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Éthiopie : fiche-pays

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Progrès réalisés en matière de développement

L’Éthiopie, avec une population de 75 millions d’habitants, est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique subsaharienne. Appartenant à une des plus anciennes civilisations mondiales, l’Éthiopie est également l’un des pays les plus pauvres au monde. A 220 dollars américains, le PIB par habitant de l’Éthiopie est beaucoup plus faible que la moyenne en Afrique subsaharienne.

Depuis 1991, les principaux indicateurs du développement humain ont enregistré des progrès notables : le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire a triplé, la mortalité infantile a presque été réduite de moitié et le nombre de personnes ayant accès à de l’eau salubre a été pratiquement multiplié par deux. Plus récemment, le recul de la pauvreté s’est accéléré. L’indice de pauvreté, qui était de 46 % en 1995-1996 (Une partie des données présentées dans cette fiche se situent dans le contexte de l'année budgétaire éthiopienne, qui prend fin le 7 juillet. Dans le cas présent, 1995-1996 fait référence à la période allant du 8 juillet 1995 au 7 juillet 1996) et de 44 % en 2000-2001, est tombé à 39 % en 2004-2005.

Ces progrès, s’ajoutant à des interventions plus récentes pour renforcer la lutte contre le paludisme, brossent le tableau d’une plus grande prospérité en Éthiopie. Malgré les progrès réalisés dans les aspects essentiels du développement humain, l’Éthiopie est encore bien loin de pouvoir réaliser les objectifs de développement pour le Millénaire en 2015, vu la situation de départ très défavorable du pays.

Indicateurs économiques et sociaux de base
 

Début des années 1990

Année la plus récente

Incidence de pauvreté (% de la population)

46 (1995/96)

39 (2004/05)

Scolarisation brut de scolarisation primaire (% de la tranche d’âge)

22 (1991)

85 (2008)

Mortalité infantile chez les enfants de moins de 5 ans (pour 1000 enfants)

204 (1990)

123 (2004/2005)

Accès à l’eau potable (% de la population)

19 (1990)

52 (2006/07)

Cadre économique

L’Éthiopie a figuré ces dernières années au rang des pays non pétroliers qui ont enregistré les plus forts taux de croissance en Afrique, avec notamment un taux de croissance à deux chiffres et une amélioration continue de l’accès des ménages pauvres aux services de base. Mais ces résultats robustes en termes de croissance et les progrès considérables enregistrés dans le domaine du développement entre 2003 et 2007 sont menacés par l’apparition en 2008 du double défi d’un fort taux d’inflation et d’une situation difficile de la balance des paiements. Des défis qui ont été aggravés par la hausse des prix des hydrocarbures et des denrées alimentaires. Des risques substantiels demeurent, même si on a noté certaine modération au cours de ces derniers mois.

Après avoir atteint un pic historique de 64 % en juillet 2008, le taux d’inflation sur douze mois calculé en fin de période a chuté à 38 % en janvier 2009. Dans le même temps, les réserves de change ont augmenté, passant de l’équivalent de quatre semaines d’importations de biens et services en octobre 2008 (soit 764 millions USD) à six semaines en décembre 2008 (soit 930 millions USD). Le gouvernement éthiopien a entrepris un certain nombre d’actions au cours des derniers mois dans le but de résoudre ses problèmes macroéconomiques. Ces mesures incluent, par exemple, l’adoption d’un régime fiscal strict, la réduction de l’emprunt intérieur de l’État, la réduction de l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires sur les pauvres, la réduction de l’emprunt intérieur des entreprises étatiques, l’encadrement de la masse monétaire et la dépréciation graduelle de la monnaie locale.

Selon les prévisions de la Banque mondiale, la situation macroéconomique de l’Éthiopie devrait rester fragile compte tenu de la crise économique mondiale dont les effets commencent à se faire ressentir sur l’économie nationale. Ainsi, l’économie éthiopienne devrait connaître un ralentissement au cours des années à venir, même si le taux de croissance demeurera relativement élevé si l’on se réfère à la situation à l’échelle mondiale. Des prévisions du FMI indiquent une baisse de la croissance du PIB, qui devrait passer de 11,2% en 2007-2008 à 6,5% pendant la période 2008-2009. Le taux d’inflation sur douze mois calculé en fin de période devrait être ramené à moins de 20 % d’ici à juin 2009. Le déficit du compte courant (transferts officiels hormis) devrait demeurer autour de 10 à 11 % du PIB pendant la période 2008-2009.

