Avec un revenu annuel moyen par habitant de 200 dollars en 2006, l’Érythrée est un des pays les plus pauvres au monde. Il se classe au 157e rang sur 177 pays dans l’Indice de développement humain de 2005 [*].
La population du pays est estimée à environ 4,5 millions, dont deux tiers vivent normalement en milieu rural, bien qu’aucun recensement n’ait été effectué récemment.
L’Érythrée a une diaspora importante et en pleine croissance.
L’agriculture pluviale, qui constitue l’activité économique prédominante de plus de la moitié de la population, est une entreprise risquée et la sécurité alimentaire reste une des principales préoccupations du gouvernement.
La situation économique ne s’est guère améliorée et le taux de croissance réelle du PIB atteignait 1,0 % en moyenne entre 2005 et 2007. Grâce à une pluviométrie favorable et à la réhabilitation des infrastructures rurales, la performance du secteur agricole et la sécurité alimentaire ont connu une amélioration au cours des trois dernières années, après les sécheresses survenues pendant les années 2002 et 2003.
Toutefois, la croissance dans les secteurs non agricole reste faible. Les importants déficits budgétaire et commercial sont gérés grâce aux contrôles exercés sur les prix, les taux de change et les taux d’intérêt, qui ont entraîné une pénurie de devises (deux semaines d’importations) et une baisse de l’activité du secteur privé. Le montant de la dette publique en proportion du PIB est un sujet de préoccupation, quoique l’Érythrée reste à jour dans les remboursements de sa dette.
Le taux d’inflation officiel annuel était de 12,6 % en 2007, et serait en baisse.
À plus long terme, il faudra atteindre une croissance économique réelle soutenue de 7 % ou plus pour que l’Érythrée puisse réaliser l’objectif de développement pour le Millénaire relatif à la réduction de moitié de la proportion de personnes vivant dans une extrême pauvreté d’ici à 2015.
L’Érythrée est un jeune État-nation. Après une guerre de 30 ans qui l’a opposée à l’Éthiopie, l’Érythrée a acquis son indépendance de fait en mai 1991 et officiellement deux années plus tard. Les premières années d’indépendance ont été marquées par des progrès remarquables dans la réhabilitation des infrastructures économiques et sociales de base, l’amélioration des indicateurs sociaux, la stabilité macroéconomique et la croissance économique.
Pendant la période allant de 1993 à 1997, l’économie a enregistré un taux de croissance moyenne de 10,9 % par an. Ces progrès en matière de développement ont été interrompus lorsqu’un litige frontalier avec l’Éthiopie a dégénéré en une reprise de conflit en mai 1998.
Une Zone de sécurité provisoire contrôlée par une force de maintien de la paix des Nations unies a été créée conformément à l’Accord de paix signé en 2000. La Commission frontalière Éthiopie-Érythrée a défini une dernière démarcation « virtuelle » de la frontière à la fin 2007.
Cette nouvelle frontière a été acceptée par l’Érythrée, mais rejetée par l’Éthiopie. Les tensions entre les deux pays demeurent vives et ces deux pays ont des troupes positionnées le long de la frontière.
En janvier 2008, le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé le mandat de la Mission des Nations unies en Éthiopie et en Érythrée (UNMEE) jusqu’au mois de juillet 2008. En février 2008, l’UNMEE a commencé à élaborer des plans en vue de déplacer son personnel et ses équipements de la Zone de sécurité provisoire en raison d’interruptions intervenues dans le processus régulier d’approvisionnement.
Dans une situation qui a été décrite comme une situation de « ni guerre, ni paix », le Gouvernement érythréen demeure dans un état de mobilisation extrême et quelques 200 000 personnes sont mobilisées. Dans une telle situation, la priorité du gouvernement à ce stade n’est guère d’apporter une réponse aux déséquilibres sous-jacents de la situation économique.
