă©vĂ©nement ponctuel  | | Lâoptique de rĂ©sultats est au centre des nombreuses questions posĂ©es par les mĂ©dias au PrĂ©sident burundais, Pierre Nkurunziza |
Le Gouvernement du Burundi a rĂ©cemment achevĂ© lâĂ©laboration de son Cadre stratĂ©gique de lutte contre la pauvretĂ© (CSLP), et les bailleurs de fonds sâapprĂȘtent Ă tenir une Table ronde pour envisager la contribution quâils vont apporter Ă ce nouvel ordre du jour pour le dĂ©veloppement du pays. Beaucoup de membres de lâĂ©quipe gouvernementale et de hauts responsables sont nouveaux, et la question de savoir dans quelle mesure les institutions en place seront Ă mĂȘme dâabsorber cette nouvelle donne et de produire des rĂ©sultats a suscitĂ© des interrogations parmi lâensemble des parties prenantes â Ă commencer par les Burundais eux-mĂȘmes. Un Programme de formation au leadership a Ă©tĂ© conçu dans le but dâaider les dirigeants du pays Ă relever les dĂ©fis posĂ©s par la mise en Ćuvre du CSLP, un processus que dirige le ComitĂ© de pilotage mis en place par le prĂ©sident et qui bĂ©nĂ©ficie de lâappui de lâInstitut de la Banque mondiale (WBI). Les dirigeants visĂ©s par ce programme comprennent le chef de lâĂtat, ses adjoints ainsi que les membres de son gouvernement, et les principaux responsables du secteur privĂ© et de la sociĂ©tĂ© civile. La mĂ©thode quâil suit consiste Ă Ă©tablir un ordre de prioritĂ© dans les rĂ©sultats essentiels visĂ©s, Ă dĂ©composer et analyser les facteurs qui font problĂšme en termes de mise en Ćuvre, et Ă mettre Ă lâessai des initiatives faisant appel Ă de nouvelles techniques. Conjuguant des Ă©changes de connaissances entre pairs et des expĂ©riences pilotes Ă rĂ©sultats rapides, elle est conçue de maniĂšre Ă encourager des approches novatrices pour la rĂ©solution des problĂšmes et un partage des responsabilitĂ©s pour la production de rĂ©sultats tangibles qui fassent une diffĂ©rence pour leurs bĂ©nĂ©ficiaires. Ătudes de rĂ©fĂ©rence et expĂ©riences pilotes Ă rĂ©sultats rapides  | | Le Premier Vice-prĂ©sident, Martin Nduwimana, sâentretient des dĂ©fis qui se posent en matiĂšre dâĂ©valuation avec lâambassadeur de France et un expert danois. |
Lâanalyse initiale entreprise par ce programme a pris la forme de trois Ă©tudes de rĂ©fĂ©rence consacrĂ©es aux contraintes qui se prĂ©sentent en matiĂšre de mise en Ćuvre dans les secteurs retenus comme prioritaires par le gouvernement â la santĂ© et lâĂ©ducation â, et dâun examen gĂ©nĂ©ral des liens qui existent entre les multiples cadres de rĂ©sultats (dont le CSLP) pour lesquels le gouvernement est responsable. Des initiatives pilotes dâordre pratique et faisant appel Ă la mĂ©thodologie par les rĂ©sultats rapides ont Ă©tĂ© dĂ©finies pour tester les conclusions des Ă©tudes de rĂ©fĂ©rence et mettre Ă lâessai des solutions novatrices aux contraintes de mise en Ćuvre. Leur rĂ©alisation au moyen de cette nouvelle mĂ©thodologie a donnĂ© lieu Ă quelques rĂ©sultats remarquables, qui vont bien au-delĂ des attentes dans certains domaines. Dans le secteur de lâĂ©ducation, par exemple, le problĂšme qui se posait depuis longtemps pour la distribution de manuels dans les Ă©coles primaires a Ă©tĂ© rĂ©solu dans un premier temps au niveau dâune localitĂ©, aprĂšs quoi cette solution a Ă©tĂ© Ă©tendue en lâespace de quelques semaines seulement Ă lâensemble du territoire. Outre le fait dâamĂ©liorer la situation des bĂ©nĂ©ficiaires, les progrĂšs ainsi rĂ©alisĂ©s pour la distribution des manuels scolaires ont accru le niveau de confiance des autoritĂ©s. Ils ont aussi permis dâĂ©liminer des goulets dâĂ©tranglement qui existaient de longue date, tels que le manque de moyens de transport pour le personnel de lâĂ©ducation au niveau local. Les services ministĂ©riels ont pris en charge le transport Ă ce niveau, et fait participer les parents et Ă©lĂšves Ă la distribution sur place au titre de leurs obligations de service communautaire hebdomadaire. Cette expĂ©rience a Ă©galement dĂ©montrĂ© Ă toutes les parties concernĂ©es ce que la production de rĂ©sultats tangibles peut accomplir pour susciter une action. Retraite pour le leadership  | | Le Vice-prĂ©sident Gabriel Ntisezerana discute avec le reprĂ©sentant dâun bailleur de fonds des problĂšmes posĂ©s par lâobtention de rĂ©sultats. |
