 Le contexte politique Évolution récente de la situation politique - Retard éventuel pour la tenue des élections cette année. L’élection présidentielle est retardée. Ce n’est qu’après l’adoption d’une nouvelle Constitution qu’elle pourra se tenir. Le gouvernement a demandé que lui soit accordé un délai supplémentaire de 108 jours à compter de septembre 2009. Des débats ont eu lieu au sujet d’une éventuelle modification du processus électoral, le président de la République devant être non plus élu au suffrage universel direct, mais plutôt désigné par les partis politiques.
- L’Angola est continuellement accusée de violer les droits de la personne. On a été informé qu’un journaliste a été emprisonné et que des manifestations de la population ont eu lieu pour protester contre la destruction de leurs habitations.
- Deuxième visite du Président de Cuba, Raul de Castro, en Angola. Cette visite a permis l’envoi en Angola de 239 médecins cubains. Parmi d’autres visites récentes en Angola, on peut citer celles des Présidents de la Russie, de l’Afrique du Sud, de la Guinée-Bissau, du Gabon et du Secrétaire d’État américain Hilary Clinton.
- Le MPLA, parti au pouvoir, prépare son congrès qui se tiendra en décembre 2009 et au cours duquel les membres de ce parti vont désigner leur candidat à l’élection présidentielle.
Évolution de l’économie Évolution récente de l’économie - L’inflation sur douze mois, telle que mesurée par l’IPC, a baissé en août, malgré la persistance des tensions inflationnistes et l’éventualité d’une baisse de l’inflation au cours du dernier trimestre de l’année. Graphique 1. Comparé au mois de juillet (13,97 %), le taux annuel d’inflation a diminué en août (13,79 %). L’augmentation des prix des denrées alimentaires qui était de 1,19 % contre 1,77 % au mois d’août de l’année dernière, est ce qui contribue le plus à cette tendance baissière. Au mois d’août, le taux d’inflation (0,87 %) était plus bas que celui du mois précédent (1,18 %), ce qui traduit également un léger renchérissement des denrées alimentaires (1,19 % contre 1,91 % en juillet). Mais, d'un autre côté, « l'inflation de base », c'est-à -dire l'IPC hors « aliments et boissons non-alcoolisées », est passée de 6,24 % en octobre à 7,86 % en février (Dans ce passage, « inflation de base » désigne l'index IPC hors « aliments et boissons non-alcoolisées » du panier de la ménagère, soit 46,09 % de la consommation totale. Il a été calculé en reprenant tous les autres composants de l’IPC, puis en rééquilibrant leurs parts respectives dans le panier de la ménagère pour retomber sur 100 %, en aboutissant à un nouvel indice d’« inflation de base ».). En dépit de la faible baisse de l’IPC global survenue au mois d’août (mensuel et sur douze mois), les dévaluations persistantes du Kwanza sur les marchés secondaires et parallèles continueront à créer des tensions ascendante sur les prix des marchandises importées, et à pousser l’inflation à la hausse, particulièrement au cours des derniers mois de l’année pendant lesquels les importations des marchandises utilisées pendant les vacances augmentent considérablement.
- L’accord de confirmation de l’Angola avec le FMI. Les discussions entre le Gouvernement de l’Angola et le Fonds monétaire international (FMI) ont abouti à un Accord de confirmation qui doit être présenté au Conseil d’administration de cette institution en novembre. Selon le Communiqué de presse, le programme qui court sur 27 mois, « vise à atténuer la demande immédiate de liquidités, relancer la confiance des marchés et rétablir une politique macroéconomique durable ». En outre, le communiqué de presse indique que le programme « est axé sur l’objectif que visent les autorités pour renforcer la gestion des finances publiques par le biais d’un Budget 2010 austère qui convient, appuyé par des orientations politiques précises relatives à la gestion monétaire ». Bien que l’injection de devises étrangères provenant de ces programmes revêt une importance considérable pour le soutien à la balance des paiements et aux réserves de change internationales, le choc de la crédibilité positive est encore plus important. La demande par le gouvernement d’une mission du FMI et de négociations devant permettre la mise en œuvre d’un programme révèle la décision prise par les autorités d’adopter un ensemble d’orientations macroéconomiques (à court et à long terme) visant à préserver la stabilité macroéconomique et à renforcer la gestion de politiques propices à une croissance économique durable.
