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Serbie : des écoles et des hôpitaux mieux chauffés et plus économes en énergie

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En Serbie, des écoles et des hôpitaux mieux chauffés et plus économes en énergie

En Serbie, les écoles et les hôpitaux gaspillent beaucoup d'énergie et paient cher cette négligence. Or, alors que les factures énergétiques sont élevées, enseignants, élèves, médecins et patients ont froid la plupart du temps. Cette situation est cependant en train d'évoluer grâce à l'adoption de mesures favorisant la maîtrise de l'énergie.

Il y a cinq ans, les élèves de l'école primaire Branko Radičević d'Uljma, un village du nord-est de la Serbie, étaient obligés de courir d'une salle de classe à l'autre parce que les couloirs n'étaient pas chauffés et qu'il y faisait extrêmement froid. Aujourd'hui, on peut entendre les bavardages et les éclats de rire des enfants qui s'y attardent. L'hiver, plus besoin de garder son manteau et ses bottes fourrées en classe. Il fait chaud dans l'école, et pourtant la facture énergétique est moins élevée...

Petar Jokić
Petar Jokić
« En 2005, nous consommions plus de 10 000 m3 de gaz durant la saison de chauffage », raconte Petar Jokić, le directeur de l'école. « En 2006 nous avons consommé environ 7 000 m3 grâce à l'isolation des fenêtres. Avec les économies réalisées, nous avons fini les travaux de notre propre installation de chauffage. Aujourd'hui, nous chauffons un espace 35 % plus grand, mais la facture est la même. »

L'école Branko Radičević est l'un des 28 bâtiments publics modernisés dans le cadre du Projet de maîtrise de l'énergie en Serbie, financé par la Banque mondiale. Grâce à des interventions limitées sur les bâtiments, comme la pose de fenêtres neuves, de thermostats, de dispositifs de contrôle automatique de la température et d'un éclairage efficace, d'énormes économies ont été réalisées. Dans les 18 écoles et 10 hôpitaux concernés, la consommation d'énergie a été réduite de 40 % en moyenne.

Ces économies ne sont pas passés inaperçues dans la population. Quand Dara Ninković, enseignante à l'école primaire Mika Antić de Čonoplja, dans le nord du pays, a appris que son école avait économisé 350 000 dinars pendant l'hiver grâce à une bonne isolation des fenêtres, elle a décidé de prendre des dispositions dans sa propre maison.

« Cela nous a coûté cher, nous avons dû obtenir un prêt. Nous n'avons pu changer qu'une partie des fenêtres, mais l'investissement est déjà rentable : nous avons réduit la quantité de bois que nous brûlons chaque année, de 11 à 8 m3. Dès que j'en aurai les moyens, je changerai toutes les fenêtres. »

Snežana Ružić
Snežana Ružić
Les municipalités ne sont pas restées indifférentes non plus. Snežana Ružić a entendu parler du Projet de maîtrise de l'énergie car elle fait partie de la Direction de l'enseignement de la ville de Vršac, située non loin d'Uljma. « Nous avons immédiatement constitué une équipe chargée d'évaluer les possibilités d'économies d'énergie dans les établissements publics locaux. Nous avons retenu trois écoles secondaires et une école primaire pour l'instant », précise Snežana Ružić. « Nous avons réussi à collecter 60 millions de dinars auprès des citoyens pour financer ce programme. »

Cela étant dit, il ne s'agit pas seulement de faire des économies d'argent. Alors que de nombreux bâtiments publics ont remplacé leurs vieilles chaudières par des équipements modernes, l'impact du projet sur l'environnement a été très considérable. Les améliorations sont particulièrement visibles autour du Centre clinique de Serbie, situé à Vračar, l'une des municipalités de Belgrade. Voja Kosanović, directeur technique du centre hospitalier, explique les retombées du remplacement des 20 chaudières à charbon et à mazout par une chaudière au gaz : « Avant le projet, il y avait plus de 150 kilos de cendres et d'autres particules qui s'étaient déposés sur un mètre carré autour du centre. Il n'y en a quasiment plus aujourd'hui et les habitants de Vračar peuvent maintenant respirer à pleins poumons. »

La nouvelle chaudière a permis au Centre clinique de chauffer non seulement ses 230 000 m2 mais aussi les 180 000 m2 de trois facultés, quatre autres hôpitaux, un hôtel et d'autres bâtiments situés à proximité. En outre, elle produit de l'eau chaude et de la vapeur, utilisées dans la cuisine, la buanderie, les salles de bain et pour la stérilisation. De plus, une des chaudières produit de l'électricité, la première en Serbie à être alimentée au gaz. De tels résultats ont valu au projet un « Green Award » de la Banque mondiale en 2007.

Gordana Stojanović
Gordana Stojanović
Il n'y a pas récompense officielle en matière de satisfaction des utilisateurs mais s'il y en avait une, elle serait sans aucun doute décernée aussi au projet ! « L'ensemble des 12 enquêtes réalisées sur l'impact social donnent un taux de satisfaction proche des 100 % pour l'amélioration du confort intérieur », indique Gordana Stojanović, experte du suivi et de l'évaluation à l'Agence serbe pour la maîtrise de l'énergie. Svetlana Radojković, directrice du lycée agricole de Vršac, le confirme. Pendant 25 ans, elle a dû garder son manteau et ses bottes à l'école : « Une fois l'école rénovée et les nouvelles fenêtres posées, plus besoin de manteau ni de bottes ! Et puis notre facture énergétique a diminué de 20 % ».

Svetlana Radojković
Svetlana Radojković
Même l'Union européenne a reconnu les résultats du projet : c'est sur la base de cette réussite qu'elle a retenu l'Agence serbe pour la maîtrise de l'énergie comme partenaire dans sa campagne pour l'énergie durable en Europe.

Compte tenu des bons résultats obtenus et de la forte demande d'appui complémentaire, le gouvernement serbe a demandé un nouveau financement pour étendre le programme. La deuxième phase du Projet de maîtrise de l'énergie, en cours d'exécution, consistera à moderniser 64 établissements publics, dont le Centre clinique de Niš, qui compte environ 1 500 lits.

Le programme a montré que d'importantes économies d'énergie peuvent être réalisées dans les bâtiments du secteur public, tout en améliorant le confort et en réduisant les agents polluants. Il reste encore fort à faire mais il s'agit là d'un très bon début.

(a) indique une page en anglais.




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