Développement social
Situé dans la région du Sahel, l’Érythrée connaît des périodes de sécheresse et de pénurie alimentaire chronique. Même en période de bonne pluviométrie, la production alimentaire nationale est estimée entre 60 et 70 % des besoins des populations. La dernière enquête auprès des ménages et l’évaluation participative de la pauvreté (EPP) effectuée en 2003 ont estimé que deux tiers environ de la population vivaient en dessous du seuil de pauvreté.
L’applicabilité de l’estimation est sujette à caution car l’année 2003 faisant suite à une sécheresse particulièrement rude. Depuis lors, la production agricole est favorable, quoique dans le même temps, les revenus par habitant aient diminué.
L’état de santé général de l’Érythrée s’est considérablement amélioré depuis son indépendance. Nombre d’indicateurs des résultats de santé soutiennent favorablement la comparaison avec les pays voisins d’Afrique subsaharienne et s’améliorent à un rythme plus soutenu.
D’après la DHS, le taux de mortalité a baissé, passant de 72 à 48 décès pour 1 000 entre 1995 et 2002, le taux de mortalité infantile de moins de cinq ans est passé de 136 à 93 décès pour 1 000, et le taux de fécondité total a diminué de 6,1 à 4,8 accouchements par femme en moyenne.
Certains programmes de lutte contre les maladies ont enregistré des succès particulièrement impressionnants. Par exemple, grâce au soutien de projets financés par la Banque mondiale, la morbidité due au paludisme et la mortalité a baissé de plus de 80 % depuis 1999, faisant de l’Érythrée l’un des rares pays en Afrique subsaharienne à atteindre les objectifs fixés à Abuja pour « faire reculer le paludisme ».
Si la plupart des autres pays d’Afrique subsaharienne souffrent d’une aggravation de l’épidémie de VIH, la prévalence du VIH en Érythrée est faible, d’après les estimations, et sous contrôle puisqu’elle touche 2,4 % de la population adulte, comparée à l’Afrique subsaharienne dont la moyenne est de 7 %.
L’espérance de vie était estimée à 54 ans en 2004, tandis que la moyenne de l’Afrique subsaharienne est de 46 ans (en 2005).
Néanmoins, il reste d’importants défis à relever. Pour les ménages ruraux, les résultats de santé sont encore pires et les améliorations sont plus lentes à se faire sentir. La malnutrition est un problème particulièrement préoccupant chez les femmes et les enfants. On estime que 46 % de la population est malnutrie en 2002 et que 40 % des enfants présentent une insuffisance pondérale pour leur âge. Près de 37 % des femmes ont un faible indice de masse corporelle. Bien qu’il ait diminué très nettement au cours des 10 dernières années, le taux de mortalité maternelle en Érythrée est estimé à 752 pour 100 000 naissances vivantes.
Malgré la généralisation des possibilités d’accès à l’enseignement, l’Érythrée fait face à d’énormes défis, liés aux taux d’inscription et d’achèvement dans l’enseignement élémentaire. Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement élémentaire s’établit à 72 % seulement, un niveau qui est inférieur à celui des pays à faible revenu et aux moyennes de 92 % enregistrées pour l’Afrique subsaharienne. Avec un taux de scolarisation des filles de seulement 44 % en 2005/06, l’équité entre les sexes dans les écoles est un sujet de préoccupation.
Les autres défis ont trait aux taux élevés de redoublement et d’abandon et les taux d’achèvement de 50 % en moyenne dans l’enseignement élémentaire qui en résultent. En partant d’une si faible base, il s’avère indispensable de bien cibler les investissements publics sur le capital humain et le capital physique pour améliorer le bien-être des Érythréens.
Stratégie du gouvernement
Les priorités du gouvernement sont i) d’assurer la sécurité (notamment la sécurité alimentaire) ; ii) développer les ressources humaines ; et iii) développer les infrastructures physiques.
Les autorités disposent d’une stratégie en matière de sécurité alimentaire élaborée en 2003 et mise à jour en 2006 qui vise à « permettre à tous d’avoir facilement accès à de la nourriture en quantité suffisante et de qualité acceptable à un prix abordable à tout moment et partout dans le pays ».