Les effets de la crise mondiale en Angola : l’orage est-il passé ? L’exposé du mois d’août sur la situation macroéconomique indiquait que l’on était presqu’au bout du tunnel, mais que ce dernier était, semble-t-il, long et qu’il subsistait de nombreux défis à relever. Certaines des principales inquiétudes ont été apaisées récemment. Le prix du pétrole s’est considérablement redressé depuis le début de l’année. En août 2009, le prix moyen du Girassol (le pétrole de référence en Angola) était encore de 34 % inférieur au niveau enregistré l’année précédente et de 45 % inférieur au prix record de juillet 2008, mais de 80 % supérieur au cours le plus bas de décembre 2008. La production de pétrole a également augmenté de 10 % par rapport à son niveau le plus bas de février (Graphique 3). L’augmentation de la production et du prix du pétrole s’est traduite par une augmentation des recettes pétrolières de près de 70 % en juillet par rapport à février, améliorant ainsi la situation financière de l’État. Les réserves nettes de change se sont stabilisées et ont même légèrement augmenté en juillet et août, après des baisses drastiques depuis novembre 2008. Il subsiste néanmoins de profonds déséquilibres sur le marché des changes, étant donné que la quantité limitée des devises vendues aux banques par la Banque centrale n’était pas suffisante pour satisfaire la demande, et l’écart entre les taux pratiqués sur le marché primaire (Banque centrale et banques commerciales), secondaire (banques commerciales et leurs clients) et parallèle (marchés informels) devenant de plus en plus grand (plus de 22 % entre les marchés primaires et parallèles). La normalisation des marchés des changes est une étape importante dans le processus visant à trouver des solutions aux déséquilibres économiques. Depuis quelques mois, la Banque centrale a vendu une quantité limitée de dollars à un taux fixe grâce à une formule permettant de les allouer aux banques commerciales, ce qui s’est traduit par une demande accumulée devant être satisfaite dès l’existence d’une plus grande quantité de devises. Au fur et à mesure que le compte courant s’améliore (en raison des augmentations du prix et de la production du pétrole et de la baisse probable des importations du fait du ralentissement de l’activité économique), et que les réserves de change commencent à augmenter, la Banque centrale sera en mesure d’offrir de plus grandes quantités de dollars d’une manière systématique et régulière et les ventes aux enchères (volume et prix) pourraient revenir avec le risque limité d’une forte dévaluation du Kwanza sur le marché primaire. Cela est particulièrement vrai à mesure que les orientations macroéconomiques gagnent en crédibilité grâce à l’Accord de confirmation signé avec le FMI et que des réserves supplémentaires sont possibles grâce au début des décaissements du FMI. La normalisation du marché primaire aura des effets sur les marchés secondaires et parallèles et les taux recommenceront à converger. Le deuxième grand défi consiste à éponger progressivement la dette de l’État vis-à -vis des fournisseurs. Au fur et à mesure que la situation financière s’améliore et que la demande des obligations d’État augmente, les autorités pourront réduire le nombre de paiements en retard et les fournisseurs pourront eux aussi honorer leurs engagements vis-à -vis des banques, réduisant ainsi le ratio entre prêts douteux et total des prêts. En dépit de ces déséquilibres, les différents indicateurs examinés plus haut mettent en évidence une vision plus optimiste de l’économie en suggérant que le pire de l’impact de la crise mondiale sur l’économie de l’Angola est passé. Néanmoins, la situation continue à exiger un suivi irréprochable et une conduite consciencieuse des politiques macroéconomiques. L’aide de la Banque mondiale à l’Angola : la stratégie de la Banque L’aide fournie au gouvernement et à la société. C’est en 1989 que l’Angola a rejoint le Groupe de la Banque mondiale et c’est dès 1991 qu’il a commencé à bénéficier de son aide, par le biais d’un crédit destiné au renforcement des capacités de gestion économique, accordé par le biais de l’Association internationale de développement (IDA), une des institutions du Groupe. La Banque mondiale dispose aujourd’hui d’un Bureau national à Luanda d’où elle peut assurer le dialogue avec le pays et le contrôle des projets. Par l’intermédiaire du bureau national, la Banque mondiale travaille en étroite collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI), des institutions des Nations Unies et des organisations non gouvernementales intervenant en Angola. Le Groupe de la Banque mondiale accompagne les efforts déployés par l’Angola pour réduire la pauvreté et promouvoir la croissance économique. En étroite collaboration avec le gouvernement, les partenaires de développement et la société civile, la Banque mondiale vise à promouvoir la croissance partagée en vue de faire reculer la pauvreté, en renforçant les moyens des institutions et ceux de tous les Angolais. La Banque mondiale élabore actuellement une Stratégie de partenariat pour le pays qui couvrira la période 2010-2013. La précédente stratégie d’aide de l’IDA au pays était définie dans la Note de stratégie intérimaire (ISN) qui a pris fin en juin 2009. L’appui de l’ISN au programme du gouvernement s’articule autour de trois piliers : - renforcement de la gestion du secteur public et des capacités institutionnelles du gouvernement ;
- appui à la reconstruction des infrastructures essentielles et à l'amélioration de la prestation de services aux fins de réduction de la pauvreté ;
- promotion de la croissance des secteurs non miniers.
