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Les parlementaires examinent le rôle du Parlement au Niger

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NIMAEY, NIGER, le 21 février 2008 — Une délégation de parlementaires venus de Belgique, du Burundi, de Côte d’Ivoire, de France, de Haïti, d’Irlande, du Malawi, du Maroc, de Pologne, du Portugal, du Sénégal et du Parlement européen s’est rendue au Niger du 2 au 6 décembre 2007. Cette visite avait pour objet de promouvoir le dialogue avec les autorités locales et les parlementaires, de s’informer sur les défis et les succès de la mise en œuvre du programme national de réduction de la pauvreté, la participation des citoyens et la coordination des bailleurs de fonds au Niger.

 

Les discussions mettent en évidence la nécessité de renforcer la participation des législateurs

 

Sous l’égide de Monsieur Mohamed Bazoum, l’honorable vice-président de l’Assemblée nationale et Président du réseau parlementaire sur la Banque mondiale au Niger, le chapitre local du réseau a accueilli une réunion et offert un diner de bienvenue auxquels ont assisté une délégation de 25 parlementaires nigériens et la délégation internationale de parlementaires et de représentants de la Banque mondiale. « Au cours des quatre prochains jours, notre mission, en qualité de représentants élus de ce pays et d’autres États, sera non seulement d’évaluer les activités de la Banque mondiale et leurs retombées au Niger, mais aussi le rôle de notre Parlement national et d’échanger les pratiques exemplaires ; notre pays est pauvre et souhaite apprendre auprès d’autres comment s’engager sur le long chemin qui mène au développement », a déclaré le président dans son allocution d’ouverture.

 

« Tenir le Parlement informé permet d’accroître la compréhension mutuelle, l’adhésion et la participation aux efforts de développement », a fait valoir Ousmane Diagana, responsable pays de la Banque mondiale au Niger, lors d’une session d’information tenue le premier jour de la réunion et qui a été l’occasion de partager ses connaissances sur la politique économique nationale et de donner un aperçu du soutien de la Banque en appelant l’attention sur l’accent mis par l’institution sur la nécessité de mieux faire entendre la voix de la société civile et de renforcer les capacités, la responsabilisation et la participation. « Il est essentiel que les parlementaires des pays donateurs et des pays bénéficiaires se rendent compte par eux-mêmes de l’action de l’IDA en matière de réduction de la pauvreté, à cette étape importante de la reconstitution des ressources au titre de l’IDA-15. »

 

La visite s’inscrit dans le cadre du Programme des parlementaires sur le terrain. Elle est parrainée par le Gouvernement finlandais et organisée par l’équipe pays de la Banque à Niamey, l’unité parlementaires au sein de la vice-présidence des relations extérieures basée à Paris en partenariat avec le Réseau parlementaire sur la Banque mondiale (RPsBM) qui a également accueilli les visiteurs.
Le Programme de visites sur le terrain est l’une des activités essentielles du RPsBM. Il est organisé conjointement avec la Banque mondiale et financé par une subvention du ministère finlandais des affaires étrangères. Il a pour objet de mieux faire comprendre aux parlementaires les activités de développement, le rôle de la Banque mondiale et la coordination des bailleurs de fonds dans les pays bénéficiaires. Depuis sa création en mai 2000 en tant que réseau informel de quelques parlementaires, le RPsBM vise à mieux faire entendre la voix des élus dans le débat sur le développement. Le réseau s’est développé et compte aujourd’hui plus de 1.000 parlementaires issus de 110 pays qu’il mobilise en faveur de la lutte contre la pauvreté dans le monde, la promotion de la transparence et de la responsabilisation dans le domaine du développement international et le renforcement du dialogue sur les politiques entre la Banque mondiale et les parlementaires.

Réunion avec les parlementaires nigériens

 

À l’issue de la session d’information sur les investissements de la Banque, Monsieur Bazoum a fait un exposé dynamique présentant le paysage politique et l’histoire du pays. À l’occasion d’une discussion libre, les représentants de la commission des finances du Parlement ont salué les réalisations importantes du gouvernement en matière de développement. Ils ont également soulevé plusieurs questions présentant de l’intérêt, parmi lesquelles la nécessité de renforcer la gouvernance, d’intensifier la lutte contre la corruption et de traiter les problèmes d’éducation et la gestion des ressources naturelles. La commission des finances qui est composée de parlementaires de la majorité et de l’opposition, a souligné qu’il relevait de sa responsabilité d’examiner soigneusement le budget du gouvernement en exerçant avec efficacité son pouvoir de contrôle et en agissant dans l’intérêt des citoyens.

 

Les visiteurs ont estimé qu’un soutien solide des bailleurs de fonds dans les domaines de l’éducation et du développement agricole pourrait être un élément déterminant pour aider le continent à gagner véritablement son indépendance économique.

 

« Tirons les leçons du miracle économique asiatique et appliquons les au continent. Il n’est pas nécessaire de réinventer la roue », a indiqué en conclusion Suresh Angadi, parlementaire indien. Ce dernier a invité instamment les pays donateurs et la Banque mondiale à promouvoir des politiques et des actions audacieuses de manière à s’attaquer aux obstacles qui entravent le développement de l’agriculture en Afrique afin de permettre de dégager les excédents économiques nécessaires à l’essor de l’économie du continent.