Au terme de la phase pilote, une Retraite de haut niveau pour le leadership sâest tenue les 3 et 4 mai 2007 pour lâensemble des dirigeants gouvernementaux et de la sociĂ©tĂ© civile en vue de partager les enseignements tirĂ©s de cette expĂ©rience, de rĂ©flĂ©chir Ă ce que la mĂ©thodologie en question apporte en termes de valeur ajoutĂ©e, et dâen dĂ©gager des perspectives pour les responsables nationaux qui assument ensemble une obligation de rĂ©sultats. Cette retraite ne constituait pas un simple Ă©vĂ©nement ponctuel, mais sâinscrivait dans un processus destinĂ© Ă renforcer la conception que les dirigeants se font du rĂŽle quâils peuvent jouer pour produire des rĂ©sultats. Elle a non seulement permis de consolider les acquis tirĂ©s des analyses et des initiatives pilotes, mais aussi amenĂ© les hauts dirigeants du pays Ă sâemployer plus largement Ă Ă©tablir des prioritĂ©s et Ă se mobiliser autour de questions de dĂ©veloppement essentielles dans la perspective de la Table ronde des bailleurs de fonds. Les participants Ă la retraite comprenaient notamment le PrĂ©sident burundais et un groupe de dirigeants politiques et de la sociĂ©tĂ© civile appartenant Ă lâĂ©quipe prĂ©sidentielle, y compris des membres du gouvernement, ainsi que des responsables dâorganisations reprĂ©sentatives de la sociĂ©tĂ© civile (ceux-ci constituaient 30 % de lâauditoire). CâĂ©tait la premiĂšre fois quâils se trouvaient tous rĂ©unis pour une retraite gouvernementale. Les deux Vice-prĂ©sidents burundais ont activement prĂ©sidĂ© les groupes de travail, et le PrĂ©sident lui-mĂȘme a non seulement prononcĂ© les discours dâouverture et de clĂŽture de cette rĂ©union, mais pris Ă©galement une part active Ă plusieurs sĂ©ances de travail au cours des deux journĂ©es. Au terme de la seconde, une synthĂšse des travaux lui a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e, ainsi quâaux autres participants, invitĂ©s de marque et membres de la communautĂ© des bailleurs de fonds qui avaient Ă©tĂ© spĂ©cialement conviĂ©s Ă cette occasion. Lâorganisation proprement dite de la retraite visait Ă souligner et renforcer la notion de prise en charge du processus par le pays. Les perspectives de pays ou organismes pairs ont en outre Ă©tĂ© fournies par le ministre de lâĂducation nationale et de la Recherche scientifique de Madagascar, Haja Nirina Razafinjatovo, lâambassadeur du Burkina Faso, Tertius Zongo, et le reprĂ©sentant de lâUNICEF au Rwanda, Joseph Foumbi, qui a apportĂ© un point de vue dâexpert. Lâanimateur de la rĂ©union et consultant sur la mĂ©thodologie par les rĂ©sultats rapides, Benjamina Randrianarivelo (qui est originaire de Madagascar et conseiller du WBI dans ce mĂȘme pays ainsi quâau Maroc), a renforcĂ© lâapproche participative par des exercices Ă caractĂšre pratique durant lesquels les participants ont Ă©tĂ© amenĂ©s Ă classer par ordre de prioritĂ© les problĂšmes spĂ©cifiquement rencontrĂ©s dans les initiatives pilotes, Ă en faire lâanalyse et Ă imaginer des solutions sortant des cadres préétablis pour les contraintes existant de longue date. Il a Ă©tĂ© plus facile aux participants de parvenir Ă des dĂ©cisions grĂące Ă ce travail de rĂ©flexion intense, dâĂ©tablissement de prioritĂ©s parmi les enjeux qui se posent au niveau sectoriel, dâapplication de la mĂ©thodologie et de rĂ©solution des problĂšmes au sein dâĂ©quipes rĂ©unissant diverses parties prenantes, lâobjectif Ă©tant dâaller de lâavant sur ces bases. Aspects novateurs qui se sont avĂ©rĂ©s concluants Prise en charge par le pays : DâemblĂ©e, lâaccent a Ă©tĂ© mis sur un processus placĂ© sous la maĂźtrise et la conduite des Burundais. Certes, le programme a Ă©tĂ© mis sur pied avec lâappui du WBI et animĂ© par le consultant de Madagascar, qui a encadrĂ© les participants et apportĂ© son soutien technique, mais il Ă©tait Ă©vident que le contenu de la retraite Ă©tait lâĆuvre de lâĂ©quipe locale, qui en a assumĂ© les risques et partagĂ© les retombĂ©es positives avec les participants. Processus : Les prĂ©occupations mises au premier rang des prioritĂ©s par lâĂ©quipe dirigeante avaient trait aux faiblesses systĂ©miques prĂ©sentĂ©es par la capacitĂ© dâexĂ©cution des institutions en place pour ce qui est de tirer les rĂ©sultats prĂ©vus des prestations de services et programmes