Sao Tomé-et-Principe se compose de deux petites îles tropicales situées dans le Golfe de Guinée, à 400 kilomètres au large du Gabon. Sa population totale, estimée à 205.901 habitants fin 2008, augmente à un rythme annuel d’environ 3,1 %. La langue officielle du pays est le portugais, et sa monnaie est le dobra.
Sao Tomé-et-Principe est classée 123e sur 177 au titre l’indice de développement humain du PNUD de 2008. Fin 2004, l’espérance de vie à la naissance était de 63 ans, le taux d’alphabétisme chez les adultes de 83,4 % et le taux brut de scolarisation dans l’enseignement de 62 %.
Lorsqu’elle a acquis son indépendance du Portugal, en 1975, Sao Tomé-et-Principe héritait d’une économie basée exclusivement sur l’agriculture et la production et l’exportation d’un seul produit agricole, le cacao. Ses indicateurs d’éducation et de santé ont généralement été satisfaisants par rapport à la moyenne africaine.
Environnement politique
Peu après l’indépendance, en 1975, le gouvernement a adopté un régime socialiste. D’importantes initiatives de libéralisation politique et économique avaient cependant été menées en 1985. En 1990, une nouvelle constitution pluripartite a été adoptée, et Miguel Trovoada a été élu président lors des premières élections pluripartites, en 1991. Il a été réélu en juin 1996 pour un second et dernier mandat, comme l’autorisait la constitution. Les élections présidentielles suivantes, en juillet 2001, ont été marquées par la victoire de Fradique de Menezes, élu pour un mandat de cinq ans.
En juillet 2003, le climat politique a été perturbé par un coup d’État militaire sans effusion de sang, mais une pression internationale considérable, conjuguée à la médiation étrangère, y ont mis un terme dans le calme une semaine plus tard.
En 2006, des élections législatives, régionales et locales ont vu la victoire du parti présidentiel, le Movimento Democrático das Forças da Mudança (MDFM), qui a constitué avec le Partido da Covergencia Democrática (PCD) un gouvernement minoritaire soutenu par 23 des 55 députés siégeant à l’Assemblée nationale.
En juillet de la même année, le président Fradique de Menezes a été réélu pour un second et dernier mandat de 5 ans avec 60% des suffrages exprimés.
Après trois remaniements ministériels en novembre 2007, février 2008, et juin 2008, un nouveau gouvernement de coalition formé par le Mouvement de libération de São Tomé e Príncipe / Parti social démocrate (MLSTP / PSD), le Movimento Democrático Força da Mudança (MDFM) et le Partido da Convergencia Democrática (PCD), avec une majorité de 43 sièges (sur 55) à l'Assemblée nationale, devrait apporter la stabilité à la scène politique du pays, et encourager les pays donateurs de maintenir ou d'augmenter leur soutien financier.
Développement économique
L’économie de Sao Tomé-et-Principe est fragile, pénalisée par une dette par habitant élevée et par un ratio de la dette au PIB de plus de 600 %. La production du pays n’est pas diversifiée, puisqu’elle dépend quasi exclusivement des exportations de cacao et de l’aide extérieure. Cette situation a considérablement accru la vulnérabilité du pays aux chocs exogènes.
Une longue période de baisse des prix mondiaux du cacao, conjuguée à une augmentation des prix du pétrole et des denrées alimentaires importés, pèsent fortement sur les revenus et les niveaux de vie. Parmi les autres activités économiques figurent le modeste secteur de la pêche, et les sous-secteurs, de taille limitée mais croissante, de la construction et du tourisme.
Après une décennie d’importants déséquilibres macroéconomiques et d’intervention de l’État dans l’économie, le Gouvernement santoméen a adopté à partir de 1998 des réformes économiques qui ont permis d’augmenter la croissance du PIB réel, de réduire l’inflation, et de faire avancer les principales réformes structurelles avec l’aide des bailleurs de fonds internationaux.
En 2008, la performance économique est restée soutenue (croissance du PIB réel de 5,8 %), malgré un pic d’inflation (26 %) sur fond de forte hausse des prix mondiaux du pétrole et des denrées alimentaires qui s’est répercutée sur les consommateurs du pays.
La production de pétrole en mer pourrait modifier considérablement les perspectives économiques du pays à moyen et long terme. Néanmoins, un premier puits d’exploration réalisé début 2006 dans le Bloc 1 a été jugé non viable commercialement. D’autres blocs (2, 3 et 4) ont récemment fait l’objet de contrats, et les forages sont prévus pour 2009. Les négociations portant sur deux blocs de plus (5 et 6) ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre.
Coordination de l’aide
Parmi les principaux bailleurs de fonds figurent le Portugal, la France, l’Union européenne, la Banque africaine de développement et les Nations Unies, ainsi que Taiwan (Province de Chine). Les États-Unis sont également devenus un bailleur de fonds actif au cours des trois dernières années, Sao Tomé-et-Principe étant en passe de bénéficier de l’appui de la Millennium Challenge Corporation.
La dernière table ronde des bailleurs de fonds s’est tenue, sous les auspices du PNUD, en novembre 2005 à Bruxelles. Trois autres tables rondes, de portée sectorielle (sur l’éducation, les infrastructures et la gouvernance) et également parrainées par le PNUD, ont eu lieu en décembre 2006.
Partenariat avec la Banque mondiale
C’est en 1977 que Sao Tomé-et-Principe est devenu membre de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Association internationale de développement (IDA), et ses premiers emprunts remontent à 1985.
Les précédents engagements de la Banque ont porté sur des projets d’ajustement structurel et sur un soutien à l’agriculture, la santé et l’éducation. Le pays a atteint le point de décision au titre de l’Initiative PPTE en décembre 2000 et le point d’achèvement en mars 2007. Le Fonds monétaire international (FMI) et l’IDA lui ont alors consenti un allégement de dette de 317 millions de dollars au titre de l’initiative PPTE renforcée et de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM).
Le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté du pays a été promulgué par le Président de la République en janvier 2003 et présenté aux conseils du FMI et de la Banque en avril 2005.
La Stratégie d’aide-pays (CAS) actuelle de l’IDA, adoptée par le Conseil de la Banque au début de juin 2005 et portant sur la période 2006-2009, aide le gouvernement à promouvoir la mise en œuvre du DSRP, en accordant la priorité au renforcement de la gestion macroéconomique et des finances publiques, ainsi qu’à la mise en place des institutions nécessaires et de la capacité voulue pour permettre au pays d’assurer une utilisation viable des recettes qu’il est censé dégagé à l’avenir de l’activité pétrolière.
À ce jour, la Banque mondiale a approuvé 14 crédits de l’IDA à Sao Tomé-et-Principe, pour un montant total d’environ 83,3 millions de dollars. Les engagements actuels de l’IDA pour les deux projets en cours se chiffrent à 19,5 millions de dollars, dont 2,3 millions non décaissés encore.
Le projet d’appui du secteur social, d’un montant de 6,5 millions de dollars, aide le pays à atteindre les objectifs de développement humain définis lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies.
Le projet de renforcement de la capacité de gouvernance, d’un montant de 5 millions de dollars, apporte un soutien à la gestion des finances publiques de Sao Tomé et aide à renforcer le cadre institutionnel de son secteur pétrolier naissant.
Un projet à l’appui des politiques de développement, qui doit fournir un soutien budgétaire de 6 millions de dollars, a été approuvé en juin 2008, et un supplément d’un montant de 2 millions de dollars a été approuvé en juillet 2009.