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Lancement du Mémorandum économique sur l’Ouganda

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KAMPALA, OUGANDA, le 17 septembre 2007 - L’Ouganda n’a pas besoin d’une révision fondamentale de ses politiques, mais doit axer la prochaine phase de son programme de développement sur la satisfaction des besoins en infrastructure s’il veut accélérer la croissance de son économie. Telle était la conclusion de l’atelier de vulgarisation du Uganda’s Country Economic Memorandum (Mémorandum économique sur l’Ouganda) lancé à Kampala, le 11 septembre 2007 par le Premier Ministre, Apolo Nsibambi.

Intitulé ‘Moving Beyond Recovery: Investment and Behavior Change for Growth’ (Au-delà de la relance : investissements et changement de comportements en vue de la croissance), ce mémorandum fait le bilan de la croissance antérieure de l’Ouganda, examine les principales entraves à l’amélioration de la croissance, et analyse les schémas alternatifs de la croissance et les méthodes de financement des investissements. Y sont présentées les bonnes politiques économiques qui ont soutenu la croissance impressionnante de l’Ouganda depuis le début des années 90.

En effet, au cours de cette décennie, l’économie de l’Ouganda a progressé à un rythme moyen d’environ 6,9 % par an, avoisinant les taux de croissance observés en Asie de l’Est et dans les régions du Pacifique. Pendant la même période, le taux d’accroissement du revenu par habitant de l’Ouganda était en moyenne de 3,2 %, ce qui le classait au 15e rang sur 152 pays. Plus récemment, alors que l’économie était confrontée à des chocs majeurs, notamment une détérioration des termes de l’échange de plus de 40 %, une sérieuse crise énergétique et une sécheresse prolongée, la croissance pendant les six années jusqu’à 2005-2006 est restée forte à 5,5 % en moyenne.

Le mémorandum conclut toutefois que la forte croissance démographique de l’Ouganda, avec un taux 3,3 % par an, ne peut soutenir un rythme élevé d’accroissement du revenu par habitant. En outre, avec une main-d’œuvre que l’on s’attend à voir doubler pendant les 15 années à venir, le principal défi qui interpelle les décideurs sera de faciliter les investissements privés créateurs d’emplois en dehors de l’agriculture. Le rapport suggère que de gros investissements dans les infrastructures publiques sont requis dans les secteurs des transports et de l’énergie.

Premier ministre

Le Mémorandum économique sur l’Ouganda lancé à Kampala, le 11 septembre 2007, par le Premier Ministre, Apolo Nsibambi.

Dans son propos liminaire au lancement du Mémorandum, le Premier Ministre Nsibambi déclarait que le pays avait atteint « un tournant décisif, où tout le peuple devait réfléchir ardemment à la manière de procéder pour passer au niveau supérieur de croissance, où une plus grande partie de la population pourra contribuer à assurer une croissance soutenue et à l’expansion de l’économie, et en tirer profit. »

L’honorable Nsibambi a noté que les trois défis majeurs que l’Ouganda doit relever pour se mettre sur la voie de la prospérité pour tous sont: inégalités persistantes en dépit de la réduction de la pauvreté – en partie alimentées par le conflit au Nord du pays ; réalisation d’un taux de croissance soutenu de 7 %; et création d’emplois pour toutes les personnes valides qui désirent travailler.

Le ministre des Finances, de la Planification et du Développement économique, Ezra Suruma, a salué l’opportunité du Mémorandum, qui coïncide avec la révision du Plan d’action pour l’éradication de la pauvreté (PEAP), le Document de stratégie de réduction de la pauvreté – DSRP – de l’Ouganda, et du cadre du développement national.

« L’Ouganda a un avenir brillant et excitant, et la paix que nous avons pu instaurer dans le Nord après une longue période de combats produit déjà des résultats, comme l’illustre le dynamisme des échanges commerciaux dans la région, » a déclaré Suruma. « Je suis convaincu que nous sommes sur la bonne voie [.] »

Dans son exposé sur les expériences de croissance en Afrique comprenant certaines leçons pour l’Ouganda, le vieil expert de l’économie ougandaise et conseiller du gouvernement, le Professeur Paul Collier, a déclaré que la réduction de la pauvreté n’était plus un objectif suffisamment ambitieux pour l’Ouganda, mais qu’il lui fallait plutôt sortir sa population du milliard le plus pauvre du monde.

Selon Collier, en tant que pays enclavé, l’Ouganda doit atteindre plus rapidement des taux de croissance plus élevés s’il veut faire partie des pays à revenu intermédiaire. Il a déclaré qu’un accent renouvelé sur les infrastructures, les marchés régionaux, l’agriculture et des services électroniques créateurs rapides d’emplois, tels que les centres d’appel, peuvent aider à atteindre le niveau de croissance souhaité.