de rĂ©formes financĂ©s par le pays et les bailleurs de fonds. Les deux premiers secteurs identifiĂ©s Ă cet Ă©gard Ă©taient la santĂ© et lâĂ©ducation. La rĂ©forme du secteur du cafĂ© et la gestion satisfaisante du processus de la Table ronde ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es par la suite Ă la liste en question. La mĂ©thode suivie a consistĂ© Ă rĂ©unir les principaux intervenants dans chaque secteur et Ă choisir un rĂ©sultat ou produit reprĂ©sentatif pour lequel des ressources Ă©taient disponibles mais les capacitĂ©s organisationnelles ou institutionnelles insuffisantes. Un plan dâaction assorti dâĂ©tapes jalons et de rĂ©sultats quantifiables a Ă©tĂ© convenu, limitĂ© dans un premier temps aux secteurs de la santĂ© et de lâĂ©ducation et destinĂ© Ă ĂȘtre mis en Ćuvre dans un dĂ©lai de 100 jours. oyens multimĂ©dias : La technologie a jouĂ© un rĂŽle important tout au long du programme ainsi quâau cours de la retraite. La documentation a Ă©tĂ© tĂ©lĂ©chargĂ©e le premier jour de cette retraite sur le site web du CSLP. Des interventions ont Ă©tĂ© faites par lâancien PrĂ©sident du SĂ©nĂ©gal, Abdou Diouf, et la PrĂ©sidente du LibĂ©ria, Ellen Johnson-Sirleaf, sous forme dâenregistrements vidĂ©o. Enfin, des interviews vidĂ©o avec les principaux intervenants et experts ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es, ce qui a permis dâen saisir plus facilement les attitudes et impressions Ă ce stade du programme, et aussi de faire partager leur expĂ©rience avec dâautres collĂšgues et dâautres pays. Ăvaluation : Un spĂ©cialiste de lâĂ©valuation a Ă©tĂ© en mesure de travailler en contact avec un homologue local avant, pendant et aprĂšs la rĂ©union. Cela a permis de conceptualiser et de prĂ©senter aux participants lâidĂ©e de procĂ©der Ă une Ă©valuation non seulement de la Retraite pour le leadership, mais aussi de lâimpact de tout le programme sur les attitudes, processus et systĂšmes en vigueur au niveau des dirigeants. RĂ©sultats : Une sĂ©rie de recommandations pour des actions prioritaires destinĂ©es Ă approfondir et Ă©largir le champ dâapplication de cette approche aux initiatives existantes, et la transposer Ă dâautres questions faisant suite Ă la tenue de la Table ronde, a Ă©tĂ© formulĂ©e par les groupes de travail et communiquĂ©e dans le cadre de la synthĂšse officielle prĂ©sentĂ©e Ă lâissue de la retraite. Un sentiment qui sâest dĂ©gagĂ© fortement et rapidement a trait au rĂŽle que peuvent jouer les rĂ©sultats Ă titre dâincitations pour mettre en avant des solutions dâun type novateur aux dĂ©fis posĂ©s par le processus de mise en Ćuvre. Ătapes suivantes Trois groupes de travail constituĂ©s de ministres et de participants extĂ©rieurs au gouvernement se sont mis dâaccord sur une sĂ©rie dâactivitĂ©s de suivi ou un nouveau volet dâinitiatives Ă rĂ©sultats rapides sur la base des besoins prioritaires et des contraintes apparues lors de la phase pilote. Dâautres initiatives Ă rĂ©sultats rapides dans dâautres secteurs pourraient ĂȘtre lancĂ©es dans les cas oĂč les principales parties responsables dĂ©montrent clairement quâelles sont dĂ©terminĂ©es Ă sâimpliquer dans ces initiatives, en mesure de dĂ©finir des actions concrĂštes ayant des chances de produire des rĂ©sultats tangibles dans un dĂ©lai de 100 jours, et prĂȘtes Ă affecter les ressources nĂ©cessaires pour cela. Dans son allocution de clĂŽture, le PrĂ©sident burundais sâest montrĂ© Ă©tonnamment enthousiaste Ă lâidĂ©e dâĂ©tendre lâapproche suivie Ă dâautres dossiers sectoriels comme lâagriculture, ainsi quâĂ des domaines multisectoriels comme la lutte contre la corruption ou la crĂ©ation dâemplois. Il a en outre prĂ©conisĂ© que cette formule dâapprentissage pratique et encadrĂ© soit Ă©tendue au parlement, et avancĂ© lâidĂ©e de passer Ă une Ă©chelle supĂ©rieure dans la mise en Ćuvre du programme en assurant la formation de dirigeants supplĂ©mentaires. Pour en savoir plus Ă ce sujet, consultez Ă©galement les liens suivants : Retraite gouvernementale pour le leadership au Burundi : Principales citations en français (fichier Word, 24 Ko) Retraite gouvernementale pour le leadership au Burundi : Principales citations en anglais (fichier Word, 4 Ko) www.cslpminiplan.bi (en français) www.burundi-gov.bi (en français)   |