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Le renforcement de lâĂ©ducation : les approches possibles
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Juin 2007 Les succĂšs et les lacunes de lâĂ©ducation RĂ©cemment, les pays dĂ©veloppĂ©s ont beaucoup progressĂ© dans le domaine de lâĂ©ducation. Selon lâUNESCO, le nombre dâenfants non scolarisĂ©s a diminuĂ© de 21 millions entre 1999 et 2004, et dans deux tiers des pays, autant de filles que de garçons frĂ©quentent maintenant lâĂ©cole primaire. Toutefois, lâĂ©ducation prĂ©sente toujours des lacunes et des insuffisances, particuliĂšrement en ce qui concerne lâinĂ©galitĂ© des opportunitĂ©s scolaires pour les filles et les enfants des groupes dĂ©savantagĂ©s, et le manque de rĂ©sultats dâapprentissage. Il est essentiel de comprendre, Ă©valuer et trouver des solutions Ă ces problĂšmes. Les rĂ©sultats des recherches rĂ©centes sur lâĂ©ducation : les solutions qui ont portĂ© leurs fruits Les chercheurs du Groupe de recherche sur le dĂ©veloppement de la Banque mondiale ont prouvĂ© de maniĂšre indĂ©niable que lâinscription scolaire peut ĂȘtre encouragĂ©e en fournissant des ressources financiĂšres aux foyers Ă condition que les enfants « ciblĂ©s » (par exemple, les filles ou les travailleurs juvĂ©niles) soient envoyĂ©s Ă lâĂ©cole. Ils ont Ă©galement montrĂ© que lâaccĂšs public aux informations sur le financement et la qualitĂ© de lâĂ©ducation permet aux communautĂ©s de responsabiliser les enseignants et autres vis-Ă -vis de la gĂ©nĂ©ralisation de lâabsentĂ©isme et autres lacunes de lâenseignement, mais pour que ce processus soit efficace, le contexte revĂȘt une grande importance. Le secteur privĂ© joue un rĂŽle croissant dans certains pays comme le Pakistan et lâInde, oĂč les chercheurs ont montrĂ© que lâapprentissage est bien plus rapide dans les Ă©coles privĂ©es et que la qualitĂ© de lâenseignement est supĂ©rieur selon certains indicateurs, bien que les enseignants des rĂ©gions rurales soient beaucoup moins payĂ©s que leurs homologues des Ă©coles publiques. | Les progrĂšs de lâenseignement primaire 
Le taux de rĂ©ussite mondial de lâĂ©ducation primaire est passĂ© de 78 % en 2000 Ă 83 % en 2005. Les progrĂšs sont exceptionnels en Afrique du Nord, en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne...

... bien que le nombre dâinscriptions et la qualitĂ© de lâenseignement laissent encore beaucoup Ă dĂ©sirer.
Pour en savoir plus, veuillez vous reporter Ă la section sur lâĂ©ducation du Rapport de suivi mondial 2007 de la Banque mondiale |
| « Les dĂ©cideurs politiques qui cherchent Ă renforcer la politique en matiĂšre dâĂ©ducation et Ă obtenir de meilleurs rĂ©sultats doivent connaĂźtre les lacunes existantes et les approches qui permettront de les combler », a dĂ©clarĂ© Elizabeth M. King, directrice de la recherche sur le dĂ©veloppement humain et des services publiques de la Banque mondiale.
Quelle population a le moins de chances dâaller Ă lâĂ©cole ? | 
Au Mali, 12,9 % des enfants provenant de la moitiĂ© la plus pauvre de la population frĂ©quentent lâĂ©cole, contre 40 % dâenfants dans la moitiĂ© la plus riche. Cet Ă©cart sâaccentue au cours du cursus scolaire.