Cadre politique

Pour une grande partie du 20ème siècle, l'Éthiopie a été dirigée par des gouvernements hautement centralisés et non démocratiques. Le parti au pouvoir (Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien - EPRDF) gouverne depuis 1991. Il a engagé programme ambitieux de réforme visant à mettre le pays sur la voie d’une transition vers un système de gouvernance plus démocratique tenant compte de la décentralisation des pouvoirs. Ce processus implique la décentralisation des pouvoirs dans un premier lieu vers les états ou régions, puis vers les woredas (autorités de district).

Même si la structure formelle de l’État éthiopien a été transformée à partir d'un système très centralisé pour aboutir à un système fédéral et de plus en plus décentralisé, un certain nombre de défis restent à relever.

Les élections nationales de 2005 et le scrutin local majoritairement non compétitif d’avril 2008, illustrent la fragilité de la transition démocratique, la domination de l'EPRDF, et la faiblesse de l'opposition. Les prochaines élections législatives sont prévues pour 2010.

En Janvier 2009, le Parlement éthiopien a adopté une loi visant à réglementer les organisations de la société civile (OSC). Même si bon nombre d’OSC ont longtemps plaidé en faveur d'un nouveau cadre, la nouvelle loi est très restrictive dans la démarcation de zones d'opérations pour les différents types d’OSC (en particulier l'exclusion de ceux qui reçoivent plus de 10 pourcent de leurs revenus des sources externes exerçant dans divers secteurs d'activité). Le Gouvernement et le Groupe d'aide au développement (DAG), composé de donateurs bilatéraux et multilatéraux, ont convenu que la mise en œuvre de la loi sur les OSC sera examinée régulièrement par le biais d’un Forum de haut niveau.

L’assistance de la Banque mondiale à l’Éthiopie

La Stratégie d’assistance-pays (CAS) en cours pour l’Éthiopie couvre la période de l’exercice 2008 à l’exercice 2011. La CAS vise à aider l’Éthiopie à réaliser quatre objectifs stratégiques principaux, conformément au PASDEF : i) promouvoir la croissance économique afin de soutenir le nouveau « décollage » économique ; ii) améliorer l’accès et la qualité des services de base afin de soutenir la « relance » des services de base ; iii) réduire la vulnérabilité de l’Éthiopie afin d’accroître les chances d’un essor durable ; et iv) promouvoir le renforcement de la gouvernance en vue d’appuyer les progrès accomplis dans la réalisation des trois précédents objectifs et renforcer les moyens d’action des citoyens.

Les activités de prêt et hors-prêts de la Banque seront structurées dans le souci d’aider l’Éthiopie à maintenir des niveaux élevés d’investissement dans des domaines essentiels (pour le renforcement des infrastructures physiques et du capital humain ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles), tout en s’attaquant aux réformes prioritaires pour optimiser l’impact de ces dépenses.

Après huit années d’absence, l’IFC envisage de contribuer davantage à favoriser une croissance tirée par le secteur privé en rétablissant sa présence sur le terrain et en s’engageant plus activement dans les secteurs clés. La MIGA étudie actuellement de nouvelles possibilités de soutenir l’investissement en Éthiopie.

L’Agenda d’Accra pour l’action

L’Aide publique au développement (APD) en faveur de l’Éthiopie a augmenté de manière régulière depuis 2000. Un grand nombre de bailleurs de fonds travaillent activement en Éthiopie, 25 donateurs bilatéraux et multilatéraux ayant fourni plus de 5 millions de dollars en moyenne par an de 2000 à 2006.

Les pouvoirs publics et la majorité des partenaires internationaux cherchent activement à poursuivre l’approfondissement du processus d’harmonisation, dans l’esprit de la Déclaration de Rome (2003) et celui de la Déclaration de Paris (2005).

L’Éthiopie est un pays pilote pour le programme d’harmonisation du Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Les différent partenaires travaillent actuellement sur comment s’appuyer sur ces acquis en tenant compte de l’agenda d’Accra.

Tout comme le PNUD et un bailleur de fonds bilatéral, la Banque est l’une des institutions qui assurent la coprésidence tournante du Groupe d’aide au développement qui est le principal forum de discussion pour la coordination des bailleurs de fonds en Éthiopie.

Sous l’égide du Groupe d’aide au développement, des efforts sont actuellement déployés pour réaliser des avancées dans la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de la Déclaration de Paris, notamment les Études économiques et sectorielles conjointes (une grande partie des principaux travaux d’analyse effectués par la Banque ont déjà été préparés de manière conjointe avec les partenaires) et les missions conjointes.