« Tout pays enclavé a besoin de services de transports efficaces vers la côte. Mais il doit aussi se focaliser sur les marchés régionaux et sous-régionaux, et moins sur les marchés mondiaux, » a déclaré Collier. « Les bailleurs de fonds doivent conclure une entente avec les gouvernements pour que l’aide finance les biens publics régionaux qui fournissent un accès aux marchés régionaux et à la côte, pour des pays enclavés tels que l’Ouganda. »

Prof. Collier

 Paul Collier, Professeur d’économie et Directeur du Centre pour l’étude des économies africaines (CSAE) à l’université d’Oxford, Royaume-Uni

M. Collier, Professeur d’économie et Directeur du Centre pour l’étude des économies africaines (CSAE) à l’université d’Oxford, Royaume-Uni, a aussi donné des conseils avisés sur la gestion de la récente découverte de pétrole en Ouganda. Il a averti qu’il ne fallait pas « se jeter » sur cette découverte, mais que l’Ouganda devait d’abord s’appliquer à vendre les droits d’exploitation du pétrole aux enchères, puis en investir sagement les recettes à travers un processus honnête et efficace d’investissement public. »

« Ce bien souterrain doit être transformé en bien sur le terrain, » a-t-il déclaré, ajoutant qu’il serait « doublement difficile » pour l’Ouganda d’atteindre une croissance rapide avec cette découverte. « La plupart des pays riches se trompent ; je vous en prie, ne faites pas la même chose ! » a conseillé Collier.

Prenant la parole au nom de la Banque mondiale, le Directeur des opérations pour la Tanzanie et l’Ouganda, John McIntire, a déclaré que le Mémorandum de l’Ouganda représentait l’une des premières séries d’études de pays visant à mener une analyse générale des perspectives de croissance et des défis du pays.

« La croissance de l’Ouganda est restée forte pendant deux décennies, et continue d’afficher une bonne santé, » a déclaré McIntire. « Mais l’expérience au niveau international a montré que les poussées de croissance retombent inévitablement parce que l’économie se heurte à des contraintes majeures. Par conséquent, l’Ouganda doit anticiper ces contraintes, et classer les politiques et les investissements par ordre de priorité pour les finaliser avant qu’ils ne deviennent un obstacle à la croissance. »

Ministre des Finances

Ministre des Finances, de la Planification et du Développement économique,
Dr. Ezra Suruma

McIntire a par ailleurs déclaré qu’il est crucial pour l’Ouganda de pérenniser les bénéfices passés d’une gestion macroéconomique stable et de réformes politiques propices au commerce, mais aussi de soutenir le développement du secteur privé et maintenir un climat des investissements favorable au développement du marché, ainsi que des réglementations prudentes pour en corriger les défaillances.

Pour éviter de perdre les gains réalisés dans les années 90, il a déclaré qu’il fallait réfléchir minutieusement au rôle que l’Etat devait jouer pour lever les contraintes à la croissance.

« Le gouvernement doit éviter de distinguer les gagnants, et ne doit certainement pas tourner le dos aux perdants. Il devrait y avoir une application uniforme des incitations à l’investissement, et éviter de soutenir certains investisseurs, » a-t-il déclaré.

En présentant le Mémorandum, l’Economiste principal de la Banque mondiale et chef d’équipe du projet, Dino Merotto, a déclaré : « Nos recherches montrent qu’il n’est pas nécessaire de réviser fondamentalement les politiques, mais que l’Ouganda ne peut plus espérer un rebond de la croissance. La plupart des épisodes de croissance se heurtent à des obstacles inévitables. »

Pour que l’Ouganda évite de se retrouver dans cette situation, a-t-il dit, il a besoin d’une phase d’investissement pour aller au-delà de la relance et éviter une décélération de sa croissante impressionnante.

« Les priorités sont de réduire les coûts de transports à travers de meilleures infrastructures (y compris l’accès au port kenyan) et d’étendre l’accès à l’électricité à moindre coût, » a-t-il déclaré. « Ce programme d’investissement ne peut réussir que si la corruption et le copinage dans la passation des marchés sont évités.»

Et M. Merotto d’ajouter que « la démographie de l’Ouganda constitue un défi pour l’avenir, qui pourrait se transformer en opportunité si son ratio de dépendance (le plus élevé du monde) est inversé rapidement par une réduction du taux de fécondité. »

La population ougandaise s’accroît au rythme de 3,4 %par an, avec un ratio de dépendance conséquent de 116 %, soit le plus élevé du monde. Pour 100 personnes en âge de travailler, il existe 116 personnes, jeunes pour la plupart, qui ont besoin d’être prises en charge. La moitié de sa population n’ayant pas encore atteint l’âge de travailler, la main d’œuvre devrait doubler dans 15 ans. Associée au fait que l’agriculture va continuer à libérer des travailleurs au fur et à mesure que la productivité augmentera, cette situation suppose que l’économie devra créer des emplois dans l’agroalimentaire et le secteur des services.

Contribution de Steven Shalita, Région Afrique de la Banque mondiale

 




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