| Dans les pays en voie de dĂ©veloppement, 17 % des enfants ne terminent pas leur scolaritĂ© primaire. En se basant sur des enquĂȘtes rĂ©alisĂ©es auprĂšs des familles, Deon Filmer montre que les enfants provenant de familles plus pauvres ont systĂ©matiquement moins de chances dâaller Ă lâĂ©cole. Dans de nombreux pays dâAfrique centrale, de lâOuest et du Nord ainsi que dâAsie du Sud, il souligne que les fillettes ĂągĂ©es de 6 Ă 14 ans frĂ©quenteront probablement moins lâĂ©cole que les garçons. Dans ces rĂ©gions, le taux dâinscription des garçons dĂ©passe celui des filles de 25 % ou plus, en moyenne. M. Filmer indique Ă©galement que les enfants handicapĂ©s ont beaucoup moins de chances dâaller Ă lâĂ©cole. Recherche dĂ©taillĂ©e (a) | Site Internet sur le taux de scolarisation (a) |
| Selon Elizabeth King et Dominique van de Walle, les groupes qui doivent faire face Ă des obstacles multiples progressent le plus lentement, comme par exemple le Laos, oĂč les progrĂšs rĂ©alisĂ©s en matiĂšre dâĂ©ducation en plus de 40 ans ont principalement profitĂ© aux femmes appartenant au groupe ethnique le plus large. Durant cette pĂ©riode, les femmes des groupes minoritaires vivant dans les rĂ©gions rurales du Laos en ont Ă peine bĂ©nĂ©ficiĂ©. LâĂ©cart de scolarisation entre ces femmes et celles du groupe majoritaire sâest encore Ă©largi, tout comme lâĂ©cart entre les femmes des rĂ©gions rurales et urbaines. Recherche dĂ©taillĂ©e   Quâest-ce que les enfants apprennent, ou nâapprennent pas, Ă lâĂ©cole ? M. Filmer et ses co-auteurs rĂ©clament que les objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire incluent des objectifs dâĂ©ducation, Ă savoir la garantie dâune Ă©ducation primaire pour tous. Toutefois, dâaprĂšs un article rĂ©cent, mĂȘme dans les pays qui ont dĂ©jĂ atteint cet objectif, la plupart des jeunes ne possĂšdent pas les niveaux de compĂ©tence de base. Par exemple, tandis que le BrĂ©sil est en passe dâatteindre ce but, environ 78 % des jeunes BrĂ©siliens ne possĂšdent pas les connaissances de base en mathĂ©matiques, et le niveau scolaire de 96 % dâentre eux est insuffisant. « Bien que les systĂšmes Ă©ducatifs de la plupart des pays se dĂ©veloppent dâun point de vue quantitatif, la plupart ne remplissent pas leur rĂŽle fondamental », dĂ©clarait M. Filmer, citant son travail (a) avec Amer Hasan et Lant Pritchett.  En lâabsence de donnĂ©es provenant des enquĂȘtes PISA (a) dans de nombreux pays plus pauvres, Jishnu Das, Priyanka Pandey et Tristan Zajonc ont rĂ©alisĂ© une Ă©tude indĂ©pendante dans les rĂ©gions rurales du Pakistan, en testant des enfants choisis au hasard. Les rĂ©sultats obtenus Ă©taient tous pour le moins dĂ©courageants. « Au terme de la troisiĂšme annĂ©e, seuls 31 % des enfants pakistanais que nous avons interrogĂ©s Ă©taient capables de former une phrase en urdu autour du mot âĂ©coleâ », indiquait M. Das. Recherche dĂ©taillĂ©e    
| | La nutrition et le dĂ©veloppement cognitif de lâenfant | Norbert Schady et Christina Paxson ont dĂ©couvert que lorsque les enfants des familles pauvres dâĂquateur entrent Ă lâĂ©cole primaire, ils ont dĂ©jĂ beaucoup de retard par rapport aux autres Ă©lĂšves de familles plus aisĂ©es (comme lâillustre le graphique ci-dessous). 
         Cliquez ici pour agrandir lâimage (a) | 
Les interventions nutritionnelles doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©es trĂšs tĂŽt dans lâenfance pour assurer un bon dĂ©veloppement cognitif
M. Alderman et Mme King examinent toute une sĂ©rie de preuves. Recherche dĂ©taillĂ©e (a)  | Lâune des raisons est que les enfants pauvres manquent des aliments nutritifs dont ils ont besoin (comme lâattestent des taux dâhĂ©moglobine plus Ă©levĂ©s), qui amĂ©liorent le dĂ©veloppement cognitif, selon un test de performance juvĂ©nile. Recherche dĂ©taillĂ©e
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Transferts de fonds et fréquentation des écoles | 
Les transferts en espĂšces ont un effet positif spectaculaire sur la scolarisation des fillettes au Cambodge... 
