Click here for search results

La Banque mondiale n’a toujours pas repris son programme de prêts au Zimbabwe

Available in: English
  • La Banque mondiale n’octroie pas de prêts au Zimbabwe
  • La Banque mondiale apporte un soutien humanitaire par le biais d’ONG, de groupes confessionnels et d’organismes d’aide
  • Il existe un processus de reprise de programme qui implique le règlement des arriérés et l’accord sur un programme économique crédible

WASHINGTON, 22 mai 2009 — Les conditions voulues n’ont pas encore été réunies pour que la Banque mondiale reprenne un programme de développement économique à part entière au Zimbabwe, et l’aide humanitaire pour soutenir les pauvres de ce pays est actuellement apportée par les ONG et les organismes d'aide.  

La vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Afrique, Obiageli Ezekwesili, a déclaré mardi dernier aux journalistes que bien que la Banque ne fasse pas « d'affaires » avec Harare, elle travaille par l’intermédiaire des ONG et des organismes d’aide afin d’atténuer l’impact de l’effondrement de l’économie sur les Zimbabwéens les plus pauvres. 

Madame Ezekwesili a expliqué que la Banque a fourni des subventions par le biais de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) afin de s’assurer que les petits fermiers, déjà très touchés par la crise alimentaire mondiale qui s’ajoute à l’effondrement de l’agriculture et d’une manière générale, de l’économie du Zimbabwe, puissent obtenir des graines, des engrais et d’autres ressources nécessaires à la poursuite de leurs activités.  

La Banque mondiale fournit également des ressources aux ONG et aux organisations de la société civile pour lutter contre le VIH/SIDA et d’autres pandémies, et met actuellement en place une subvention qui permettra de travailler avec le ministère du Développement international du Royaume-Uni (Dfld) sur les filets de protection sociale pour les populations pauvres.  

Madame Ezekwesili a expliqué que les programmes de protection sociale étaient absolument nécessaires pour contribuer à limiter les conséquences désastreuses de l’effondrement de l’économie du Zimbabwe sur les populations pauvres. L’économie du pays a régressé de 50 % ces huit dernières années, avec une baisse de 14 % pour la seule année passée. 

La Banque est également en train de financer une évaluation des besoins en prévision de travaux qui seront à réaliser dans des domaines clés lorsque les conditions voulues seront en place, ceci afin de faire redémarrer l'économie, notamment dans les domaines de l’agriculture, des mines, du tourisme, de l’énergie, et de la gestion des finances publiques.  

Le montant total des subventions consacrées à ces initiatives est inférieur aux 22 millions de dollars mentionnés en début de semaine par certains organes de presse dont les articles suggéraient également que la Banque mondiale avait repris son programme d’aide au Zimbabwe. 

« Ces articles ne sont pas une interprétation correcte de ce que nous faisons actuellement avec le Zimbabwe », a déclaré Madame Ezekwesili. 

Selon Madame Ezekwesili, la reprise éventuelle des prêts avec le gouvernement d’unité de Robert Mugabe et du Premier ministre Morgan Tsvangirai doit être précédée de la mise en place d'un plan de développement économique crédible ainsi que de la création d'un consensus et d’un soutien national du programme de la part du gouvernement qui doit démontrer des progrès soutenus dans la mise en œuvre de réformes et effacer tous les arriérés dus aux institutions financières. 

En date d'avril 2009, le Zimbabwe devait un montant d'arriérés s'élevant à environ 1,24 milliard de dollars dont 673 millions de dollars à la Banque mondiale, 430 millions de dollars à la Banque africaine du développement et 140 millions de dollars au Fonds monétaire international (FMI). 

La vice-présidente de la Banque mondiale, qui a rencontré le ministre des Finances du Zimbabwe en avril dernier à Washington, a indiqué que le programme à court terme du gouvernement d’unité (qui durera jusqu’en décembre 2009) allait dans la bonne direction.  Cependant, elle a insisté sur le fait qu’Harare est encore loin d'avoir bâti la solide confiance qui est nécessaire, parmi les partenaires du développement, pour que le financement de programmes à long terme soit octroyé par le biais de canaux officiels.  

« C'est encore tôt pour le Zimbabwe, mais à la Banque mondiale, nous souhaitons voir le gouvernement avancer rapidement dans la construction d'un environnement et de conditions qui aideraient les partenaires du développement à reprendre leurs programmes, » a déclaré Madame Ezekwesili en expliquant qu’il est essentiel que le gouvernement du Zimbabwe montre qu’il peut gérer l’économie avec prudence et transparence en poursuivant certaines réformes économiques clés.  

Le gouvernement d’unité du Zimbabwe a déclaré qu’une aide d’urgence de 8,5 milliards de dollars serait nécessaire pour relancer l’économie du pays dans les trois années à venir. 

La Banque mondiale et les autres donateurs, a expliqué Madame Ezekwesili, sont prêts à travailler avec le Zimbabwe sur l'effacement des arriérés conforme aux pratiques des institutions financières internationales (IFI). Le Liberia, la Côte d’Ivoire et le Togo font partie des pays africains qui ont bénéficié récemment du soutien des IFI pour effacer leurs arriérés.




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/TGICHIP290