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Le président ougandais et l’Agha Khan coupent le ruban d’inauguration du Projet de centrale hydroélectrique de Bujagali

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JINJA, OUGANDA, le 21 août 2007 — Le président ougandais, Yoweri Museveni, et l’Aga Khan, le prince Karim al-Husseini, chef spirituel des ismaéliens nizarites, ont posé la première pierre de la centrale hydroélectrique de Bujagali sur le Nil, témoignant par ce geste de leur volonté de mettre fin à la crise énergétique persistante que traverse l’Ouganda.

 

Cofinancée par le Groupe de la Banque mondiale, la centrale hydroélectrique de Bujagali, d’une puissance de 250 MW, est une composante essentielle de la stratégie adoptée par l’Ouganda pour combler le déficit d’électricité qui, ces dernières années, a fait des délestages tournants une réalité quotidienne pour les populations, les entreprises et les services du pays.

 

Le Fonds Aga Khan pour le développement économique soutient le projet de Bujagali par le biais de sa filiale de développement, Industrial Promotion Services (Kenya), qui, avec Sithe Global (États-Unis), constitue la société chargée de l’exécution du projet, Bujagali Energy Limited (BEL).

 

President Museveni (L) and the Agha Khan (R) shake hands after laying the foundation stone (Picture by: Michael Ocilaje)

Le président de l'Ouganda, Yoweri Museveni, serre la main de l'Agha Khan.

Aux côtés de l’Agha Khan, le président Museveni a exhorté les autres dirigeants africains et les partenaires de développement à faire face à la réalité de la crise énergétique que traverse le continent. Cette crise est non seulement un obstacle majeur à la croissance économique, mais elle est aussi à l’origine des principaux défis écologiques et des autres problèmes de développement qui se posent à l’Afrique.

 

S’adressant aux défenseurs de l’environnement, le président a réitéré que les aspects environnementaux du projet de Bujagali ont été minutieusement examinés et débattus.

 

« Je tiens à assurer le public que le gouvernement ougandais, en concertation avec BEL, le promoteur du projet, veillera à ce que toutes les mesures d’atténuation identifiées soient mises en œuvre de façon satisfaisante », a-t-il affirmé.

 

M. Museveni a expliqué que s’il est important de répondre aux préoccupations légitimes concernant l’impact du barrage sur l’environnement local, ce projet est nécessaire pour le développement du pays.

 

« On ne saurait refuser l’accès à l’électricité à plus de 90% de la population sous prétexte de protéger l’environnement », a-t-il déclaré.

 

Le président Museveni a relevé que l’énergie hydroélectrique est une alternative moins onéreuse que l’énergie thermique à laquelle on a actuellement recours pour combler le déficit énergétique.

 

Le projet de Bujagali est le plus gros investissement privé en Afrique de l’Est, le plus grand projet de production d’énergie indépendante en Afrique subsaharienne, et la plus importante opération jamais financée par la Société financière internationale (IFC) dans le monde, a précisé l’Agha Khan dans sa déclaration aux journalistes et aux autres participants à l’événement.

 

Uganda's President Yoweri Museveni (L) and His Highness the Agha Khan (R) prepare to lay the foundation stone (Picture by: Michael Ocilaje)

Le président de l'Ouganda, Yoweri Museveni (g) et l'Agha Khan (d) se préparent à poser la première pierre.

En avril 2007, l’IFC, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) et l’Association internationale de développement (IDA) ont approuvé un financement de 360 millions de dollars sous forme de prêts et de garanties en faveur de BEL, de l’État ougandais et des créanciers commerciaux, afin de permettre la poursuite du projet.

 

En juillet 2007, le gouvernement ougandais a débloqué une avance de 75 millions de dollars, via le Fonds de l’énergie créé spécialement à cet effet, pour permettre le démarrage des travaux en attendant la mise en place par les créanciers du financement nécessaire au projet. Le gouvernement a également fourni 17,5 millions de dollars pour la mise en œuvre du Plan de réinstallation des populations affectées par l’aménagement de la ligne de transport de Bujagali.

 

L’Agha Khan a pris note des efforts déployés pour faire démarrer le projet.

 

« Il n’est pas facile de convaincre les investisseurs privés traditionnels de financer un ambitieux projet d’infrastructure dans un pays en développement », a-t-il dit. Mais « le long processus de discussions et de débats, de négociations et d’offres, d’ajustements et d’accords, qui s’est déroulé avec toute une série de partenaires » a finalement abouti.

 

D’après le ministre ougandais de l’Énergie et des ressources minérales, Daudi Migereko, ce projet devrait fournir au pays l’électricité dont il a tant besoin, tout en stimulant l’activité industrielle et en créant des emplois à l’échelon local durant la phase de construction, puis  dans les secteurs de l’industrie et des services à un stade ultérieur.

 

La centrale de Bujagali sera située à peu près à huit kilomètres en aval du Nil Victoria et des centrales hydroélectriques de Nalubaale et de Kiira. Cette centrale hydroélectrique au fil de l’eau réutilisera l’eau provenant des centrales hydroélectriques situées en amont pour produire de l’électricité supplémentaire.

 

Cette énergie supplémentaire devrait améliorer l’alimentation du réseau électrique national moyennant un coût de production moindre que les autres formules envisagées dans le cadre de la stratégie d’expansion du secteur énergétique du pays.

 

Ont participé à la cérémonie pour le compte
de la Banque mondiale

  • John McIntire, Directeur des opérations
    pour la Tanzanie et l’Ouganda
  • Rashad Kaldany, Directeur, Infrastructure, IFC
  • Darius Lilaoononwala, Responsable senior, IFC
  • Jean Philippe Prosper, Responsable senior, IFC
  • Dan Kasirye, Chargé d’investissements, IFC
  • Grace Yabrudy, Chef–pays, Ghana
  • Paul Baringanire, Spécialiste, Énergie
  • Michael Silverman, Conseiller juridique principal
  • Suman Babbar, Consultant

La stratégie énergétique de l’Ouganda prévoit également une Opération de développement du secteur de l’énergie (300 millions de dollars), qui a été approuvée séparément par le Groupe de la Banque mondiale en avril 2007. Cette opération financera notamment une série d’investissements et de mesures destinés à réduire l’écart entre l’offre et la demande d’électricité.

 

La Banque mondiale fournit également un appui dans le cadre de trois projets en cours :  le Quatrième projet d’investissement dans le secteur électrique (62 millions de dollars), qui finance l’amélioration de l’approvisionnement en électricité et le renforcement de la capacité du gouvernement à conduire la réforme du secteur ; le Projet d’électricité pour la transformation des zones rurales (50 millions de dollars), qui vise à faciliter l’accès des zones rurales à une électricité renouvelable ; et une opération de garantie d’investissement d’un montant de 40 millions de dollars pour une société de distribution d’électricité.

 

Le Projet de centrale hydroélectrique de Bujagali a fait l’objet d’une analyse préalable approfondie aux plans économique, écologique et social. Plusieurs documents ont été rendus publics, notamment l’Analyse économique du projet (Project Economic Analysis) – préparée par un consultant indépendant – et l’Accord d’achat d’électricité (Power Purchase Agreement). Les consultations entre BEL et les populations riveraines du barrage se poursuivent de puis le début du projet.

 

 

Article de Christopher M. Walsh,  Consultant en communications et Steven Shalita, Chargé de communications, Banque mondiale



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