... et en Ăquateur, oĂč le programme de transferts monĂ©taires Bono de Desarrollo Humano influence grandement lâinscription Ă lâĂ©cole et le travail des enfants parmi les populations pauvres.
| Selon plusieurs Ă©tudes, le transfert de ressources financiĂšres vers certains groupes encourage lâinscription et la frĂ©quentation des Ă©coles. MM. Filmer et Schady ont Ă©valuĂ© les effets de nouveaux programmes au Cambodge et en Ăquateur inspirĂ©s de programmes au Mexique et au Bangladesh ayant rencontrĂ© un grand succĂšs. Au Cambodge, un programme de bourses permettant aux filles de continuer de lâĂ©cole primaire Ă lâĂ©cole secondaire a eu des rĂ©sultats excellents. GrĂące Ă ce programme, lâinscription et la frĂ©quentation des Ă©coles par les filles ont augmentĂ© de 30 Ă 43 points de pourcentage en moyenne. Lâimpact a Ă©tĂ© le plus spectaculaire sur les fillettes provenant des familles les plus pauvres (dĂ©cile 1 dans le graphique ci-dessous). Recherche dĂ©taillĂ©e 
Cliquez ici pour agrandir lâimage (a) En Ăquateur, Norbert Schady et Maria Caridad Araujo ont montrĂ© quâun programme de transferts dâespĂšces avait permis dâaugmenter les inscriptions dans les Ă©coles dâenviron 10 points de pourcentage et de rĂ©duire le travail des enfants dâenviron 17 points de pourcentage. Recherche dĂ©taillĂ©e |  |
| Dans certains contextes, lâaccĂšs aux informations peut permettre de responsabiliser les fournisseurs de services Le taux dâabsentĂ©isme Ă©levĂ© parmi les enseignants (voir lâencart) est probablement symptomatique dâautres problĂšmes de contrĂŽle de la qualitĂ© et de responsabilitĂ© auxquels il faut sâattaquer de front immĂ©diatement. Ritva Reinikka et Jakob Svensson ont dĂ©couvert quâune augmentation de lâaccĂšs public aux informations pouvait sâavĂ©rer ĂȘtre un outil trĂšs efficace pour renforcer la responsabilitĂ© et rĂ©duire la corruption et lâinefficacitĂ©. à la fin des annĂ©es 1990, le gouvernement ougandais lançait une campagne de presse dans le but de mettre au grand jour la gestion par des reprĂ©sentants locaux dâun programme de bourses scolaires important. En effet, la majoritĂ© des bourses disparaissait avant de parvenir jusquâaux Ă©coles. Les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© Ă©tonnants : la fuite de ces fonds publics a Ă©tĂ© rĂ©duite de 80 % en 1995 Ă moins de 20 % en 2001. Recherche dĂ©taillĂ©e Toutefois, il convient de mener dâautres enquĂȘtes plus approfondies afin de dĂ©terminer de quelle maniĂšre et dans quelles circonstances lâaccĂšs public aux informations amĂ©liore la fourniture des services, car lâefficacitĂ© de cette approche varie Ă©normĂ©ment selon le contexte politique et social. |  Ăvaluation de la fourniture des services
Il nâest pas suffisant que les enfants sâinscrivent Ă lâĂ©cole et la frĂ©quentent rĂ©guliĂšrement. Ce qui est essentiel est lâefficacitĂ© de lâenseignement promulguĂ© dans les Ă©coles ainsi que la façon dont les ressources sont utilisĂ©es pour favoriser lâapprentissage. Lâun des thĂšmes centraux dâune Ă©tude de la Banque mondiale sâappuyant sur le Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde 2004 : « Making Services Work for Poor People » (Comment permettre aux personnes pauvres de bĂ©nĂ©ficier des services dâeau potable, dâassainissement et dâĂ©lectricitĂ©) consistait Ă Ă©valuer et amĂ©liorer la qualitĂ© des services publics. Un indice flagrant de la faible efficacitĂ© des services Ă©ducatifs est le taux dâabsentĂ©isme des enseignants. Les gouvernements et les donateurs peuvent construire des Ă©tablissements scolaires et fournir des manuels scolaires. Mais si les enseignants brillent par leur absence, il est peu probable que les Ă©lĂšves apprennent grand-chose.  Le chercheur Halsey Rogers et ses co-auteurs ont cherchĂ© Ă quantifier ce problĂšme souvent observĂ© de lâabsentĂ©isme des enseignants dans six pays (le Bangladesh, lâĂquateur, lâInde, lâIndonĂ©sie, le PĂ©rou et lâOuganda) lors du premier projet visant Ă Ă©valuer directement le taux dâabsentĂ©isme Ă lâaide dâune approche commune Ă plusieurs pays.   LâĂ©quipe responsable de lâenquĂȘte a montrĂ© quâen moyenne, 19 % des enseignants Ă©taient absents de leur poste les jours oĂč ils auraient normalement dĂ» travailler.
