Le 6 décembre 2007 -- Une réunion consacrée aux mesures envisageables pour améliorer la gestion de l’effort de lutte contre le VIH/SIDA s’est tenue du 1er au 5 octobre à Arusha (Tanzanie). Elle a rassemblé plus de 170 participants représentant, outre le segment de population atteint de la maladie, les communautés locales, les organisations gouvernementales et non gouvernementales, le secteur privé et les partenaires de développement du pays.
En ouvrant cette réunion, le ministre tanzanien de l’Administration régionale et des Collectivités locales, Mizengo Pinda, a salué l’appui fourni par la Banque mondiale à son pays en vue d’améliorer la gouvernance à l’échelon local. Mais il a appelé aussi les communautés tanzaniennes à faire preuve d’une vigilance accrue dans la gestion des fonds consacrés à la lutte contre le VIH/SIDA.
« Cet argent va devoir être bien géré, ... et je vous encourage donc, mes frères et sœurs, à prendre cette tâche au sérieux », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « J’espère que ce qui est fait dans les dix districts sur lesquels vous travaillez aura un impact non seulement dans vos districts mais aussi dans les districts voisins. »
Organisé par l’Institut de la Banque mondiale, cet atelier était parrainé par la Commission tanzanienne de lutte contre le SIDA (TACAIDS), l’équipe ACTAfrica (Campagne de lutte contre le SIDA en Afrique) de la Banque mondiale, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, et d’autres partenaires de développement. En visite de travail de trois jours en Tanzanie, la vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique, Obiageli Ezekwesili, y a également pris part, qualifiant cette réunion d’effort opportun et novateur.
Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique, s’adresse aux participants à l’atelier sur le VIH/SIDA.
Elle a déclaré aux participants que le renforcement des capacités s’imposait à tous les niveaux pour « susciter, à la base, une demande en faveur d’un meilleur degré de responsabilité et de transparence, ainsi que d’une plus grande sensibilisation, dans le contexte de dispositifs réglementaires et de politiques améliorés ». Elle a ajouté qu’il restait à appliquer les indicateurs de gouvernance dans le domaine de la lutte contre le VIH/SIDA.
« Ce qui a été récemment fait en matière de gouvernance démontre que les initiatives communautaires et de districts touchant aux aspects responsabilité, transparence et flux d’information peuvent avoir un impact considérable sur l’amélioration des prestations de services clés », a-t-elle dit. « Mais à ce jour, les outils mis au point dans le domaine de la gouvernance au niveau local n’ont pas été appliqués comme il faut dans le contexte du VIH/SIDA. »
Une des conclusions de l’atelier est qu’au surcroît de financement pour les mesures d’urgence contre l’épidémie doit venir s’ajouter un emploi efficace et rationnel de ces fonds pour assurer des résultats et un impact sur le terrain. Les participants se sont accordés à dire que les communautés et autorités locales se devaient d’améliorer leurs flux d’information et mécanismes de transparence et de responsabilisation pour faire en sorte que les fonds affectés à la lutte contre le VIH/SIDA atteignent ceux qui sont censés en bénéficier.
Mme Ezekwesili a par ailleurs exhorté les participants à renforcer leurs moyens de suivi et d’évaluation pour pouvoir déterminer s’ils réalisent des progrès. « Un meilleur niveau de suivi et d’évaluation fera qu’on sera plus à même d’aider les acteurs locaux à mesurer l’impact de ces efforts et à suivre les résultats obtenus » a-t-elle souligné. « La mise en place de systèmes solides au niveau des communautés est donc un préalable à toute action destinée à s’attaquer au VIH/SIDA d’une manière durable. »
La Tanzanie a certes fait de grandes avancées pour enrayer la propagation du VIH/SIDA, mais le taux de prévalence reste élevé, 7 % des adultes (de 15 à 49 ans) étant infectés. Le président Jakaya Mrisho Kikwete a qualifié le VIH/SIDA de catastrophe nationale et lancé, en juillet à Dar es Salam, une campagne nationale de dépistage. À cette occasion, il s’est soumis lui-même, en compagnie de son épouse Salma Kikwete, au test de dépistage afin de démontrer l’importance qu’il y a à connaître son état sérologique.
Elizabeth Laura Lule, responsable de l’équipe ACTAfrica de la Banque mondiale, intervient lors de l’atelier sur le VIH/SIDA.
Mais la Tanzanie a encore beaucoup de chemin à parcourir sur le front de la lutte contre le VIH/SIDA. En dépit d’un accroissement rapide des apports des bailleurs de fonds ces dernières années, il lui reste énormément à faire pour donner à tous accès aux interventions, la faiblesse de ses dispositifs en place à l’échelon national, ainsi que le manque de coordination et le niveau inadéquat des capacités existant à l’échelon communautaire, ayant abouti à un sérieux problème de mise en œuvre dans ce domaine.
Organisé autour de cinq modules, l’atelier d’Arusha visait à combler ces insuffisances en faisant la lumière sur le lien entre la gouvernance et le VIH/SIDA, et en parvenant à un accord sur les outils à même d’entraîner une amélioration des flux d’information et du degré de transparence et de responsabilisation des efforts entrepris pour faire face au problème. Les participants ont en outre conçu des questionnaires pour la collecte de données, ce qui les aidera à suivre leurs propres interventions et à en évaluer l’impact.
Maria Gonzalez de Asis, spécialiste senior du secteur public à l’Institut de la Banque mondiale et responsable du Programme de renforcement des capacités, a qualifié cette réunion de réussite. Elle n’en a pas moins ajouté qu’elle espérait que les mesures convenues auraient l’impact souhaité.
« Cette réunion pour les décideurs locaux de Tanzanie a engendré une prise de conscience de haut niveau quant à l’importance d’une bonne gouvernance pour la lutte contre le VIH/SIDA et à l’importance d’une collaboration avec les communautés pour la mise en place de solutions fondées sur les faits et axées sur les résultats », a-t-elle dit. « Elle a aussi permis de tirer des enseignements et favorisé un échange de connaissances entre les districts représentés et les différents échelons gouvernementaux ».
La responsable de l’équipe ACTAfrica de la Banque mondiale, Elizabeth Laura Lule, a pour sa part souligné, dans sa présentation en cours d’atelier, que les communautés sont les gardiennes du changement de comportement à opérer. Selon elle, susciter à la base une demande en faveur d’une meilleure gouvernance et d’un plus haut degré de responsabilité est primordial pour ce qui est d’assurer un emploi efficace des fonds et d’enrayer la propagation du VIH/SIDA sur le long terme.