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Sao Tomé-et-Principe : fiche-pays

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Sao Tome and Principe: Fiche-pays

La situation économique en bref

São Tomé-et-Príncipe, un archipel d’à peine plus de 1 000 kilomètres carrés situé dans le Golfe de Guinée, est l’un des plus petits pays d’Afrique, avec un revenu national brut (RNB) de 1 140 dollars en 2009. Malgré les progrès économiques enregistrés et une augmentation du PIB réel de 5 % en moyenne sur la période 2001-2007, contre 2 % sur la période 1994-2000, quelque 54 % des 166 000 habitants de l’archipel sont pauvres et 15 % vivent dans la misère. Le pays arrive en 131e position au classement de l’indice du développement humain (2009), qui comprend 182 pays. L’espérance de vie est de 67 ans et le taux d’alphabétisation chez les adultes de 83 %.

Après une longue crise économique pendant les années 90, un programme de réforme économique a été lancé en 1999. Le pays a atteint le point de décision au titre de l’Initiative PPTE en décembre 2000 et le point d’achèvement en mars 2007. Le Fonds monétaire international (FMI) et l’Association internationale de développement (IDA), qui fait partie du Groupe de la Banque mondiale, lui ont alors consenti un allégement de dette de 314 millions de dollars au titre de l’initiative PPTE renforcée. Mais le fardeau de la dette reste élevé : les ratios dette/exportations et dette/recettes publiques figurent parmi les plus élevés du monde. La dette extérieure atteignait 69,7 % du PIB en 2008 et devrait reculer à 52,2 % en 2009, une fois conclues les négociations avec les pays non membres du Club de Paris. São Tomé-et-Príncipe est vulnérable aux chocs exogènes et s’est durement ressenti de l’augmentation des cours internationaux des produits alimentaires et pétroliers en 2008. Le ralentissement de l’économie mondiale a fortement pesé sur les recettes budgétaires : rentrées touristiques et aide extérieure inférieures aux prévisions,  envois de fonds en baisse, et investissements étrangers directs différés.  La croissance a ralenti à 4 % en 2009 et ne devrait remonter à 6 % qu’en 2012. 

Si les ressources pétrolières situées dans les eaux territoriales de São Tomé-et-Príncipe et dans la zone partagée avec le Nigéria se matérialisent, le pays pourrait connaître un changement profond. La perspective de forages pétroliers au large des côtes pourrait sensiblement modifier le paysage économique à moyen et long termes. Des réformes ont été engagées en vue de la budgétisation des futures recettes pétrolières ; le pays vient également de lancer un appel d’offres pour les travaux de prospection des gisements de pétrole situés dans ses eaux territoriales.  

Situation politique

Le parti Action démocratique indépendante (ADI) est sorti vainqueur des élections législatives tenues en août 2010, avec 26 sièges sur 55. L’ancien leader de l’opposition, Patrice Trovoada (ADI), a été nommé au poste de premier ministre, à la tête d’un gouvernement minoritaire dans lequel figurent quelques ministres indépendants.   

Les enjeux du développement

São Tomé-et-Principe est devenu membre de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Association internationale de développement (IDA) en 1977 et ses premiers emprunts remontent à 1985. Les précédents engagements de la Banque ont porté sur des projets d’ajustement structurel et sur un soutien à l’agriculture, la santé et l’éducation.

Le document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) a été adopté par le Président de la République en janvier 2003 et présenté aux Conseils du FMI et de la Banque en avril 2005. La stratégie d’aide-pays (CAS) actuelle de l’IDA, adoptée par le Conseil de la Banque au début de juin 2005 et portant sur la période 2006-2009, aide le gouvernement à promouvoir la mise en œuvre du DSRP, en accordant la priorité au renforcement de la gestion macroéconomique et des finances publiques, ainsi qu’à la mise en place des institutions nécessaires et de la capacité voulue pour assurer une utilisation durable des recettes attendues de l’activité pétrolière. À l’avenir, la Banque compte redoubler d’efforts pour appuyer les réformes structurelles essentielles prévues dans le nouveau DSRP, en particulier dans les domaines de la gestion des finances publiques, de la gouvernance du secteur pétrolier et de l’énergie.