Recherche détaillée |
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Enfants Ă lâĂ©cole de lâUttar Pradesh (Inde) | Une Ă©tude rĂ©cente effectuĂ©e par Stuti Khemani et dâautres dans lâĂtat indien de lâUttar Pradesh prouve cela de maniĂšre remarquable. Cette enquĂȘte montre que les ComitĂ©s dâĂducation Villageois (CEV), des groupes communautaires qui, en thĂ©orie, peuvent responsabiliser les Ă©coles, ne font pas grand-chose pour amĂ©liorer la qualitĂ© de lâenseignement de base promulguĂ© dans lâĂtat. « Cela peut ĂȘtre dĂ», entre autres, au fait que les parents ne sont pas au courant de lâexistence dâun CEV, mĂȘme parfois lorsquâils sont censĂ©s en faire partie », dĂ©clarait M. Khemani. Recherche dĂ©taillĂ©e (Voir le graphique ci-dessous) | 
Par ailleurs, les parents et les autres parties prenantes en matiĂšre dâĂ©ducation sur-estiment systĂ©matiquement ce que les Ă©lĂšves apprennent. Pourcentage dâenfants sachant lire... et la conception du village (graphique (a)) Pourcentage dâenfants pouvant effectuer des opĂ©rations mathĂ©matiques simples... et la conception du village (graphique (a))
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 Cliquez ici pour agrandir lâimage (a) |
 Le rÎle du secteur privé
La plupart des Ă©tudes effectuĂ©es sur la qualitĂ© de lâenseignement dans les pays en voie de dĂ©veloppement sont axĂ©es sur le secteur public, mais dans certains pays, lâenseignement privĂ© est de plus en plus considĂ©rĂ© comme une meilleure alternative aux niveaux primaires et secondaires, et ce, mĂȘme par les familles pauvres. LâAsie du Sud est lâune des rĂ©gions oĂč lâon observe une telle transition. Jishnu Das et dâautres ont Ă©tudiĂ© lâessor rapide de lâenseignement privĂ© au Pakistan, un pays sĂ©rieusement en retard dans sa progression vers les objectifs de dĂ©veloppement du MillĂ©naire. DiffĂ©rentes enquĂȘtes montrent quâun pourcentage croissant des enfants inscrits dans les Ă©coles privĂ©es proviennent de rĂ©gions rurales et de familles de classes moyennes et pauvres. Ătant donnĂ© le faible salaire des enseignants des Ă©coles privĂ©es rurales (qui, en Inde par exemple, gagnent Ă peine un cinquiĂšme du revenu de leurs homologues des Ă©coles publics), ces Ă©coles permettent aux parents de faire des Ă©conomies en leur facturant des frais dâinscription peu Ă©levĂ©s. Les Ă©coles privĂ©es produisent Ă©galement une meilleure performance, sur la base de certains instruments de mesure clĂ©s de la qualitĂ© de lâenseignement. M. Rogers et ses co-auteurs ont prouvĂ© quâen Inde, le taux dâabsentĂ©isme des enseignants est dâun tiers plus faible dans les Ă©coles privĂ©es que dans les Ă©coles publiques.  Recherche dĂ©taillĂ©e (a) M. Das et ses co-auteurs ont montrĂ© quâau Pakistan, les Ă©lĂšves apprennent plus rapidement dans les Ă©coles privĂ©es : par exemple, lâĂ©cart entre les Ă©coliers des Ă©coles publiques et privĂ©es dans le domaine des mathĂ©matiques est huit fois plus Ă©levĂ© que lâĂ©cart entre les enfants dont les parents sont analphabĂštes et ceux dont les parents savent lire et Ă©crire. Recherche dĂ©taillĂ©e Recherche menĂ©e par Halsey Rogers, Ă©conomiste en chef, Banque mondiale Pour en savoir plus, Ă©crivez Ă lâadresse research@worldbank.org |
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