La plupart des actions collectives mettent l’accent sur la poursuite de l’harmonisation par le biais non seulement de quelques grands programmes financés par plusieurs bailleurs de fonds, mais également des secteurs de politique importants.

La Banque mondiale a joué un rôle de chef de file dans l’élaboration d’une série d’instruments visant à réduire les frais de transactions, à aligner l’aide sur un modèle national de décentralisation et à assurer une meilleure prévisibilité de l’aide.

Ces instruments permettent la mobilisation, sur une grande échelle, de l’aide de l’Association internationale de développement (IDA). Une telle démarche inclut : le Programme de protection des services de base (PBS), le Programme de renforcement des capacités du secteur public (PSCAP), le Programme de dispositifs de sécurité productifs (PSNP), le Programme d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’accès universel à l’hygiène (WaSH-UAP) et le Programme pour la gestion foncière durable (SLM).

Pour les projets plus conventionnels tels que les routes, des plans d’action sont en cours d’exécution, dans le but d’harmoniser les procédures de mise en œuvre (par exemple, les procédures communes d’évaluation environnementale), en mettant l’accent sur les trois priorités suivantes : les modalités de décaissement et l’établissement de rapports financiers, le suivi et évaluation, la passation des marchés (en commençant par des documents types utilisés pour les marchandises, les travaux et les services-conseils dans le cadre des appels d’offre nationaux).

Un niveau d’endettement tolérable

Le 2 avril 2004, l’Éthiopie a atteint le point d’achèvement de l’Initiative PPTE renforcée. Outre la  remise de dette de 1 275 millions de dollars (VAN) annoncée au point de décision, le Conseil des Administrateurs a également approuvé un montant supplémentaire de 707 millions de dollars (VAN).

Le 28 mars 2006, le Conseil des Administrateurs de la Banque mondiale a approuvé l’annulation à 100 %, de la dette de l’Éthiopie envers l’IDA, au titre de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM).

En décembre 2005, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) avait déjà approuvé l’annulation, au titre de l’IADM, de la dette qui lui était due, une décision également prise par la Banque africaine de développement (BAD) en avril 2006.

Après l’allègement de la dette au titre de l’Initiative des PPTE et de l’IADM, la valeur actuelle nette de la dette extérieure par rapport au PIB et aux exportations est tombé à 7 % et 50 %, respectivement. Ces taux sont bien en dessous du seuil qui signale que le niveau d’endettement n’est pas tolérable.

La dette intérieure est relativement peu importante (soit 21 % du PIB en 2007-2008) et elle continuera de baisser. Les nouvelles dettes extérieures ont été contractées pour l’essentiel à des conditions privilégiées, ce qui est favorable au maintien d’un niveau de dette soutenable.

Aide financière de l’IDA à l’Éthiopie
Montant des fonds engagés à la date du 17 mars 2009

Projets

(en millions de dollars)

Accès à l’électricité — expansion rurale

133,4

Accès à l’électricité — expansion rurale Phase II

130

Projet d’accès à l’énergie

132,7

Renforcement des capacités dans le secteur financier

15

Projet sur la sécurité alimentaire

85

Amélioration générale de la qualité de l’éducation

50

Réponse à la crise alimentaire mondiale

250

Projet d’aménagement urbain des collectivités locales

150

TIC — Appui aux activités de développement

25

Projet d’irrigation et de drainage

90 

Projet multisectoriel VIH/SIDA 2

30

Projet d’exportation d’énergie de l’Initiative du Bassin du Nil : Dispositif d’interconnexion Éthiopie-Soudan

41,1

Nutrition

30

Projet de développement des communautés pastorales II 

80

Enseignement post-secondaire

25

Renforcement des capacités à l’appui du développement du secteur privé

24

Filets de sécurité productifs APL 2

200

Protection des services de base

430

Programmes de renforcement des capacités du secteur public ( PSCAP)

80

Développement du secteur routier APL I

126,8

Développement du secteur routier APL II

248,2

Développement du secteur routier APL III

225

Renforcement des capacités en milieu rural

54

Projet d’aménagement durable des terres

20

Mise en valeur intégrée des ressources en eau de Tana et Beles

45

Projet de développement des gouvernements locaux en milieu urbain

  150

Eau et assainissement des villes

100 

Approvisionnement en eau et assainissement en milieu urbain

87 

[*] Certaines données de cette fiche-pays sont présentées sur la base de l’année fiscale en Éthiopie, qui prend fin le 7 juillet.  Dans le cas présent, l’année fiscale 1995/1996  renvoie à la période allant du 8 juillet 1995 au 7 juillet 1996.




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