Pendant longtemps, les forêts en Chine étaient peu nombreuses, avec seulement 0,12 hectares de forêt par habitant. L’écart de plus en plus important entre l’offre et la demande de bois de construction constitue l’une des contraintes clés d’un développement forestier durable, contrainte qui a contribué à menacer la biodiversité et la protection des forêts naturelles.
La gestion des ressources forestières ne représente pas seulement un défi environnemental, mais également une priorité dans la stratégie de développement de la Chine. En effet, les populations pauvres sont majoritairement concentrées dans les régions montagneuses et difficiles d’accès de la Chine centrale et de l’Ouest, où la terre agricole est extrêmement pauvre et où les ressources forestières constituent le plus important atout de production disponible.
- En 1998, suite aux inondations dévastatrices le long du fleuve Yangtze, le gouvernement chinois a interdit le commerce forestier dans de vastes régions du pays. Il a également établi un plan ambitieux visant à restaurer les écosystèmes dénudés situés aux alentours des lignes de partage des eaux, à protéger les hauts lieux restants d’une biodiversité menacée et à réduire la pression sur les forêts naturelles en mettant en œuvre un programme de plantation de bois de construction hautement rentable.
- Bien que le gouvernement ait commencé par donner la priorité aux grandes plantations d’arbres appartenant à l’État, sa plus grande réussite en termes de maintien de la croissance de la couverture forestière résulte de l’implication des collectivités agricoles pauvres dans les projets forestiers de petite taille parallèlement à leur activité agricole régulière.
- Le projet de développement forestier dans les régions pauvres financé par la Banque mondiale a permis d’impliquer plus de 890 000 personnes, provenant de 12 provinces différentes de la Chine centrale et de l’Ouest, dans un effort de reboisement. Celui-ci a été principalement axé sur l’accroissement de la culture arbusive à rapport financier et pour la construction, et des services techniques avancés ont été mis en place pour développer du nouveau matériel génétique et offrir aux participants une formation visant à approfondir les nouvelles technologies et les aptitudes à la gestion forestière. Le projet préliminaire incluait une vaste gamme d’espèces d’arbres afin d’assurer que les foyers pauvres reçoivent un revenu diversifié à court et à long terme.
Le développement forestier durable a contribué au déclin important de la pauvreté dans certaines régions du projet, qui est passée de 40 % en 1998 à 17,5 % à la clôture du projet en 2005.
- Une évaluation de ce projet réalisée en 2005 a montré des changements environnementaux et sociaux importants. En l'espace de six ans, soit de 1998 à 2004, le revenu moyen annuel par habitant a augmenté de 150 %. Une grande partie de cette augmentation (85 %) repose sur les produits d'arbres « à valeur économique », tels que les châtaigniers, les gingkos et les bambous, tandis que le reste dépend de l'emploi à l'extérieur des fermes.
- Selon l'évaluation, la couverture forestière des 12 provinces participantes a augmenté de 6,7 % par rapport aux taux de 1997, ce qui a permis de considérablement réduire les pertes en eau et d'enrayer l'érosion du sol. Plus de 375 000 hectares de nouvelles plantations de bois de construction ont été cultivés et près de 290 000 hectares d'arbres à valeur économique (fruits, noix, thé et huiles médicinales/industrielles) et de bambous ont été plantés.
- Environ 1,5 milliard de plants de la meilleure qualité ont été cultivés pour satisfaire la demande de ce projet de 1,1 milliard. Le surplus, près de 400 millions de plants, a été mis à disposition de foyers ne participant pas au projet.
- Plus de 121 000 agriculteurs en chef ont été formés pour fournir des informations techniques de routine sur site. Des forêts ont été plantées dans 161 comtés participant au projet pour l'enseignement et la recherche. Comme les régions participant au projet sont, pour la plupart, situées dans les comtés pauvres et isolés, que le niveau d'éducation de bon nombre des foyers participant au projet est relativement bas et que ceux-ci ne sont pas familiers avec les meilleures pratiques sylvicoles, la formation et le programme d'extension ont été extrêmement important pour améliorer la capacité des agriculteurs en termes de technologies, production et gestion.
- Entre 1998 et 2006, l'Association internationale de développement (IDA) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ont contribué jusqu'à concurrence de 200 millions de dollars sous la forme de crédits et de prêts sur les 364 millions du coût total du projet. (Lorsque le projet a été approuvé, la Chine satisfaisait toujours les critères lui permettant de bénéficier de crédits octroyés par l'IDA, le fonds de la Banque mondiale soutenant les pays à faible revenu.)
- Les responsables de la communication entre le personnel forestier technique et les bureaux locaux chargés de réduire la pauvreté ont assuré la sélection appropriée d'espèces d'arbres à haut rendement et l'identification des participants parmi les agriculteurs pauvres.
- Les formations offertes au personnel de l'agence forestière et aux agriculteurs sont venues compléter la capacité institutionnelle existante permettant la gestion du bois de construction.
Ce projet fait partie d'un effort plus important de la Banque mondiale visant à préserver et accroître les forêts en Chine : globalement, depuis, 1985, la Banque mondiale a soutenu le secteur forestier en Chine grâce à huit projets répartis sur 21 provinces, ce qui a permis de planter plus de 3,8 millions d'hectares de forêts. Le projet forestier le plus récent, approuvé en décembre 2006, permettra de planter environ 200 000 hectares de bois de construction à croissance rapide et à rendement élevé ainsi que d'améliorer la conservation de la biodiversité, importante à l'échelle mondiale, de la région autonome de Guangxi Zhuang.









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