 

Adhésion du pays, coordination des bailleurs de fonds, stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), expression et participation.

MPs in the field visiting an onion farm.

Le Bureau de la Banque mondiale au Niger.

Ces grands thèmes ont aussi été largement débattus au cours d’autres réunions tout au long de la visite. Etaient, en outre, prévues des discussions approfondies avec les principaux partenaires du Niger, y compris les représentants du gouvernement, de la société civile, de la communauté des donateurs et du secteur privé.

Au nombre des autres thèmes et messages forts figurent la  nécessité de soutenir sans discontinuer le développement humain afin de faire face au défi de la croissance démographique, du déficit de capacités et de combattre efficacement le spectre de la maladie, y compris le paludisme et le VIH/SIDA ; la nécessité d’appuyer les actions visant à la bonne gouvernance comme outil de promotion de la justice sociale en faisant en sorte que les pauvres recueillent les bénéfices de la croissance économique, et de soutenir durablement le développement des infrastructures dans les domaines de l’eau, de l’énergie, des routes, des voies ferrées et des ports

Dans son discours liminaire aux délégués, Malla Ari, coordinateur du DSRP au Niger, a souligné les thèmes essentiels de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté. Déplorant ne pas avoir été consultés lors de la phase initiale d’élaboration de la stratégie, les parlementaires nigériens ont souhaité qu’il soit fait appel à leur contribution au début et non au moment de la mise en œuvre.

 

À l’occasion d’un diner avec les délégués, Monsieur Mohamed Lamine Zeine, ministre nigérien des Finances, a lancé un appel à l’IDA. Il a également souligné qu’il était favorable à ce que le Parlement soit davantage associé aux négociations concernant le budget et les emprunts faits par le pays.

 

« Fournissez nous la canne à pêche plutôt que le poisson »

 

Monsieur Mamadou Tandia, chef de l’État nigérien, s’est adressé aux délégués lors d’une réunion organisée sous son égide. Saluant la Banque mondiale et l’initiative du réseau parlementaire, le Président Tandia a profité de l’occasion pour exhorter la Banque et ses responsables à délaisser le financement des projets au profit de la fourniture d’une aide plus large au développement en intervenant directement pour soutenir le budget. « Nous comptons sur la Banque mondiale, en tant que principal acteur du développement du pays, pour montrer la voie à d’autres bailleurs de fonds et nous aider à maîtriser notre développement en augmentant le soutien direct à nos programmes conformément à nos priorités et stratégies en la matière.»

 

Les délégués ont également rencontré des membres éminents de la société civile nigérienne. La réunion a rassemblé de nombreuses ONG nationales, des leaders d’opinion ainsi que des représentants des groupes de presse. Ils ont examiné les aspects liés à l’engagement civique, aux droits des femmes, y compris le renforcement de leur représentation dans le processus de prise de décision et leur participation à la planification du processus de DSRP et à son suivi.

 

Enfin, les délégués ont rencontré pendant près de deux heures les partenaires du développement afin de discuter des défis que représentaient pour le pays la coordination et l’harmonisation des bailleurs de fonds. « Nous devons révolutionner, sur le plan culturel, la manière dont nous aidons les pays africains », a fait valoir un parlementaire portugais, Renato Leal, qui a insisté sur la nécessité de changer le modèle de relations entre les donateurs et les dirigeants africains.

 

Les délégués se sont rendus dans la province de Tillabery pour une visite d’une journée. Ils ont visité plusieurs projets, se sont entretenus avec les bénéficiaires, les autorités locales et le gouverneur de la province.

 

La série de visites sur le terrain s’est achevée avec celle d’une entreprise innovante de culture et de conservation d’oignons qui appartient aux frères Wankoye. Cet exemple illustre remarquablement le rôle crucial que joue le secteur privé en participant activement aux efforts de développement du pays et en contribuant à son essor économique.

 

MPs in the field visiting an onion farm.

Les parlementaires visitent des champs d'oignons. 

 

Visite sur le terrain

 

Les participants ont tous reconnu que la visite sur le terrain au Niger leur avait permis de mieux comprendre les activités de la Banque et le contexte dans lequel celle-ci travaille. « Il est important pour nous de rendre compte à nos propres parlements de l’efficacité de la fourniture de l’aide », déclare Dominique Hannigan, parlementaire irlandais. « Dorénavant j’interpellerai plus souvent mon propre gouvernement sur la politique qu’il mène en matière d’aide au développement et j’encouragerai une augmentation des flux d’aide vers les pays en développement par le biais de la Banque mondiale», ajoute le parlementaire français, Jérôme Lambert.

 

Ils ont également constaté « l’ampleur des défis auxquels fait face la Banque mondiale sur le terrain. » Cette visite a été « riche d’enseignements » en faisant apparaître les défis plus larges auxquels sont confrontés les pays d’Afrique subsaharienne, déclare le parlementaire belge, Jean-Paul Procureur.

 




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