À ce jour, la Banque mondiale a approuvé quatorze crédits de l’IDA pour São Tomé-et-Príncipe, d’un montant total d’environ 83,3 millions de dollars. Comme par le passé, le pays peut  prétendre à l’intégralité de son allocation de l’IDA sous forme de dons du fait qu’il court un risque élevé de surendettement.

Les autres principaux bailleurs de fonds sont le Portugal, la France, l’Union européenne, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et les organismes des Nations Unies, ainsi que la province chinoise de Taïwan. Les Etats-Unis sont également devenus un donateur actif au cours des trois dernières années, Tomé-et-Principe étant en passe de remplir les conditions requises pour bénéficier du programme de la société américaine Millennium Challenge Corporation (MCC).

 

Une nouvelle note de stratégie intérimaire, en cours d’élaboration, tirera parti des acquis de la précédente stratégie d’aide-pays et continuera à : i) appuyer l’élaboration d’une nouvelle stratégie de réduction de la pauvreté ; ii) améliorer la gouvernance du secteur public pour tirer le meilleur parti des recettes pétrolières à venir ; et iii) renforcer la prestation des services publics dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des communications.

Le portefeuille actuel comprend deux projets financés par des fonds fiduciaires et deux projets de l’IDA actuellement en cours : i) assistance technique pour le renforcement de la capacité de gouvernance ( 5 millions de dollars) ; et ii) appui au secteur social (6,5 millions de dollars).  Le prêt de 4 millions de dollars à l’appui des politiques de développement approuvé en 2008 pour améliorer la gestion des ressources naturelles et publiques a été complété en juillet 2009 par un nouvel apport de 2 millions de dollars pour aider le pays à faire face aux effets du ralentissement de l’économie mondiale. Par ailleurs, un financement de 2,1 millions de dollars a été approuvé en mars 2010 pour renforcer le volet Santé du projet d’appui au secteur social. Ce financement représente environ 40 % des investissements publics prévus dans le secteur de la santé en 2010.

S’agissant des fonds fiduciaires, Sao Tomé-et-Principe participe depuis 2007 à l’Initiative pour l’accélération de l’aide en faveur de l’Éducation pour tous et a reçu un don de 3,6 millions de dollars du Fonds catalyseur (CF) qui l’aidera à mettre en œuvre son plan stratégique pour l’éducation.

D’autres projets sont en cours d’élaboration pour aider le gouvernement à prendre des mesures concrètes d’adaptation destinées à atténuer les effets néfastes du changement climatique dans certains secteurs (agriculture, pêche, approvisionnement en eau, santé et énergie).  São Tomé-et-Principe pourrait également participer à un projet de dorsale africaine qui permettra l’accès de la région au haut débit.

 

Gouvernance du secteur pétrolier

Un appui considérable a été fourni, dans le cadre d’une série de projets financés par la Banque (opérations d’appui aux politiques de développement et assistance technique), afin de mettre en place les réformes institutionnelles et législatives nécessaires pour la gestion des gisements de pétrole offshore (situés dans la zone d’exploitation commune (ZEC) avec le Nigéria et dans la zone économique exclusive (ZEE) de Sao Tomé-et-Principe).  Certaines institutions ont déjà été créées, notamment le Petroleum Oversight Committee (Comité de surveillance des ressources pétrolières) et le Public Registration and Transparency Information Office (Bureau d’information sur les enregistrements publics et la transparence). En outre, les capacités de l’Agence nationale du pétrole ont été renforcées et des mesures ont été prises pour améliorer la transparence du secteur dans le cadre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI).  Des lois régissant la ZEC, alignées sur les normes internationales les plus rigoureuses, ont également été élaborées avec l’aide de la Banque et Sao Tomé-et-Principe vient de lancer un appel d’offres pour la prospection des gisements de pétrole situés dans sa ZEE.