La stratégie économique du gouvernement consiste à gérer les déséquilibres macroéconomiques par le contrôle et la réglementation des prix jusqu’à ce que la situation sécuritaire permette une transition vers une économie de marché. Entre-temps, afin d’attirer de nouveaux investissements, les autorités ont créé la Zone franche au port de Massawa.
Les perspectives de croissance économique se sont améliorées grâce aux progrès accomplis dans la création d’une coentreprise minièreà Bisha (gisements d’or et de cuivre). L’étude de faisabilité relative à Bisha a démontré que le projet est financièrement viable, le début de l’extraction de l’or étant prévu en 2010.
Assistance de la Banque mondiale
Les activités de la Banque mondiale en Érythrée remontent à 1992. En mars 2008, le portefeuille de prêts de la Banque en Érythrée comprenait 5 projets pour un engagement total de 209,3 millions de dollars dans les domaines suivants : infrastructure, protection sociale, éducation et santé.
La Banque prépare actuellement une nouvelle stratégie pour un engagement futur en Érythrée : la Note de stratégie intérimaire (ISN). L’objectif de cette ISN est d’aider le gouvernement à mieux assurer le développement humain et à améliorer les services d’infrastructure.
Les résultats spécifiques prévus pendant la période de l’ISN sont : un accès plus généralisé à l’enseignement primaire et l’amélioration des taux d’achèvement dans ce cycle ; une réduction de l’incidence des maladies transmissibles et l’amélioration des soins de santé génésique ; l’amélioration des résultats en matière de santé de l’enfant et d’éducation ; l’amélioration de la capacité de production d’énergie électrique et l’électrification des zones rurales ; l’accès généralisé à des communications par Internet libres et fiables.
Pour de plus amples renseignements sur l’assistance de la Banque mondiale à l’Érythrée, notamment à une liste des projets bénéficiant de l’assistance de la Banque mondiale, se reporter aux Projets et programmes.
Société financière internationale (IFC). L’Érythrée est membre de l’IFC depuis 1995. L’IFC n’a pas réalisé d’investissement nouveau en Érythrée depuis 1997. Le conflit frontalier avec l’Éthiopie a reporté l’attention de l’IFC vers l’assistance technique dans les secteurs du poisson, du marbre et du granite et des industries bancaires. Dans le cadre de la nouvelle Initiative stratégique de l’IFC pour l’Afrique, les activités en Érythrée soutiennent l’amélioration du climat de l’investissement, par exemple en coopérant avec le gouvernement pour développer et attirer les investisseurs vers le secteur minier. L’IFC s’efforcera d’améliorer le climat de l’investissement et les opportunités d’investissement dans les industries ayant un avantage comparatif et un potentiel pour l’exportation, telles que les secteurs du tourisme, de la pêche, du marbre et du granite, des mines, de la pisciculture et de l’horticulture. Par ailleurs, l’IFC prête assistance au gouvernement dans le cadre de son programme de privatisation à travers des activités de financement et d’assistance technique.
Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Bien que la MIGA n’ait pas de programme en cours en Érythrée, elle demeure un pays prioritaire en raison de son statut de pays admissible aux ressources de l’IDA et affecté par des conflits. Grâce aux progrès enregistrés par le processus de paix, des possibilités pourraient se présenter à la MIGA pour soutenir des investissements étrangers en Érythrée.
Institut de la Banque mondiale (WBI). L’activité de l’Institut de la Banque mondiale en Érythrée a été à ce jour limitée.
[*] Le PIB par habitant de 200 dollars est basé sur les dernières estimations disponibles pour 2006. La Banque mondiale estime aussi que le RNB par habitant établi suivant la méthode de l’Atlas a baissé, passant de 220 à 170 dollars, et que le RNI établi à parité de pouvoir d’achat (PPA) est passé de 1 220 à 1 010 milliards de dollars entre 1998 et 2005.
Contacts
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M. Samuel Zerom Chargé de programme/des opérations par intérim P O Box 4983 15/17 Tsegai Adig Str. Zone 03 - Subzone 01 Asmara, Érythrée Tél : (291-1) 12-43-02 Fax : (291-1) 12-43-09