| TSHWANE, AFRIQUE DU SUD, le 7 décembre 2007 — « Pour combattre efficacement le VIH/SIDA, nous devons tous être unis » : tel fut le consensus partagé par les prestataires de services et les représentants municipaux de la capitale sud-africaine, Tshwane (Pretoria), et de Washington lors d’une vidéoconférence organisée pour commémorer la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Le dialogue qui s’est instauré, le 3 décembre, entre les deux villes liées par un accord de jumelage a été animé et encadré par la Banque mondiale. La discussion était axée sur les meilleures pratiques mises en place, dans chacune de ces municipalités, pour freiner la progression du VIH/SIDA. L’initiative visait à réunir des experts ainsi que des prestataires de services des secteurs public et privé, pour qu’ils mettent en commun leurs expériences et les enseignements qu’ils en ont retirés. Les échanges ont porté sur plusieurs thèmes : définition des méthodes de renforcement des capacités, soutien aux partenariats fructueux entre secteurs public et privé, importance de la collaboration (et non de la concurrence) entre ONG, et modèles d’indicateurs de performance. Une représentante de la municipalité de Tshwane, Lebohang Mahaye, a formulé l’espoir que ce dialogue puisse donner naissance à une étroite collaboration.  | Lebohang Mahaye, chef du secrétariat (Services de gouvernance et de secrétariat de Tshwane) | « Nos deux villes sont confrontées à des enjeux similaires, qui affectent particulièrement les femmes, les enfants et les jeunes », a-t-elle observé. « Nous sommes désormais associés dans la lutte contre le VIH et le SIDA. Notre but est de définir des stratégies communes qui mèneront à des actions concrètes. » La déléguée à la santé pour la ville de Tshwane, Princess Primrose Mosley, a fait écho à ce sentiment tandis qu’elle détaillait les efforts déployés par la ville pour faire face à la pandémie qui a touché 270 000 personnes, sur une population totale de 2,6 millions d’habitants. « Nous pensons qu’il faut donner les moyens à la communauté d’affronter le VIH et le SIDA », a-t-elle indiqué. « Nous voulons soutenir toutes les personnes atteintes, pour les aider à vivre normalement. » Elle a observé que le programme de la ville était en accord avec la stratégie nationale, qui consiste à cibler différents groupes de population pour modifier leurs comportements par le biais de campagnes d’information et de sensibilisation. « Nous ne restons pas cloîtrés dans notre tour d’ivoire : nous mettons en avant la collaboration et évitons le double emploi. Nous encourageons le mentorat. » Juliana Victor-Ahuchoga (programme mondial de lutte contre le VIH/SIDA - Banque mondiale), a rappelé que les gouvernements ne pouvaient pas mener le combat isolément. « Nous devons nous développer et nous soutenir mutuellement, en collaboration avec les ONG », a-t-elle précisé. « Une organisation sans but lucratif qui travaille avec d’autres groupes sans but lucratif : voilà un moyen idéal de partager et renforcer les capacités. » Tous les participants ont convenu qu’il fallait développer les partenariats et la coopération pour faire reculer la maladie. Judith Dobbins, administratrice de Covenant House Washington, a estimé que la communauté tout entière devait prendre ses responsabilités vis-à -vis de cette question. Un autre intervenant a préconisé que les cliniciens eux-mêmes améliorent la qualité de leurs soins, développent leurs compétences culturelles et s’abstiennent de contribuer à la stigmatisation de la maladie.  | Quelques participantes à Washington DC. | Le Bureau de développement des partenariats et des subventions de la mairie de Washington s’est associé au Département des affaires extérieures de la région Afrique de la Banque mondiale pour promouvoir cette vidéoconférence. Ce bureau a pour mission de participer à des initiatives multisectorielles facilitant l’établissement et le renforcement des partenariats entre secteurs public et privé. En activité depuis six ans, il met en relation les agences gouvernementales et les services exécutifs du district de Columbia avec des partenaires – entreprises, sociétés, fondations et particuliers – qui partagent les mêmes objectifs et souhaitent mettre leurs ressources au service de projets communs. Cette structure a lancé le projet de renforcement des capacités de lutte contre le VIH/SIDA il y a un an. Le directeur du programme, Lafayette Barnes, a souligné que cette vidéoconférence était la première consacrée à la problématique du VIH/SIDA, mais pas la dernière. « Nous devons nous appuyer sur notre accord de jumelage pour poursuivre cette relation bilatérale importante et mutuellement bénéfique », a-t-il déclaré. « Une session comme celle-ci nous permet d’échanger des solutions afin de garantir une meilleure qualité de vie à tous ceux qui vivent avec le VIH/SIDA. » Insistant sur le fait que « personne n’est à l’abri », Beldina Auma (Département des affaires extérieures de la région Afrique - Banque mondiale) a salué l’intensification du programme de la Banque consacré à la lutte contre le VIH sur le lieu de travail. Elle s’est réjouie de voir ainsi renforcer le message selon lequel le VIH ne connaît aucune barrière de race, d’éducation ou de classe socioéconomique. D’après Mme Auma, « certains membres du personnel de la Banque se croient ‘protégés’ du VIH de par leur niveau d’instruction et d’information ». « Mais, si elle n’est pas accompagnée d’actions concrètes, l’information ne procure absolument aucune protection. En réalité, nos effectifs présentent une grande partie des facteurs de risque qui caractérisent les travailleurs migrants à ‘haut risque’, comme l’éloignement de leur partenaire pendant des périodes prolongées et les déplacements fréquents », a-t-elle ajouté. Richard Seifmann (Département ACT Africa de la Banque mondiale) a noté que la session s’était déroulée après la parution du dernier rapport de l’Onusida, qui relève un fléchissement de l’incidence de la maladie. « On recense actuellement 1,7 millions de personnes infectées par le virus en Afrique. Si nous ne poursuivons pas notre action pour fournir les traitements et les soins nécessaires, de nouvelles populations seront exposées. Les chiffres sont encourageants, mais cela ne signifie pas que nous devons relâcher nos efforts. » Mallory Saleson, bureau de la Banque mondiale en Afrique du sud |