Gestion des finances publiques

São Tomé-et-Príncipe s’emploie en priorité à mettre en place les institutions et les capacités juridiques nécessaires pour améliorer la gestion économique et renforcer le contrôle des ressources publiques et naturelles.  Les projets financés par la Banque ont aidé le pays i) à améliorer la législation relative à la gestion des finances publiques (avec notamment l’adoption d’une loi sur les marchés publics et d’un nouveau code des impôts ; et ii) à renforcer les  capacités institutionnelles et les outils essentiels tels qu’un système intégré de gestion informatique de l’information financière. Un nouveau prêt à l’appui des politiques de développement est en cours d’élaboration afin de poursuivre l’aide de la Banque dans le secteur et permettre de publier pour la première fois les comptes de l’État, qui sera ainsi davantage tenu de répondre de ses actes devant l’Assemblée nationale.

Santé et éducation

Un financement supplémentaire a été récemment approuvé pour renforcer le volet Santé du projet d’appui de la Banque au secteur social. Des progrès sensibles ont été accomplis par rapport aux principaux indicateurs de performance, et pour certains indicateurs le pays a déjà dépassé l’objectif à atteindre d’ici à la fin du programme. Le volet Éducation du projet a été mené à bien et le secteur bénéficie d’un don du Fonds catalyseur au titre de l’Initiative pour l’accélération de l’aide en faveur de l’Éducation pour tous. C’est ainsi que le taux brut de scolarisation est aujourd’hui de 121 % et le taux d’achèvement des études primaires de 64 %. Le pourcentage d’élèves de première année qui atteignent la sixième année d’études a augmenté de 47 % à 66,7 % entre 2003 et 2009, et le taux de passage de quatrième en cinquième année a augmenté de 60 % à 84,2 % durant la même période. Enfin, le pourcentage d’écoles qui fonctionnent avec trois groupes d’élèves par classe a diminué à 8, contre 27 en 2003, et l’objectif de distribuer un manuel par élève a été atteint.

S’agissant du secteur de la santé, les résultats sont également encourageants, notamment dans les domaines de santé maternelle et infantile. La plupart des objectifs visés pour les indicateurs du projet ont été atteints ou dépassés. La proportion d’accouchements assistés par du personnel de santé qualifié a augmenté de 70 % en 2003 à 86 % en 2009 (soit plus que l’objectif visé, 85 %) grâce à l’amélioration des services fournis, en particulier en milieu rural. Par ailleurs, la proportion de femmes enceintes recevant des soins prénatals est passée de 65 % à 82,3 % durant la même période. Des progrès ont également été enregistrés dans le domaine des soins de santé infantile. En 2009, 93,1 % des enfants ont été vaccinés contre la rougeole, et São Tomé-et-Príncipe est un bel exemple de réussite dans la lutte contre le paludisme : le nombre de cas chez les enfants de moins de cinq ans a reculé de 1 273 pour 1 000 à 34 pour 1 000 entre 2004 et 2009, essentiellement grâce à l’utilisation de moustiquaires et d’une polythérapie amodiaquine + artésunate. La mortalité due au paludisme est pratiquement tombée à zéro en 2009. La prévalence du VIH chez les femmes enceintes a diminué de 5,4 % au début du projet à 1,5 % en 2009, selon les estimations, mais certaines préoccupations subsistent.  Les organisations de la société civile ont également pris une part active à l’exécution du projet.

La Banque mondiale collabore étroitement avec Sao-Tomé par le biais de ses représentations à Maputo (Mozambique). Parmi les autres principaux partenaires du pays figurent l’Union européenne, la Banque africaine de développement, le PNUD et l’Organisation mondiale de la santé.

 

Dernière mise à jour en septembre 2010




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