L'IDA met ces mesures en œuvre en appuyant les activités amorcées au titre de l'ISN précédente et en accordant de nouveaux prêts de montants modestes. Cela implique un travail d’analyse et de conseil qui s’est inspiré des initiatives antérieures, a complété les nouveaux projets et a aidé à informer et à préparer le terrain pour la Stratégie qui est en cours d’élaboration pour le pays. Investissement et aide au secteur privé. L’action de la Société financière internationale (IFC), qui consiste à promouvoir la croissance dans les secteurs non miniers, revêt une importance cruciale pour le troisième pilier de l’ISN de la Banque (2007-2009). L’IFC renforce l’accès au financement par les petites et moyennes entreprises (PME) ; accorde des crédits pour le financement du commerce et des lignes de crédit aux banques commerciales locales. Elle va élaborer, avec la Banque mondiale, une stratégie d’appui à la nouvelle agence angolaise chargée de la privatisation, et consistant à lui fournir des services de conseil et, en fin de compte, à financer les sociétés privatisées. L’IFC détient un portefeuille croissant de 12,2 millions de dollars composé d’investissement dans les principales entreprises du marché financier et celles de productions manufacturières et de services. Ses trois principaux investissements actuels sont les suivants : - Une participation de 15 % dans la NovoBanco Enterprise Bank d’Angola S.A.R.L., une banque au service des petites et moyennes entreprises. La banque possède un capital de 4 millions de dollars et devrait jouer un rôle prépondérant sur le plan du développement, en aidant à créer de nouveaux emplois, en accélérant la croissance des entreprises et en rétablissant la confiance dans le secteur bancaire. À ce jour, la banque a octroyé à de petits entrepreneurs de Luanda plus de 1 000 prêts d’une valeur de 6 millions de dollars.
- Une participation de 1 million de dollars dans la société Nova Sociedade de Seguros d’Angola, SARL (Nossa), soit 16,7 % de son capital social. Nossa est la troisième compagnie d’assurance en Angola et la première compagnie d’assurance privée.
- L’IFC a fourni un prêt de 10 millions de dollars à Odebrecht Serviços no Exterior, une filiale en propriété exclusive de la société Construtora Norberto Odebrecht du Brésil. Ce financement servira à rénover des infrastructures dans le cadre du projet de développement urbain Luanda Sul. L’IFC fournira également une assistance technique pour le programme de lutte contre le VIH/sida organisé par Odebrecht sur ses chantiers angolais. Ce travail mènera probablement à une plus grande collaboration avec l’entreprise.
L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) offre des garanties aux sociétés privées qui investissent dans les pays clients. L’encours du portefeuille de la MIGA en Angola comprend deux garanties dans les secteurs des services et des industries manufacturières, destinées à couvrir un risque de crédit de l’ordre de 6,4 millions de dollars. En outre, les services de promotion des investissements en ligne de la MIGA (www.fdixchange.com et www.ipanet.net) présentent 103 documents sur les possibilités d’investissement, ainsi que le cadre juridique et réglementaire correspondant en Angola. Contacts Pour les contacts, cliquez ici. |